Lettre du CCP n° 72
Sommaire
- — Charme des querelles d’amour
- — Les funérailles de Mouttammâ
- — Les ‘Pondichériens’ morts pour la France
Numéro 72 de la Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens — Juin 2011.
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Charme des querelles d’amour
Bien que mon époux n’ait aucun défaut, la manière dont il me fait l’amour est si délicieuse qu’elle me pousse à le quereller.
K.1321
La petite peine que cause à mon époux mes questions feintes refroidit un instant son amour pour le rendre ensuite plus ardent.
K.1322
Est-il lieu céleste plus délicieux que la bouderie pour ceux qui sont unis comme la terre et l’eau? K.1323
Même dans une longue étreinte se trouve une arme qui brise le cœur (jalousie).
K.1324
Il y a pour l’homme, même sans défauts, un certain charme à ne pas avoir, un moment, l’étreinte de sa femme.
K.1325
De même que la digestion de ce que l’on a mangé est plus agréable que manger, une querelle feinte est plus agréable que l’étreinte.
K.1326
Dans une querelle d’amour, c’est le parti vaincu qui est le vainqueur; la preuve se trouve dans le charme de l’étreinte qui suit.
K.1327
Goûterai-je encore les délices de cette étreinte qui a suivi sa bouderie et qui a fait perler la sueur sur son front ?
K.1328 Que celle qui est parée de brillants bijoux me boude encore et que la nuit se prolonge afin que je puisse la supplier longuement !
K.1321
La bouderie donne du charme à l’amour et l’étreinte (qui suit) donne du charme à la bouderie.
K.1330
Tiruvalluvar (trad. Mootoocomaren
Sangeelee, Ed.Océan Indien, 1988)
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Traduction de Tirukkural par Moottoocoomaren Sangeelee
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Les Tamouls ont été amenés à la Réunion et à Maurice dès fin du XVIIè / début XVIIIè s. Alors que ceux venus dans la deuxième moitié du XIXè s. comme engagés contractuels ont été l’objet de très nombreuses études, les vagues antérieures de peuplement restent encore méconnues. Après quelques générations, ces Tamouls oubliaient tous leur langue et leur culture. Pour y rémédier, certains ont travaillé dur pour leur préservation. Le plus illustre d’entre eux est Mootoocoomaren Sangeelee de Maurice à qui nous rendons hommage, en publiant des extraits de sa traduction de ‘Tirukkural’ de 1330 distiques, ‘Bible’ par excellence des Tamouls, mais aussi œuvre de moralité universelle (cf. LCCP nos. 11, 49 et 66). Il s’agit des 10 derniers ‘Kurals’ de très grande finesse de la troisième section ‘Amour’ comportant 250 distiques. ISSN 1273-1048 No.72 Juin 2011
Organe de Liaison des Ressortissants de l’Inde ex- française : Pondichéry, Karikal, Mahé, Yanaon (et Chandernagor)
Lettre du CERCLE CULTUREL DES PONDICHERIENS
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Rédaction : M.Gobalakichenane
22 Villa Boissière, 91400 Orsay, France
Email : ggobal@yahoo.com Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 72 Page 1
Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 72
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Les funérailles de Mouttammâ
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Dans quatre jours, c’est Deepavali, fête des lumières, la plus ‘lumineuse’ des fêtes indiennes. J’aime particulièrement cette fête dont le Pandit Jawaharlal Nehru disait: ‘toute l’obscurité du monde ne peut éteindre la flamme d’une seule bougie’.
Six heures du matin: grondement sourd de tambour, tout près…là, j’ouvre ma porte et…mes yeux. Enorme boule rouge, transpercée par un nuage de mousson, le soleil se lève sur le golfe du Bengale. Je regarde la rue qui descend vers mer, là où battent les tambours de toutes leurs forces.
La vieille femme est posée sur deux tréteaux tachés de peinture blanche, sur un pagne en osier. Les deux gros orteils de ses pieds minuscules sont attachés par un mince lien rouge, des guirlandes de fleurs multicolores entourent son visage et recouvrent sa poitrine.
Le bruit des tambours alterne avec le silence ou les plaintes des femmes. Les hommes s’occupent à faire un feu non loin de là.
