Lettre du CCP n° 78
Sommaire
- — L’appel de la Nature à Bâradidâssane
- — Pondichéry, en 1762 et en 1954-1962 : 200 ans mémorables
- — Les changements de nom à Pondichéry
Numéro 78 de la Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens — Décembre 2012.
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La Grâce tamoule
Je pris une feuille pour y écrire un poème
‘Ecris sur moi’ dit le ciel;
Les ruisseaux et les fleurs de lotus
Demandent de les peindre;
Les forêts, les champs et les nuages noirs
Essaient de charmer mes yeux;
Les filles semblables aux paons dansant
Dirent: ‘Dessine une image d’amour’.
La brise fraîche du bois arrive; Arrivent
Les paons aux plumes colorées, arrive le cygne;
Et le soir, à l’ouest, resplendit
Le soleil rouge comme rubis.
‘Décris les épaules des braves portant des lances
Comme de hautes montagnes’,
Ainsi, des multitudes de scènes
Viennent m’interpeler. Au milieu d’elles,
Au Tamijnâdou, pris dans des difficultés,
Mon peuple tamoul dormait tranquillement.
Ce spectacle inspirant de la pitié
Vint me saisir profondément !
Lorsqu’on pourra annoncer:
‘Tous ont reçu une bonne éducation tamoule’
Alors, les problèmes cesseront, la joie naîtra;
Le coeur deviendra pur et le courage viendra.
Bâradydâssane (1940?) Trad. par Bavâny Danaradjou
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ISSN 1273-1048 No.78 Décembre 2012
Organe de Liaison des Ressortissants de l’Inde ex- française : Pondichéry, Karikal, Mahé, Yanaon (et Chandernagor)
MPT Courdimanche Lettre du CERCLE CULTUREL DES PONDICHERIENS
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Rédaction: M.Gobalakichenane
22 Villa Boissière, 91400 Orsay, France
Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 78 Page 1 L’appel de la Nature à Bâradidâssane ghujpjhrDf;F ,aw;ifapd; miog;G ghujpjhrDf;F ,aw;ifapd; miog;G ghujpjhrDf;F ,aw;ifapd; miog;G ghujpjhrDf;F ,aw;ifapd; miog;G
En ce cinquantenaire de transfert de jure (16 août 1962) des Comptoirs de l’Inde, nous avons voulu évoquer de nouveau le grand poète révolutionnaire pondichérien Bâradidâssane qui connaissait bien l’histoire de France et les poètes et écrivains français.
Disciple de Bâradiyâr ghujpahH ghujpahH ghujpahH ghujpahH et de ‘Périyâr’ (E.V.Râ. <.Nt.uh. <.Nt.uh. <.Nt.uh. <.Nt.uh.), il avait été également fortement influencé par son éducation dans une école publique de la IIIème République française et par ses connaissances de l’histoire de la France et de ses poètes et écrivains célèbres.
Dans les LCCP Nos. 10 et 33 nous
avions publié ses poèmes tamouls évoquant
Jésus et dans le No. 15 un autre sur
l’abolition des castes et la langue tamoule.
Alors qu’on parle beaucoup de l’Agence da la Francophonie dans laquelle l’Etat de Pondichéry n’est même pas membre à titre d’observateur et que l’on peut déplorer l’indianisation (ou anglicisation?) débridée, nous remarquerons que son fils Mannarmannane, devenu automatiquement ‘indien’ après la période d’option, est encore parfaitement francophone. Les journalistes intéressés par les réminiscences de la culture française à Pondichéry apprendront beaucoup en allant voir des gens comme lui.
En illustration, Mannarmannane devant le portrait du père (Photo prise en 2010)
M.G.
Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 78 Page 2 Pondichéry, en 1762 et en 1954-1962 : 200 ans mémorables 1762> 1954 1762> 1954 1762> 1954 1762> 1954-1962,y; GJr;Nrup: 200 epidthz;Lfs; 1962,y; GJr;Nrup: 200 epidthz;Lfs; 1962,y; GJr;Nrup: 200 epidthz;Lfs; 1962,y; GJr;Nrup: 200 epidthz;Lfs;
Il y a cinquante ans, le 27 juillet 1962, la France votait à main levée la cession définitive des Comptoirs français et l’on pensait, selon la formule consacrée de J.Nehru et répétée à satiété que la culture française y perdurerait. Il est navrant de constater qu’au contraire, excepté les aspects extérieurs (panneaux bleus des rues, képis rouges des policiers, etc.) qui restent différenciés de ceux de l’Union indienne, l’indianisation l’a emporté sur le reste. Alors qu’en 1762 la ville était complètement en ruines (Fig.1), l’administration française sous Jean Law de Lauriston avait redonné une nouvelle vie à la ville et c’est avec grand regret que nos lecteurs constateront le passage de la pratique du football jusqu’en 1954 (Fig.2), avec des tournois annuels populaires, à la pratique quasi généralisée du cricket aux dépens du premier sport international.
