Lettre du CCP n° 66
Sommaire
- — Ne point terrifier ses sujets
- — Le centenaire de C.N. Annadurai (1909-1969)
- — Albert Camus (1913-1960)
Numéro 66 de la Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens — Décembre 2009.
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Ne point terrifier ses sujets
K.561 Le roi doit examiner sans colère les fautes de ses sujets et, pour en empêcher le retour, les punir suivant leur gravité et sans rigueur excessive.
K.562 Les rois qui veulent s’assurer une félicité durable doivent, lorsqu’ils châtient leurs sujets, être pleins de courroux en levant le bras, mais s’adoucir en l’abaissant.
K.563 Un roi qui n’observe point la justice et qui sème l’épouvante par des supplices, doit s’attendre infailliblement à une chute rapide.
K.564 Un roi qui a la réputation d’être la terreur de ses sujets périra d’une mort prématurée, car Dieu exaucera les vœux des opprimés qui lui souhaitent une fin prompte.
K.565 Si un roi n’écoute point ses sujets avec bonté, s’il leur montre un visage terrible, sa fortune, quelque haute qu’elle soit, s’évanouira comme sous le mauvais regard d’un esprit du mal (*).
K.566 Un roi qui n’a que des paroles dures pour ses sujets et qui ne se laisse jamais fléchir touche à sa chute quelle que soit son élévation.
K.567 Des paroles dures et des amendes arbitraires sont comme une lime qui use dans un roi la vaillance qui donne la victoire.
K.568 Un roi qui abandonne les affaires à ses ministres sans y travailler avec eux et qui ensuite s’irrite contre eux des échecs qu’il éprouve verra sa fortune décliner, car tous ceux qui pourraient l’aider l’abandonneront.
K.569 Si un roi ne se construit pas une citadelle avant l’arrivée de l’ennemi, il sera saisi de crainte à son arrivée et il succombera aussitôt.
K.570 Si un roi ne se livre à une sévérité injuste que quand il prend pour conseils des hommes qui ignorent les lois du royaume. Or, qu’y a-t-il de plus funeste que ces hommes? Rien assurément.
Trad. de E.Lamairesse (Poésies populaires du sud de l’Inde, 1867)
(*) les Hindous attribuent au mauvais regard un pouvoir malfaisant très étendu.
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La Morale de Tirouvallouver
Nous revenons aux œuvres classiques tamoules dont la plus importante est le ‘TiroukkouRaL’ de Tirouvallouver (voir aussi LCCP nos.11 et 49). Il en existe de nombreuses traductions en français dont une ‘libre’ par l’ingénieur Eugène Lamairesse (cf. LCCP no.61) qui a dirigé plusieurs travaux d’assainissement à Pondichéry et Karikal. Il en a donné une traduction complète, publiée en 1867, avant son départ pour l’Algérie où il s’installera et décédera quelques années plus tard. Cette oeuvre comprend au total 1330 versets, regroupés en 133 dizains et 3 livres nommés ‘aRam’ ‘poruL’ et ‘inbam’ (mwk; mwk; mwk; mwk;, nghUs; nghUs; nghUs; nghUs;, ,d;gk; ,d;gk; ,d;gk; ,d;gk;). Nous publions ci-dessous les ‘kouRaLs’ 561-570.
ISSN 1273-1048 No.66 Décembre 2009
Organe de Liaison des Ressortissants de l’Inde ex- française : Pondichéry, Karikal, Mahé, Yanaon (et Chandernagor)
Lettre du CERCLE CULTUREL DES PONDICHERIENS
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Rédaction : M.Gobalakichenane
22 Villa Boissière, 91400 Orsay, France
Email : ggobal@yahoo.com Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 66 Page 1 Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 66 Page 2 Le centenaire de C.N.Annadurai (1909-1969) mz;zhJiuapd; E}whtJ Mz;L mz;zhJiuapd; E}whtJ Mz;L mz;zhJiuapd; E}whtJ Mz;L mz;zhJiuapd; E}whtJ Mz;L
Dans la Lettre no.64, nous avons évoqué une publication de C.N.Annadurai sur les années de Napoléon Bonaparte. C’est une personnalité tamoule brillante et extraordinaire dont le centenaire se termine cette année.
Le gouvernement de Tamilnâdou (jkpo;ehL jkpo;ehL jkpo;ehL jkpo;ehL) et plusieurs institutions le célèbrent dans tout l’Etat tamoul durant la période 2009-2010. Pour notre part, en guise d’hommage à cet extraordinaire Ministre-en-Chef de Tamilnâdou, nous rappelons à cette occasion ses qualités, son œuvre et son legs pour la génération future.
