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CCP

Cercle Culturel des Pondichériens

Histoire, culture et patrimoine des anciens comptoirs français de l'Inde

Lettre du CCP n° 9

Septembre 1995

Sommaire

  • — பொற்கலம் ஒலிக்காது வெண்கலம் ஒலிக்கும்
  • — Impressions de voyage au Tamil Nadu (seconde partie)
  • — Gandhi, actuel et vivant !
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Numéro 9 de la Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens — Septembre 1995.

. . . Lettre du பொற்கலம்‌ ஒலிக்காது

வெளர்கலம்‌ ஒலிக்கும்‌ | CERCLE CULTUREL DES| N°9 PONDICHERIENS

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புதுச்‌ டச்‌ ரிய உலை MPT des Amonts மன்ற மடல்‌ 91940 LES ULIS

Septembre 1995

Les castes existent ma petite ! சாதிகள்‌ உண்டடி பாப்பா!

Dans une école, une fillette “Adi Drâvida” de 5 ans qui avait bu de l’eau en utilisant un gobelet commun fut rouée de coups. Elle en perdit la vue, et, heureusement, elle put la recouvrer grâce à une intervention d’urgence. Décidément les terribles préjugés d’intouchabilité n’ont pas encore disparu sur cette terre indienne !

Malgré la volonté d’occultation de certains, c’est un fait que la fillette n’est pas de haute caste, mais bien une “Adi Drâvida”, classée intouchable. Cet incident ne fait que renforcer la justesse du combat des opprimés. 11 n’y a plus aucune raison de suivre une religion qui ne veut ou ne peut éradiquer ce genre de barbarie.

Le comble est que l’on nous répète sans cesse de toutes parts que le Gouvernement oeuvre pour l’abolition des castes alors qu’en fait, 11 contribue à leur développement. Certes, les noms des rues de Madras tels que Tambaïah “Reddy”, கருக “Kavouder”, Rang"âchâry” ont perdu, il y a quelques Jours, les suffixes de castes. Mais, le Gouvernement ne peut se targuer pour autant de les avoir abolies. Ne les retrouve-t-on pas dans les récents noms de baptême des nouveaux districts formés: Râmassâmy “Padayâchy”, Passoumpon “Tévar”, கர Sinnamalaik “Kavounder”, Peroumpidougou “Mouttaraiyar”,etc. Nous respectons les actes courageux et les sacrifices de ces grands patriotes d’antan. Mais, est-ce nécessaire de préciser leur caste de naissance pour la génération actuelle ?

Des Associations sont fondées à base de castes et les partis politiques recherchent constamment leur aide et support. Pourquoi clame-t-on alors, hypocritement, qu’il faut abolir les castes ?

Cher Bârady, tu as composé un poème charmant à l’intention des enfants. Excuse-nous de modifier, en ce mois de Septembre qui est ton mois de naissance, quelques uns de tes vers de la façon suivante:

“Les castes existent, ma petite 1] est bon de parler de basse et haute 0251௦”

சாதிகள்‌ உண்டடி பாப்பா - குலத்‌ தாழ்ச்சி உயர்ச்சி சொல்லல்‌ நியாயம்‌

d’après K.Swäminädane, “Subhamangala”, Sept 95, (trad.Cävéry G.)

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Impressions de voyage au Tamil Nadu

( seconde partie ]

Dès notre arrivée à AGARAKADAMBANUR, nous sommes accueillis à bras ouverts, et l’expression n’est pas vide de sens, croyez moi !!!

Après les présentations, les accolades, les bavardages des enfants, auxquels bien évidemment je ne comprends rien et où les yeux et les mains sont d’un grand secours, arrive le repas. Première surprise, la table n’est préparée que pour nous deux, mon frère et moi. Je m’asseois par terre bien sûr, et là !! … pas de couverts ? Aïe aïe aïe ! Il va falloir manger avec ses doigts, et je dirais même plus, avec les doigts d’une seule main, la droite. Je peux vous dire que ce n’est pas facile de couper cette sorte de crêpe ( dosa ) avec une seule main, de tripatouiller le riz et la sauce pour en faire une boulette et de la faire glisser dans la bouche avec 16 pouce. La main gauche me démange, mais je résiste d’autant plus héroïquement qu’il y a nombre de spectatrices. Les fillettes de la maison se sont jointes à nous et tout le monde rigole en mangeant. Le repas est simple. Composé de riz, de poulet, de poisson, d’une sauce épicée (8800ம்‌!) il est trop copieux, et nous demandons grâce. Maintenant, les adultes de la maison vont manger ce qui reste.

