Lettre du CCP n° 65
Sommaire
- — Tout ce qu’Il a donné
- — Un autre parolier célèbre de chansons de films
- — Madame Jothi Vencatachellam (1917-1992)
- — Le Congrès National de l’Inde (CNI)
Numéro 65 de la Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens — Septembre 2009.
nfhLj;jnjy;yhk; nfhLj;jhd; nfhLj;jnjy;yhk; nfhLj;jhd; nfhLj;jnjy;yhk; nfhLj;jhd; nfhLj;jnjy;yhk; nfhLj;jhd; - mtd; mtd; mtd; mtd; ahUf;fhff; nfhLj;jhd;> xUj;jUf;fh ahUf;fhff; nfhLj;jhd;> xUj;jUf;fh ahUf;fhff; nfhLj;jhd;> xUj;jUf;fh ahUf;fhff; nfhLj;jhd;> xUj;jUf;fh
nfhLj;jhd;? nfhLj;jhd;? nfhLj;jhd;? nfhLj;jhd;? ,y;iy> CUf;fhff; nfhLj;jhd;. ,y;iy> CUf;fhff; nfhLj;jhd;. ,y;iy> CUf;fhff; nfhLj;jhd;. ,y;iy> CUf;fhff; nfhLj;jhd;. kz;Fbir thrnyd;why; njd;wy; tu kz;Fbir thrnyd;why; njd;wy; tu kz;Fbir thrnyd;why; njd;wy; tu kz;Fbir thrnyd;why; njd;wy; tu
ntWj;jpLkh? ntWj;jpLkh? ntWj;jpLkh? ntWj;jpLkh? khiyepyh Vionad;why; ntspr;re; ju khiyepyh Vionad;why; ntspr;re; ju khiyepyh Vionad;why; ntspr;re; ju khiyepyh Vionad;why; ntspr;re; ju
kWj;jpLkh? kWj;jpLkh? kWj;jpLkh? kWj;jpLkh? cdf;fhf xd;W> vdf;fhf xd;W cdf;fhf xd;W> vdf;fhf xd;W cdf;fhf xd;W> vdf;fhf xd;W cdf;fhf xd;W> vdf;fhf xd;W xUNghJk; nja;tk; nfhLj;jjpy;iy. xUNghJk; nja;tk; nfhLj;jjpy;iy. xUNghJk; nja;tk; nfhLj;jjpy;iy. xUNghJk; nja;tk; nfhLj;jjpy;iy. gilj;jtd; Nky; gopAkpy;iy> gilj;jtd; Nky; gopAkpy;iy> gilj;jtd; Nky; gopAkpy;iy> gilj;jtd; Nky; gopAkpy;iy> grpj;jtd; Nky; ghtkpy;iy: grpj;jtd; Nky; ghtkpy;iy: grpj;jtd; Nky; ghtkpy;iy: grpj;jtd; Nky; ghtkpy;iy: fpilj;jtH gpupj;Jf;fhz;lhH> fpilj;jtH gpupj;Jf;fhz;lhH> fpilj;jtH gpupj;Jf;fhz;lhH> fpilj;jtH gpupj;Jf;fhz;lhH> cioj;jtHfs; njUtpy; epd;whH. cioj;jtHfs; njUtpy; epd;whH. cioj;jtHfs; njUtpy; epd;whH. cioj;jtHfs; njUtpy; epd;whH. gyH thl thl> rpyH tho tho> gyH thl thl> rpyH tho tho> gyH thl thl> rpyH tho tho> gyH thl thl> rpyH tho tho> xU NghJk; nja;tk; nfhLj;jjpy;iy. xU NghJk; nja;tk; nfhLj;jjpy;iy. xU NghJk; nja;tk; nfhLj;jjpy;iy. xU NghJk; nja;tk; nfhLj;jjpy;iy. ,y;iynad;ghH ,Uf;ifapNy> ,Ug;gtHfs; ,y;iynad;ghH ,Uf;ifapNy> ,Ug;gtHfs; ,y;iynad;ghH ,Uf;ifapNy> ,Ug;gtHfs; ,y;iynad;ghH ,Uf;ifapNy> ,Ug;gtHfs;
,y;iynad;ghH ,y;iynad;ghH ,y;iynad;ghH ,y;iynad;ghH kbepiwa nghUspUf;Fk;> kdk; epiwa kbepiwa nghUspUf;Fk;> kdk; epiwa kbepiwa nghUspUf;Fk;> kdk; epiwa kbepiwa nghUspUf;Fk;> kdk; epiwa
,UspUf;Fk;. ,UspUf;Fk;. ,UspUf;Fk;. ,UspUf;Fk;. vJ te;j NghJk; nghJ ntd;W itj;J vJ te;j NghJk; nghJ ntd;W itj;J vJ te;j NghJk; nghJ ntd;W itj;J vJ te;j NghJk; nghJ ntd;W itj;J tho;fpd;w Ngiu tho;j;jpLNthk;. tho;fpd;w Ngiu tho;j;jpLNthk;. tho;fpd;w Ngiu tho;j;jpLNthk;. tho;fpd;w Ngiu tho;j;jpLNthk;.
