Lettre du CCP n° 84
Sommaire
- — Voici les vrais voleurs!
- — Le poète de Pondichéry Savarâyalou Nâyagar
- — L’éditeur patriote pondichérien Sinnayya ‘de Saigon’
Numéro 84 de la Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens — Juin 2014.
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Voici les vrais voleurs!
J’étais dans mon lit, le vent froid passant par la porte
Entr’ouverte me réveilla, j’ouvris les yeux;
Les jasmins souriants de la terrasse m’y invitèrent;
Le bourdon chanta, sur le chemin
Errèrent mes yeux; le soleil se leva :
Un rat mort gisait dans la rue;
Les corbeaux croassaient et le piquaient de leur bec.
Mes pensées allèrent ailleurs, galopant comme
Des chevaux et revinrent s’arrêter sur la rue.
Les habitants dont le rat avait mangé les vivres
L’avaient tué : Folie! Folie!
La faim dévorante est la même pour tous les êtres :
Mêmes sensations! Mêmes quêtes!
Seule la mort permet de s’en échapper;
Ceux qui vont s’emparant des fruits du labeur d’autrui
En clamant que ce sont les leurs
Suscitent le vol : ce sont les vrais voleurs.
Les rats sont juste comme eux!
Mais, le petit rat vole en petite quantité, la nuit,
Dans une maison sans chat.
Volant le pays, causant la misère,
Aggravant les inégalités, vagabondent
Les rats du pays que nous devons exterminer.
Ignorant ce qu’il faut vraiment faire,
Tuer le petit rat de la maison est vain, vain, vain!
Vânidâssane, vers 1950?, Pondichéry
(trad. par Bavâny Danaradjou)
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Un poème de Vânidâssane
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Si Bâradiyâr (1882-1921) eut un brillant disciple en Bâradidâssane (1891-1964) de Pondichéry, celui-ci a lui- même influencé fortement Vânidâssane (1915-1974), également pondichérien de double culture. Né à Séliyamédou, près de Bâhour, dans une famille modeste, il étudia le tamoul et le français avec persévérance, à Bâhour, Villenour et Pondichéry (Collège Calvé). Formé aux cours du soir de Bâradidâssane, il commença tôt à composer des poèmes admirés par ses contemporains. Devenu instituteur tamoul en 1937 à Oulgaret, il exerça ce métier pendant 34 ans. Il a chanté la nature et développé les idées réformistes de Bâradidâssane. Il a traduit également en tamoul quelques œuvres françaises. Pour l’avenir de son peuple, il souhaitait une société juste et égalitaire.
ISSN 1273-1048 No.84 Juin 2014
Organe de Liaison des Ressortissants de l’Inde ex- française : Pondichéry, Karikal, Mahé, Yanaon (et Chandernagor)
Lettre du CERCLE CULTUREL DES PONDICHERIENS GJr;NrhpaH fiy kd;w GJr;NrhpaH fiy kd;w GJr;NrhpaH fiy kd;w GJr;NrhpaH fiy kd;w kly; kly; kly; kly;
Rédaction: M.Gobalakichenane
22 Villa Boissière, 91400 Orsay, France
Email : ggobal@yahoo.com Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 84 Page 1
Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 84 Page 2 Le poète de Pondichéry Savarâyalou Nâyagar GJitf; ftp rtuhaY ehafH GJitf; ftp rtuhaY ehafH GJitf; ftp rtuhaY ehafH GJitf; ftp rtuhaY ehafH
Pondichéry s’enorgueillt à juste titre d’avoir hébergé au début du 20ème siècle le grand poète nationaliste
Subramania Bâradiyâr (1882-1921), originaire du Tamilnadu. Cette ville a vu naître Bâradydâssane, devenu comme le
nom l’indique le disciple de Bâradiyâr, qui a non seulement perpétué les idées et la mémoire du maître, mais encore
porté à un un niveau plus élevé encore les idées républicaines de la France et les idées réformatrices d’E.V.Râmasâmy
Naiker alias Périyâr. Et ce poète pondichérien a inspiré d’autres jeunes du même Comptoir comme VâNidâssane
évoqué à la page précédente ( thzpjhrd;
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Mais, au 19ème siècle déjà, notre ville a connu de nombreux érudits dont plusieurs ont formé même des fonctionnaires anglais de Madras à la langue et la culture tamoules, principalement pendant l’occupation anglaise de 1793-1816. Plus tard, pendant la longue période d’entente franco-britannique, Pondichéry a donné naissance à d’autres savants de la même trempe dont Savarâyalou Nâyagar. Nous publions ci-dessous une notice hagiographique rédigée pour demander la Légion d’honneur lors de son 70ème anniversaire. Notice sur la vie et les œuvres de M.Z.Savarayalounayagar
Savarayalounayagar (écrit aussi Savarayalou Nayagar) est né à Pondichéry le mercredi 9 dé- cembre 1829. Son père Zéagane Nayagar a été en 1783 écrivain et interprète du régiment de la Marck (1); il devint plus tard député de Mahanad (assemblée des notables habitants) et conseil agréé; le gouvernement français pour récompenser ses services lui a accordé des concessions terri- toriales.