Une analyse détaillée des raisons exigerait plusieurs pages. Nous rappellerons seulement que les quatre dates importantes pour les Comptoirs, à savoir, le 1er novembre 1954, le 28 mai 1956, le 16 août 1962 -avec la période d’option de six mois- et le 15 février 1963 correspondent à des événements autrement plus importants au niveau international (guerre d’Algérie, reconnais-sance de GPRA, accords d’Evian, référendum, problème de Cachemire) et au niveau climatique (hiver exceptionnellement rigoureux en 1962-63), ce qui explique l’occultation de ces quatre événements en Métropole. Nous reproduisons tels quels les articles parus en certaines de ces dates dans le quotidien national ‘de référence’ de l’époque, ce qui donnera une idée du monde d’alors.
« Le Drapeau français ne flotte plus à Pondichéry (Le Monde du 2 novembre 1954) Pondichéry, 1er novembre -Vingt et un coups de canon tirés ce matin à l’aube ont annoncé la fin de l’empire français des Indes. Hier soir, au coucher du soleil, les couleurs françaises avaient été amenées au palais du gouvernement à Pondichéry. Ce matin on voyait flotter à leur place le drapeau marqué de la croix d’Asoka, orange, vert et blanc, les trois couleurs de la république de l’Union indienne. Les accents de la Marseillaise ont retenti une dernière fois; une fanfare de la police indienne, qui à minuit avait pris possession des postes, saluait le départ des autorités françaises qui quittaient la ville après avoir fleuri la statue de Dupleix. Une page d’histoire était tournée. Une courte cérémonie avait consacré le transfert de facto des pouvoirs décidé par l’accord franco- indien signé le 21 octobre. C’est M.Pierre Landy, qui fut consul général à Calcutta du début de 1951 au début de 1953, qui représentait la France. Il opposa sa signature au bas du texte de l’accord, à côté de celle de M.Kewal Singh, consul général de l’Inde, qui devient commissaire de l’Inde à Pondichéry, en attendant le transfert de jure des territoires français. Le gouvernement indien était représenté par M.R.K.Nehru -homonyme du premier ministre- qui avait mené les négociations avec la France, dans leur dernière phase. M.R.K.Nehru a donné lecture des messages envoyés par le président Rajendra Prasad et par M.Jawaharlal Nehru. Le premier ministre de l’Inde déclare se féliciter que Pondichéry doive rester un centre de langue et de culture françaises et constituer un lien culturel entre les deux nations. Dans les semaines qui viennent, les habitants des anciens Comptoirs (221 000 à Pondichéry, 72 000 à Karikal, 6 000 à Yanaon et 2 000 à Mahé) vont avoir à opter pour la nationalité française ou indienne. »
Le même quotidien titre sur cinq colonnes à la une, le 25 mai 1956, « Après la démission de M.Mendès-France : Un débat aura lieu sur l’Algérie la semaine prochaine à l’Assemblée », doublé d’un éditorial de ‘Sirius’ (Hubert Beuve-Méry) intitulé « Les propositions de l’Inde » sur le plan de paix de J.Nehru sur l’Algérie en cinq points.
Et le 29 mai 1956, ‘Le Monde’ publie dans la page ‘Problème algérien’ un encart sur la « Signature
à New-Delhi du traité de cession des Etablissements français en Inde.
Le traité de cession à l’Inde des Comptoirs français a été signé ce matin lundi [28] à 10 heures
(locale) par M.Nehru, premier ministre indien , et M.Ostrorog, ambassadeur de France à New-Delhi.
