Lettre du CCP n° 83
Sommaire
- — Le cri de Bâradidâssane
- — Lettre d’un officier de cavalerie qui a voyagé aux Indes orientales
- — Les actions d’Arignar ANNâ
Numéro 83 de la Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens — Mars 2014.
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Venez
Des ennemis aux quatre côtés,
Notre Mère tamoule au milieu !
Pour la sauver, Ô Tamouls,
Venez tous – mettre fin
A ce mauvais conte, vite,
Unissez-vous.
Ceux qui sont venus pour raison de survie,
Cherchant des emplois d’esclaves,
Parlent haut maintenant !
Venez - pour couper court
A leur orgueil, vite,
Unissez-vous.
Ceux qui sont venus en mendiant,
Veulent s’approprier ce grand pays,
Et en expriment leur intention.
Venez - pour écraser
Cette vermine,
Unissez-vous.
Les trois Académies, les trois tamouls
Les trois royaumes, ce n’est rien,
Balayent-ils, répandant leur venin.
Venez - pour trancher
Leur langue, vite,
Unissez-vous.
Les Tamouls seraient venus après,
Les Aryens auraient vécu ici avant ;
Ils réécrivent l’histoire !
Venez - pour écraser
Ces hiboux,
Unissez-vous.
Seul l’hindi serait la langue supérieure,
La classique langue tamoule serait inférieure;
Ils se dépêchent, ils se dépêchent,
Venez - pour anéantir
Ces idiots,
Unissez-vous.
Bâradidâssane, Kouyil, 26-5-1959, Poudoucchéry (trad. Câvéry G.)
Le ‘Kouyil’ de Bâradidâssane
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En cette période d’anniversaire de la Journée de la Langue maternelle et de rappel de disparition progressive de nombreuses langues en Union Indienne, nous publions un poème du pondichérien Bâradidâssane (cf.aussi LCCP nos. 15, 33 et 35). Son cri pour sa langue maternelle, le tamoul - de surcroît classique comme l’arabe, le grec, le latin, le mandarin et le sanskrit - reste valable pour toutes les autres langues indiennes (et d’ailleurs) injustement négligées ou opprimées et pour toute époque. Merci à son fils francophone Mannar Mannane qui a bien voulu nous communiquer cet exemplaire de ‘Kouyil’ publié par son père. ISSN 1273-1048 No.83 Mars 2014
Organe de Liaison des Ressortissants de l’Inde ex- française : Pondichéry, Karikal, Mahé, Yanaon (et Chandernagor) Lettre du CERCLE CULTUREL DES PONDICHERIENS GJr;NrhpaH fiy kd;w GJr;NrhpaH fiy kd;w GJr;NrhpaH fiy kd;w GJr;NrhpaH fiy kd;w kly; kly; kly; kly;
Rédaction: M.Gobalakichenane
22 Villa Boissière, 91400 Orsay, France
Email : ggobal@yahoo.com Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 83 Page 1
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Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 83 Page 2 Lettre d’un officier de cavalerie qui a voyagé aux Indes orientales fpof;fpe;jpahtpy; gazpj;j xU Fjpiug; gilj;jiytH kly; fpof;fpe;jpahtpy; gazpj;j xU Fjpiug; gilj;jiytH kly; fpof;fpe;jpahtpy; gazpj;j xU Fjpiug; gilj;jiytH kly; fpof;fpe;jpahtpy; gazpj;j xU Fjpiug; gilj;jiytH kly;
Des cinq comptoirs de l’Inde conservés par la France depuis le traité de Paris 1763, Mahé est celui situé sur la côte de Malabar (Kérala actuel) avec quelques milliers d’âmes à cette époque dont une cinquantaine de Français. Après le traité de Versailles 1783, il fut même considéré un temps pour remplacer Pondichéry en tant que capitale dans l’océan Indien. Le choix final se porta finalement sur l’Ile de France, actuelle Maurice, dont la population était de l’ordre de 30000 et dont les ressources étaient pourtant faibles, son importance résidant surtout dans sa situation géographique sur la route maritime vers l’Asie.
