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CCP

Cercle Culturel des Pondichériens

Histoire, culture et patrimoine des anciens comptoirs français de l'Inde

Lettre du CCP n° 91

Mars 2016

Sommaire

  • — Pour que vive le Tamoul
  • — Allocution de M.Grangié, Proviseur du Collège Français, à la réception de Jawaharlal Nehru
  • — La renaissance du bouddhisme en Inde
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Numéro 91 de la Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens — Mars 2016.

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Voici un exercice facile et précis à l’intention des Tamouls et des tamoulophones qui ne savent pas bien prononcer les caractères ‘la’, ‘La’, et ‘ja’. Une pratique d’un ou de deux jours permettra de les prononcer correctement. Que ceux qui se trompent sur le ‘ja’ en prononçant ‘la’ ou ‘La’, occasionnent par là des erreurs de sens, puissent s’exercent ainsi à bien
prononcer le ‘ja’ et la tête désormais dans l’amour de leur langue !

En pratiquant cet exercice, on peut se corriger et parler correctement, en évitant les contresens. Et l’on peut également rectifier le tir autour de nous. Alors, au lieu de parler la langue
tami‘l’ ou tami‘L’, parlons plutôt le tami‘j’.

1 Toucher du bout de la langue la racine des incisives supérieures pour prononcer le ‘la’,

2 Fléchir davantage la langue de façon à la faire toucher le haut du palais et faire revenir pour prononcer le ‘La’,

3 Bien fléchir la langue dans la bouche sans toucher le haut du palais et la faire revenir pour prononcer le ‘ja’. Kadalur A.Devanathan, 2003, Chennai (trad. par
Câvéry

cly; cs;s tiuapy;

fly; nfhs;shj ftiy

Pour bien prononcer le ‘ja’ tamoul jkpo; ‘o’itr; rupahf cr;rupf;f

Comme nous l’avions déjà mentionné dans la LCCP no.76, les spécialistes tamouls du TamizhnâDou (en tamoul jkpo;ehL> mal rendu en anglais ‘Tamilnadu’) ayant connu la colonisation britannique avant 1947, avaient l’habitude de clamer haut et fort que leur langue était la seule à avoir la lettre ‘ja’ (‘o’). Or souvent ils ne connaissaient pas d’autre langue que l’anglais.

Affirmation que ne partageaient pas les Tamouls des Comptoirs français de Pondichéry et Karikal qui savaient déjà, côtoyant tamoul et français depuis la fin du XVIIème siècle, que la langue française comportait les sons ‘je’/‘ge’

Par ailleurs, paradoxalement, certains de ces Tamouls du TamizhnâDou fiers de leur langue se trompent aujourd’hui encore sur la prononciation de la lettre ‘ja’ tamoule en lui substituant le son ‘la’ ou ‘La’.

Aussi le poète A.Devanathan de Cuddalore -ville sœur de Pondichéry– a entrepris de rétablir la vérité et en profite pour faire un petit cours illustré de prononciation de ‘ja’. Câvéry Ostyn ISSN 1273-1048 No.91 Mars 2016


Organe de Liaison des Ressortissants de l’Inde ex- française : Pondichéry, Karikal, Mahé, Yanaon (et Chandernagor) Lettre du CERCLE CULTUREL DES PONDICHERIENS GJr;NrhpaH fiy kd;w kly;

Rédaction: M.Gobalakichenane 

22 Villa Boissière, 91400 Orsay, France

Email : ggobal@yahoo.com Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 91 Page 1

Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 91 Page 2 Allocution de M.Grangié, Proviseur du Collège Français, à la réception de Jawaharlal Nehru

Après le transfert de facto des Comptoirs français à l’Union indienne le 1er nombre 1954, plusieurs personnalités indiennes se sont rendues à Pondichéry. Le Premier Ministre d’alors Jawaharlal Nehru y vint en janvier 1955 et dans le programme de visites (Institut français, Aurobindo Ashram, discours à Lawspet, etc.) figurait aussi son passage mémorable au Collège Français. Nous reproduisons avec grand plaisir la photo bien connue de la présentation du corps enseignant par Maurice Grangié, alors Proviseur du Collège Français.

Nous publions aujourd’hui le texte du discours prononcé le 16 janvier 1955 qui avait à l’époque suscité de grands espoirs chez les élèves du Collège (le problème d’équivalence des diplômes français et indiens était alors en grande discussion).

« Qu’il me soit permis tout d’abord, en m’adressant à vous, au nom des élèves et du corps enseignant du Collège Français de Pondichéry, de vous souhaiter la bienvenue et d’exprimer nos sentiments de profonde gratitude pour un geste dont nous vous prions de croire que nous apprécions toute la portée.

