Lettre du CCP n° 68
Sommaire
- — Le Tsunami de Yanaon en 1787 évoqué par Vîrânaicker II
- — Une œuvre de littérature morale en tamoul : Elâdy
- — Dévadâssis du temple de Villenour
Numéro 68 de la Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens — Juin 2010.
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Ah! La maison devenue jardin!
Une rose magnifique A fleuri à la maison, Et la maison Est soudain devenue jardin.
Une nouvelle venue, De nouveaux liens, Et mon coeur qui bondit de joie.
Petit moineau, Jeune torrent, Des yeux comme des boutons éclos, Clair de lune, Des joues qui ruissellent-le lait maternel Parfumant Le corail des lèvres. Et, pareil à des étoiles Courant sur ces pétales, ce sourire. Le prendre dans mes bras et le soulever, Me procure un bonheur infini!
Quand son regard court partout, Que ses lèvres exhalent un doux parfum, Que ses petits bras et ses petites jambes, Toujours alertes, Remuent avec vivacité, Un bonheur enivrant M’envahit tout entier.
Dans chacun de ses gestes, Cette grâce artistique. Je m’extasie Dans un état d’exquise béatitude !
Sa joue délicate, Je la caresse de mes doigts; Alors, entre mes doigts, Se fait entendre la mélodie de la veena (*)
Ma fille l’a mis au monde, C’est mon petit-fils ! Je ressens une telle fierté ; Mon attention portée aux autres Est détournée, Lui seul occupe Toutes mes pensées.
Désormais dans notre foyer C’est bien son règne qui commence Quel spectacle enchanteur !
K.G.Rajendrababu (Poudougaït thenRal, avril 2010), trad.par Câvéry Ostyn
(*) Anandarangappillai dit ‘veena’ aussi pour le violon qu’il voit pour la
première fois en 1753, lors du concert spécial organisé par Dupleix.
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Organe de Liaison des Ressortissants de l’Inde ex- française : Pondichéry, Karikal, Mahé, Yanaon (et Chandernagor)
Lettre du CERCLE CULTUREL DES PONDICHERIENS
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Rédaction : M.Gobalakichenane
22 Villa Boissière, 91400 Orsay, France
Email : ggobal@yahoo.com Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 68 Page 1 Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 68 Page 2 Le Tsunami de Yanaon en 1787 évoqué par Vîrânaicker II ,uz;lhk; tPuheha;f;fH Fwpg;gpLfpd;w 1787Mk; Mz;by; Vdj;jpy; te;j Rdhkp ,uz;lhk; tPuheha;f;fH Fwpg;gpLfpd;w 1787Mk; Mz;by; Vdj;jpy; te;j Rdhkp ,uz;lhk; tPuheha;f;fH Fwpg;gpLfpd;w 1787Mk; Mz;by; Vdj;jpy; te;j Rdhkp ,uz;lhk; tPuheha;f;fH Fwpg;gpLfpd;w 1787Mk; Mz;by; Vdj;jpy; te;j Rdhkp
Au début mai de cette année 2010, un nouveau tremblement de terre près d’Aceh a fait craindre pendant quelques heures l’arrivée possible d’un raz-de-marée sur la côte de Coromandel, ce qui nous a rappelé les anciennes catastrophes naturelles.
Après le tsunami du 26 décembre 2004, les chroniques historiques étant rares en tamoul, nous avons voulu attirer l’attention des lecteurs sur un passage du ‘Journal de Vîrânaicker II (1778- 1792)’ et avons publié, dans le mensuel de Pondichéry ‘Trait-d’Union’ de mai 2005 (1), un article sous le titre de ‘Tsunami à Yanaon en 1787?’. Rappelons que deux articles relatifs à ce sujet avaient été publiés dans le même mensuel: ‘Tsunami et mangroves’ par C.Marius et ‘Un tsunami au temps de François Martin’ par P.Bourdat).
D’après Vîrânaicker II, une lettre, datée du 20 mai 1787 de Yanaon, qui a été reçue à Pondichéry le 30 du même mois, faisait état des énormes dégâts causés par cette catastrophe inhabituelle qui ne pouvait être imputée à la saison classique des moussons.
