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CCP

Cercle Culturel des Pondichériens

Histoire, culture et patrimoine des anciens comptoirs français de l'Inde

Lettre du CCP n° 64

Juin 2009

Sommaire

  • — Le paradis est dans le vin
  • — VaLLiyammai de TillaiyâDi (Gandhi et les Tamouls)
  • — Le Pattinappalai, vu par C.N.Annadurai
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Numéro 64 de la Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens — Juin 2009.

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Le paradis est dans le vin

Le paradis est dans le vin, l’ivresse dans la

beauté. Quoi d’autre pourrait procurer une telle

ivresse? Ceci est une vérité immuable.
Le bonheur est dans la nuit, le tout est dans

l’Amour.
L’Amour est une musique, je l’ai trouvé en elle. Partie, elle est partie, je l’ai cherchée en

cent lieux, Je bois, j’étreins, j’oublie le fil de mes pensées Comme un fruit trempé dans du lait(1), Cette poupée est câline,
Elle me prie de venir sur le lit. Succomberais-je ? La suivrais-je en

m’oubliant? En me versant du vin, je calme le feu de mon

cœur; Dans la fille aux lèvres carmin, je m’immerge

et j’exulte Pour oublier le jour passé, pour combler le jour

présent.

(Film: La loi dans mes mains, Composition: Kannadâssane, Chanson: S.B.Balasoupramaniam), trad. par Bavâny Danaradjou

(1) Image classique en Tamoul, pour exprimer un goût très agréable

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Une chanson populaire de film tamoul xU gpugyj; jkpo; rpdpkhg;glf; ftpij xU gpugyj; jkpo; rpdpkhg;glf; ftpij xU gpugyj; jkpo; rpdpkhg;glf; ftpij xU gpugyj; jkpo; rpdpkhg;glf; ftpij

On sait que l’Union Indienne produit un très grand nombre de films qui sont plutôt des spectacles longs de deux à trois heures, avec des danses et des chansons. Nous avons publié jusqu’à maintenant des traductions d’œuvres poétiques anciennes ou modernes. Sans être des poèmes au sens commun du terme, il existe également des chansons de films composées par des paroliers atteignant un niveau assez élevé de forme et fond.

Si le monde connaît ‘Bollywood’, il connaît moins bien ‘Kollywood’ (production à Kodambakkam, devenu maintenant le quartier huppé de Chennai). Dans ce dernier, on produit le même type de films en tamoul (ainsi qu’en
d’autres langues, télougou, kannada, malayalam-et même hindi, pour des raisons de moindre coût qu’à Mumbai-) comportant plusieurs chansons. Il n’est pas rare de voir un film obtenir un grand succès surtout pour ses chansons mélodieuses. Dans ce registre, le nom de KaNNadâssane (fz;zjhrd; fz;zjhrd; fz;zjhrd; fz;zjhrd;) est connu de tous les Tamouls et des tamoulophones du monde entier. Il en a composé plusieurs centaines; et nous en publions une ci-dessous. Certains lecteurs pourront y trouver des airs d’Omar Khayyam ou de Baudelaire…

ISSN 1273-1048 No.64 Juin 2009


Organe de Liaison des Ressortissants de l’Inde ex- française : Pondichéry, Karikal, Mahé, Yanaon (et Chandernagor)

Lettre du CERCLE CULTUREL DES PONDICHERIENS


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Rédaction : M.Gobalakichenane

22 Villa Boissière, 91400 Orsay, France

Email : ggobal@yahoo.com Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 64 Page 1 Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 64 Page 2 VaLLiyammai de TillaiyâDi (Gandhi et les Tamouls) jpy;iyahb ts;spak;ik (fhe;jpAk; jkpoUk;) jpy;iyahb ts;spak;ik (fhe;jpAk; jkpoUk;) jpy;iyahb ts;spak;ik (fhe;jpAk; jkpoUk;) jpy;iyahb ts;spak;ik (fhe;jpAk; jkpoUk;)

VaLLiyammaï(1) est née en 1898 à Johannesburg, en Afrique du sud(2). Ses parents sont Mounissâmy Moudaliyâr habitant la rue Dupleix à Pondichéry, et Jânakiammaïyâr alias MangaLam, originaire du village de TillaïyâDi, situé à quelques kilomètres à l’ouest de Tranquebar, près de Karikal. Jânakiammaïyâr était déjà enceinte lorsqu’elle partit avec son mari s’installer à Johannesburg.