Les femmes sont assises tout près, à même le sol. L’une d’entre elles, la fille aînée, parle à la morte; long monologue parfois plein de ferveur gesticulante, parfois empreint de douceur, comme des confidences murmurées près de son visage immobile. Elle se redresse, titube, caresse les vieilles joues, serre ce corps minuscule dans ses gros bras.
La deuxième fille arrive, hébétée, décoiffée, hurlant sa douleur et s’écroule brusquement sur la petite morte, puis à son tour lui parle avec une véhémence impressionnante, puis plus calmement.
Les confidences de ses deux filles durent deux longues heures, pendant lesquelles celles-ci racontent peut-être tout ce qu’elles ont sur le coeur… Peut-être tout ce qu’elles n’ont pas pu dire à leur mère vivante.
Bien que, dans ce pays, il soit tout à fait naturel d’exprimer ses émotions, le respect dû aux aînés ne permet pas toujours de tout dire. Je trouve cette façon de ne pas laisser partir les personnes aimées sans ouvrir son coeur infiniment civilisée.
Le spectacle paraît certes étrange aux quelques occidentaux qui passent, le regard fixe. Mais lequel d’entre nous n’a pas rêvé de prendre tout le temps d’exprimer, sans aucune pudeur, cette souffrance de la séparation, tous ces non- dits, jusqu’à vider son coeur de tous ces fardeaux ?
Après quelques heures, les filles se joignent à leurs propres filles en s’étreignant, assises, aux pieds de la morte. La cérémonie a commencé au lever du soleil. La mer est passée du rouge intense au scintillement argenté des vagues. Autour de la morte, les villageois passent, le laitier, le marchand de journaux; deux jeunes hommes en moto klaxonnent. Ceux de la génération née avec le tourisme semblent indifférents à l’événement…
Je pense que nous qui venons de pays ‘soi-disant’ développés, nous bâclons de plus en plus ces rituels funéraires qui nous effraient et laissons nos morts aux soins d’inconnus froidement professionnels.
Ici seuls les joueurs de tambours sont étrangers à la famille: les proches exécutent les rituels. Tous prennent le temps de se séparer de celle qu’ils aiment. Tous prennent le temps de lui parler, de la caresser, l’embrasser, plutôt que s’en débarrasser, quitte à traîner longtemps l’impression d’être passé à côté de cet ultime départ.
L’évidence ici, aujourd’hui, est que cette petite femme de pêcheur part entourée d’amour, de tristesse naturellement, mais qui ne semble pas empreinte de peur ou de terreur.
Les petits enfants et arrières petits enfants sont assis depuis déjà six heures, ils se couchent parfois sur le sol. Les filles sont toujours enlacées et continuent de se lamenter. Les hommes sont partis avec une serpe, pour quoi faire? Je l’ignore, attendons.
Quelques vaches passent, tranquillement. Puis les choses semblent bouger: les hommes, six fils, rallument le feu, et jettent de l’eau sacrée sur la morte. Les belles filles commencent à bouger, se lèvent, parlent, sourient même, la fatigue aidant, elles se laissent aller enfin après sept heures de présence intense. Les filles sont toujours enlacées dans un bercement régulier, à la même place.
La serpe a servi à couper de grandes branches de cocotier. Deux hommes sont en train de les tresser d’une façon très complexe pendant que le soleil, de retour, me brûle les pieds.
J’attends la fin de la cérémonie pour manger, il est maintenant quinze heures. Ces états d’âme sur le sens de la vie et de la mort ne m’ont pas ouvert l’appétit; et puis surtout il y a une odeur tenace de pisse de vache qui se mêle aux odeurs d’encens, de fleurs de jasmin et d’œillets d’Inde. Les feux enfument tout le quartier. Les gens du village défilent maintenant autour du corps, posent des guirlandes et brûlent de l’encens. La femme, maintenant, croule sous de magnifiques guirlandes de fleurs fraîches.
Cela fait huit heures que la morte est sur son vieux tréteau, enguirlandée comme un arbre de Noël. Le sol, autour d’elle, est jonché de sacs plastiques multicolores qui ont servi d’emballages aux fleurs.