Nous reprenons ci-dessous cet article:
“Lorsque, le 26 Décembre 2004, le “tsunami”, bien connu depuis lors par son nom japonais en Union indienne, frappa ses côtes sud-est, l’Andhra Pradesh, le Tamijnâdou, l’Etat de Pondichéry et le Kérala furent les régions les plus durement touchées. De façon générale, on pense que cette terrible catastrophe survint pour la première fois en période historique contemporaine.
Dans le Journal tamoul de Vîrânaicker, publié en 1992, sous le titre “Irandâm Vîrânaicker Nâtkurippu 1778-1792” (Nattramij Pathippagam), nous trouvons le passage suivant (p.145):
“Le 30 mai (1787), an pilavanga vaiyâssi 16,
Par un tabâl arrivé aujourd’hui de Yanaon, nous apprîmes les nouvelles suivantes : Le 20 du mois courant, un raz-de-marée survint et immergea complètement le village côtier; de très nombreuses personnes périrent; des maisons furent détruites laissant place à un terrain nu; les barques laissées sur le littoral furent transportées à quatre kâdams à l’intérieur; les balles de textiles de la Compagnie (française des Indes) furent entièrement perdues; Coringuy était en crue; les gens moururent en grand nombre, le pays habité devint terre de sable et tout disparut même jusqu’à dix kâdams autour.” (NdlR: 1 kâdam = 16 km environ)
Lisant attentivement ce texte, nous pouvons différencier ce phénomène naturel des cyclones frappant assez régulièrement l’Est de Tamijnâdou, durant le changement de direction des vents de mousson aux environs du mois de novembre (du sud-ouest avant et du nord-est ensuite). Comme le chroniqueur Vîrânaicker II le précise lui-même, le phénomène évoqué est, en fait, un raz-de-marée exceptionnel (“kaDal pongui vandou” fly; nghq;fp te;J fly; nghq;fp te;J fly; nghq;fp te;J fly; nghq;fp te;J), survenu en mai, donc probablement un tsunami.
Nous n’avons actuellement aucune connaissance précise d’autres tsunamis ayant frappé la côte de Coromandel au 18ème siècle.
La ville côtière de Câvérippoûmpattinam (fhNtupg;©k;gl;bdk; fhNtupg;©k;gl;bdk; fhNtupg;©k;gl;bdk; fhNtupg;©k;gl;bdk;), décrite dans le Pattinappâlai (gl;bdg;ghiy gl;bdg;ghiy gl;bdg;ghiy gl;bdg;ghiy) et d’autres oeuvres classiques tamoules de la période Sangam, a peut-être été submergée par un tel tsunami et les spécialistes de l’archéologie marine pourront probablement répondre bientôt à cette interrogation et fournir des détails à ce sujet.
(1) Nous en avions profité pour rendre hommage à tous les marins et nous avions publié, en mars 2005, une traduction tamoule d’Oceano Nox de V.Hugo dans notre ‘Lettre du CCP’ no.47, p.1-3 (cf. aussi dans ‘La Collection no.1’, 2008) Carte physique de fin 19è siècle Carte administrative actuelle Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 68 Page 3 Cependant, nous relevons ailleurs que des tremblements de terre, probablement suivis de tsunamis, ont endeuillé le Golfe de Bengale durant les derniers siècles:
- en 1762, sur la côte de Myanmar,
- en 1847, au Grand Nicobar,
- en 1881, au Car Nicobar,
- en 1883, à l’île-volcan Krakatoa (Indonésie voisine), avec une énorme explosion.
On admet généralement que les tremblements de terre de magnitude supérieure à 7,5 sur l’échelle Richter produisent des tsunamis. Au moment de l’explosion de Krakatoa, le bruit fut en- tendu à plusieurs milliers de km de distance, les vagues atteignirent 30-40 mètres de haut et, en plus d’énormes dévastations, 36 000 gens environ trouvèrent la mort.
En tout cas, le tsunami de 1787 sur la côte de l’actuel Andhra Pradesh (Yanaon étant maintenant un petit territoire de l’Etat de Pondichéry dans cette région de langue télougoue) fut une grande catastrophe naturelle du 18ème siècle.”
Et nous avions terminé notre article par les remarques suivantes:
“Si, comme en Chine, il existait en Inde une longue tradition écrite des événements histo- riques, nous aurions eu certainement quelques indices.