Il est né le 15 septembre 1909 dans une famille modeste, à Kanchipuram qu’on écrivait alors en Anglais ‘Conjeevaram’. Le prénom de son père étant Nadarassane, son nom complet signifiait ‘Annadurai, fils de Nadarassane, natif de Conjeevaram’, d’où le raccourci, avec les initiales d’usage, C.N.Annadurai.
Quelques rappels historiques des années 1930-1965 ne seront pas inutiles ici.
L’Etat-nation qu’on appelle communément Inde par souci de commodité (comme on dit Amérique pour parler des Etats-Unis) est en fait la ‘République de l’Union indienne’, proclamée en 1950 suivant la première Constitution adoptée quelques années après l’indépendance obtenue le 15 août 1947. Pour cette indépendance réputée acquise sans verser du sang, grâce à l’action non-violente de Mohandas Gandhi, on a eu à déplorer cependant des morts, pour de nombreuses raisons, durant la première moitié du XXème s. Alors que, depuis les dernières années 1930, Jinnah exigeait pour les musulmans, un Pakistan séparé de l’Hindoustan (comme on appelait alors la partie située au nord des monts Vindhya), dans l’Inde du sud (pendant longtemps on utilisait même couramment cette dénomination géographique dans les adresses), un certain grand réformiste social nommé E.V.Râmassâmy, alias ‘E.V.Râ’, alias ‘Périyâr’, chef du parti Drâvida Kazhagam (jpuhtpl fofk; jpuhtpl fofk; jpuhtpl fofk; jpuhtpl fofk; DK) demandait un ‘Drâvidastan’ indépendant, en se basant sur la dichotomie langues indo-européennes / langues dravidiennes, sur les différences réelles de cultures (à part la religion) et en réaction à la politique ‘assimilationniste’ du gouvernement provisoire du Congrès National Indien, dès avant la Deuxième guerre mondiale, et surtout dans la crainte que le pouvoir passerait des Britanniques aux Indiens du nord et que le sud n’avait rien à en attendre.
En effet, les Britanniques, non seulement avaient annoncé par avance qu’ils partiraient avant mi-1947, mais ils laissaient encore plusieurs problèmes qui devaient empoisonner et même ensanglanter les ‘frères ennemis’ et autres nouveaux pays indépendants. D’ailleurs, à cette époque, ‘Périyâr’ décida de proclamer le 15 août 1947 comme une ‘journée de deuil’ (d’après lui, on sortait d’une petite prison pour être enfermée dans une autre plus grande). Par ailleurs, il pensait que le peuple avait d’abord besoin de bonne éducation, de maturité et surtout de réformes sociales sans superstitions. C.N.Annadurai, pourtant formé par ‘E.V.Râ’, penchait à penser que c’était cependant un pas vers l’indépendance et que les Anglais partis, on réussirait plus tard à obtenir l’autonomie (l’histoire ne devait pas lui donner raison). Il réagit alors, en s’opposant publiquement à cette interprétation de son père spirituel et sut faire partager par un grand nombre de ses partisans politiques sa joie d’avoir obtenu enfin l’indépendance.
Rappelons ici que, durant le deuxième millénaire, il y eut une multitude de migrations vers le sud du sous- continent, ce qui a amené au TamijnâDou plusieurs vagues de gens d’expression telugu et kannada (les derniers descendants de la dynastie de Vijayanagar descendront jusqu’à Vellore) et même marathi, punjabi etc. Les langues dravidiennes utilisées autour du TamijnâDou ont, au cours du temps, adopté plusieurs mots sanskrits et accommodé également leur écriture selon ces nombreux emprunts. Les frontières culturelles et physiques étaient devenues floues. Les aspirations des populations de langue et de culture malayalam, kannada et télugu n’étaient plus les mêmes que celles des Tamouls de l’époque et de même acuité.
D’autres problèmes ayant surgi assez tôt après l’indépendance, le premier gouvernement de Nehru fut obligé d’abandonner les divisions administratives héritées des Britanniques et de fusionner les centaines d’Etats princiers (dont les plus grands étaient ceux d’Hyderabad-Deccan et de Cachemire). Pour définir les nouvelles frontières administratives, il créa une Commission dont les conclusions aboutirent à un tracé nouveau des différents Etats basés sur la culture et la langue, ayant chacun son assemblée et ses prérogatives spéciales dans certains domaines comme l’éducation, la police, l’agriculture, les routes secondaires, etc. La défense, les télécommunications, les chemins de fer restèrent du domaine fédéral.