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Le défilé continue auprès de la morte. Tour à tour, chacun asperge de quelques gouttes d’eau le petit corps qui a presque disparu sous les fleurs, allume son bâtonnet d’encens, regarde pour la dernière fois son beau visage. Ce visage de plus de quatre-vingts ans est réellement d’une beauté étonnante lorsqu’on connaît la dureté d’une vie de femme de pêcheur dans le sud de l’Inde. Elle a l’air si douce, si paisible, si irréelle…
Son fils enlève le surplus de fleurs qu’il accroche à un portant devant la maison. Maintenant qu’elles ont fini de parler, fini de serrer la petite femme pendant des heures, les filles sont plus calmes. Seule une fillette brûle régulière- ment des bâtonnets d’encens près du visage de sa grand-mère.
Puis, tout se précipite. Les fils fabriquent fébrilement le brancard funéraire. La musique est devenue une invita- tion à la danse, alors que, peu de temps auparavant, le martèlement des tambours était sourd et obsédant. Tout le monde crie, s’agite et danse. Certains sont en transe. On sourit franchement. Les tambours changent de mains et les rythmes sont de plus en plus entraînants. Les jeunes s’en emparent et jouent. Tout leur corps est habité par la musi- que…
Une querelle éclate, les anciens imposent le calme.
Quatre hommes de la famille, torses nus, vêtus seulement d’un dhoti blanc, remplissent des cruches d’eau, les décorent de guirlandes de fleurs de jasmin. Ils se purifient en versant des seaux d’eau sur leur torse, mettent ces cruches décorées sur leurs têtes et rejoignent majestueusement le corps qui gît maintenant sous une fine toile beige.
Le tambour s’amplifie pour atteindre un paroxysme, le rythme est de plus en plus puissant et rapide.
Je me rends compte que je suis passée de l’état de tristesse au lever du soleil à un état intense et indescriptible. Je ressens toute cette énergie de vie qui accompagne cette mort. Il est vrai que dix heures se sont écoulées pour en arriver là.
Un des fils met l’oreiller, la natte de cocotier magnifiquement tressée, sur ce brancard devenu comme la ci- trouille de Cendrillon, un somptueux palanquin orné de fleurs colorées et odorantes. La famille tourne autour de la Reine de la Fête, hommes et femmes confondus…Chacun porte une bougie allumée et la foule autour observe en si- lence.
Puis, on installe le corps pour son dernier voyage. Les tambours battent à se rompre, lorsque la fille échevelée se jette et s’accroche au corps de la mère, abîmant les guirlandes pour la serrer dans ses bras une dernière fois. Le cor- tège s’ébroue enfin au milieu d’une agitation inimaginable, au son de la rumeur de la foule et des tambours. Le groupe des hommes et amis, enfin une bonne partie du village accompagne au même rythme accéléré ce majestueux et bruyant cortège jusqu’au lieu de son incinération que je ne verrai pas…
Ils m’ont laissée être avec eux, témoin venu d’un autre monde qu’ils ne peuvent imaginer, pendant cette longue et difficile journée…Je leur laisse la fin de l’histoire…
Je reste là, avec les femmes qui lavent la rue, devenue un espace vide. Seuls restent les vieux tréteaux, tachés de peinture blanche, renversés sur le coté, nus, qu’on laissera encore quelques jours devant la maison où les rituels ne sont pas terminés.
Un peu plus tard, la fille qui ne voulait pas laisser partir sa mère, va chercher de l’eau à la pompe du village, une cruche sur sa tête ébouriffée… Ce village où la vie semble la même, où la vie continue, sans Mouttammâ “perle blanche” du Tamil Nadu.
La densité de vie extraordinaire de cette journée nous laisse dans un grand silence. Aujourd’hui, quatre novem- bre 2007, à Mahâbalipuram, la vie semblait une fête étrange, faite d’alternance d’émotions et de réalités palpables très disparates. Douceur de l’amour, souffrance de la séparation, instants de paix, doux murmures des prières des femmes, longues diatribes ou confidences à la morte, accompagnées par le bruit des vagues.
Et puis autour du visage paisible de Mouttammâ, l’agitation des préparatifs improvisés, la danse, le rythme lan- cinant des tambours dans la chaleur du soleil, la violence de l’orage ; eau rituelle, eau de la mer et du ciel. C’était la mort ordinaire d’une femme de pêcheur du Golfe du Bengale. Je ne la connaissais pas, je n’ai vu que ses jolis petits pieds et son beau visage au milieu des fleurs.