Fig.1 Etat de Pondichéry,
après sa destruction par les Anglais
(peinture de 1762 par J.McLean, Wikipedia)
Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 78 Page 3
Il vise le transfert des quatre Etablissements français -Pondichéry, Karikal, Yanaon et Mahé-et de- vra être ratifié par le Parlement français. En ce qui concerne le cinquième Etablissement français - Chandernagor- sa cession avait déjà été opérée à la suite du plébiscite organisé en 1949 et la mesure ratifiée par le Parlement. Le traité signé lundi matin se substitue à l’ac- cord provisoire conclu le 21 octobre 1954, en vertu duquel l’administration des quatre Comptoirs avait déjà été transférée ‘de facto’ à l’Union indienne. Il comporte trente et un articles et un proto- cole annexe de neuf articles. Ses dispositions princi- pales sont les suivantes: les nationaux français nés dans les Comptoirs et qui y sont domiciliés (1) de- viendront citoyens indiens lors de l’entrée en vigueur du traité, à moins que dans les six mois suivant son application ils expriment leur désir de conserver la nationalité française; le gouvernement indien s’en- gage à prendre à son service tous les fonctionnaires, sauf ceux appartenant au cadre métropolitain; ces fonctionnaires auront les mêmes droits qu’avant la cession; le gouvernement indien s’engage à leur lais- ser exercer librement leur profession en fonction de leurs titres et de leurs diplômes; les règles en usage avant la cession, en ce qui concerne la liberté du culte, sont admises par le gouvernement indien qui reconnait également les ‘conseils de fabrique’ et les conseils de missions. »
‘Le Monde’ du 17 août 1962 (2) rapporte la nouvelle suivante: « M.Nehru et l’ambassadeur de France ont échangé les instruments de cession des établissements français de l’Inde. New-Delhi 16 août (A.P.)-Au cours d’une entrevue qui a eu lieu devant une tasse de café et des gâ- teaux, M.Jawaharlal Nehru a échangé avec M.Jean-Paul Garnier, ambassadeur de France, les instruments de cession des quatre enclaves françaises. Le transfert de facto avait été signé en novembre 1954 à Paris. Le traité pour le transfert de jure avait été paraphé à New-Delhi le 18(3) mai 1956 par le président(sic) Nehru et l’ambassadeur de France, qui était alors le comte Stanislas Ostrorog. Mais la ratification n’a eu lieu, on le sait, qu’en juillet dernier. Depuis les documents de ratification ont été signés par le général de Gaulle et par M.Sarvapalli Radhakrish- nan. M.Nehru a, devant le Parlement indien, donné l’assurance que l’individualité des enclaves fran- çaises serait préservée autant que ses habitants le souhaiteraient. D’autre part, M.V.Subbiah, chef de l’opposition de l’Assemblée locale de Pondichéry, a annoncé aujourd’hui aux journalistes que toutes les enclaves seraient annexées aux Etats proches(4) , Pondichéry(5) et Karikal (5) entrant dans l’Etat de Madras(6) Yanaon dans l’Etat d’Andhra-Pradesh (7), et le petit port de Mahé dans l’Etat de Kérala (8). »
NdlR:
(1) Au XVIIIe s., la cour de Versailles traitait avec Londres dans l’ignorance des événements aux Indes; en 1954, New
Delhi traitait avec Paris dans l’ignorance de la géographie et des coutumes des Tamouls, à Pondichéry.
(2) Il avait consacré son éditorial du 14 juillet 1962 à ‘la fin des comptoirs français de l’Inde’. Le même numéro pu-
bliait une lettre de R.Roger, secrétaire de l’Association des Français de l’Inde, évoquant l’‘abandon par la Métropole’
et la ‘fenêtre ouverte sur le vide si…’.
(3) Erreur: la date exacte est le 28 mai 1956.
(4) Il s’oppose ainsi à Edouard Goubert qui s’affiche, depuis peu, plus tamoul que français (créole) en prenant le nom
de E.G.Pillai et défenseur de la double culture et il changera sa position avec le temps; E.Goubert trahira aussi la
France, les Pondichériens et , diront certains, Nehru plus tard.
(5) Où la langue locale est le tamoul comme dans l’Etat voisin.
(6) Qui s’est vu amputé, en 1956, de plusieurs régions tamoulophones cédées par le gouvernement fédéral (Congrès)
aux Etats voisins et qui, en 1967, sous le gouvernement de C.N.Annadurai du parti Drâvida Munnetra Kazhagam
(D.M.K), prendra le nom de TamijnâDou (Tamilnadu).