Ainsi, la comparaison est plus facile avec les nations culturellement différentes de l’Espagne ou les ‘Länder’ de l’Allemagne qu’avec la France centralisée. Il convient ici de rappeler l’histoire récente de l’U.R.S.S, de la Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 66 Page 3 Yougoslavie ou de la Tchécoslovaquie et même des Etats baltes pour comprendre les différences culturelles de l’Union indienne et les problèmes conséquents.
Le Congrès qui était au pouvoir en parti unique majoritaire, à Delhi, depuis 1947, a toujours insisté sur l’Unité dans la diversité (expression fréquente à l’époque de Jawaharlal Nehru). Cependant, depuis qu’il avait admis la nécessité de découper les états selon des critères linguistiques, les nationalismes internes ont prospéré naturellement et des études sur le ‘nationalisme sans nation’ furent même publiées.
Le vote par tête (dont le Congrès n’était pas peu fier) octroyé à un peuple encore analphabète et inculte fut un
désastre pour la démocratie indienne qui n’en était une que de façon très illusoire. En effet, durant les premières
élections législatives générales, les industriels et les gros agriculteurs soudoyaient le pouvoir central et soutenaient
sans compter le parti du Congrès (que Gandhi, d’ailleurs, avait souhaité dissoudre après l’indépendance). Le parti
d’opposition tel que celui de Jayaprakash Narain (1902 -1979) au nord fut vite laminé! Par ailleurs, devant le refus de
l’aide de l’Occident et des Etats-Unis pour aider le programme de développement de l’industrie lourde et de
l’infrastructure (barrages, mines, aciéries), l’Union indienne, malgré sa position d’Etat du tiers monde non aligné dut
se tourner vers l’U.R.S.S.
Ainsi, C.N.Annadurai, avait été obligé de s’éloigner de ‘Périyâr’ en 1949 pour fonder un nouveau parti Dravida Munnerrak Kazhagam (jpuhtpl Kd;Ndw;wf; fofk; jpuhtpl Kd;Ndw;wf; fofk; jpuhtpl Kd;Ndw;wf; fofk; jpuhtpl Kd;Ndw;wf; fofk; DMK), car il souhaitait accéder au pouvoir politique par la voie démocratique et conduire les réformes nécessaires et importantes pour le progrès du peuple tamoul.
Les observateurs étrangers et français parlaient alors de ‘partis régionaux’ et du ‘communalisme’. Ces notions furent oubliées à partir de 1989 environ, époque à laquelle le gouvernement central indien fut obligé de s’appuyer sur une alliance de plusieurs partis. On a même assisté à une alliance de plus de vingt partis (à laquelle les observateurs de l’époque ne prédisaient pas une longue vie) durant ces dernières décades, puisque les aspirations des différentes aires culturelles étaient spécifiques et ne pouvaient être combinées, malgré l’‘hindouisme’ commun à ces Etats et le ‘pan-indianisme’ (notons ici que l’Europe chrétienne n’a pas encore trouvé d’unité politique).
Le nouveau parti de C.N.Annadurai eut 15 élus durant les deuxièmes élections législatives de 1957, nombre qui passa à 45 en 1962. Et sous sa conduite exemplaire, son parti emporta la majorité absolue en 1967 (après l’invasion chinoise en 1962 et, en raison des nouvelles conditions promulguées pour les conditions de candidature, il avait fait renoncer à son parti DMK l’objectif d’indépendance du TamijnâDou maintenu jusqu’alors).
Devenu Ministre-en-Chef en 1967, il débaptisa le nom Madras State (qui, après le découpage voulu par Nehru était devenu, depuis 1956, vide de sens) en ‘TamijnâDou’ (jkpo;ehL> jkpo;ehL> jkpo;ehL> jkpo;ehL> anglais: Tamilnadu). En 1968, il organisa avec éclat la 2ème Conférence internationale des Etudes tamoules, en collaboration avec Jean Filliozat, Xavier Thaninayagam et d’autres indianistes prestigieux du monde entier (la première avait eu lieu à Kuala Lumpur, en 1966). Cette même année, invité par l’Université de Yale, il se rendit aux Etats-Unis, en passant par l’Europe. Il emporta avec lui plusieurs exemplaires de la traduction anglaise de la grammaire tamoule versifiée Tolgâppiyam (njhy;fhg;gpak; njhy;fhg;gpak; njhy;fhg;gpak; njhy;fhg;gpak;) par C.Ilakkuvanâr. Lors de son passage à Rome, il en offrit un exemplaire au Pape (auprès duquel il intervint aussi pour la libération d’un prisonnier politique de Goa au Portugal). Son passage à Paris, au début du printemps de 1968, passa probablement inaperçu. Après Londres, il alla aux Etats-Unis où il eut de nombreux contacts avec les indianistes ‘tamoulisants’, tous impressionnés par ses connaissances, ses qualités humaines et sa simplicité.
