Lettre du CCP n° 62
Sommaire
- — Nâladiyâr
- — Le violon parlant de Kunnakkudy Vaithyanathan
- — La caste d’après Aurobindo
Numéro 62 de la Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens — Décembre 2008.
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Nâladiyâr
Ceux qui donnent de suite, sans garder
Pour plus tard ce qu’ils ont reçu maintenant
Prendront le chemin de la Gloire au lieu d’aller
Au monde de la Mort toujours égalitaire.
Impermanence de la richesse (Nâl.5)
Ceux qui réfléchissent ne se réjouiront pas
A l’image de la chèvre broutant tranquillement
L’herbe avant son sacrifice durant
La danse démoniaque pour la divinité de Vel.
Impermanence de la jeunesse
(Nâl.16)
Nés dans la fratrie sans rien demander
Les gens partiront sans dire, abandonnant leur
corps,
Tels les oiseaux s’envolant au loin
Laissant vides leurs nids dans l’arbre.
Impermanence du corps
(Nâl.30)
Ceux qui ont pressé de bon matin la canne
Ne pleureront pas en voyant la mélasse brûler;
Ainsi, ceux qui, en souffrant, ont pratiqué la Vertu
Ne craindront pas l’approche de la Mort.
Importance de la Vertu
(Nâl.35)
Ô toi qui portes des bracelets brillants! Tu
demandes
Si mon amant peut m’emmener par ce chemin
boisé si pénible pour tous;
(Sache que) quand quelqu’un reçoit un cheval
réputé
Il est capable de le monter pour cette voie.
De l’amour
(Nâl.398)
‘Padumanâr’(4-8ème s.?), trad. tentée par M.Gobalakichenane
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Nous revenons à la littérature sapientiale tamoule (1) comprenant de nombreuses œuvres de morale.
Il s’agit d’une anthologie parmi les dix-huit du Padinenkîjkanakku (gjpndd;fPo;fzf;F gjpndd;fPo;fzf;F gjpndd;fPo;fzf;F gjpndd;fPo;fzf;F) appelée ‘Nâladiyâr’, collationnée par Padumanâr, il y a douze siècles environ. Elle est tellement populaire qu’on la place juste à côté du ‘Tiroukkoural’, selon l’adage : ‘MYk; NtYk; gy;Yf;FWjp> ehYk; ,uz;Lk; nrhy;Yf;FWjp MYk; NtYk; gy;Yf;FWjp> ehYk; ,uz;Lk; nrhy;Yf;FWjp MYk; NtYk; gy;Yf;FWjp> ehYk; ,uz;Lk; nrhy;Yf;FWjp MYk; NtYk; gy;Yf;FWjp> ehYk; ,uz;Lk; nrhy;Yf;FWjp’, signifiant que les brindilles du baniyan et de l’acacia font la solidité de la dent et que le ‘quatre’– Nâladiyâr de quatre vers – et le ‘deux’– Tiroukkoural de deux vers – font la force de la langue (tamoule).
Cette anthologie comprend au total 400 quatrains de plusieurs poètes, parfois avec des commentaires. Nous en avons choisi cinq dont trois traitent de l’impermanence (idée importante du Bouddhisme et du Jaïnisme dont les influences se font encore sentir), le quatrième de l’importance de la Vertu et le cinquième de l’amour du couple.
(1) voir un article plus complet dans le ‘Journal Asiatique’, Tome 294, 2006, pp.197-214.
ISSN 1273-1048
No.62
Décembre 2008
Organe de Liaison des Ressortissants de l’Inde ex- française : Pondichéry, Karikal, Mahé, Yanaon (et Chandernagor)
Lettre du CERCLE CULTUREL DES PONDICHERIENS
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Rédaction : M.Gobalakichenane
22 Villa Boissière, 91400 Orsay, France
Email : ggobal@yahoo.com
Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 62
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Le ‘violon parlant’ de Kunnakkudy Vaithyanathan et le ‘veena’ d’Anandaranga Pillai
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Le grand maître violoniste Vaithyanâthan est né le 2 mars 1935 à Kunrakkudy, dit communément (en tamoul parlé) ‘Kunnakkudy’, près de Kâraikkudy au Chettynâdou. Il prit ses premières leçons auprès de son père Râmassâmy Shâstri. Jeune, il a accompagné des chanteurs célèbres comme Semmângudy Srinivâsa Aiyer, Mahârajapuram Santhânam et Chittoor Subramaniya Pillai. Il a joué aussi avec des maîtres de ’nagaswaram’ (ehf];tuk ehf];tuk ehf];tuk ehf];tuk;) comme T.N.Râjarattinam Pillai.