(glk;: glNfhl;b> ghl;L: thyp> ghbatH: nrse;juuh[d;) (glk;: glNfhl;b> ghl;L: thyp> ghbatH: nrse;juuh[d;) (glk;: glNfhl;b> ghl;L: thyp> ghbatH: nrse;juuh[d;) (glk;: glNfhl;b> ghl;L: thyp> ghbatH: nrse;juuh[d;)
Tout ce qu’Il a donné
Tout ce qu’Il pouvait donner, Il a donné Pour qui a-t-Il donné ? Pour une seule et
même personne? Non, Il a donné pour toute la société Sur le perron d’une hutte en terre,
La brise dédaignerait-elle de venir ? Et s’agissant du pauvre,
La lune refuserait-elle sa douce lumière ? Une chose pour toi, une chose pour moi, Dieu n’en a jamais décidé ainsi. Ce n’est pas la faute du Créateur, Ce n’est pas celle de l’affamé. Ceux qui recevaient se sont partagés
tout ce qu’ils ont eu,
Ceux qui travaillaient sont restés à la rue.
Mais, Dieu n’a pas donné pour que plusieurs
dépérissent et que certains s’enrichissent Ceux qui peuvent (donner) disent non, ceux qui
possèdent disent ne rien avoir Leurs poches pleines de richesse, leur cœur
plein de noirceur. Ceux qui mettent tout en commun, en toutes
circonstances, Couvrons-les de louanges.
Film: ‘PadakôTTi’, Composition: Vâly, Chanson: T.M.Soundararajan, trad. par Ponny Gobalakichenane
eP thog; gpwiuf; eP thog; gpwiuf; eP thog; gpwiuf; eP thog; gpwiuf;
nfLf;fhNj nfLf;fhNj nfLf;fhNj nfLf;fhNj gpwH tho ePAk; gpwH tho ePAk; gpwH tho ePAk; gpwH tho ePAk;
nflhNj
nflhNj
nflhNj
nflhNj
Un autre parolier célèbre de chansons de films
Après le très célèbre Kannadâssane (fz;zjhrd; fz;zjhrd; fz;zjhrd; fz;zjhrd;), nous présentons aujourd’hui un autre compositeur. Un peu moins célèbre peut-être, Vâly (thyp thyp thyp thyp) a composé des chansons à vocation pédagogique pour le célèbre acteur populaire de cinéma tamoul M.G.Ramachandran, communément appelé M.G.R (vk;.[p.MH vk;.[p.MH vk;.[p.MH vk;.[p.MH), devenu Ministre-en- chef du Tamijnâdou durant les années 1977-1987. Celui-ci a été un disciple ardent de C.N.Annadurai (1909-1969) jusqu’à sa mort, puis il a continué dans le parti Dravida Munnetra Kajagam (DMK), avant de former le parti All India Dravida Munnetra Kajagam (AIADMK). Le préfixe ‘AI’ a été ajouté surtout parce qu’il permet de présenter des candidats dans l’état voisin du Karnataka où vivent des Tamouls, surtout dans la région de Kôlar (NfhyhH NfhyhH NfhyhH NfhyhH) (1).
Nous espérons que ces poèmes exprimant des sentiments simples et populaires donneront une idée des
chansons contenues dans les films tamouls des années 1960-1975.