Au milieu du XIXe siècle, de nombreux Tamouls qui avaient perdu leur métier traditionnel de tisserands, en raison des importations de textiles de Manchester, étaient obligés de s’expatrier pour trouver les moyens d’une vie meilleure. Par ailleurs, après l’abolition de l’esclavage dans les colonies britanniques, les besoins de main d’œuvre étaient énormes et ils étaient vivement sollicités pour aller travailler dans les plantations de sucre et de coton. On leur promettait qu’en défrichant et cultivant pendant cinq ans, les terres deviendraient leurs propriétés. Mais souvent, les promesses n’étaient pas tenues et les contrats non appliqués. De nombreux gens, après avoir travaillé très dur, moururent sur place sans réussir à sortir de leur misère.

Cependant, au fil du temps, une nouvelle vague de petits commerçants s’en suivit (plus tard, ce sera le tour de gros commerçants venant du Gujerat). C’est ainsi que Mounissamy était parti à Johannesburg pour y tenir une épicerie. Il eut la joie d’y devenir père de VaLLiyammaï. La petite fut élevée avec toutes les attentions et elle était aimée de tous les habitants du quartier.

Les Indiens qui débarquaient alors en Afrique du sud ne furent pas bien traités malgré l’abolition d’esclavage et subissaient de nombreuses iniquités. Ils devaient payer, comme taxe d’immigrants, trois souverains d’or par an, ne devaient en aucun cas sortir de leur quartier et ne pouvaient changer de maîtres quelles que soient les maltraitances subies.

Gandhi était arrivé en Afrique du sud en 1893, comme conseiller juridique, pour la durée d’un procès d’une compagnie des Indiens(3). Il remarquait les injustices et exhortait les Indiens à réclamer leurs justes droits constitutionnels, tout en veillant à ce que tout se passât sans violence.

Dès son plus jeune âge, VaLLiyammaï observait les souffrances des Indiens. Durant ses études à l’école primaire, elle y réfléchissait beaucoup et se demandait pourquoi les Indiens supportaient tout sans se rebeller, car beaucoup réalisaient également cet état des choses sans oser le dire tout haut.

Elle demanda une fois à son père pourquoi les Blancs maltraitaient ainsi les Indiens et pourquoi ceux-ci subissaient tout en restant muets. Son père de répondre qu’elle était trop jeune pour comprendre la situation et le problème. Il ajouta que les Blancs étaient les propriétaires du pays et nés pour régner alors que les Indiens étaient des esclaves venus là pour gagner et survivre. “Mais, vous n’avez pas encore réclamé vos justes droits”, continua-t-elle. Comme des policiers blancs traînaient justement alors quelques jeunes en les battant, il lui montra la scène et signifia ce qui les attendait aussi.

Mais, elle demandait comment Dieu pouvait laisser faire tout ceci. Les Blancs disent qu’Il les a fait naître pour régner sur les autres peuples. Au nom de la religion et au nom de Dieu, les Blancs trompent les pauvres innocents en leur racontant n’importe quoi, pensait-elle.

Alors que le père conseillait à la petite de continuer à étudier sans réfléchir à autre chose, elle demandait comment elle pouvait ne pas voir ces injustices criantes qui s’étalaient devant leurs yeux et disait que la dignité humaine était essentielle et que la mort importait peu dans la lutte pour le bon droit. Comme VaLLiyammaï réfléchissait ainsi toute jeune aux problèmes de souffrance des Indiens en général et à celle des autochtones africains, au début du 20ème siècle, son sort se retrouva vite lié à celui de Gandhi.