Après le repas, la sacro-sainte sieste s’impose ; il fait trop chaud pour pouvoir faire autre chose. Pas vraiment moyen de dormir, les enfants s’agglutinent autour de nous et n’ont de cesse de nous procurer un peu d’air avec un éventail. Inutile d’essayer de leur enlever, ils refusent. Je suis gênée, mais cela ayant l’air de les amuser, je laisse faire.

Pendant que les hommes discutent assis dans la cour, j’en profite pour regarder un peu autour de moi, et j’observe ces gens de la campagne. Les femmes sont en jupe longue, boléro, et une bande de mousseline drapée façon sari sur les hanches. Le sari, ici, n’est revêtu que dans les grandes occasions. Ces femmes indiennes ont une démarche particulière, une façon bien à elles de balancer les hanches. Est-ce le fait de porter leur jarre d’eau en la posant sur une hanche qui leur donne ce mouvement plus prononcé d’un côté ? Leur silhouette est élancée. Elles sont minces, mais pas maigres ; le boléro fait parfois ressortir de petits bourrelets à la taille. Leurs chevilles sont ornées de bracelets d’argent, un à chaque cheville, et parfois les doigts de pied portent des bagues. Cela m’étonne beaucoup.

Bien sûr, avec toutes ces jeunes filles, je ne peux éviter leur invitation à m’habiller couleur locale. Un jupon et un boléro, et le tour est joué. Sauf que pour le boléro se pose un problème de taille. Ces demoiselles ont des petits gabarits. Enfin, on se débrouille et elles sont ravies. Plus tard viendra l’habillage en sari. Même mon frère Michel a enfilé le “machin chose” des hommes (vétti), sorte de tube de tissu noué à la ceinture, qui arrive à mi-mollet et que souvent ils retroussent au dessus du genou quand il fait très chaud.

L’après midi se passe tranquillement à bavarder et à boire du café indien. Là aussi surprise! Le “kâpi”, c’est du café au lait sucré, délicieux au demeurant, mais confectionné avec du lait en poudre maternisé pour bébé. Ceci n’ayant pas le mérite de le rendre plus digeste, mais bon !!

La nuit tombe vite au Tamil Nadu, comme partout sous les tropiques. Miracle ! Il y a l’électricité. Super !! Surtout pour les bestioles qui virevoltent au dessus de nos têtes. Enfin, du moment qu’il n’y à pas de moustique, çà va.

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Je m’aperçois quand même que les maisons voisines, ressemblant plus à des huttes, n’ont pas d’éclairage. Les feux allumés pour faire la cuisine scintillent dans la nuit. Les voisins immédiats viennent s’accouder à la barrière qui nous sépare pour discuter. Ils s’installent souvent parmi nous en se mêlant à la conversation, en buvant un café, et en repartant comme ils sont arrivés. L’hospitalité en Inde n’est pas un vain mot. Durant ces trois jours, nous avons rencontré du monde, les frères et soeurs, les cousins et cousines, les amis, les voisins, tous reçus avec la même gentillesse et les mêmes honneurs.

Bon, cela n’est pas tout, il faut dormir. Je n’ai pas encore vu de lit ? On m’installe rapidement un lit de camp dans la cour ; Michel dormira sur la table, et le reste de la famille autour de nous, sur des nattes posées à même le sol. Ma première nuit à la belle étoile. Malgré l’auvent au dessus de nos têtes auquel est accrochée l’ampoule électrique servant de veilleuse, je ñe me sens pas vraiment rassurée, ni à l’aise. Pourvu qu’il n’y aie pas de bêéêtes !! De plus, nous dormons tout habillés et je n’en ai pas l’habitude. J’ai du mal à m’endormir à causes des grillons qui n’arrêtent pas de sauter partout. Il est tard, le sommeil me gagne enfin.

Le lendemain, lever de bonne heure, avec le soleil, il est six heures. Toute la famille part faire sa toilette et se baigne dans la mare commune. Pour nous, une douche est installée dans un petit local dans le jardin. Une grande jarre d’eau (de la mare !) y est à notre disposition avec un petit pot pour s’asperger. L’eau est froide mais 11 fait déjà bien chaud et cela semble bon.