A ses débuts, il jouait les mélodies des films tamouls pour enregistrement sur disques. Puis, il composa des musiques de chansons et son grand talent l’amena à devenir très vite compositeur de films long métrage. Il connut alors un énorme succès auprès des Tamouls grands amateurs de cinéma. Il apporta des innovations personnelles en jouant avec le maître de ’tavil’ (jtpy; jtpy; jtpy; jtpy;), Valayâpatti Subramaiyan avec lequel il fit plus de 3000 concerts.
A la fin de sa vie, il se consacra surtout à la
musique dévotionnelle tamoule. Il devint aussi
administrateur de ‘Tamilnâdu Iyal Isai Nâdaga
Manram’
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Association de théâtre et de musique du
Tamilnadu).
Il
dirigea
également
pendant
plusieurs fois le festival annuel de huit jours de
Thiyâgarâja (jpahfuh[h
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jpahfuh[h), à Thiruvaiyâru (jpUitahW
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grand compositeur tamoul du XVIIIe s. Une fois, il invita à ce festival un musicien de l’Inde du
nord, le maître de sarôd de Gwalior, Ustâd Amjâd Ali Khân, qui fut enchanté de cette expérience
nouvelle et de l’ambiance de ce festival.
Il était connu pour la grande agilité de ses doigts et pour la subtilité de son maniement du violon. Il réussissait à charmer non seulement les grands connaisseurs de musique mais également les gens communs. Ses rapports humains avec l’assistance étaient simples et faciles. A partir de l’année 1976, il cessa d’accompagner les chanteurs et se consacra essentiellement aux concerts en solo. Il mourut le 8 septembre 2008, à l’âge de 73 ans, à Chennai (ex-Madras).
Le violon est un instrument de musique inventé et développé en Europe. Comment et quand
est-il arrivé en Inde ? Question importante, quand on pense aux nombreux violonistes tamouls
actuels, à leur façon originale de jouer à cet instrument relativement récent et surtout à sa place
importante dans la musique carnatique actuelle du sud de l’Inde.
On pense que cet instrument qui a gardé en tamoul son nom européen est arrivé à la fin du XVIIIe s. avec les Anglais. Certains avancent que c’est Balusamy Dikshitar (ghYrhkp jPl;rpjH ghYrhkp jPl;rpjH ghYrhkp jPl;rpjH ghYrhkp jPl;rpjH), frère de Muthusamy Dikshtar (1776-1835) le deuxième du célèbre trio de musique carnatique, qui a introduit le violon dans la musique classique sud-indienne, d’autres citent Swâti Thirunâl (Rthjp Rthjp Rthjp Rthjp jpUehs; jpUehs; jpUehs; jpUehs;), le roi de Travancore. Sans discuter de l’antériorité de l’origine au Tamilnâdou, nous joignons seulement une pièce à ce dossier, tirée du célèbre Journal d’Anandaranga Pillai (Mde;juq;fg;gps;is Mde;juq;fg;gps;is Mde;juq;fg;gps;is Mde;juq;fg;gps;is), courtier et dubash de Dupleix, gouverneur de Pondichéry.
Dans ce Journal, Anandaranga Pillai évoque l’arrivée d’un groupe de musiciens de France
que Dupleix avait commandé en 1750-1751, au faîte de sa puissance et de sa gloire dans le sud de
l’Inde. Mais, les événements prirent vite un tournant inattendu et le gouverneur était loin
K.Vaithyanâthan entre Vâni Jeyaram et S.P.Bâlasubramaniyam
(Photo: Dinaththanthi 29-03-06)
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d’imaginer que ce groupe arriverait au moment où son étoile pâlissait en 1753-1754. C’est alors
aussi qu’il eut à organiser simultanément trois mariages, celui de son neveu de Kerjean avec une
Carvalho, celui d’une autre Carvalho avec Denis et celui d’un des musiciens, qu’il voulait les plus
somptueux possibles. Et quand il conclut des alliances avec le Mahrâtte Morari Rao et avec
d’autres adversaires de naguère, la population de Pondichéry s’en lassa et devint incrédule. Voici
ce qu’Anandaranga Pillai note dans son Journal de l’année Srimuga (1753-1754) :
Le 5 octobre 1753
…Dupleix demanda si j’avais assisté au concert d’hier. Je répondis qu’on me l’a appris seulement après que c’était terminé et que ceux qui y avaient assisté en dirent beaucoup de bien. Alors il dit que les Français et Françaises qui vivent ici n’ont jamais eu une telle occasion dans leur vie pour écouter une si bonne musique et qu’on a également bien ri lors du chant musical exécuté par les Italiens. Je répondis que pour ceux qui apprécient la bonne musique, le plaisir est plus grand que s’ils recevaient une grosse fortune. Il approuva et insista pour que je vienne assister au concert organisé le surlendemain. Je le remerciai et partis en acceptant son invitation…