Le 11 septembre 1906, Gandhi organisa une réunion à laquelle participèrent 3000 personnes environ. Ainsi commença une lutte non-violente contre les lois racistes de l’Afrique du sud.

Le 10 juin 1908 à Johannesburg, VaLLiyammaï réunit un petit groupe et, en expliquant comment les Blancs trompaient les autres communautés, parla haut et fort de la nécessité de lutte pour les justes droits valables pour tous. L’assemblée fut étonnée par son discours courageux et l’applaudit fortement. Tous louèrent sa fougue et sa force morale. En octobre 1912, Gandhi put ainsi obtenir l’abolition de la taxe d’immigré de trois souverains d’or qui opportunément ne fut pas appliquée de suite.

Une loi de mars 1913 ne reconnaissait que les mariages à la mode chrétienne et non les mariages hindous (ou musulmans ou parsis) non célébrés dans les églises, ajoutant que tous ceux antérieurs à cette date n’étaient plus valables. Non seulement ceci était une honte pour les femmes indiennes, mais on pouvait ainsi reprendre les propriétés des Indiens en arguant qu’ils n’avaient pas d’héritiers(4).
Mémorial de VaLLiyammaï, à TillaïyâDi (Photo M.Gobalakichenane 2008) Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 64 Page 3

Gandhi qui jusqu’alors n’avait pas permis aux femmes de prendre part à ses actions de protestation pensa qu’elles devaient défendre leurs droits. Parmi les six femmes qui se joignirent à son action de “satyagraha”, la plupart était des Tamoules. Lorsqu’il envoya deux groupes haranguer les travailleurs dans les mines, il leur rappela que 90% d’entre eux étaient des Tamouls et qu’on devait leur parler en tamoul.

Dans le groupe des femmes, il y avait sa femme Kasturibâ et VaLLiyammaï. La police arrêta tous les manifestants, hommes et femmes.

Ainsi, VaLLiyammaï prit part à toutes les premières actions de Gandhi, avant la Grande Guerre. Moins âgée que son auditoire, elle expliquait courageusement leurs droits fondamentaux et la nécessité de se révolter contre le gouvernement du Général Smuts pour obtenir satisfaction.

A une autre lutte initiée par Gandhi, VaLLiyammaï participa avec enthousiasme et essaya de galvaniser les Indiens dont les Tamouls. Un groupe de manifestants partit de Johannesburg à Newcastle, en passant par plusieurs localités et Maritzburg. Comme il était interdit alors de traverser la frontière Transvaal-Natal sans autorisation, les manifestants furent arrêtés et emprisonnés, les femmes comprises.

C’est ainsi qu’en octobre 1913, VaLLiyammaï et d’autres encoururent trois mois d’emprisonnement. L’adolescente de 15 ans fut alors maltraitée sans ménagement et obligée de croupir dans une cellule minuscule sans lumière ni air frais. Elle tomba alors gravement malade. Quelques jours seulement avant la fin de la détention, elle fut libérée dans un état lamentable physiquement et moralement. On ne put reconnaître en elle la jeune fille vaillante aux accents vigoureux.

Gandhi vint la voir et loua son courage et son esprit de sacrifice. Il lui demanda alors si elle regrettait d’avoir été mise en prison. Elle lui répondit, d’une voix faible mais ferme, qu’elle ne regrettait rien et que s’il le fallait, elle était prête à réitérer cela pour la bonne cause. Impressionné par ses paroles et sa détermination. Gandhi, les yeux embués, devait penser à d’autres filles aussi courageuses, comme la Reine de Jhansi et Jeanne d’Arc.