Savarayalou Nayagar, après avoir fait ses études de français, s’adonna à la langue tamoule et devint un grand poète. Il s’est distin- gué par ses commentaires et ses discours sur le ‘Tembavani () l’admi- rable chef-d’œuvre de Beschi; et, en 1861, la population de l’Inde française, désireuse de lui en témoigner son admiration et sa recon- naissance lui a décerné par souscription publique une médaille d’hon- neur en or. La remise de cette rare distinction honorifique fut faite par sa grandeur Monseigneur Godelle, en présence de son Excellence Monsieur le Gouverneur Durand d’Ubraye et de toute l’élite euro- péenne et indigène de Pondichéry.
Ses leçons ont beaucoup profité à de nombreux Européens et à un grand nombre de missionnaires; il a été pendant longtemps profes- seur de haut tamoul (nre;jkpo; nre;jkpo; nre;jkpo; nre;jkpo;) et de musique orientale au Collège de Pondichéry. Lors de l’érection d’une statue à Dupleix à Pondichéry en 1870, le poète Savarayalou Nayagar a chanté la gloire de ce grand français devant M.le Gouverneur Bontemps et une affluence considé- rable d’habitants accourus de toutes parts. Il est aussi un orateur de grand talent; ses discours et ses heureuses improvisations ne man- quent pas d’exciter l’admiration des auditeurs.
Il a brillamment combattu dans ses ouvrages et par ses discours les détracteurs de l’instruc- tion de la jeune fille dans l’Inde, il a été un des promoteurs de la création de l’école de Ste Eugénie en 1865, la première école publique de filles dans l’Inde. (??Voir son éloge au Moniteur officiel de la colonie du 9 octobre 1865).
En 1873, M.le Baron Textor de Ravisi ayant appelé l’attention du Congrès international des Orientalistes sur les travaux de Savarayalou Nayagar et notamment ses chefs-d’œuvre intitulés Ka- malabandam, Sadourangabandam, le carré divinatoire, etc., cette société savante lui décerna une médaille en or et l’admit au nombre de ses membres.
En 1879, M.Jules Godin, alors député de l’Inde (française- attira l’attention du Département sur ses talents poétiques et le concours qu’il a toujours prêté à l’administration pour la diffusion de l’Instruction publique dans l’Inde et lui fit décerner les palmes académiques.
(1) Arrivé avec le corps expéditionnaire de Bussy Reprod. de publication de Clement Eswar
Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 84 Page 3
Il a été nommé en 1888 délégué correspondant de la société académique de l’Indo-chine, et la même année la population de Pondichéry lui a décerné une nouvelle médaille en or en témoi- gnage de sa reconnaissance et de son admiration.
Il fut nommé en 1889 Chevalier de l’ordre royal du Cambodge sur la proposition de M.le Gouverneur Piquet qui l’appréciait beaucoup.
Grand propriétaire dans la commune de Bahour, il a rendu d’éminents services à l’agricul- ture; il a toujours signalé à l’administration les besoins des cultivateurs et l’a aidée de ses conseils et de son influence dans la solution des questions agricoles. Ces services lui ont valu la croix de mérite agricole que M.le Gouverneur Nouët obtint pour lui du Département. M.le Gouvreneur Gi- rod dont le souvenir est si vivace dans l’Inde lui a plusieurs fois témoigné sa haute estime.
