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CCP

Cercle Culturel des Pondichériens

Histoire, culture et patrimoine des anciens comptoirs français de l'Inde

Lettre du CCP n° 44

Juin 2004

Sommaire

  • — L’Attissoûdy nouveau
  • — Liberté Egalité Fraternité
  • — Vénus passant devant le Soleil : un phénomène rare manqué par Le Gentil
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Numéro 44 de la Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens — Juin 2004.

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     Rg;gpukzpa ghujpahH 
      
                L’Attissoûdy nouveau 
          Invocation de l’Essence divine 

Paré de fleurs Âtti, portant le fin croissant de lune, Méditant avec tout son corps enduit de blanc, Ou de couleur noire allongé sur la mer lactée, Ou Celui qui transmit son message à Mahomet, Ou le Père de Jésus ; c’est ainsi que tous les croyants
Se Le matérialisent, mais ils ne réalisent pas que Se révélant de plusieurs façons, cette Essence divine Est la même et se traduit par la brillante intelligence ; Ceux qui le comprennent évitent les soucis ; Louant sa grâce, cherchons à atteindre la vie éternelle !

Soupramaniya Bâradiyâr ( trad.par Ponny Gobalakichenane)

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Liberté Egalité Fraternité - Laïcité ! Rje;jpuk; rkj;Jtk; rNfhjuj;Jtk; - rka rkurk;

       Jusqu’à maintenant, quand le parti Congrès était au pouvoir en 

Union Indienne, il avait gouverné seul. Pour la première fois en 2004, il a dû former une alliance dite United Progressive Alliance (UPA), avec une douzaine de partis d’Etats fédéraux et de partis de gauche, pour gagner les récentes élections législatives de mai 2004. L’Alliance étant dirigée par une personnalité d’origine italienne, les circonstances ont conduit celle-ci à nommer le second de son parti pour gouverner l’Union Indienne, avec l’objectif d’un gouvernement social, fort, stable et surtout laïque. L’année 2004 qui marque aussi le cinquantième anniversaire de la cession de facto des comptoirs français à l’Union Indienne restera une année historique de victoire pour la démocratie dans le monde.

       Le poète tamoul Soupramaniya Bâradiyâr avait déjà chanté à sa manière la laïcité. Nous publions un de ses 

poèmes, composé il y a presque un siècle, qui proclame l’égalité de toutes les religions et ressème la graine de laïcité dans l’esprit des Tamouls et des Indiens de son époque. Alors qu’en général les œuvres tamoules commencent par une invocation à un Dieu de la « religion » de l’auteur, Bâradiyâr innove dans son poème « Âttissoudy » en invoquant l’Essence divine commune à tous (*).

       Le récent passage de Vénus devant le Soleil, le 8 juin 2004, nous donne l’occasion de rappeler en détails dans 

les deux pages intérieures les conditions du voyage de l’astronome Le Gentil à Pondichéry au XVIIIème siècle. En quatrième page nous reproduisons tel quel un extrait de la publication de d’Après de Mannevillette décrivant la côte de Karikal.

M.Gobalakichenane

(*) En 1794, Robespierre avait tenté d’instituer en France une religion républicaine basée sur l’unicité et le culte de l’«Être Suprême ».

ISSN 1273-1048 No. 44

Juin 2004


Organe de Liaison des Ressortissants de l’Inde ex- française : Pondichéry, Karikal, Mahé, Yanaon (et Chandernagor)

Lettre du CERCLE CULTUREL DES PONDICHERIENS


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Rédaction : M.Gobalakichenane, 22, Villa Boissière,
91400 - Orsay, France Email: ggobal@yahoo.com Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 44 Page 1 La Mecque, Venkateswara et Jésus-Christ dans un magasin (Photo M.Gobalakichenane, Chennai, 2003) Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 44 Page 2 Vénus passant devant le Soleil : un phénomène rare manqué par Le Gentil #upadpd; Nky; nry;Yk; nts;sp : ny ohe;jpa; ghHf;fhj mupa epfo;r;rp

       Parmi les planètes du système solaire, Mercure et Vénus sont plus proches du Soleil que la Terre. Et dans leur 

trajectoire, il leur arrive parfois de passer exactement devant le Soleil. Ainsi, le 8 juin 2004, la planète Vénus est passée entre la Terre et le Soleil.