« Qu’un des plus éminents de bâtisseurs de l’histoire de notre temps ait tenu à nous consacrer quelques précieux instants pour, en nous honorant de sa visite, marquer l’intérêt qu’il porte à notre modeste établissement, aurait de quoi nous étonner si nous ne savions pas, de longue date, le prix que vous attachez à voir Pondichéry dont vous avez dit en termes si frappants qu’elle devait être “une fenêtre ouverte de l’Inde sur la France”, demeurer un vivant foyer de culture française.

« Depuis les temps reculés où des Français entreprenants reçurent des mains du roi de Bijapour le territoire de Pondichéry pour y pratiquer leur commerce, cette ville a connu bien des vicissitudes suivant le rythme capricieux des fluctuations heureuses ou malheureuses de nos histoires nationales. Mais, alors que ces fluctuations affectaient profondément les activités du négoce et de la politique, la présence française se manifesta sur ces rivages par une féconde continuité dans le domaine plus paisible de l’esprit et marqua lentement les générations successives de l’empreinte de notre langue, de notre mode de vie et des traits séduisants de notre culture.

« C’est de cette empreinte que vous avez bien voulu, Monsieur le Premier Ministre, reconnaître la permanence, et c’est aussi cette séduction du visage français de Pondichéry que nous vous avons gré de vouloir conserver afin qu’il ajoute un charme de plus aux attraits si divers du visage de l’Inde.

« Les voyageurs français qui parcoururent les Indes aux XVIIème et XVIIIème siècles, tant pour y commercer que pour y observer les mœurs et les coutumes ou y étudier les religions et les philosophies, exercèrent indéniablement par la relation de leurs voyages ou par leurs savants mémoires, une influence profonde sur les grands courants de la pensée universelle française du Siècle des Lumières. De François Bernier, médecin et philosophe, à Anquetil-Duperron, initiateur de l’étude scientifique des grands textes sacrés de l’Inde, sans omettre les obscurs missionnaires tels que l’Abbé Dubois, une longue lignée d’esprits curieux de tout et de patients chercheurs prépara les voies à la science de l’Indianisme dans laquelle de nombreux français tels qu’Eugène Burnouf s’illustrèrent au cours du XIXème siècle et dont les maîtres actuels, les Professeurs Renou et Filliozat, pour n’en citer que deux, jouissent d’une grande estime auprès des savants indiens.
Photo : Lycée Français

Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 91 Page 3

« Cette tradition séculaire, cet intérêt constamment porté par des humanistes français aux langues et aux civilisations indiennes trouvent dans les accords récemment conclus entre l’Inde et la France l’espoir d’une sereine pérennité ainsi que l’ouverture de possibilités nouvelles pour élargir le champ de la recherche désintéressée.

« Au premier rang des établissements culturels que la France, en accord avec l’Inde, se pro- pose d’entretenir à Pondichéry, l’Institut Français servira d’heureux point de rencontre entre sa- vants, universitaires et chercheurs des deux pays pour de fécondes confrontations de leurs idées et de leurs travaux dans la variété des sciences humaines, et pour leur coopération à des recherches destinées à apporter aux problèmes ardus que pose dans cette partie du monde la nécessité d’une adaptation à la complexité des techniques modernes, des solutions qui concilient les conceptions occidentales et les réalités orientales. Par ailleurs, dans cette Mission française, les étudiants in- diens qui, pour satisfaire leur goût ou se préparer à certaines carrières désireront s’initier aux prin- cipaux aspects de notre forme de civilisation, recevront, dans une ambiance propice, les leçons de maîtres français éprouvés.

« Dans le domaine plus limité mais tout aussi essentiel de l’enseignement primaire et secondaire, le Collège Français de Pondichéry est, lui aussi, mis en mesure de perpétuer une longue tradition et d’étendre plus loin son rayonnement. Créé en 1826, cet établissement peut se vanter d’être le plus ancien des Collè- ges français au-delà des mers; pendant plus d’un siècle il a joué sur la scène réduite de l’Inde Française un rôle de premier plan. Entre ses murs austères, de nombreuses générations se sont succédées pour profiter libéralement d’un enseignement en tous points semblables à celui que reçoivent leurs camarades de la lointaine métropole, subir les mêmes examens et s’ouvrir les mêmes carrières avec un succès sou- vent égal au leur. Désormais, c’est sur un plus vaste théâtre, celui de l’Inde entière, que le Collège Français devra jouer son rôle en dispensant toujours selon les méthodes françaises un enseigne- ment dont les programmes seront rénovés afin de l’adapter aux conditions nouvelles et de permet- tre aux élèves, par la variété des orientations qui leur seront offertes et des diplômes qu’ils pourront obtenir, de s’ouvrir des débouchés plus nombreux.

