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CCP

Cercle Culturel des Pondichériens

Histoire, culture et patrimoine des anciens comptoirs français de l'Inde

Lettre du CCP n° 50

Décembre 2005

Sommaire

  • — On apprend tant qu’on souffre
  • — La littérature française découverte par les Tamijars
  • — Ephémérides de décembre
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Numéro 50 de la Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens — Décembre 2005.

                                                                                                                            ! "  ! "  ! "  ! "#$  $  $  $    ! "  ! "  ! "  ! "  % ! " % ! " % ! " % ! "#&   &   &   &    % ! " % ! " % ! " % ! "   '   '   '   '     ()   ()   ()   ()   '   '   '   '             &     &     &     &      *%    *%    *%    *%                        ""  ""  ""  ""    ""   ""   ""   ""   ‘% +,% % +,% % +,% % +,% ’-)./0 !  123334 -)./0 !  123334 -)./0 !  123334 -)./0 !  123334     On apprend tant qu’on souffre
    Supportant la douleur 

La vie passe;

La souffrance est multiple;

Elle est de plusieurs sortes,

De niveaux différents,

De différentes natures, son attaque;

Cependant quoi,

Tout est souffrance !

Voulant oublier la souffrance

Certains boivent;

D’autres écrivent des montagnes;

Certains jouent la comédie;

D’autres sourient faussement!

Malgré tous ces efforts,

Toujours l’échec;

Avant l’oubli de la souffrance

La vie disparaît.

La souffrance fait partie de la vie;

La vie vient avec la souffrance

Quand, s’habituant à la souffrance,

On apprend à vivre,

La souffrance cessera,

Et la vie cessera.

Suba. Vîrapândiyan (1999), trad. par Bavâny Gobalakichenane
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Un texte ‘poétique’ de Suba. Vîrapândiyan )./0 !  8 0%+ )./0 !  8 0%+ )./0 !  8 0%+ )./0 !  8 0%+ 

Paraphrasant la célèbre expression de la poètesse Avvaïyâr: «kaRRathu kaïmmaNNaLavu kallâthathu ulagaLavu» ( ! ! -     ! ! -     ! ! -     ! ! -    ), signifiant: ce qu’on a appris est une poignée de terre et ce qui est à apprendre est la quantité du monde, Suba Vîrapândiyan qui a recouvré sa santé après une maladie, nous laisse ce court poème simple tenant plus d’une prose poétique que d’un poème à vraiment dire. Ecoutons-le:

Il y a quelques jours, je suis tombé malade. Pas seulement des souffrances physiques, mais également de petites souffrances morales. Ce dimanche entier s’est passé entièrement en lecture, sommeil, télévision, etc. entre les quatre murs de la maison. Le lendemain matin, le soleil a fait disparaître mon oisiveté. La vie trépidante m’a entraîné comme d’habitude. Cependant, le lendemain de cette souffrance, a germé ce petit « poème ».
ISSN 1273-1048 No. 50

Décembre 2005


Organe de Liaison des Ressortissants de l’Inde ex- française : Pondichéry, Karikal, Mahé, Yanaon (et Chandernagor)

Lettre du CERCLE CULTUREL DES PONDICHERIENS


9 * 9 * 9 * 9    *   *   *   + + + +

Rédaction : M.Gobalakichenane, 22 Villa Boissière,
91400 Orsay, France Email: ggobal@yahoo.com Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 50 Page 1 Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 50 Page 2 La littérature française découverte par les Tamijars ! +% &0():  ! +% &0():  ! +% &0():  ! +% &0(): 

Il n’y a pas longtemps, on regardait plutôt avec condescendance l’union Indienne, on ne croyait pas trop à son développement économique, on insistait surtout sur les points négatifs : système de castes, population encore en augmentation, inégalités criantes. Les clichés sur « les vaches sacrées », « les cadavres brûlés sur les marches de Bénarès », « les mourants de Calcutta » ou les catastrophes naturelles et leurs dévastations faisaient les sujets fréquents des média en France. Cette situation a changé lentement depuis une quinzaine d’années. Au début du XXIème siècle, on commence à évoquer le démarrage de l’économie indienne et, depuis quelques années, on commence à citer l’Inde comme un pays émergent. La France et l’Union européenne ne peuvent plus l’ignorer comme elles le faisaient naguère.

Du point de vue économique, vers 1987, on imaginait - à tort - que la France était considérée par les retraités franco-pondichériens comme une « vache à lait ». Mais, outre que ceux-ci n’étaient pas les seuls à profiter du haut salaire du niveau métropolitain et du bas niveau de vie local, ce sont maintenant des entreprises et des particuliers de la métropole qui, avec les nécessités d’œuvres humanitaires et les possibilités nouvelles de la globalisation, cherchent à y aller de plus en plus nombreux pour vivre ou investir. Dans ces conditions, comment les Tamouls en général et les Pondichériens en particulier vivent-ils leur francophonie, depuis une dizaine d’années?