Souhaitant aussi par ailleurs pallier au manque relatif d’articles sur Mahé, nous publions les extraits d’une Lettre d’un officier de cavalerie trouvée dans les Manuscrits conservés à la Bibliothèque nationale, Paris.
Le style et l’époque rappelée nous portèrent à penser que l’auteur qui passait par ce comptoir devait être l’un de ceux qui eurent de nombreux contacts avec le sultan de Mysore, Haïder Ali Khan, après le Traité de Paris 1763, à savoir: Bouthenot, Hugau, Hügel, Maistre de la Tour, Piveron de Morlat, Russel, Thurlotte.
Après élimination de certains, nous avons relu le ‘Voyage extraordinaire d’un capitaine de dragons chez Hyder Ali Khan’, publié par Françoise de Valence en 2001. Et nous avons retrouvé, en pages 111-112, les mêmes éléments que dans la Lettre, ce qui nous conduit à affirmer que l’auteur de la lettre est Claude Hugau.
Cet officier se sert probablement de sa lettre écrite en son temps (vers 1770-1771), comme d’autres similaires, pour rédiger plus tard, après son retour en France, son mémoire au Ministre de la Marine et des Colonies réfléchissant sur la politique à tenir envers l’Angleterre et les puissances du Sud de l’Inde.
Pour éclairer mieux le lecteur sur l’auteur de la Lettre, nous reproduisons à la suite quelques éléments de sa biographie publiée par F.de Valence dans sa préface.
- Notes extraites de lettre d’un officier de cavalerie qui a voyagé aux Indes orientales
‘Lettre seizième de Mahé, son commerce, ses forces, du bien qu’on peut en tirer
‘La guerre dernière [de 1756-1763], Mahé fut razé et les Anglais en ont emporté toutes les pierres à Tallichéry, ils ont de plus coupé les plans.
‘Ce n’est que le 19 octobre 1765 que l’on y a replanté le pavillon, mais comme ce lieu a presque été abandonné depuis ce temps, il n’est rien moins que respectable à des gens entreprenans, mais il est encore en état d’en imposer aux Noirs (1) qui ne sont pas assez osés pour venir l’insulter quoique pourtant ils ayent la témérité de voler les habitans qui s’en écartent à un quart de lieue.
‘Il y a, dans l’est de la Rade, le fort de Mahé de 50 bouches à feu, ce fort est de pierre et porte du canon de 24, il ne protège point les vaisseaux en rade, il défend la descente dans les parties du Nord et du Sud, ainsi qu’à l’entrée de la Rivière sur la barre de laquelle à mer haute il n’y a que sept à huit pieds d’eau. De l’autre côté de cette rivière, c’est-à-dire dans la partie du Nord, est une mauvaise redoute gazonnée où il y a une pièce de canon et 20 hommes. Elle commande à la mer, un peu plus dans l’intérieur des Terres; et dans la partie de la rive du Nord de la Rivière est le fort St. Georges où il y a 30 pièces de canon et 60 hommes, ce fort commande celui de Moélan? bâti sur les limites de Tallichéry appartenant aux Anglais. Il commande bien plus aisément que celui de Mahé, parce qu’il est bâti sur une montagne fort élevée. Le peu de moyen de ce comptoir est cause que le fort de St. George n’est construit qu’en terre, mais sa situation est tel qu’il est, le rend très susceptible de déffenses contre des noirs. Dans la partie du Sud du fort de Mahé est une porte où l’on a construit en pierre une batterie de 14 pièces de canon, elle se nomme Batterie des Roches. Telles sont les fortifications de Mahé. Quelques hayes de Bambous et des postes de 6 à 7 hommes placés en différents lieux forment l’enceinte de ce que l’on appelle la Ville.
‘Il a été donné un devis pour rétablir les fortifications, construire une citadelle, et faire des redoutes et fortins sur les exhaucements dont Mahé est entouré. Cette dépense doit monter (suivant moi) à 300 000 livres mais elle sera discutée quoiqu’elle soit nécessaire et très nécessaire, si l’on veut se conserver à cette côte et s’y faire respecter.