« Les professeurs du Collège Français, qu’ils soient diplômés des universités françaises ou qu’ils aient reçu ici leur formation n’ignorent pas l’importance et la complexité accrues des tâches qui leur sont assignées. Croyez bien, Monsieur le Premier Ministre, qu’ils sont prêts à les accom- plir avec le sincère désir de faire œuvre utile pour l’Inde et pour la France et de guider leurs élèves vers l’idéal de concorde et de paix que vous poursuivez sans relâche.

« Et quant aux enfants et aux jeunes gens qui se trouvent aujourd’hui rassemblés ici autour de vous, confiants dans votre sollicitude, ils pourront vous prouver que l’empreinte française qu’ils reçoivent dans ce Collège constitue un gage d’amitié et un élément d’union. En homme de bonne volonté, chacun d’eux, j’en ai la certitude, apportera sa pierre pour concourir à l’édification de l’im- mense Cité que vous bâtissez de vos propres mains pour y faire régner, dans l’apparente diversité des hommes qui la peuplent, l’amitié profonde de l’esprit.

Allocution de Monsieur M.Grangié (due à Anne-Marie Legay) Photo due à l’amie regrettée Anne-Marie Legay

La renaissance du bouddhisme en Inde

Le Bouddha est né dans le sous-continent indien, et plus précisément dans la vallée gangéti- que, au ‘Bihar’ actuel dont le nom rappelle justement les ‘vihâras’(*) couvrant cette région avant la conquête musulmane. Mais le bouddhisme avait complètement disparu de l’Hindoustan, à l’époque de la conquête britannique en 1757 (Plassey) et 1764 (Buxar), ce qui l’avait occulté jusqu’à la fin du XIXème siècle.

Les Britanniques qui souhaitaient protéger leurs possessions indiennes repoussèrent les fron- tières jusqu’en Afghanistan à l’Ouest, jusqu’au Kashmir au Nord et jusqu’en Birmanie à l’Est. Ils voulurent également se prémunir contre l’extension de l’empire chinois au nord, en maintenant des relations cordiales avec le Tibet. L’agent commercial britannique envoyé au Tibet se lia d’amitié avec les 9ème Panchen Lama qu’il fit venir en 1906 à Calcutta (capitale des Indes jusqu’en 1911) pour y rencontrer plusieurs personnalités politiques britanniques et les rois de Sikkim et Bhoutan.

Bâradiyâr est l’éditeur de l’hebdomadaire tamoul ‘India’ qui commença à paraître le 8 mai 1906 à Chennai (ex-Madras), avec M.Srinivasan comme propriétaire légal. Quelques mois plus tard, dans le numéro du 21 juillet 1906, il publie un article tamoul sur la visite du Panchen Lama en Inde sous le titre repris ci-dessus dont nous reproduisons la traduction française :

“Il y a quelques mois, le Panchen Lama, gourou des Tibétains, est venu en Inde, n’est-ce pas ? Depuis cette visite, on sent que, chez plusieurs bouddhistes de l’Inde et du Tibet, l’idée de faire revivre le bouddhisme est né.

“Même sans envisager une telle renaissance, ils se proposent désormais de faire attribuer plus de droits aux bouddhistes sur les sites bouddhiques tels que Bodh Gaya, à la place des droits des Hindous comme maintenant.

“A cet effet on vient de créer une association pour les droits à la pagode bouddhique. Le Panchen Lama en est le Président, le roi de Sikkim le trésorier, Mahamahopathyaya Satish Chandra Vidhya Bhus- han et un autre en sont les secrétaires. Le premier but de cette associa- tion est d’obtenir plus de droits pour les bouddhistes sur la pagode de Bodh Gaya. En effet, celle-ci est actuellement sous l’autorité d’un Hin- dou. Les bouddhistes ne peuvent y exercer aucun droit. Ils ne peuvent pas y installer une nouvelle statue du Bouddha. Ils n’ont pas à ce jour le droit d’y allumer la ’lampe éternelle’ devant l’arbre sacré. La statue ac- tuelle est habillée de vêtements du type hindou.

“Cependant les membres de cette association n’ont pas l’intention de porter l’affaire devant un tribunal pour obtenir justice. Nous appre- nons qu’ils n’ont pas l’intention d’entreprendre d’action susceptible de créer une situation conflictuelle, mais plutôt de parvenir à une entente cordiale avec le mahârâja hindou.”

(*) Constructions d’enseignement fréquentées par les moines et laïcs bouddhistes. M.Gobalakichenane Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 91 Page 4 Les articles de La Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens (archivage depuis le No.3) sont sur :
http: //www.puduchery.org
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