(7) Où la langue locale est le télougou (njYq;F
njYq;F
njYq;F
njYq;F) comme dans l’Etat voisin.
(8) Où la langue locale est le malayâlam (kiyahsk;
kiyahsk;
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kiyahsk;) comme dans l’Etat voisin.
Fig.2 Membres du CSP et Equipe de football
(Collection particulière M.G.)
Les changements de nom à Pondichéry GJr;Nrupapy; ngaH khw;wq;fs; GJr;Nrupapy; ngaH khw;wq;fs; GJr;Nrupapy; ngaH khw;wq;fs; GJr;Nrupapy; ngaH khw;wq;fs;
En Europe et en France, il devient courant que les jeunes devenus majeurs qui ne supportent pas les prénoms donnés par leurs parents souhaitent les remplacer par d’autres à leur convenance en ayant recours à cet effet à des avocats ou notaires.
A Pondichéry où l’Etat-civil du type français existe depuis les années 1880, les noms propres tamouls étaient translittérés en français. Depuis la cession des Comptoirs français, les habitants de souche (pour les distinguer de ceux venus, depuis 1954, des autres Etats de l’Union indienne) con- tinuent à rencontrer des problèmes du fait des translittérations française et anglaise des noms ta- mouls. (cf. LCCP No.42 p.4) et ont recours à des modifications orthographiques de leur nom.
Nous publions une page de ‘La Gazette de l’Etat’ de Pondichéry du 10 janvier 2006 qui, comme dans le Journal Officiel de la République française, publie les divers actes. Elle contient quatre cas de changements de nom souhaités et obtenus par les impétrants.
Ce problème nous renseigne aussi sur la réminiscence du français dans les noms des ‘Pondichériens de souche’, devenus automatiquement indiens en 1963 car n’ayant pas utilisé l’option, sur les diverses formules règlementaires en usage, sur le mélange des trois langues : français dans l’en-tête, ta- moul dans une signature et anglais partout ailleurs, ce qui est également une indication du fonctionnement de l’administration actuelle. En 1970, le personnel de l’Etat-civil était encore francophone puisqu’il donnait fi- dèlement la translittération française unique; mais ce personnel dispa- raissant avec l’âge est remplacé par un autre plus ou moins anglophone. L’indication sur la religion et sur la croyance en la numérologie en sus de l’horoscope est également intéressante!
Voici la traduction du changement de nom no.16382:
“Je (soussigné), Sandiressagarane, fils de Gobalakichenin, Hindou, âgé d’environ 35 ans et demeurant au no.10, rue V.O.C, Radhakrishnan Nagar, Ariancoupom, Pondichéry-7, déclare solennellement et sur serment que:
Je suis le déposant ici.
Je déclare que je suis né le 12-7-1970 à mes parents nommés Gobalakichenin (Nfhghyfp;dd; Nfhghyfp;dd; Nfhghyfp;dd; Nfhghyfp;dd;) et Sinnammalle (rpd;dk;khs; rpd;dk;khs; rpd;dk;khs; rpd;dk;khs;) alias Batmany (gj;kdp gj;kdp gj;kdp gj;kdp) et que ma naissance a été enregistrée sous le nom de ‘Sandirassegarane’ (re;jpuNrfud; re;jpuNrfud; re;jpuNrfud; re;jpuNrfud;).
Je déclare que j’ai changé mon nom pour mieux convenir à la numérologie et qu’à compter de maintenant mon nom sera connu comme ‘R.G.Chanthrasekaran’.
Je déclare par la présente que les faits déclarés ci-dessus sont corrects à ma connaissance et ma croyance et que rien n’a été dissimulé là-dessus. Affirmé de façon solennelle et signé devant le Notaire public de Pondichéry, le 27 décembre 2005. 16382
R.G.Chanthrasekaran”
De même, nous voyons sur la même page ‘Caliaperoumal’ changé en ‘Caliaperumal’ et
‘Vasandakumari’ devenue ‘Vasanda’ (de translittération française en translittération anglaise).
L’information sous-jacente sur les ‘Pondichériens de souche’ -reconnaissables à l’orthographe- qui
n’avaient pas opté mais dont les familles, restées plus ou moins francophones, vivent dans les ex-
Comptoirs, sera désormais occultée, ce qui est regrettable sociologiquement parlant.
M.Gobalakichenane
Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 77
Page 4
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