Lettre du CCP n° 47
Sommaire
- — Oceano Nox
- — Naissance de la francophonie
- — Le 50ème anniversaire de l’Institut Français de Pondichéry
Numéro 47 de la Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens — Mars 2005.
Oh ! Combien de marins, combien de capitaines
Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines,
Dans ce morne horizon se sont évanouis !
Combien ont disparu, dure et triste fortune,
Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,
Sous l’aveugle océan à jamais enfouis !
Combien de patrons morts avec leur équipage ! L’ouragan de leur vie a pris toutes les pages, Et d’un souffle il a tout dispersé sur les flots ! Nul ne saura leur fin dans l’abîme plongée ; Chaque vague en passant d’un butin s’est chargée ; L’une a saisi l’esquif, l’autre les matelots.
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Une traduction Français-Tamij xU gpnuQ;R-jkpo; nkhopngaHg;G
Jusqu’à maintenant, nous avons toujours donné des traductions Tamij-Français, à l’intention des Pondichériens et Karikalais(1) ne souhaitant pas oublier leur culture. Ainsi, dans cette littérature tamij de plus de vingt siècles, nous avons pu puiser des poèmes très anciens, comme le SiRappouppâyiram de Tolgâppiyam, le PouRanânoûRou, d’autres un peu moins anciens comme le TiroukkouRal ou l’ÂttissoûDy, d’autres encore modernes comme les poèmes pour enfants ou adultes et enfin même des ‘haïku’.
En illustration de la double culture des ressortissants de l’Inde ex-française et à la mémoire des marins français morts au large de la côte de Coromandel et des victimes de la catastrophe de décembre 2004 (ravages importants à Karikal), nous avons choisi cette fois-ci de publier une traduction Français- Tamij d’un poème très célèbre de Victor Hugo (‘Les Rayons et les Ombres’) que nous avons tous appris au Collège français et que nos professeurs nous avaient fait tant apprécier. Le ‘tsunami’ du 26 décembre 2004 a inspiré de nombreux poèmes tamij publiés dans les magazines littéraires ou populaires.
Cette traduction, initialement publiée dans l’excellent mensuel ‘Manjari’ de février 2005, a fait
pleurer certains lecteurs. Elle est due à un ancien de Karikal, élève du Collège français, vivant maintenant à
Pondichéry, V.Rajagobalane que la Rédaction prie de trouver ici ses remerciements.
M.Gobalakichenane
(1) Nous attendons encore une contribution d’un ressortissant de Mahé et de Yanaon pour publier un article relatif au Malayalam et au Télougou . ISSN 1273-1048 No. 47
Mars 2005
Organe de Liaison des Ressortissants de l’Inde ex- française : Pondichéry, Karikal, Mahé, Yanaon (et Chandernagor)
Lettre du CERCLE CULTUREL DES PONDICHERIENS
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Rédaction : M.Gobalakichenane, 22 Villa Boissière,
91400 Orsay, France
Email: ggobal@yahoo.com
Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 47
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Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 47
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OCEANO NOX (suite et fin)
Nul ne sait votre sort, pauvres têtes perdues ! Vous roulez à travers les sombres étendues, Heurtant de vos fronts morts des écueils inconnus. Oh ! que de vieux parents qui n’avaient qu’un seul rêve Sont morts en attendant tous les jours sur la grève Ceux qui ne sont pas revenus !
On s’entretient de vous parfois dans les veillées, Maint joyeux cercle, assis sur des ancres rouillées, Mêle encor quelque temps vos noms d’ombre couverts Aux rires, aux refrains, aux récits d’aventure, Aux baisers qu’on dérobe à vos belles futures, Tandis que vous dormez dans les goëmons verts.
On demande : Où sont ils ? Sont-ils rois dans quelque île ? Nous ont-ils délaissés pour un bord plus fertile ? Puis votre souvenir même est enseveli. Le corps se perd dans l’eau, le nom dans la mémoire. Le temps, qui sur toute ombre en verse une plus noire, Sur le sombre océan jette le sombre oubli.
Bientôt des yeux de tous votre ombre est disparue, L’un n’a-t-il pas sa barque et l’autre sa charrue ? Seules, durant ces nuits où l’orage est vainqueur, Vos veuves aux fronts blancs, lasses de vous attendre, Parlent encor de vous en remuant la cendre De leur foyer et de leur cœur !
Et quand la tombe enfin a fermé leurs paupières, Rien ne sait plus vos noms, pas même une humble pierre Dans l’étroit cimetière où l’écho nous répond, Pas même un saule vert qui s’effeuille à l’automne, Pas même la chanson naïve et monotone Que chante un mendiant à l’angle d’un vieux pont !
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Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 47
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Où sont ils, les marins sombrés dans la nuit noire ?
Oh flots, que vous savez de lugubres histoires !
Flots profonds redoutés des mères à genoux !
Vous vous les racontez en montant les marées,
Et c’est ce qui vous fait ces voix désespérées
Que vous avez le soir quand vous venez vers nous !