Mouttammâ, ‘sorkkattoukkoup pôic cér’(*) (Kj;jk;kh> nrhHf;fj;Jf;Fg; Ngha;r; NrH Kj;jk;kh> nrhHf;fj;Jf;Fg; Ngha;r; NrH Kj;jk;kh> nrhHf;fj;Jf;Fg; Ngha;r; NrH Kj;jk;kh> nrhHf;fj;Jf;Fg; Ngha;r; NrH).).).).
Mireille Brunias (Meena), Kottivâkkam, janvier 2008
(*) Mouttammâ, va au paradis
Brancard fleuri (famille de classe moyenne)
Photo M.Gobalakichenane, 2009
Tambours
Photo M.Gobalakichenane, 2009
Les ‘Pondichériens’ morts pour la France gpuhd;Rf;F capHePj;j gpuhd;Rf;F capHePj;j gpuhd;Rf;F capHePj;j gpuhd;Rf;F capHePj;j ‘GJr;NrupaH GJr;NrupaH GJr;NrupaH GJr;NrupaH’
L’histoire mouvementée de l’Europe au XXème siècle est telle que, partout en France, on trouve des monuments aux morts, en commémoration des sacrifices des enfants du pays. Dans les différents cimetières du Nord de la France, les tombes des soldats originaires des colonies anglai- ses et françaises entretiennent leur souvenir avec autant de reconnaissance que celles des soldats du sol (doit-on dire ici indigènes?)
Ainsi, à Neuve-Chapelle qui est l’un des plus importants lieux de recueillement, on trouve des tombes aux noms ‘étranges’ des ha- bitants des Indes britanniques.
Comme la France et l’Angleterre étaient alliées lors des deux dernières guerres mondiales et que les Etablissements français de l’Inde étaient également inclus dans l’empire colonial français, il est normal que la population des cinq comptoirs ait apporté alors sa contribution à l’effort commun des Alliés.
Les touristes venant à Pondichéry qui se promènent sur le cours Chabrol (avenue Goubert actuelle) ne manquent pas de remarquer l’impressionnant Monument aux morts, face à la mer, éri- gé entre l’Hôtel de Ville et l’ancien bureau des douanes.
On y remémore, en effet, les ‘Pondichériens’(1) morts pendant les deux Guerres mondiales pour une population totale d’environ 180 000 vers 1914 et 250 000 vers 1939.
On y remarque des noms des ‘Français’ créoles, des Métis, des Tamouls musulmans, des Ta- mouls catholiques, des Tamouls hindous ‘renonçants’ et des Tamouls hindous ‘non-renonçants’ (cf. LCCP 36 p.4) auxquels on a donné pour l’occasion un prénom chrétien.
En raison de la faible population de Chandernagor, Mahé et Yanaon (ces deux derniers bourgs avaient moins de 10 000 habitants à l’époque française), c’étaient surtout des Tamouls, en fait de basses castes, de Pondichéry et de Karikal (2).
La rue Victor Simonel où est situé maintenant le Lycée français est l’ancienne rue de la Monnaie ainsi re- baptisée en souvenir d’un jeune Pondichérien mort pour la France.
Le terrain du Monument aux Morts est l’un des lieux de Pondichéry relevant des autorités françaises, tout comme les cimetières du Nord de la France sont entrete- nus de façon perpétuelle par le gouvernement britannique (en collaboration avec les autorités canadiennes, austra- liennes et néo-zélandaises).
Pour ne pas allonger inutilement le présent article, nous n’avons pas re-
produit les noms inscrits sur les plaques commémoratives : on pourra les lire facilement, en pas-
sant par le site web, avec un agrandissement approprié, sur les photographies ci-dessus prises par
l’auteur en juillet 2010.
M.Gobalakichenane
(1) Entendre ici ‘ressortissants des cinq comptoirs français’.
(2) Nous ne traitons pas le cas de ceux qui sont morts en Indochine, durant la première guerre française contre les
Viet-Minh jusqu’en 1954, ni le cas de ceux qui ont servi en Algérie jusqu’en 1962, dont certains revenus complètement
brisés moralement et psychologiquement.
Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 72
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