        C’est un alignement planétaire extrêmement rare ayant lieu tous les 120 ans environ ; et quelques générations 

peuvent traverser le temps sans pouvoir assister à ce phénomène. Ainsi, après l’invention du télescope, cet événement a été vu pour la première fois en 1631. Ensuite, il a eu lieu seulement cinq fois : en 1639, en 1761 et 1769, en 1874 et 1882. Camille Flammarion, dans son Astronomie populaire, publiée en 1882, priait instamment les gens de ne pas laisser « s’évanouir cette occasion unique d’observer ce rare phénomène céleste, car le prochain passage n’aura lieu qu’en l’an 2004 et… il est extrêmement probable qu’un grand nombre d’entre nous auront les yeux tout à fait fermés à cette époque et que Vénus ne les intéressera plus guère ». Le passage récent du 8 juin 2004 fut visible en France et en Inde. Ce fut une très belle journée dans toute la France avec un ciel bien dégagé. A ceux qui regrettent de ne pas avoir eu la curiosité ou la possibilité d’observer le passage de Vénus ce jour, nous recommandons le website suivant :
www.transitofvenus.org
Le prochain aura lieu le 6 juin 2012. Puis, il faudra attendre le 11 décembre 2117, soit plus d’un siècle, pour le suivant.

       Nous évoquons ici et maintenant ces rares passages de Vénus parce qu’ils ont été, au XVIIIème siècle, le but du 

long voyage entrepris jusqu’à Pondichéry par Le Gentil, astronome de l’Observatoire de Paris. Celui-ci fut envoyé par l’Académie des sciences pour mesurer de façon très précise la durée du passage de Vénus devant le disque solaire.

       Pourquoi cette détermination précise du temps de passage était-elle si importante ? Depuis Képler, on 

connaissait les rapports des distances du système solaire et il manquait la connaissance d’une distance absolue pour en déduire toutes les autres aussi en valeur absolue : selon une méthode imaginée par Halley, la connaissance de la parallaxe (angle sous lequel la Terre est vue du Soleil) devait permettre de connaître la distance Terre-Soleil.

       Le Gentil partit de Lorient le 26 mars 1760 sur un vaisseau de la Compagnie des Indes pour observer le transit 

de Vénus prévu 15 mois plus tard, soit le 6 juin 1761. Arrivant à l’Ile de France (appartenant alors à la Compagnie des Indes) le 10 juillet suivant, il apprit que la guerre (de Sept ans) était très vive dans l’Inde, que les vaisseaux de guerre anglais attaquaient partout dans l’océan Indien et qu’il aurait beaucoup de peine à parvenir jusqu’à Pondichéry. Aussi, en attendant, il se rendit à Madagascar et explora la région de Foulpointe et ses environs.

       Puis, il se décida à quitter l’Ile de France pour l’Inde. Passant par Mahé et arrivant à Colombo, il apprit que 

Pondichéry était tombé depuis quatre mois aux mains des Anglais. Il fut obligé de faire demi-tour et c’est lors de son voyage de retour à l’Ile de France que se produisit le transit de Vénus le 6 juin 1761. Les mesures qu’il fit alors à bord du vaisseau en mouvement sur les vagues ne furent pas suffisamment précises pour être exploitables.

       Le Gentil regretta profondément ce contretemps et, compte tenu de la durée de voyage de retour en France et 

surtout des difficultés afférentes, il décida de ne pas rentrer et d’attendre le transit suivant de 1769. Ainsi, en 1765, il conçut le projet d’aller l’observer à Manille. Il embarqua sur le vaisseau de guerre “Le Bon Conseil” et, arrivé à destination, attendit la date du transit en s’adonnant aux études scientifiques sur l’archipel. Mais, sur les conseils de Lalande, il changea d’avis et repartit pour aller observer le passage de Vénus à Pondichéry.