Très tôt les femmes préparent le repas du midi, car nous partons en excursion toute la journée pour les temples de TANJAVUR et SIKKAL. Nous pique-niquerons. Tout le monde embarque dans le mini-bus loué pour cette occasion. La visite du temple de Tanjavur (voir article de M.PIEDNOIR dans la lettre n°8) se fait sous un soleil de plomb. Marcher pieds nus dans ce temple est pénible car le sol est brûlant. Par contre, dans celui de Sikkal ce fut un peu plus facile, car un violent orage a éclaté et tout était inondé. Nous avions de l’eau jusqu’aux chevilles. Quand il pleut, cela dégringole fort. Les routes sont difficiles, et lors du croisement d’un autre véhicule, gare aux éclaboussures. Il vaut mieux fermer les fenêtres. Par contre, la population reste stoïque et ne s’affole pas. Personne ne se presse, tout le monde prend patience, contrairement à beaucoup d’occidentaux qui courent en tous sens pour se mettre à l’abri. Ici, on a le temps…

Nous nous arrêtons dans un village pour faire quelques courses. Pendant ce temps, je regarde les passants par la vitre du bus. Peu de femmes dans les rues, pratiquement que des hommes. Les échoppes aussi sont tenues par des hommes. Est-ce à cause de la pluie, ou de l’heure du repas approchant ?

Ce soir nous rentrons à la “maison” fatigués, épuisés par cette chaude journée et la longue route. Demain sera un autre jour, nous visiterons l’école du village et la basilique de VELANGANNE.

À suivre… Joëlle PIEDNOIR, Tarbes

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GANDHIL, actuel et vivant !

“Les générations à venir auront peut- être peine à croire qu’un homme comme celui-ci a un jour réellement foulé cette terre, en chair et en os”

Albert EINSTEIN

Voici, pour ce mois d’octobre, quelques réflexions du Mahatma GANDHI sur divers sujets. Chacun d’entre nous saura retrouver dans ces phrases l’essence de l’actualité contemporaine.

“Je ne désire pas revivre, mais si je dois renaître, que ce soit parmi les intouchables afin de partager leurs pensées, leurs souffrances, leurs efforts, et de pouvoir essayer de les tirer de leurs mauvaises conditions de vie.”

GANDHI, Young India 1946

*X * *

Dieu est ce quelque chose d’indéfinissable que nous sentons tous, mais que nous ne connaissons pas. Pour moi, Dieu est vérité et amour ; Dieu est éthique et morale ; Dieu est intrépidité ; Dieu est la source de lumière et de vie, et, cependant, il est au-dessus et au delà de toutes ces choses. Dieu est la conscience. 11 est même l’athéisme de l’athée.

*k *X *

On dit : “Les moyens sont après tout des moyens.” Je dirais, moi : “Qu’après tout, les moyens sont tout.” Tels les moyens, telle la fin… On peut comparer les moyens à la semence, la fin à l’arbre ; et 1l y a exactement la même relation entre les moyens et la fin qu’entre la semence et l’arbre.

% *X *

Nous devrions avoir honte de nous reposer ou de manger un repas copieux aussi longtemps qu’il y a quelque part un seul homme ou une seule femme valide qui n’a pas de travail ou de nourriture. Dieu a créé l’homme pour qu’il travaille pour se nourrir, et il a dit que ceux qui mangent sans avoir travaillé sont des voleurs.


La science de la guerre mène à la dictature pure et simple. Seule la science de la non- violence peut mener à la démocratie pure.

பாப்பாப்‌ பாட்டு La Chanson de la Petite சாதிகள்‌ இல்லையடி பாப்பா! - குலத்‌ Les 085168 n’existent pas, ma petite: தாழ்ச்சி உயர்ச்சி சொல்லல்‌ பாவம்‌ Il est mal de parler de basse ou haute 08516: நீதி உயர்ந்தமதி கல்வி - அன்பு Les gens supérieurs sont ceux qui sont

நி றைய உடையவர்கள்‌ Ciné, Justes, sages, cultivés et généreux.

பாரதியார்‌ Bâradiyär, 1882-1921

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