Le 7 octobre 1753
Ce matin, quand je me rendis chez le gouverneur, celui-ci me redit de venir au concert ce soir…
Une demi-heure après la tombée de la nuit, je suis allé au concert de musique. Dans le grand salon, on avait allumé des candélabres. Comme les murs étaient dorés et que de grandes glaces étaient installées le long des murs, les lumières des chandelles se réfléchissaient plus de dix fois. Le gouverneur, sa femme et les autres personnalités étaient assis en rangs. Puis il s’approcha des musiciens et chanta avec eux. La musique fut jouée avec rythme, sans aucune fausse note. Je ne peux pas la décrire et je ne peux ni la juger par mon intelligence ni exprimer le plaisir ressenti. Sans faillir nullement, les mouvements lent, moyen, rapide et très rapide ne me firent pas penser à autre chose qu’à la musique céleste des Gandarvas (fe;jHth fe;jHth fe;jHth fe;jHth). Alors, le gouverneur s’approcha de moi et me demanda si cette musique martelait la tête comme la nôtre avec le ‘mridangam’ (kpUjq;fk; kpUjq;fk; kpUjq;fk; kpUjq;fk;) et le ‘tâlam’ (jhsk; jhsk; jhsk; jhsk;). Je répondis qu’on dit chez nous qu’en écoutant la musique céleste, le cœur fond comme du lait, mais que, même n’ayant jamais entendu cela, cette musique-là viendrait après celle-ci. Et lui de dire que, puisque je suis bon connaisseur de notre musique indienne, je peux apprécier celle-ci alors que, les autres Tamouls et les Français ne s’y connaissant guère ne peuvent l’apprécier à sa juste valeur.
Puis il alla chanter encore une fois avec les musiciens et demanda à sa femme d’aller chanter.
Lorsqu’elle revint s’asseoir, le gouverneur vint vers moi et dit: « Tu vois comme ils jouent bien, je n’ai jamais rien entendu de pareil, as-tu vu comme leurs doigts pincent en montant et descendant ». Je répondis que je ne savais pas quoi dire, que ces musiciens étaient de grands voleurs, qu’ils volaient notre cœur et notre esprit. Mon cœur et mon esprit n’étant plus présents ici, disais-je, je ne sais pas répondre. Le gouverneur éclata de rire et, se tournant vers Khoja Sultan, Khoja Joannis debout près de moi et Monsieur Bourcet, il demanda si quelqu’un savait répondre comme Rangapoulé. Ils firent que non et me regardèrent fixement.
Puis, le gouverneur arrêta tous et demanda à l’illustre virtuose de jouer au ‘veena’ (tPiz> tPiz> tPiz> tPiz> ici violon). Lorsque celui-ci eut joué au ‘veena’ les mouvements montant et descendant, il vint vers moi et dit: « As-tu vu comme il joue? C’est très difficile ». Je répondis: « Il a fait 6000 lieues pour venir vous dévoiler ses capacités; vous êtes un mélomane, et s’il réussit à vous étonner, que dire de sa virtuosité! ».
Ainsi, il est venu me demander presque dix fois et je répondis les dix fois en changeant un peu. Puis, on chanta à la mode italienne en faisant des mimiques. Alors tout le monde de s’esclaffer. Le gouverneur vint me dire que c’était la façon italienne de jouer avec des gestes (mgpdah mgpdah mgpdah mgpdah ‘abinaya’).
Malgré l’ambiance joyeuse, il restait soucieux en raison des nouvelles des défaites des armées…
M.Gobalakichenane (d’après ‘The Hindu’ et le Journal d’Anandaranga Pillai)
K.Vaithyanâthan en concert
(Photo: Dinaththanthi 29-03-06)
La caste d’après Aurobindo rhjpiag;gw;wp mutpe;jH
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Aurobindo, né en 1872, avait 34 ans quand il est revenu à Calcutta. Il devint alors éditeur de ‘Bantémâtaram’ dans lequel il exprimait librement ses opinions sur tous les sujets brûlants de l’époque. Ses activités politiques de ré- sistant poussèrent les autorités britanniques à l’arrêter en mai 1908 (année d’arrivée de Subramaniya Bâradiyâr à Pondichéry). Il resta en prison jusqu’en mai 1909, donc environ une année pendant laquelle il étudia la Gita et les au- tres œuvres philosophiques qui en feront bientôt un autre homme. Quelque temps après la sortie, il sera recherché de nouveau, mais il réussira à s’enfuir au comptoir français de Chandernagor. De là, appelé par Bâradiyâr, il arrivera à Pondichéry le 4 avril 1910 où il sera aidé par lui pour sa première installation.