        Il y arriva le 27 mars 1768, quatorze mois avant la date d’observation. Pondichéry, détruit par les Anglais en 

1761, avait été rendu à la France par le traité de Paris de 1763. Le nouveau gouverneur Law de Lauriston était venu en prendre possession en 1765 au nom de la France et avait commencé à faire revivre peu à peu les anciens comptoirs. A l’arrivée de Le Gentil, Pondichéry portait encore les marques des destructions de 1760-61.

       En attendant le passage de Vénus, sa curiosité de scientifique lui fit visiter les environs de Pondichéry et 

observer les coutumes des Tamouls. C’est ainsi que, allant visiter les environs de Virampattinam (tPuhk;gl;bdk;), il fut surpris d’y trouver une statue un peu singulière. Il se renseigna auprès des gens habitant le voisinage et consigna ainsi leur souvenir et leur connaissance restés assez précis encore au XVIIIème siècle. « Il y avait alors, écrit-il, dans ces parties de l’Inde et principalement à la côte de Coromandel et à Ceylan, un culte (du) dieu Baouth ; il est tout à fait aboli, si ce n’est qu’il se trouve quelques familles d’Indiens séparées et méprisées d’autres castes, qui sont restées fidèles au Baouth et qui ne reconnaissent point la religion des Brames. La statue de granit très dur et très beau est Passages de Vénus : en 1882 à gauche, en 2004 à droite Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 44 Page 3 comme abandonnée dans la plaine (…) elle est exactement conforme et ressemblante à Sommanacodum (1) Siamois ; les Tamouls m’assurèrent que c’était Baouth qu’on ne regardait plus ; que son culte et ses fêtes étaient cessés depuis que les Brames s’étaient rendus les maîtres de la croyance du peuple
(…), que du temps de Baouth, les Chinois venaient commercer à la côte de Coromandel, qu’ils avaient une colonie à Negapatam (où l’on trouve) une tour que l’on nomme « Tour des Chinois » faite dans le même goût que les tours chinoises que tout le monde connaît… ». Le Gentil a rendu très fidèlement le nom tamoul Baouth du Bouddha . Il nous apprend également que les bouddhistes étaient considérés de basse caste dans la hiérarchie hindoue (2).

       Il prépara tranquillement ses mesures dans un bâtiment en ruine aménagé 

en observatoire. Nous reproduisons ci-dessous son dessin resté très célèbre de l’aspect de la ville française de l’époque.

       Les deux premiers jours de juin furent très beaux. "On s’empressait déjà 

à me faire des compliments, lorsque le lendemain, de très grand matin, il s’éleva une espèce de coup de vent, qui ne dura précisément que le temps qu’aurait duré l’observation ; car Vénus devait sortir de dessus le Soleil à 7 heures du matin. Or, le Soleil commença à percer le nuage à 7 h 30 ; le reste du jour & les suivants furent très beaux ; de sorte que ce tourbillon semblait avoir été fait exprès."

       Ainsi, pour la deuxième fois, il ne put faire les mesures préparées depuis 

si longtemps. Après une période de longue maladie (fièvre, dysenterie), il embarqua pour l’Europe le 1er mars 1770. L’Ile de France qu’il retrouva après quelques années avait été rétrocédée au Roi par la Compagnie des Indes.

       Souhaitant rentrer vite maintenant, il quitta l’Ile de France à bord de 

“l’Indien “, le 19 novembre 1770. Subissant une forte tempête, le vaisseau fut contraint de retourner à l’Ile de France. Un autre départ l’amena enfin à Cadiz le 1er août 1771.“Je fis embarquer, sur un navire qui allait au Havre-de-grâce, mes caisses d’instruments d’astronomie & mes livres, à l’adresse de M. le duc de la Vrillière ; pour moi, je pris la route de la terre avec tous mes papiers, cartes & journaux : mes caisses d’Histoire naturelle étaient restées à l’Isle de France (8 caisses - coquillages -, fruit de 5 années de recherche à Madagascar et à l’Ile de France et au Mozambique).”