Cependant, outre les Journaux tamouls connus d’Anandarangappillai, des deux Tirouven- gadappillai (III et IV) et de Vîrânaicker II, d’autres journaux ou chroniques similaires en langues régionales de l’Union indienne, avant, pendant et après l’arrivée de l’Islam, et même en ourdou, en langues européennes ou dans les langues de l’Asie du sud-est comme le birman, le javanais, le thai pourraient révéler ces événements ayant frappé l’océan Indien.
Si l’on pouvait trouver, plus précisément, de tels journaux dans la région des “Quatre Cir- cars”(2) en télougou ou ourdou pour le deuxième millénaire, ils pourraient fournir quelques dé- tails complémentaires sur l’événement relaté par Vîrânâicker II. Cette région des “Quatre Circars” est passée des mains des autorités françaises (Bussy) à celles des Britanniques en 1765. L’in- fluence française ayant été prépondérante avant le milieu du 18ème siècle, des documents français pourraient aussi révéler quelques traces sur les catastrophes alors que, pour les 16ème et 17ème siècles, des documents portugais et hollandais pourraient receler quelques résultats intéressants.”
Coincidence surprenante, au début mai 2010, lors du nouveau tremblement de terre près d’Aceh (Sumatra), l’historien franco-pondichérien Jean Deloche portait ’en primeur’ à la connais- sance de ses lecteurs, dans le Trait-d’Union de mai 2010, la description d’une catastrophe natu- relle à Yanaon en 1787 par Pierre Sonnerat, alors administrateur là-bas.
La date de 20 mai 1787 relevée dans le ‘Journal de Vîrânaicker II’, se retrouve dans le texte de Sonnerat qui note que le désastre arriva ’le 20 may’. Le rapprochement avec les tremble- ments de terre de 1755 à Lisbonne, de 1783 en Calabre et d’autres ailleurs est également fait par cet administrateur.
P.Sonnerat est une personnalité de bonne éducation du ‘Siècle des Lumières’, ayant de surcroît occupé des postes de haute responsabilité dans les anciens comptoirs français, même à l’époque de la Révolution française. Par contre, Vîrânaicker II, fils de Râjagôbalnaicker n’a pas eu lui-même de poste officiel auprès des autorités françaises. Son père avait été ‘second naï- nard’(3) pendant environ quarante ans, durant la période trouble des années 1754 à 1793. L’ex- trême rareté des sources en langues locales montre l’importance de son Journal qui semble aus- si marquer, par ailleurs, le début de l’historiographie tamoule.
Au risque de nous répéter, il faut que de jeunes chercheurs de l’Etat de Pondichéry entre- prennent sérieusement des recherches dans la région avoisinant Yanaon pour localiser, le cas échéant, des documents en langues locales susceptibles de corroborer ce qui a été exhumé jus- qu’à maintenant en tamoul et en français. M.Gobalakichenane
(2) Grosso modo, nord de l’Andhra Pradesh côtier (3) Equivalent au titre de sous-prévôt de l’Ancien Régime Les Dévadâssis du temple de Villenour tpy;ypaD}H(1) Nfhapy; Njtjhrpfs tpy;ypaD}H(1) Nfhapy; Njtjhrpfs tpy;ypaD}H(1) Nfhapy; Njtjhrpfs tpy;ypaD}H(1) Nfhapy; Njtjhrpfs;
Aujourd’hui, le mot ‘dâssi’ (jhrp jhrp jhrp jhrp) - ou dasi en orthographie anglaise -, souvent rendu aussi en français par bayadère ou courtisane est pris, depuis quelques siècles, comme un terme presque équivalent à ‘prostituée’. En fait, toute fille consacrant entièrement sa vie à Dieu était appelée ‘dâssi’, signifiant simplement disciple de Dieu, tout comme le mot ‘dâssane’ (jhrd jhrd jhrd jhrd;) s’applique à un disciple-homme.
Dès la plus haute Antiquité, le système de ‘dâssi’ faisait partie de la société tamoule. Il y avait des ‘dâssis’ servant dans les temples comme danseuses et assurant également les travaux de ménage et de décoration appelées ‘dévadâssis’ et celles qui servaient comme danseuses à la cour des rois appelées ‘râdjadâssis’. Elles étaient toutes traitées à l’égal des au- tres groupes de la société, avec beaucoup d’honneur et de dignité.