Tout d’abord, rappelons que, dans les anciens comptoirs français, la langue française ne pouvait pas supplanter la langue locale, le Tamoul, qui est de haute antiquité et possède une littérature très riche. Elle a été consacrée, après longtemps et de longues tergiversations, langue classique (voir LCCP no.38, p.4), comme le Grec, le Latin, le Chinois, l’Arabe. Rappelons qu’elle possède, depuis quelques siècles avant J-C. déjà, une grammaire versifiée et qu’elle est toujours parlée aujourd’hui par environ 70 millions dans le monde.

Le Tamoul était enseigné dans les écoles primaires : on passait un « Certificat de langue indienne » et, même plus tard, un « Brevet de langue indienne ». Mais, lors de la fondation du Collège de Pondichéry, on n’y enseignait pas le Tamoul. Il a fallu attendre longtemps pour qu’on y admette des élèves « indigènes » et pour que l’enseignement y devienne laïque. Même au moment du transfert de facto, en 1954, on n’enseignait la langue du pays qu’après l’Anglais, comme deuxième langue vivante étrangère. Il en est résulté malheureusement une ignorance mutuelle de deux mondes riches en culture pendant très longtemps.

En 1954, sur un ensemble de 300000 habitants environ des Comptoirs français (dont environ 100000 pour la ville de Pondichéry), quelques milliers seulement étaient francophones (*). Dans les villages, on apprenait surtout le Tamoul et très peu le Français. Seulement après avoir franchi le concours d’entrée en sixième, on venait suivre au Collège - où étaient scolarisés les enfants des métis, des créoles et des fonctionnaires ‘blancs’ - le cursus français jusqu’au Brevet élémentaire ou jusqu’au Baccalauréat.

Ainsi, au lieu de stigmatiser l’attitude de profit des retraités militaires et le « grand nombre » supposé de ceux ayant opté pour la nationalité française uniquement pour des raisons financières, on aurait dû plutôt s’étonner de trouver les listes des « optants » désespérément vides (elles sont toutes déposées aux Archives de Nantes) pour la plupart des communes des Etablissements français dans l’Inde. L’explication pour ce nombre très faible de francophones - même pas 1% par rapport à la population totale - réside notamment, rappelons-le, dans le flou entretenu par les autorités et dans l’importance de la langue locale.

Au Tamilnadu même (Etat du Sud-est de l’union Indienne), les interactions culturelles franco- tamoules commencent à se développer, grâce probablement au nombre croissant de touristes français de plus en plus jeunes et à la curiosité grandissante des Tamouls.

‘Yogui’ Suttânanda Bâradiyâr a donné, il y a longtemps, une édition réduite, mais fidèle, des ‘Misérables’ de V.Hugo, sous le titre de ‘;" " ;" " ;" " ;" “’.
Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 50 Page 3

V.Saminathasarma (1895-1978) est le premier à avoir essayé de faire connaître la littérature française et les penseurs français du XVIIIè siècle. Mais, ses œuvres étaient tombées dans l’oubli depuis longtemps. Le gouvernement de Tamilnadu, sous l’impulsion de M.Karunanidhi, ayant nationalisé ses œuvres - en dédommageant pour toujours sa famille et ses héritiers - , on a réédité récemment ses publications. C’est ainsi que sa biographie de Rousseau (< * < * < * < * ) a été rééditée en 2000. En 2001, on voit paraître une réédition de sa traduction du ‘Contrat social’ (*’ =%  *’ =%  *’ =%  *’ =% ).

En 2001, on voit sortir également en Tamoul les ‘Essais’ de Montaigne ( % %    % %    % %    % %  ) par S.Nadarajan, originaire de la Malaisie.

S.Gnanasambandane, originaire de Karikal, a publié en 2003 une Histoire de la Littérature française. Auparavant, il avait publié une Histoire de la Littérature latine (à l’époque française, il avait fait des études classiques). En 2004, il a publié une traduction tamoule des ‘Nouvelles de Maupassant’ ( *                *  ).

V.Rajagobalane, également originaire de Karikal, a fait deux publications sur la littérature française :

  • Histoire de la Littérature française depuis le début jusqu’à la fin du XVIIè siècle;
  • Histoire de la Littérature française du XVIIIè siècle (0():  0():  0():  0():  0  &++ >? ! ” 0  &++ >? ! " 0  &++ >? ! " 0  &++ >? ! ").

Il a traduit aussi ‘Les mains sales’ de J.P.Sartre, sous le titre de ‘/! "=,"  /! "=,"  /! "=,"  /! "=," ’.

Ajoutons que nous connaissons plusieurs publications et articles sur Napoléon 1er, ses hauts faits et leurs conséquences au début du XIXè s., avec un regard différent de celui de tradition britannique.