Il repartit en lui disant qu’il reviendrait la voir. Mais, quelques jours plus tard, suite à l’aggravation subite de sa maladie, VaLLiyammaï expira le 22 février 1914. Apprenant la triste nouvelle, tous les Indiens accoururent lui rendre leurs derniers respects et Gandhi ne put retenir ses larmes. Il dit : “Récemment, j’ai connu deux disparitions, celle de mon frère Lakshmidâss et celle de VaLLiyammaï. La mort de mon frère fut une perte seulement pour notre famille, mais celle de VaLLiyammaï est une grande perte qui fait pleurer tout le monde”.

En juillet 1915, Gandhi inaugura l’installation d’une statue de VaLLiyammaî à Johannesburg.

Plus tard, quand il vint en Inde du sud, lors d’une réunion à Chennai (Madras), il souligna que l’action et le courage de VaLLiyammaï furent déterminants pour lui, dans la lutte pour la justice et l’indépendance en Inde. Et quand il revint, en 1916, au TamijnâDou, il cita le nom d’une localité et exprima son souhait de s’y rendre pour voir la terre de naissance de VaLLiyammaï. Et c’était le village de TillaïyâDi, qui, foulé ainsi par Gandhi, devint depuis lors très célèbre. Pendant le mouvement de non-coopération en Afrique du sud, la majorité des gens qui suivait Gandhi et supportait les souffrances avec lui était des Tamouls, ceux qui se sacrifiaient jusqu’au bout étaient majoritairement des Tamouls, ceux emprisonnés et torturés étaient surtout des Tamouls. C’est pour cette raison que Gandhi dit plus tard : “L’esprit de sacrifice des Tamouls est sans limite. Il serait bien que les autres communautés les suivent également”.

Le 22 octobre 1969, le Ministre-en-Chef du TamijnâDou de l’époque, M.Karunanidhi, inaugura à TillaiyâDi le mémorial de VaLLiyammaï (illustrations de cet article).

Rappelons enfin que, le 20 avril 1997, Nelson Mandela vint se recueillir également devant la tombe de la martyre tamoule VaLLiyammaï.

M.Gobalakichenane

(1) Les suffixes ammé (encore d’usage au Kérala), ammâ et ammaï sont équivalents et utilisés au Tamilnâdou, selon les époques et les régions. (2) Son acte de naissance n’est donc pas trouvable à Pondichéry. (3) Voyant la misère des Indiens, il commencera à combattre les injustices là-bas, ce qui le fera rester 22 ans. (4) Cette méthode d’expropriation avait été utilisée aussi en Inde britannique, durant l’occupation progressive.
Buste de VaLLiyammaï
(Photo M.Gobalakichenane 2008) Question de Gandhi (Photo M.Gobalakichenane 2008) Le Pattinappalai, vu par C.N.Annadurai mz;zhJiu ghHitapy; gl;bdg;ghiy mz;zhJiu ghHitapy; gl;bdg;ghiy mz;zhJiu ghHitapy; gl;bdg;ghiy mz;zhJiu ghHitapy; gl;bdg;ghiy

C.N.Annadurai(1) fut un esprit très cultivé aux multiples facettes. Il a écrit, en- tre autres, un important essai sur Napoléon, sur son énergie extraordinaire, ses buts et ses actions courageuses. Dans le même registre et pour réveiller les Tamouls des années 1950, il donna sa vision du long poème tamoul ‘PaTTinappalaï’ que nous reproduisons ci-dessous.