        Pendant son voyage de l’Ile de France à Manille, il eut le malheur de 

perdre sa mère ; “ce triste et fâcheux événement pour moi, écrit-il, fut la cause que mes héritiers, osèrent quelque temps après, convoiter ma succession ; sous l’ombre du bruit de ma mort qu’ils répandirent eux-mêmes, ils essayèrent les moyens de s’emparer de mon revenu.” Le croyant perdu, on avait aussi affecté à un autre sa chaire de l’Observatoire et l’on dut créer une autre spécialement pour lui à son retour.

       Ayant manqué les deux passages de Vénus du siècle, ce voyage de 11 années, de 1760 à 1771 fut infructueux 

quant au premier but poursuivi. Néanmoins il fut très fécond par ailleurs lorsqu’il publia toutes ses observations sous le titre de « Voyage dans les mers de l’Inde fait par ordre du Roi, à l’occasion du passage de Vénus sur le disque du Soleil, le 6 juin 1761, & le 3 du même mois 1769 » par Le Gentil de la Glaisière, Paris, Imprimerie Royale, 1779- 1781, 2 volumes .

        En parlant de l’Inde, Le Gentil dit : C’est «un pays rempli, pour ainsi dire, de magie & d’enchantements ; ceux 

qui y mettent le pied se trouvent en quelque sorte métamorphosés, si l’expression est permise ; ce pays ressemblerait assez en cela à l’île & au palais enchanté de Circé, d’où Ulysse ne s’arracha qu’avec peine». Et il conclut ainsi sur ses malheurs : “C’est là le sort qui attend souvent les astronomes. J’avais fait près de mille lieues ; il semblait que je n’avais parcouru un si grand espace de mers, en m’exilant de ma patrie, que pour être le spectateur d’un nuage fatal, qui vint se présenter devant le Soleil au moment précis de mon observation, pour m’enlever le fruit de mes peines & de mes fatigues.”

M.Gobalakichenane (1) NdlR : Probablement « Samana Gautham » (rkz nfsjk) (2) NdlR : A l’aube du XXème siècle, un érudit Tamoul intouchable nommé Ayôtthidâssar avait essayé de combattre le brahmanisme et le système des castes et de faire revivre le bouddhisme dans le pays tamoul ; et, suite à la renaissance actuelle des mouvements « dalits », ses nombreux écrits ont été récemment réédités. Statue du Buddha, vue par Le Gentil en 1768-69
Photo 1984 : M.Gobalakichenane Observatoire de Le Gentil, en 1769, à Pondichéry (au milieu) Source : « Le Vieux Pondichéry » de M.Labernadie Karikal et la côte de Coromandel, par d’Après de Mannevillette fhiuf;fhYk; Nrhokz;lyf;fiuAk;> jg;Nu nj kd;tpy;Nyj; vOjpaJ

     Négapatam (ehfg;gl;lzk;) est une des plus considérables Places des Hollandais sur la côte de Coroman-

del ; les fortifications en sont bonnes. La Ville est au nord du fort, au sud duquel on voit l’embouchure d’une grande rivière fort commode qui peut recevoir de moyens bâtimens. Il y a au nord de la Ville une grande pagode, appellée (sic) Pagode de Chine, sur laquelle est planté un mât ou bâton de pavillon. Dans le sud-est de ce bâton de pavillon, il ya un banc à la distance de deux lieues deux tiers, la Pagode de Chine restant alors au nord-ouest-quart-nord et la terre de l’ouest à la distance d’une lieue et demie. Il faut prendre garde que dans cet endroit il y a beaucoup de terres noyées et qu’on doit ranger au moins à deux lieues & demie la terre qu’on prend pour le bord de la mer qu’on ne peut décou- vrir dans cet endroit.