Dans le domaine artistique également, de nombreux articles commencent à paraître, tels ceux de Sriram sur F.Truffaut ou de Ravi Arumugam sur Monet .

Quant à la diaspora tamoule pondichérienne - qui a suivi le même cursus qu’en France métropolitaine pour le Baccalauréat - elle connaissait déjà bien la littérature et la culture françaises. Nous ne citerons pas les nombreuses traductions et œuvres bien connues de feu M.Sébastien, M.Kichenamourty, Mme Madanacalliany, M.S.Vaïti, M.Satchidanandane et d’autres. Leurs articles ont souvent paru dans le Trait d’Union, publication mensuelle de Pondichéry. D’autres études paraissant régulièrement dans la Lettre du CIDIF (association présidée par Mme Jacqueline Bouchet) concourent également à faire connaître les travaux des Pondichériens et à rappeler la francophonie « résiduelle » à Pondichéry.

M.K.Madanagobalane, ancien élève du Collège français de Pondichéry et Chef du Département de Français de l’Université de Madras, a publié récemment un excellent article de méthodologie de traduction français-tamoul dans ‘Kanaïyâji’.

Notons enfin que les Tamouls de Sri-Lanka qui s’intégrent facilement aux pays hôtes commencent aussi à publier, depuis une vingtaine d’années, des essais et des traductions des nouvelles françaises dans des magazines littéraires tamouls (dont certains figurant depuis peu sur Internet touchent un public très large de réfugiés initialement anglophones).

Réciproquement, on peut se demander, à juste titre, si les Français savent autant sur la littérature et la culture tamoules. M.Gobalakichenane

(*) Par comparaison, pour le Vietnam qui est « devenu » français quelques deux siècles plus tard, le nombre de francophones est beaucoup plus grand, surtout en raison d’une population 40 à 50 fois supérieure.

Les dernières grandes catastrophes s’abattant sur la côte de Coromandel (tsunami du 26 dé- cembre 2004, inondations et cyclones d’octobre-novembre-décembre 2005) nous surprennent. Ce- pendant, de tels phénomènes semblent avoir sévi également durant les siècles derniers. Des recher- ches dans ce sens nous ont amené aux dates mémorables ci-dessous qui alignent, en outre, d’autres faits historiques importants pour les anciens Etablissements français dans l’Inde.

Ephémérides de DECEMBRE & *  0 %  & *  0 %  & *  0 %  & *  0 %  

1 1880 Création à Pondichéry de la Société Philharmonique

4 1816 Remise officielle de Pondichéry Par le Capitaine de Y.S.Fraser entre les mains

du Comte Dupuy; G.Forbes restitue Chandernagor à Dayot

4 1886 Ouverture à Pondichéry d’un Cercle européen

7 1754 Concession à Porto-Novo (++ ++ ++ ++) d’un terrain pour une loge

7 1866 Explosion de la poudrière de la Caserne

8 1746 D’Espréménil est nommé Commandant à Madras en remplacement de Paradis

9 1669 Firman donné par Aurengzeb au Capitaine Margras pour s’établir à Masulipa-

tam

12 1785 Réorganisation du Conseil supérieur de Pondichéry

13 1742 Parvana de Djavous Khan, nabab de Golconde, accordant la remise de la rede-

vance pour Yanaon

14 1702 La Compagnie donne aux Capucins un terrain situé au sud-est du fort en échange

de celui pris pour la construction de la fausse braye et du bastion détaché

au nord du fort

15 1879 Inauguration du chemin de fer de Pondichéry à Villupuram (c’est le 1er mai

1890 qu’a été assuré le service de nuit)

16 1880 Création d’un abattoir à Pondichéry

17 1750 Victoire des Français (800 Européens, 3000 cipayes et 10 canons) sur Nazer-

Jung qui, avec son armée de 25 000 hommes, était campé le long de la

Cheyar, un affluent du Palar

20 1734 Inauguration de l’Eglise des Capucins

20 1890 Inauguration des nouveaux ponts d’Ariancoupom (0  0  0  0 ) et de Chou-

nambar()! !   )! !   )! !   )! !  ) qui avaient été enlevés par les inondations de no-

vembre-décembre 1884

21 1768 De Cocheret de Jarlière est nommé Chef à Balassore

24 1742 Otter est nommé Chef à Bassora

25 1791 Chandernagor envoie Richemont comme représentant à l’Assemblée coloniale à

Pondichéry

26 1889 Inauguration à Mahé de la colonne commémorative de 1789

29 1792 Karikal envoie Bayssac comme représentant à l’Assemblée coloniale à Pondi-

chéry

31 1706 Mort de François Martin

31 1749 Duquesne défait Pratap Singh, roi de Tanjore

31 1760 Un cyclone détruit les batteries et redoutes du fort Louis (d’après l’Annuaire 1942-1943) Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 50 Page 4 InternetInternetInternet***** Internet***** Internet Les articles de La Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens (archivage depuis le No.17) sont sur :
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