« CâvirippoûmpaTTinam fhtpupg;©k;gl;bdk fhtpupg;©k;gl;bdk fhtpupg;©k;gl;bdk fhtpupg;©k;gl;bdk; ville disparue maintenant dans la mer. Cependant, grâce au PaTTinappâlaï gl;bdg;ghiy gl;bdg;ghiy gl;bdg;ghiy gl;bdg;ghiy de KaDiyaloûr Ouroutti- rangaNNanâr fbaY}H cUj;jpuq;fz;zdhH fbaY}H cUj;jpuq;fz;zdhH fbaY}H cUj;jpuq;fz;zdhH fbaY}H cUj;jpuq;fz;zdhH, cette cité, non rayée de la carte, offre sa splendeur. Voici le pays Chôla. Ponny nghd;dp nghd;dp nghd;dp nghd;dp(2) qui ne faillit jamais, même quand la mousson manque, s’écoule.

Dans les champs, les récoltes sont fabuleuses. Là aussi, des fours de production de sucre de canne. Et les fleurs d’âmbal(3) noircissent à leur chaleur.

Après avoir mangé de la paille et bien repus, les bufflons s’endorment. Puis- qu’ils ont terminé tout, y a-t-il pénurie? Non, ils dorment justement à l’ombre d’autres amas de paille.

Partout des cocotiers, des bananiers, des arecquiers, du curcuma, des man- guiers, des jacquiers, du gingembre. Près du seuil de la maison, on a fait sécher du paddy sur le sol. Des poules viennent les picorer. Des jeunes filles les chassent avec leurs bou- cles d’oreilles en or, dit-on.

Telle est la fertilité du pays Chôla!

Allons voir maintenant CâvirippoûmpaTTinam

Des barques qui sont parties vendre du sel pour revenir chargées de riz sont amarrées en rangs.

Des bosquets, des mares, des étangs! Une cité entourée d’une fortification ! A l’entrée de la fortification des doubles portails ! Sur la muraille est apposé le cachet du tigre(4). De nombreuses échoppes de nourritures !

L’eau de cuisson de riz de ces boutiques s’écoulant comme des rivières, les boeufs s’y ébattent. La terre foulée devient de la boue qui, desséchée, s’élève en poussière(5).

Des chevaux amenés par voie de mer, des balles de poivre venues par voie de terre, des pierres précieuses et de l’or provenant de l’Himalaya, du santal et de la myrrhe venus des montagnes de Kodagu FlF FlF FlF FlF(6). Des perles de la mer du sud, du corail de la mer de l’est, des marchandises d’Îjam <ok; <ok; <ok; <ok;(7) et de Kâjagam fhofk; fhofk; fhofk; fhofk;(8), tout cela était entassé comme des montagnes.

Chaque jour était un jour de réjouissance. Des danses et des chants étaient organisés. CâvirippoûmpaTTinam est engloutie dans la mer, mais elle existe encore sous la forme d’un poème.

La fertilité était perceptible dans tout le Tamijagam jkpofk; jkpofk; jkpofk; jkpofk;(9). Des poèmes aussi évocateurs nous font souffrir et baisser le regard de honte.

Avons-nous eu la curiosité de demander ce qui existe en Tamoul? Non ! La beauté et l’antiquité de la langue tamoule nous impressionnent et font sentir, de temps à autre, que nous sommes des Tamouls. »

(Source: Nittilakkouviyal, septembre 2008)

(1)Voir aussi les articles sur Annâdurai dans les LCCP nos.29 et 45. Son essai sur Napoléon est intitulé “Les vingt ans de sang en ébullution”
(2) Autre nom du fleuve Câviry (3) Nénuphar blanc (4) Symbole des rois Chôla (5) Dans le poème, la métaphore continue pour préciser que la boue ainsi éclaboussée trace des dessins sur le mur des habitations
(6) Région de Coorg à l’ouest (7) Eelam (Ceylan, Sri Lanka actuel) (8) Région côtière de la péninsule Birmanie-Thailande-Malaisie (9) Autre nom du TamijnâDou (Etat du Tamilnadu actuel, au sud-est de l’union Indienne) Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 64 Page 4 InternetInternetInternet***** Internet***** Internet Les articles de La Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens (archivage depuis le No.3) sont sur :
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Essai de C.N.Annadurai Sur Napoléon