Victor Hugo (1802-1885) (juillet 1836, St.Valéry sur Somme) Traduction tamij : V.Rajagobalane ,Us;#o; es;sputpy; eLf;flypy; %o;fp kiwe;JNghd mf;flNyhbfs; jhk; vq;Nf? MHg;gupf;Fk; miyfNs! vj;jid Nrhfr; nra;jpiaj;jhd; ePq;fs; Rke;Jnfhz;bUf;fpwPHfs;? Mo;flNy! jha;khHfs; cs;sq;fis eLf;fp kz;baplr; nra;Ak; gho;flNy! ePNuw;w ehs;fspy; jpuz;nlOe;J te;njkf;F mr;Nrhff; fijfisj;jhd; nrhy;ypr; nry;fpd;wPHfNsh? Mk;> khiyg; nghOjpdpNy fiuNawp vikNef;fp
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ed;wp : kQ;rup> gpg;utup 2005 - nt.uh[Nfhghyd; Naissance de la francophonie
C’est sous ce titre que « Le Monde » du 21 février 1986 publiait son éditorial, soulignant l’importance du premier sommet réuni à l’initiative de François Mitterrand. Quelques extraits :
« Un délégué québécois au premier sommet des ‘pays ayant en commun l’usage de la langue française’ qui s’est tenu à Versailles et à Paris, du lundi 17 au mercredi 19 février (1986), a calculé que les médias français avaient consacré moins de place à cette première diplomatico-linguistique qu’à tel Salon de la lingerie féminine…
Quant au Président Abdou Diouf du Sénégal, il estimait que la francophonie ne pourrait vrai- ment prendre son essor que le jour où le peuple s’y intéresserait, même s’il est vrai que, désormais, le français, plus parlé hors de France que dans l’Hexagone même, est devenu le patrimoine com- mun d’une bonne quarantaine de nations des cinq continents…
Tôt ou tard, les Français se rendront compte que la dimension francophone est une manière originale offerte à un groupe de pays de résister à la banalisation du monde…
Certes, le sommet aurait constitué un succès plus complet si le Cameroun n’avait pas fait défection à la dernière minute ; si l’Algérie, qui joue « de facto » un rôle considérable en faveur du français au Maghreb avait daigné paraître ; si des petites communautés comme celle de Pondichéry
- mais on aperçut un Valdotain et un Louisianais - avaient pu être représentées… »
Le 50ème anniversaire de l’Institut Français de Pondichéry
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Très vite après la période de passation des pouvoirs entre les Français et les Indiens sur les Etablissements français dans l’Inde, et d’un commun accord entre les gouvernements français et indien, c’est le 21 Mars 1955 que fut inauguré l’Institut Français de Pondichéry (IFP). Jean Fillio- zat et Jawaharlal Nehru en furent les illustres initiateurs modernes, les plus ardents défenseurs et les plus grands artisans principaux.
l’Union indienne a fêté, en 1997, le cinquan- tenaire de son indépen- dance et dressé alors le bilan des cinq dernières décades d’administration démocratique dans la laï- cité et de poursuite de progrès social. Les quatre anciens comptoirs fran- çais, Pondichéry, Karikal, Mahé et Yanaon ayant été ‘cédés’ à l’Union in- dienne ‘de facto’ le 1er novembre 1954 (le traité de cession sera signé plus tard, le 28 mai 1956), les deux gouvernements avaient convenu alors de préserver la cohésion entre ces quatre comptoirs distants entre eux de plusieurs centaines de kilo- mètres parfois et de maintenir et développer leurs liens culturels séculaires avec la France. Ils déci- dèrent ainsi de créer un certain nombre de liens et de coopération active, dont l’Institut Français de Pondichéry fut le plus prestigieux.
Le premier directeur fut l’illustre sanskritisant et tamoulisant Jean Filliozat (fondateur) à qui l’on doit également la mise en place de plusieurs programmes féconds de recherche et de collec- tion de manuscrits importants.
Après Jean Filliozat, l’Institut connut successivement quatre directeurs ayant laissé chacun leur empreinte : Pierre Legris qui fut l’initiateur de la constitution d’un herbier, Jean-Pierre Pascal qui créa un nouveau département des Sciences sociales, François Houiller qui fut le créateur d’un nouveau laboratoire de géomatique et Jean-Pierre Muller qui donna l’impulsion nouvelle de mo- dernisation pour une meilleure adaptation au XXIe siècle, en créant un site Web (www.ifpindia.org) et promouvant une politique de rapprochement avec d’autres institutions inter- nationales.
Ajoutons que l’IFP reçoit maintenant régulièrement des chercheurs et stagiaires de l’Asie du Sud et du Sud-Est, ce qui contribue grandement à rehausser de plus en plus l’importance et la va- leur culturelle de notre ville. M.Gobalakichenane Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 47 Page 4
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Les articles de La Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens (archivage depuis le No.17) sont sur :
http: //www.puduchery.org
Inauguration de l’IFP par J.Nehru, Premier Ministre de l’Union indienne