(1) entendre ‘Malayalis’ de la région, donc indiens; mot utilisé aussi pour les ‘Tamouls’, à Pondichéry.
Carte de Mahé, sur la côte de Malabar
(Source: Wikipedia)
Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 83 Page 3
‘La garnison consiste à 109 soldats européens, à environ 160 cipayes Topas et Tyver? d’armes et à environ 30 per- sonnes de ce que l’on nomme Etat Major.
‘La maison du Gouverneur est bâtie à l’Européenne, elle est vaste, assez commode, mais pas encore meublée ni achevée, il y a un assez joli jardin dans lequel la vigne vient bien et rapporte du raisin deux fois par an.
‘Les magasins destinés à la Compagnie auront été fort beaux s’ils eussent été achevés, par ce qui est fait, je suis fondé à dire qu’ils auraient fait honneur à celui qui en avait donné le plan, ils sont situés au bord de la Rivière.
‘Les fondations pour une église ont été jettées, mais le manque de fonds a ?té les moyens de continuer l’édifice, il y a une petite église faite à la hâte et à peu de frais où les fidèles se rassemblent, elle est desservie par un carme chassé de l’Isle en? Frandres [Isle de France] lequel a sous lui deux prêtres canarets.
‘L’on nomme Prêtres canarets ceux qui sont nés à la côte de ce nom, ils sont noirs comme tous les gens de ce pays, la plupart ne savent même pas lire le latin, et j’en ay vu qui accompagnaient cette ineptie d’une dépravation de mœurs, et d’une indécence épouvantable. Le choix qu’on a fait de ceux qui sont à Mahé les met au dessus de cette petite disgression.
‘Le pesbytère est la plus belle maison d’ici après le gouvernement.
‘Il n’y a aucune société à Mahé, chacun vit chez soi où il est fort incommodé de la chaleur, des moustiks, des four- mis et du tonnerre qui est épouvantable à cette côte depuis le 15 may jusqu’au 15 septembre, il pleut et il vente si considé- rablement en même temps qu’il tonne que depuis le mois de may au mois d’octobre aucun vaisseau ne vient à cette côte. Ils vont tous à la côte Coromandel où il fait le plus beau temps du monde pendant le temps qu’il en fait un effroyable à la côte Malabare. Le contraire existe de côte à côte six mois de l’année alternativement.’
- Biographie de l’auteur de la Lettre Claude Hugau
‘Hugau est né à Paris en 1741 dans un milieu très modeste: son père est domestique et son parrain le cordonnier du quartier. Il s’engage à 16 ans en 1757. La Guerre de Sept ans a commencé un an plus tôt et la France est désormais aux côtés de l’Autriche dans le camp opposé à l’Espagne, la Prusse et l’Angleterre. Il est lieutenant porte-étendard et trésorier de son régiment lorsque, sur ordre de Choiseul, il est désigné pour faire partie du détachement du lieutennat-colonel Hügel avec une dizaine d’autres officiers et sous-officiers. Lorsqu’il s’embarque le 9 novembre 1769 à Bordeaux sur le vaisseau Duc de Praslin, le capitaine Hugau vient d’être promu à ce grade à 28 ans mais, il est déjà un soldat aguerri.
‘Au retour d’Inde en 1772, Hugau poursuivra sa carrière militaire, en France d’abord où il est distingué par le colonel de la Légion royale, le duc de Lauzun. En 1779, à la demande du même Lauzun, il est successivement nommé major général de la Légion des Volontaires étrangers, proposé pour le grade de lieutenant-colonel et décoré de la croix de Saint-Louis. C’est en qualité de lieutenant-colonel de cette même Légion qu’il participera, toujours sous les ordres de Lauzun, à la campagne des Etats-Unis dans l’armée de Rochambeau.