       Le passage entre la terre & le banc serait dangereux pour un gros vaisseau, la profondeur n’étant que de vingt-

deux à vingt-trois pieds d’eau. L’on trouve seize à dix-sept pieds sur le plus haut fond du banc : son étendue d’environ une demi-lieue de diamètre & sa forme est ronde. On mouille devant Negapatam par 5 & 6 brasses ; le fond par ce tra- vers est fort plat. A quatre lieues au large on ne trouve pas plus de 6 à 7 brasses de profondeur.

       De Negapatam à la rivière de Carei-Cal (fhiuf;fhy;) on compte trois 

lieues un quart, le gissement au nord 5 degrés ouest. En côtoyant on entretient les 6 à 7 brasses de profondeur. Entre les deux coule la rivière de Nagour (eh$H), où se fait le commerce de toiles peintes & de ris. Une Mosquée à quatre pyrami- des blanches qui se voyent fort loin en mer rend cet endroit remarquable.

       Carei-Cal est un nouvel établissement des Français, non seulement consi-

dérable par le grand nombre d’Aldées qui en dépendent, mais encore par le com- merce de toile. Deux rivières traversent cette concession : elles prennent leur source dans les montagnes de la côte de Malabar, & fertilisent ce pays qui abonde en ris et autres vivres.

       Le fort de Carei-Cal est bâti sur le bord le plus nord de la rivière dont l’embouchure est formée par une langue 

de sable qui se prolonge comme la côte ; de sorte que son entrée étant confondue avec le rivage, on ne peut distinguer cette rivière quand on vient du large. L’autre rivière, nommée Calcanchery est à un quart de lieue au sud & celle de Ti- roumaléi (jpUkiy) à une demi lieue au-dessous se débouche également vers le nord : presque toutes les rivières de cette côte ont cela de commun. Le banc de sable qui barre celles de Carei-Cal & de Tirumaléi, empêche les bâtiments d’y entrer : il n’y a que des chaloupes & et des chelingues qui la peuvent franchir, encore faut-il attendre le plein de l’eau. On mouille devant Carei-Cal par 5 à 6 brasses : les marques de mouillage dépendent de la mousson pendant la- quelle on y séjourne. Dans celle du sud il faut mettre le pavillon à l’ouest-sud-ouest & et dans celle du nord à l’ouest. Par ce moyen on facilite le trajet des bateaux qui vont & viennent à bord.

       De Carei-Cal à Tranquebar (juq;fk;ghb), la distance est d’environ une lieue & demie au nord 4 degrés ouest. 

On entretient le long de la côte la profondeur de 6 à 7 brasses ; mais, en approchant de la forteresse de Tranquebar, il faut s’écarter un peu de terre, à cause d’un banc voisin de la rivière. Au reste ce banc n’avance pas beaucoup au large & pourvu qu’on tienne toujours le fond que j’indique, il n’y a rien à craindre.

       Tranquebar est le principal établissement des Danois aux Indes. La Ville est fort jolie & la forteresse remarqua-

ble par sa grande blancheur qu’on a soin d’entretenir. Les Indiens appellent cet endroit Tarangambadou (sic) d’où par corruption dérive le nom de Tranquebar.

       Deux lieues & demie au nord de Tranquebar on trouve Caveripatnam (fhNtupg;gl;lzk;) où se voit comme 

une espèce de forteresse sans bastions. Tout auprès sont deux petites pagodes, fort proches l’une et l’autre du rivage : il y avait autrefois à une demi-lieue de cet endroit un petit comptoir Français…

(Instructions sur la navigation des Indes orientales et de la Chine, pour servir au Neptune oriental, par M.d’Après de Mannevillette, Paris, 2ème éd., 1775, pp.285-287)

(*) NdlR : L’auteur donne une transcription fidèle du nom tamoul de Karikal. Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 44 Page 4 InternetInternetInternet***** Internet***** Internet Les articles de La Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens (archivage depuis le No.17) sont sur :
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