Quelque temps plus tard, il rentra au Tamilnadou et, souffrant d’un cancer à la gorge dû probablement à son habitude de chiquer du bétel, il s’éteignit à Chennai, le 3 février 1969, en laissant en pleurs ses dizaines de milliers de petits frères (‘tambygaL’ jk;gpfs; jk;gpfs; jk;gpfs; jk;gpfs;) et des dizaines de millions de Tamouls dans le monde entier (le nombre de gens venus à ses funérailles -de l’ordre de 15 millions!- constitue le record mondial ‘Guinness’).
Profondément démocrate, toujours respectueux des idées et opinions des autres, aimable même dans l’adversité, respecté par les chefs de tous les partis politiques indiens de l’époque, C.N.Annadurai repose à la plage de Marina, à Chennai, avec l’épitaphe ‘ici repose le cœur qui supporte tout’.
M.Gobalakichenane C.N.Annadurai à l’Université de Yale (de Thamizhkkâval) Albert Camus (1913-1960)
Très bientôt, en janvier 2010, il y aura des commémorations en France pour le cinquantenaire de la disparition d’Albert Camus, décédé le 4 janvier 1960 dans un accident de voiture. On verra certainement paraître en France plusieurs études sur lui, sa personnalité et ses œuvres. Il en sera de même ail- leurs dans le monde.
Né à Mondovi, en Algérie, A.Camus obtint le Prix Nobel 1957 en pleine guerre d’Algérie (1er novembre 1954 - 18 mars 1962). Penseur humaniste uni- versel ayant influencé plusieurs existentialistes de son époque, comment est-il perçu au Tamilnadu ? Il est agréable de constater qu’il n’est pas totalement in- connu au public tamoul qui s’est intéressé à sa vie et à ses œuvres importantes.
‘L’étranger’, paru en 1942, a été traduit dans plusieurs langues du monde. Une traduction ta- moule ‘Anniyan’ à partir du texte français (1), due à V.Sriram, venu en France avec une bourse spéciale, fut publiée en 1980. Une deuxième édition suivit en 1984 et une troisième en 1997.
Son deuxième livre le plus connu au Tamilnâdu semble être son essai sur la peine capitale. En effet, une traduction tamoule à partir de la version an- glaise de Justin O’Brien a été publiée en décembre 2008 par la maison d’édi- tion Parisal de Chennai. L’assertion d’Albert Camus ‘la peine de mort est le plus prémédité du châtiment’ y trouve un écho de plus en plus fort et profond.
Au début de la Révolution française, en 1791, Le Peletier de Saint- Fargeau réclamait déjà la suppression de la peine de mort. Mais, c’est Robert Badinter, ex-garde des Sceaux dans le gouvernement socialiste Pierre Mauroy qui la fera abolir, en France, le 9 octobre 1981. Ce fut l’une des premières mesures prises, sous la présidence de François Mitterrand (2).
Si le châtiment capital a été aboli dans un nombre de plus en plus croissant d’Etats, il reste encore en vigueur dans plusieurs grands pays comme la Chine et les Etats-Unis (plusieurs états de la fédé- ration). En Union indienne, il est vrai que la peine capitale par pendaison est rarement appliquée, mais elle n’est pas sur la voie d’être abolie, malgré quelques vives protestations s’y manifestant de temps en autre.
M.G.K
(1) Ce qui est extrêmement rare, car dans l’Inde ex-britannique, on traduit, en général, les œuvres françaises à partir
des versions anglaises.
(2) Signalons aussi que, sur la suggestion de R. Badinter, il est prévu, en mars 2010, une exposition temporaire ‘Crime
et Châtiment’ au Musée d’Orsay.
Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 66
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Les articles de La Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens (archivage depuis le No.3) sont sur :
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Toute reproduction doit être accompagnée de la citation de la source
L’ONU avait proclamé 2009 comme l’‘Année Mondiale de l’Astronomie’ : il y a eu de nombreuses manifes- tations dans le monde.
Notons, à propos, qu’au début de 2010, le jour même du Nouvel an Tamoul célébré le 14 janvier 2010, aura lieu une éclipse annulaire du soleil visible dans le sud du Tamilnadu. Nous espérons que, malgré les idées supersti- tieuses perdurant au sujet des éclipses, ici ou là, les jeunes ne manqueront pas d’y admirer ce phénomène extrêmement rare. La dernière a eu lieu dans cette région, il y a 108 ans.
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