‘Le 14 mars 1789 Hugau donne sa démission. Il est lieutenant-colonel depuis près de dix ans, mais les règlements lui interdisent, en tant que roturier, au grade de colonel…
‘Les événements se précipitent et le lieutenant retraité - il a 48 ans - accepte la proposition du Duc de Bouillon de commander en second la milice bourgeoise d’Evreux où il vit marié sans enfants depuis 1778 et où il possède une maison. Il assistera à la fête de la Fédération à Paris le 14 juillet 1790 au cors de laquelle est remise la bannière du département de l’Eure offerte par les Districts de Paris. Nommé Juge de paix pour le canton d’Evreux, il abandonne toutes ses autres fonctions dont celle de Président de l’Administration du District d’Evreux.
‘En septembre 1791, Hugau est élu député de l’Eure à l’Assemblée législative. En 1800, il sera appelé en activité, nommé Sous-Inspecteur aux Revues et fera une nouvelle carrière militaire dans l’administration qu’il quittera définiti- vement en 1815. Il se retire à Evreux après la mort de sa femme en 1815, où il mourra le 12 mars 1820, à près de 79 ans.
‘Dès son retour en 1775 [de l’Inde], Hugau avait adressé à Monseigneur de Sartine, Ministre et Secrétaire d’Etat de la Marine, ses ‘Notes sur l’Inde d’après un voyage fait pendant les années 1769, 1770, 1771 et 1772, …’. Les éléments d’information recueillis par Hugau ont une grande valeur tant historique et politique que géographique et économique. Hugau est un observateur perspicace au regard acéré mais non dénué d’humour lorsqu’il s’agit de son aventure person- nelle. Ses écrits viendront compléter utilement les œuvres d’autres voyageurs et aventuriers, bien connues parce que déjà publiées depuis longtemps, dont l’Histoire d’Ayder Ali Khan de Maistre de La Tour.’
(extraits de la préface de Françoise de Valence, p.6-7)
Les actions d’Arignar ANNâ mwpQH mz;zhtpd; rhjidfs; mwpQH mz;zhtpd; rhjidfs; mwpQH mz;zhtpd; rhjidfs; mwpQH mz;zhtpd; rhjidfs;
Tout touriste étranger venant à Chennai ne peut manquer de remarquer le mausolée de C.N.Annadurai (1909- 1969), appelé avec respect et grande affection ‘Arignar ANNâ (cf. LCCP nos.13, 29 et 45), érigé sur la célèbre plage Marina, en face des anciens bâtiments de l’Université de Madras. Mais, sait-il ce que le peuple tamoul lui doit, pour- quoi il fut tant pleuré le 3 février 1969 et pourquoi ses funérailles ‘nationales’ devinrent historiques ? A cet effet, nous avons regroupé ci-dessous les actions accomplies par lui en moins de deux ans.
Baptême de l’Etat : Dès son élection en 1967 comme Ministre-en-Chef (Chief Minister), il a changé le nom de ‘Madras State’ en ‘Tamijnâdou’ (jkpo;ehL jkpo;ehL jkpo;ehL jkpo;ehL).
Fonctionnement de l’Etat : Il envoya une circulaire exemptant les hauts fonctionnaires d’accompagner les Ministres dans leurs déplacements et permettant ainsi de vaquer à leurs fonctions principales.
Laïcité : Au lieu de faire serment au nom de Dieu, il a institué le serment au nom de la ‘conscience personnelle’. Il fit enlever des bureaux officiels de gouvernement les images de dieux et déesses.
Economie - Impôts : Dès son arrivée au pouvoir (c’était l’époque de démarrage de la Révolution verte et l’Union Indienne connaissait une période de grand déficit de céréales ali- mentaires, surtout en riz), il a fait vendre par la Coopérative de l’Etat une mesure de riz au prix très bas d’une roupie. Les terres ‘punjai’ non productrices de riz furent exemptées de taxes.