Il a été conseiller municipal et adjoint au Maire de Bahour et est depuis près de vingt ans membre du comité de fonds commun de cette commune. La ville de Bahour doit à ses ancêtres le cimetière des Chrétiens et à lui-même sa chapelle de Notre-Dame-des-Victoires.
S.M.le Maharajah de Mysore lui a témoigné sa satisfaction en maintes occasions; il lui a fait présent de châles précieux et lui a décerné la médaille de son ordre.
Il a aussi obtenu diverses récompenses du Rajah de Travancore et d’autres princes de l’Inde. Un grand nombre de poètes ont chanté son talent.
Il a été le fondateur en 1794 de l’importante association, la So- ciété Mutuelle des Hindous Chrétiens de caste. Il a fait connaître le but de cette Société ainsi que les avantages de la solidarité dans divers petits ouvrages qu’il a publiés.
Il a plaidé en faveur des intérêts de l’Inde auprès des vice-rois et a fait connaître la colonie par des poèmes admirables aux Présidents de la République, aux ministres, aux membres du Parlement ainsi qu’à nos quinze derniers gouverneurs. Sa lyre n’a jamais vibré que pour la bonne cause.
Il a composé des poèmes moraux où, dans des vers d’une haute inspiration, il essaye de faire pénétrer dans la masse l’idée du vrai et du bien. Il a composé de nombreux chants en l’honneur de leurs sain- tetés les Papes Pie IX et Léon XIII ainsi que de nombreux prélats.
On peut compter jusqu’à 197 le nombre de souverains, de pré- lats, de poètes et de grands écrivains qui ont fait son éloge en français, en anglais et en vers tamouls. Près de 300 journaux et revues diverses ont publié des articles en l’honneur de ce poète, à Paris, Pondichéry, Karikal, Madras et ailleurs.
Il est membre de diverses sociétés savantes, tant de l’Europe que de l’Inde. Poète lauréat de l’Inde française, il est l’auteur d’un grand nombre de poèmes littéraires, moraux et religieux qui sont lus dans toute l’Inde méridionale et qui lui ont assuré une haute réputation dans toute la pres- qu’île.
Nous estimons que le poète Savarayalou Nayagar qui compte 70 ans et qui a consacré toute sa vie à faire triompher le bien et à faire disparaître l’ignorance dans les masses, mérite d’être déco- ré de la croix de la Légion d’honneur. Toute la population de l’Inde sera vraiment heureuse de voir briller la croix d’honneur sur la poitrine de ce grand poète et de cet homme de bien.
Pondichéry, le 5 avril 1899,
Signés: T.A.Sandira Poullé,
S.S.Mariette,
R.A.St Hilaire,
Louis Rassendren,
C.Malayen,
Calvé Singara Chettiyar,
K.Ponnousamy Poullé
L’éditeur patriote pondichérien Sinnayya ‘de Saigon’ GJr;Nrupg; gjpg;ghrpupaH Njrpathjp GJr;Nrupg; gjpg;ghrpupaH Njrpathjp GJr;Nrupg; gjpg;ghrpupaH Njrpathjp GJr;Nrupg; gjpg;ghrpupaH Njrpathjp ‘irNfhd; irNfhd; irNfhd; irNfhd;’ rpd;idah rpd;idah rpd;idah rpd;idah
Comparés aux possessions britanniques dans le ‘quasi-continent’ indien (terme français plus approprié que ‘sous-continent’, d’après certains), les Comptoirs français conservés depuis le Traité de Paris de 1763 – avec deux oc- cupations anglaises ultérieures en 1778-1785 et 1793-1815 - étaient plutôt minuscules. Ils appartenaient cependant à une entité géographique de grande culture tamoule (1) et devenaient, à partir du 18ème siècle, une région de double culture française et tamoule. Les écrivains, poètes et éditeurs y furent relativement nombreux. Pris dans le tourbillon du climat nationaliste indien du début du 20ème siècle, Pondichéry constitua une terre d’asile pour les réfugiés poli- tiques comme Bâradiyâr (venu de Madras), Aurobindo Ghosh (venu de Calcutta) entre autres, ce qui créa un climat propice à de nombreuses petites maisons d’éditions. Parmi ces dernières, nous pouvons citer l’imprimerie de Sinnayya dit ‘de Saïgon’ qui se montrait particulièrement hardie.