Voici ce qu’il écrivait, au sujet de la caste, dans ‘Bandémâtaram’ du 22 septembre 1907 (1) (1) (1) (1) :
«…Notre correspondant s’imagine que nous nous contredisons et que nous prenons deux attitudes différentes et incompatibles. Notre position est claire et franche. La caste fut à l’origine un aménagement pour la distribution des fonctions dans la société tout comme la classe en Europe, mais le principe sur lequel la distribution fut basée en Inde fut particulier à ce pays. La civilisation de l’Europe a toujours été davantage matérielle, mais notre civilisation a toujours été davantage spirituelle et morale, et la division de caste en Inde avait un objectif spirituel et un fondement spirituel et moral. La division des classes en Europe se développa et se développe encore à travers une lutte d’intérêts conflictuels. Son but était simplement l’orga- nisation de la société pour elle-même et surtout en effet pour sa convenance. La division des castes en Inde fut conçu comme une distribution de devoirs (cf. aussi LCCP no.61, p.3, article de Lamairesse). La caste d’un homme dépendait de sa ‘dharma’, c’est-à-dire son devoir spirituel, moral et pratique et son ‘dharma’ dépendait de son ‘svabhâva’, c’est-à-dire son tempérament et sa nature innée. Un Brahmane n’était pas un Brahmane par simple naissance, mais parce qu’il s’acquittait du devoir de préservation de l’élévation spirituelle et intellectuelle de la race, et il avait à cultiver le tempérament spirituel qui pouvait seul le qualifier pour cette tâche. Le Kshatriya était un Ksha- triya non simplement parce qu’il était le fils de guerrier et prince, mais parce qu’il s’acquittait du devoir de protéger le pays et de préserver le grand courage et la virilité de la nation, et il devait cultiver le tempérament princier et acquérir la pratique forte et supérieure de Samourai qui seule le rendait digne de ce devoir. De même pour le Vaishya qui devait amasser de la richesse pour la race et le Sudra qui s’acquittait des devoirs plus humbles sans quoi les autres castes ne pouvaient pas accomplir leur part de travail pour le bien commun. C’est ce que nous entendions quand nous disions que la caste était une institution socialiste. Nul doute qu’il avait une gradation de respect social qui plaçait la fonction du Brahmane au sommet et celle du Sudra à la base. Mais, cette inégalité était fortuite, externe, ‘vyavahârika’. L’hérédité entra dans la division des castes et, à la lumière des conclusions de la connaissance moderne, qui peut dire de façon erronée? Mais elle entra comme un élément subordon- né. Car la civilisation hindoue fondée sur le spirituel basa ses institutions sur des fondements spirituels et moraux et subordonna les éléments et les considérations matériels…La caste était alors une nécessité suprême sans laquelle la civilisation hindoue n’aurait pas pu développer son caractère propre et accompli sa mission unique. Mais, reconnaître ceci ne nous empêche pas de montrer ses perversions ultérieures et souhaiter son change- ment. Nul doute que l’institution de caste a dégénéré. Elle a cessé d’être déterminée par des qualifications spirituelles qui, d’abord primordiales, sont devenues subordonnées et même immatérielles et se trouve déterminée seulement par des critères de fonction et de naissance. L’esprit d’arrogance de caste, d’exclusivité et de supériorité vint à dominer, à la place de l’esprit du devoir, et ce changement affaiblit la nation et amena à notre réduction à la condition présente. Ce sont ces perversions que nous souhaitons redresser. L’institution doit se transformer pour réaliser son but essentiel et permanent, dans les conditions de l’époque moderne. Si elle refuse de changer, elle restera un archaïsme social et tom- bera en morceaux. Si elle se transforme, elle jouera encore un grand rôle dans l’accomplissement de la civilisation.»
Aurobindo Ghose (Trad. de l’extrait d’un article de ‘Bantémâtaram’ cité dans Dialogue Vol.9.no.2, Oct –Dec 2007)
(1) On lira avec intérêt ‘Le crime de caste’ de Bâradiyâr, lui-même Brahmane, daté du 6 oct.1916, (Cahier Spécial ‘Pondichéry, Porte Fran-
çaise de l’Inde’, avril 1995, dans LCCP Collection No.1).
Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 62
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