Mariages et femmes : Les partis Dravida Kazhagam (jpuhtpl fofk; jpuhtpl fofk; jpuhtpl fofk; jpuhtpl fofk;) et Dravida Munnetra Kazhagam (jpuhtpl jpuhtpl jpuhtpl jpuhtpl Kd;Ndw;wf; fofk; Kd;Ndw;wf; fofk; Kd;Ndw;wf; fofk; Kd;Ndw;wf; fofk;), dans leur volonté de réformes sociales, avaient commencé à prôner la célébration des mariages sans brahmânes. Ces mariages dits ‘réformés’ (rPHjpUj;jj; jpUkzq;fs; rPHjpUj;jj; jpUkzq;fs; rPHjpUj;jj; jpUkzq;fs; rPHjpUj;jj; jpUkzq;fs;) furent présidés par une grande personnalité respec- table qui demandaient aux nouveaux mariés leur consentement public et les bénissaient après un discours de circons- tance, mais ils n’étaient pas reconnus officiellement par les gouvernements précédents du parti ‘Congrès’. Seuls l’étaient les mariages célébrés par des prêtres brahmanes et les faires-parts imprimés servaient de certificats de ma- riage pour l’enregistrement officiel. Après 1967, tous les mariages ‘réformés’ furent officialisés sans exception, avec effet rétroactif. Par ailleurs, pour encourager les mariages inter-castes, il fit décorer les jeunes mariés d’une médaille en or. Il fit donner la préférence aux veuves dans l’attribution des postes de fonctionnaires.
Langues : Alors qu’en Union Indienne, on avait opté, en pratique, pour la politique d’apprentissage de trois langues (hindi, langue maternelle et anglais), il a considéré que l’anglais était suffisant pour les relations avec le reste de l’Union indienne et l’étranger et qu’il ne fallait pas trop alourdir les programmes scolaires. Ainsi, il a préconisé et favorisé le système à deux langues (langue maternelle et anglais). Ce système était - et reste - très controversé, car ceux qui n’apprenaient plus l’hindi furent peu à peu laissés en dehors du cercle du pouvoir fédéral de New Delhi, d’où de nombreux déboires pour les Tamouls dans les affaires internationales. Et les minorités de l’Etat n’apprenaient pas le tamoul, ce qui donna lieu à de nombreux conflits et procès. Paradoxalement, ce choix aboutit aussi au non- apprentissage du tamoul par les Tamouls mêmes (écoles privées, couvents). La seule et importante conséquence posi- tive fut la facilité d’apprendre les Techniques informatiques et d’établir des contacts avec l’étranger.
Il fit changer de nom la radio d’AkâshvâNi’ en ‘Vânoly’ (thndhyp thndhyp thndhyp thndhyp), le nom ‘Secretariat’ du Gouvernement en ‘Thalaimaic ceyalakam’(jiyikr; nrayfk; jiyikr; nrayfk; jiyikr; nrayfk; jiyikr; nrayfk;). Il organisa avec succès la Deuxième Conférence Internationale des Etudes tamoules à Madras, en 1968 (la première avait eu lieu en 1966, à Kuala Lumpur), avec le concours de Jean Fil- liozat (ohd; gpypNahrh ohd; gpypNahrh ohd; gpypNahrh ohd; gpypNahrh) et de X.Thani Nayagam Adigal (jdp ehafk; mbfs; jdp ehafk; mbfs; jdp ehafk; mbfs; jdp ehafk; mbfs;). Il fit installer le long de la plage Marina des statues de grandes personnalités - y compris étrangères - ayant œuvré pour la langue tamoule.
Instruction : Pour les familles pauvres, l’instruction secondaire fut rendue gratuite jusqu’à l’année d’entrée à l’Université (‘Pre-University Course’). Les autocars de transport furent ‘étatisés’ (1). Pour la bonne éducation des gens, il y a fait inscrire les ‘Kurals’ (Fws; Fws; Fws; Fws;) de TiruvaLLouvar.
Logement : Il commença un plan de construction d’immeubles pour reloger les familles pauvres habitant les
huttes de Chennai dans des appartements en dur.
M.Gobalakichenane
(1) Nous évitons le mot ‘nationalisés’, car il s’agit seulement de l’Etat du Tamilnadu et non de l’Union Indienne.
Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 83
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C.N.Annadurai (1909-1969)
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