Dans la communauté des ‘dévadâssis’, certaines étaient érudites et poétesses de grand talent comme: Anjanâcchi (mQ;rdhl;rp mQ;rdhl;rp mQ;rdhl;rp mQ;rdhl;rp) de Tanja- voûr dont même Kambar (fk;gH fk;gH fk;gH fk;gH) fut obligé de solliciter l’avis favorable, avant de venir lire son ‘Râmâyanam’ devant les académiciens de Sriran- gam, Ammaïcchi (mk;ikr;rp mk;ikr;rp mk;ikr;rp mk;ikr;rp) de Kanchipuram, au 19è siècle et Kuppu (Fg;G Fg;G Fg;G Fg;G) de Mâyavaram qui composa un poème célèbre lors d’une séance de félicitations du Savarâyalou Nâyagar (rtuhaY ehafH rtuhaY ehafH rtuhaY ehafH rtuhaY ehafH) de Pondichéry, en juin 1861.
Parmi les plus célèbres encore, on peut citer Moganânguy (Nkhfdhq;fp Nkhfdhq;fp Nkhfdhq;fp Nkhfdhq;fp) de Tirouvânaikkâ, Dévagânam vallâL (Njtfhdk; ty;yhs; Njtfhdk; ty;yhs; Njtfhdk; ty;yhs; Njtfhdk; ty;yhs;) et Mânidagânam vallâL (kdpjfhdk; ty;yhs; kdpjfhdk; ty;yhs; kdpjfhdk; ty;yhs; kdpjfhdk; ty;yhs;) de Gangaikon- dachôlapuram (fq;ifnfhz;lNrhoGuk; fq;ifnfhz;lNrhoGuk; fq;ifnfhz;lNrhoGuk; fq;ifnfhz;lNrhoGuk;), et, dans l’épopée tamoule Silappadikâram (rpyg;gjpfhuk; rpyg;gjpfhuk; rpyg;gjpfhuk; rpyg;gjpfhuk;), le personnage de Mâdavy (khjtp khjtp khjtp khjtp), bayadère poétesse dont s’éprend Kôvalane (Nfhtyd; Nfhtyd; Nfhtyd; Nfhtyd;).
D’autres encore étaient des philanthropes, comme KaNNammâ (fz;zk;kh fz;zk;kh fz;zk;kh fz;zk;kh) du groupe des trente-six ‘dévadâssis’ de Villiyanoûr des années 1820, les sœurs Bangâri (gq;fhup gq;fhup gq;fhup gq;fhup) et Singâri (rpq;fhup rpq;fhup rpq;fhup rpq;fhup) de Bâhour (gh$H gh$H gh$H gh$H), la première étant honorée par le nom de ‘canal de Bangârou’ amenant l’eau de Pennaiyar (ngz;izahW ngz;izahW ngz;izahW ngz;izahW) au lac de Bâhour et la seconde qui a entrepris les travaux de rénovation de ce même lac (les deux noms sont inscrits sur une pierre du déversoir du lac). Ceci est également attesté par la plaque apposée sur le mur d’Âyi Mandapam (Map Map Map Map kz;lgk; kz;lgk; kz;lgk; kz;lgk;), devenu maintenant le symbole de la Ville de Pondi- chéry, situé au centre du Parc Bârady, anciennement Place de Gaulle (Place d’Armes au XVIIIe siècle).
En tant que dévadâssis, leur présence était de bon augure et, lors des grandes fêtes et cérémonies hindoues, elles précédaient les processions de grande pompe, comme celles des divini- tés, des mariages, ou même des arrivées et départs des hautes personnalités françaises. Avant, pen- dant et après la période de Dupleix à Pondichéry, lors de l’arrivée du nouveau gouverneur, de son remplacement, de sa réception d’un brevet de promotion octroyée par le Roi de France, des musi- ciens et des ‘dévadâssis’ (bayadères) dansant accompagnaient toujours les processions (2).
Extraits des ‘Travaux de service public des Dévadâssis de Pondichéry’ de Clement Eswar
(1) Anandarangappillai écrivait, au 18è siècle: Villianoûr, Villiyannalloûr ou Vilvanalloûr.
(2) Anandarangappillai en relève plusieurs dans son Journal (1736-1760)
Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 68
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http: //www.puduchery.org
Toute reproduction doit être accompagnée de la citation de la source
Temple de Villenour (Photo M.Gobalakichenane, 2006)
(le char à l’abri au premier plan, le gopuram principal de l’est au
centre de la photo et le gopuram du sud visible à gauche du char)
Couverture de la publication de Cl.Eswar)