Subramaniya Bâradiyâr était venu se réfugier à Pondichéry en 1908 pour continuer à publier en octobre ‘India’ (,e;jpah ,e;jpah ,e;jpah ,e;jpah fondée à Madras et interdite là-bas par les Britanniques). Cette publication parut au milieu de grandes difficultés et put être distribuée clandestinement au pays tamoul du territoire britannique, jusqu’à son interdic- tion à Pondichéry en mars 1910.
Très actif, il publiait parallèlement le quotidien ‘Vijaya’ (tp[ah tp[ah tp[ah tp[ah) en 1909 qui portait en première page la devise française ‘Liberté-Egalité-Fraternité’. Il devint, en 1910, l’éditeur de ‘Suriyôdayam’ (#upNahjak; #upNahjak; #upNahjak; #upNahjak;> > > > l’Aurore) fondé par Sinnayya ‘de Saïgon’ (2), surnommé ainsi parce qu’il avait vécu à Saïgon où il semble avoir oc- cupé les postes de fermier au grand marché et d’huissier. En raison d’énormes diffi- cultés dues à l’interdiction, cet hebdomadaire dut cesser également de paraître.
Après la mort précoce de Bâradiyâr, à 39 ans, en 1921, Sinnayya reprit le flambeau pour pu- blier en 1922 l’hebdomadaire ‘Dessa Sevagan’ (NjrNrtfd NjrNrtfd NjrNrtfd NjrNrtfd;> ;> ;> ;> Le Patriote) qui put paraître pendant deux ans.
Le contexte indien, après le retour de Gandhi de l’Afrique du Sud, explique la grande florai- son de telles publications à cette époque. Nationaliste et patriote (3), Sinnayya publia courageuse- ment plusieurs poèmes révolutionnaires de Bâradidâssane. Né catholique, il n’était pas un pratiquant fervent et n’hésitait pas à critiquer les autorités civiles et religieuses locales, sans craindre la foudre du clergé très influent au niveau de l’administration.
Il composait également des poèmes philosophiques et patriotiques et publiait des nouvelles locales et interna- tionales avec un esprit critique poussé. Outre le tamoul, il connaissait le français et même le latin, semble-t-il. Con- naissant bien les œuvres littéraires tamoules, il publia plusieurs articles sur elles. Il utilisait également des citations de Victor Hugo et de La Fontaine.
Epousant les idées ‘swadeshi’ de Gandhi, il portait des habits en coton tissés à la main (fjH fjH fjH fjH) et demandait aux autres à faire de même.
Il ne supportait pas les injustices administratives. Ainsi, les fonctionnaires comme les instituteurs étaient d’abord nommés dans les nombreux petits villages – rappelons ici l’existence de douze enclaves françaises sans conti- nuité, mal reliées entre elles et sans moyen de transport correct -; et les autorités ‘punissaient’ souvent en refusant de les muter en ville, comme ils pouvaient y prétendre légitimement, selon leur ancienneté. Sinnayya publia des articles contre une telle injustice chronique endurée par Bâradidâssane. A l’intention des ‘Blancs’, il traduisait en français les poèmes enflammés tamouls. De même, il n’hésitait pas à publier les fraudes des administrateurs. Il révéla ainsi les fausses notes de frais présentées par le gouverneur Louis Gerbinis, pour ses visites faites à Karikal.
Ses idées progressistes et son courage d’éditeur lui valurent, de la part de ses contemporains du Tamilnadu, le
surnom de ‘lion’ de Pondichéry.
M.Gobalakichenane
(1) Mahé, Yanaon étant de petits villages, la population des Comptoirs français était tamoule à 93 %.
(2) Son nom complet est Pajani Sinnayya Ratinassamy Naidu.
(3) Il était alors question du soutien au peuple frère voisin exploité et du départ des Britanniques : nul ne pensait au cas des Comp-
toirs français.
Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 84
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