M.Gobalakichenane
(1) Lors des premiers recensements faits par les Anglais, le pourcentage des Tamouls était le plus élevé à Bangalore! ISSN 1273-1048 No.65 Septembre 2009
Organe de Liaison des Ressortissants de l’Inde ex- française : Pondichéry, Karikal, Mahé, Yanaon (et Chandernagor)
Lettre du CERCLE CULTUREL DES PONDICHERIENS
GJr GJr GJr GJr;NrhpaH fiy kd;w ;NrhpaH fiy kd;w ;NrhpaH fiy kd;w ;NrhpaH fiy kd;w kly kly kly kly;
Rédaction : M.Gobalakichenane
22 Villa Boissière, 91400 Orsay, France
Email : ggobal@yahoo.com Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 65 Page 1
Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 65 Page 2 Madame Jothi Vencatachellam (1917-1992) N[hjp ntq;flhryk; mk;ikahH N[hjp ntq;flhryk; mk;ikahH N[hjp ntq;flhryk; mk;ikahH N[hjp ntq;flhryk; mk;ikahH
Jothi est née le 27 octobre 1917, en Birmanie (1) où son père Koupoussamy travaillait comme secrétaire-assistant au Département des Finances de Rangoun. La Birmanie était jusqu’en 1937 sous la même administration britannique que l’Inde et les Anglais employaient souvent les Indiens comme fonctionnaires subalternes, tout comme les Français prenaient des Pondichériens en Indochine française.
Jothi fit ses études à l’Ecole secondaire de Cambridge de cette ville. Elle épousa un important homme d’affaires de Madras (Chennai, maintenant) nommé Vencatachellam (2). Depuis son jeune âge, c’était une personne aux idées avancées (3). Il est noter ici que son mariage fut un cas d’inter-caste, très rare chez les Indiens de son époque.
Pendant plusieurs années, elle se consacra aux activités sociales et travailla surtout pour la justice et le bien des Âdidrâvidar tamouls (4). Elle construisit l’école primaire Vencatachellam à Chintadripet (rpe;jhjpupg;Ngl;il rpe;jhjpupg;Ngl;il rpe;jhjpupg;Ngl;il rpe;jhjpupg;Ngl;il), quartier central de Chennai, dans la boucle de la rivière Coûvam ($tk; $tk; $tk; $tk;) où elle insistait beaucoup sur l’éducation des filles. Elle organisa et présida également plusieurs mariages inter-castes.
Sa grande popularité conduisit le premier Ministre-en-Chef Râjagôpâlâchâri (uh[Nfhghyhr;rhup uh[Nfhghyhr;rhup uh[Nfhghyhr;rhup uh[Nfhghyhr;rhup) à la nommer Ministre pour la Prohibition (de l’alcool) et la Condition féminine, en 1953-54. Jothi Ammâl, c’est-à-dire Madame Jothi, travailla avec enthousiasme et efficacité pour la promulgation des lois d’interdiction des boissons alcooliques. C’était l’un des points principaux du programme du parti Congrès d’alors, encore influencé par les idées du Mahatma Gandhi et restant du ressort des gouvernements des différents Etats de l’Union Indienne (fédérale, rappelons- le, comme les Etats-Unis).
En 1962, quand Kâmaradj (fhkuh[; fhkuh[; fhkuh[; fhkuh[;) devint le Ministre-en-Chef (5), elle fut reconduite comme Ministre de la Santé. C’est durant son ministère que furent ouvertes les Ecoles de Médecine de Coimbatore, Tanjore et Tirounelvély. Lorsque la Reine Elizabeth vint visiter Madras, elle eut l’honneur de la recevoir à sa résidence.
Membre du Conseil Législatif de 1953 à 1954, de l’Assemblée Législative de 1962 à 1967 et de 1972 à 1975, elle était également membre de plusieurs institutions sociales.
En 1974, Jothi Vencatachellam fut décorée de ‘Padma Shree’, en reconnaissance de l’ensemble de ses services d’intérêt national.
En 1974, elle fut nommée Gouverneure de l’Etat de Kérala (Nfush Nfush Nfush Nfush) où elle accomplit son magistère complet, avant de prendre une retraite tranquille en 1982, respectée de tous, malgré les changements politiques ultérieurs. Elle fut la seule femme tamoule à avoir occupé le poste de Gouverneure. Elle décéda le 28 novembre 1982, à l’âge de 76 ans, admirée et aimée par les peuples de Tamilnadu (jkpo;ehL jkpo;ehL jkpo;ehL jkpo;ehL) et de Kérala.
Traduction d’un extrait de ‘The First ladies and Lady Governors of India’ par Clement Eswar
(1) pour les Tamouls de ce pays, voir aussi LCCP No.57, p.4
(2) orthographe ancienne de l’époque, utilisée encore par exemple à Maurice, en Afrique du sud.
(3) chez les Birmans, on pratique l’égalité entre les deux sexes (cf. aussi LCCP no.57)
(4) dits communément ‘dalits’ jypj;
jypj;
jypj;
jypj; maintenant
(5) le premier non-brahmane tamoul à ce poste
Jothi Vencatachellam passant en revue
au Kérala comme Gouverneure
(Photo ‘The Hindu’ )
Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 65 Page 3 Le Congrès National de l’Inde (CNI) ,e;jpaj; Njrpa fhq;fpu]; ,e;jpaj; Njrpa fhq;fpu]; ,e;jpaj; Njrpa fhq;fpu]; ,e;jpaj; Njrpa fhq;fpu];
L’honorable Rahimutulla Mohammad Sayani rappelait au Congrès de Calcutta, en 1896: ‘Quelque temps avant 1885, certains gentlemen familiarisés avec les philosophes, les hommes d’Etat et avec les méthodes anglaises se réunirent dans un meeting et étudièrent cette question: possibilité d’améliorer considérablement la condition politique actuelle du pays. Tous, d’un commun accord, se décidèrent à procéder suivant les méthodes d’agitation adoptées par les Anglais eux-mêmes. Un Congrès fut projeté et ses principaux promoteurs furent des produits de l’éducation anglaise, et leurs cœurs aspirèrent vers un idéal national et civique plus élevé’ .
Le principal architecte du CNI, ce nouvel édifice politique, ce n’est pas un hindou, mais un Anglais Allan Octavian Hume (1829-1912). Ce radical économiste Allan Hume, fils de Joseph Hume, passa 33 années dans le Service Civil de l’Inde. A sa retraite, il s’établit à Simla, entièrement convaincu qu’il avait à s’acquitter d’une dette énorme envers l’Inde et à accomplir à cet effet une tâche pénible et dure. ‘Le peuple hindou doit pour une large mesure compter sur soi-même, et quand il sera libéré de sa pauvreté et de sa misère, il constituera un véritable péril pour la puissance de l’Empire britannique.’ Il a répandu ainsi son projet de l’institution d’une conférence annuelle en vue des réformes politiques où tous pourraient prendre part sans distinction de race, de caste ou de religion, tous ceux qui cultivaient dans leurs cœurs l’idée de l’Indépendance et tous ceux qui gardaient l’amour de l’Inde dans ‘le cœur de leur cœur’. Cette mesure donna un moyen de ralliement aux réformateurs et sema le germe d’un parlement National.
Le premier Congrès National de l’Inde (CNI) fut convoqué à Bombay les 28, 29 et 30 décembre 1885. Les délégués envoyés de toutes les parties de l’Inde furent au nombre de 72. C’était coutume de céder la Présidence de pareilles réunions aux hommes publics.
Le choix tomba sur W.C.Bannerjee (1844-1906), d’abord un impressionnant avocat bengali,
ensuite conseiller au Gouvernement de l’Inde et enfin le plus éminent membre du Conseil à
Londres.
Le Congrès National grandit rapidement, instrument du peuple créé pour son bien être et son progrès. Il ne put que voir augmenter d’année en année son utilité et son influence. Mais, malheureusement les quelques millions d’adhérents ou indirects du CNI ne sont guère fondés à déclarer : ‘l’Etat, c’est nous’(1). Durant la réunion en 1886 à Calcutta (2), on enregistra 440 délégués. Ce mouvement prit tant d’acuité que le comité offrit gracieusement la Présidence à Mr. Charles Bradlaugh qui a joué dans le Parlement le rôle de représentant général du Congrès. Un comité du Congrès composé de représentants anglais fut même maintenu à Londres, grâce à la ferme générosité de Sir William Wedderburn, doyen des hommes d’Etat du régime libéral qui accompagna Bradlaugh à Bombay, en 1889.
L’agitation politique et sociale proprement dite dans l’Inde était pratiquement ignorée avant 1860. ‘Jusqu’à un date récente, l’Inde n’avait eu aucune idée de la vie politique. Les Anglais la gouvernaient en maîtres absolus. A plusieurs reprises, depuis 1861, sous l’influence des Indiens cultivés, élevés à l’occidentale, de petites réformes avaient donné une ombre de représentation indigène, mais sans autorité pratique ni responsabilité; on n’admettait les indigènes ni à l’exercice des hautes fonctions ni au contrôle des fonctionnaires britanniques. Cette exclusion laissait la même amertume chez les hindous et chez les musulmans; elle fit peu à peu l’union de l’élite ‘indigène’, d’après Demangeon (3)…
(1) NdlR: Paraphrasant le mot célèbre de Louis XIV (3) A.Demangeon (1872-1940); ses livres de géographie sont (2) Capitale de l’Empire britannique jusqu’en 1911 bien connus aussi des Pondichériens
S.Marcandane
(photo IFP aimablement communi-
quée par K.Ramanujam)
La culture occidentale a révélé aux Indiens cultivés l’infériorité de leurs conditions politi- ques et stimulé leurs visées d’émancipation. ‘Une pensée commune les rapprochait; un même sen- timent les unissait: l’impatience à se libérer du joug britannique, la honte de leur asservissement’. Leur désir unanime était l’abandon pur et simple de l’Inde par l’Angleterre.
‘L’Inde aux Indiens’, cela veut dire indépendance politique; mais cela signifie aussi libre re- tour aux conceptions morales, aux conditions économiques, à l’ordre social de l’Inde d’autrefois’. Le célèbre leader Saklatwala (1874-1936) s’exprime ainsi dans son message au peuple de l’Inde. L’être humain qui se réconcilie à une servitude impérialiste, qui est soumis au joug d’un gouver- nement étranger, est responsable non seulement de la dégradation de son propre pays et de son peuple, mais aussi d’un grand nombre de maux qui se produisent dans le monde’.
‘Le Gouvernement britannique dans l’Inde signifie l’inanition perpétuelle du peuple, ignorance, détérioration physique, lenteur du progrès social… militarisme écrasant des Anglais qui obligent le reste du monde à être écrasé par le maudit fardeau de l’armement’. Parmi les nombreux méfaits de la domination anglaise l’histoire considérera comme le plus perfide le désarmement d’une nation. La domination anglaise telle qu’elle règne dans l’Inde constitue le sys- tème de Gouvernement le plus bas et le plus immoral du monde: l’exploitation d’une nation par une autre. Le pactole qui coule du trésor (de l’Inde) dans les poches des fonctionnaires anglais fait aussi l’objet de vives critiques de la part des politiciens hindous.
D’autre part, c’est de l’acte de 1858 qui transférait à la cou- ronne le Gouvernement de l’Inde jusque là exercé par la Compa- gnie que datent, suivant Sir Willyam les maux principaux. ‘Jusque là, dit-il, le peuple avait deux sauvegardes : d’abord la jalousie gé- nérale du Parlement envers la Compagnie des Indes en sa qualité de corporation privilégiée, ensuite l’obligation de renouveler la Charte de la Compagnie tous les 30 ans. A chacun de ces renouvel- lements, l’administration officielle de la Compagnie était tenue de justifier sa gestion, une en- quête avait lieu sur les plaintes formulées et le renouvellement ne s’accordait jamais sans qu’on octroyât au public d’importantes réformes et des concessions appropriées à la condition progres- sive des affaires indiennes. Aujourd’hui malheureusement, ces deux sauvegardes ont dispa- ru…Une proclamation de 1858 promit implicitement à l’Inde un gouvernement littéral autonome et représentatif, mais les années s’écoulèrent, aucune promesse n’a été tenue.
Dadabai Navrodji (1825-1917) disait: ‘Si l’Inde avec son énorme population était un pays modérément riche, cette captation de sa richesse par une puissance étrangère se continuant eût été une cause de préoccupation, d’autant que voilà 150 ans que cela dure. Mais quand cet or est ex- torqué à la population la plus pauvre de notre planète, alors il est clair que l’expression dont je me suis servi pour définir ce processus, il y a de cela quarante ans, ‘saigner à blanc’ représente ce qui est en train de se faire’.
Le principe des nationalités… a été affirmé pour la première fois en France par l’Assemblée Nationale Constituante dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, votée le 27 août 1789. L’article III est ainsi conçu: ‘Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément’. Cette souveraineté découle de l’article 1er qui proclame que tous ‘les hommes naissent et demeurent li- bres et égaux en droits’.
Extraits de l’opuscule ‘Le Congrès National de l’Inde’(rédigé en 1937) par S.Marcandane, Pondichéry, 1948
Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 65
Page 4
Les articles de La Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens (depuis le No.3) sont sur :
http: //www.puduchery.org
Toute reproduction doit être accompagnée de la citation de la source
Publication de S.Marcandane
au profit du Cercle Sportif Pondichérien