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CCP

Cercle Culturel des Pondichériens

Histoire, culture et patrimoine des anciens comptoirs français de l'Inde

Lettre du CCP n° 43

Mars 2004

Sommaire

  • — La clé
  • — Précis des événements de la prise de Pondichéry en 1778
  • — Exploit des motards de Grenoble à Pondichéry
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Numéro 43 de la Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens — Mars 2004.

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     [dfg;gpupah (jhkiu> et. 1998) 
              La clé          

      Je ne peux rester naturel ; 
      Et je ne sais pas dire pourquoi ; 
       
      Mon père me demanda hier : 
      Pourquoi ton visage semble inerte ? 
     Lors du repas, mon épouse me dit : 
      Te souviens-tu que tu as une femme ? 
       
      Même en te fréquentant depuis des années, 
      Je n’arrive pas à cerner ton esprit, 
      S’étonna une ancienne connaissance 
      Qui avait étudié avec moi jusqu’en 3ème. 

      Tout dissimuler absolument, 
      Telle n’est point mon intention ; 
      J’aimerais bien sortir,  
      Mais qui détient la clé ? 

Janagappiriya (Tâmarai, Nov.1998), trad.par Ponny Gobalakichenane

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Introduction générale

       Plusieurs recueils de poèmes sont publiés annuellement au Tamilnadu, au Sri Lanka et en Malaisie. 

Certains portent l’influence d’auteurs étrangers, européens, latino-américains ou même japonais. Et quelques rares revues littéraires publient les poèmes de nouvelle tendance, sortant des règles classiques et portant un message universel.

      La poésie tamoule actuelle touche tous les domaines peu ou pas explorés complètement jusqu’à 

maintenant : mouvement des opprimés (« dalits »), libération de la femme, psychologie intime, poids des traditions et lourdeur de relations familiales, mariages inter-castes, critique des politiciens, etc. Nous commençons en première page par un poème tamoul moderne de type psychologique.

      Il existe déjà quelques publications en français et en tamoul sur le « Siège de Pondichéry de 1778 » 

soutenu par le gouverneur Bellecombe. Les lecteurs désirant connaître seulement le résumé trouveront, en pages 2 et 3, un « Précis historique » anonyme et non daté, trouvé dans un carton des archives d’Aix-en- Provence, publié dans l’orthographe d’origine.

      En quatrième page, nous saluons l’exploit de nos amis motards Dominique Rolland et Jean-Luc 

Beaudet qui ont gagné Pondichéry quelques jours plus tôt que prévu et actuellemnt sur le chemin de retour en Europe. Et comme pour montrer la nécessité des voyages, nous publions à la fin une compilation d’un docteur vietnamien sur les différences de cultures orientale et occidentale. On peut ne pas être d’accord sur tout, mais ce tableau volontairement « binaire » a le mérite de poser clairement le problème et de faire réfléchir sur les efforts à consentir des deux côtés. M.Gobalakichenane

ISSN 1273-1048 No. 43

Mars 2004


Organe de Liaison des Ressortissants de l’Inde ex- française : Pondichéry, Karikal, Mahé, Yanaon (et Chandernagor)

Lettre du CERCLE CULTUREL DES PONDICHERIENS


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Rédaction : M.Gobalakichenane, 22, Villa Boissière,
91400 - Orsay, France Email: ggobal@yahoo.com Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 43 Page 1 Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 43 Page 2 Précis des événements qui ont précédé et suivi la prise de Pondichéry de 1778 et de la conduite de M.de Bellecombe, Gouverneur général des possessions françaises au delà du Cap de Bonne-Espérance

ngYf;Nfhk;G Jiu rkhspj;j 1778-Mk; Mz;L GJr;Nrup Kw;Wiff;F Kd;Dk; gpd;Dk; ele;j epfo;r;rpfspd; RUf;fk;

     L’Europe était encore incertaine sur la suite des différends qui s’élevaient entre la France et 

l’Angleterre et déjà la cour de Londres avait donné l’ordre d’attaquer les Français dans les Indes orientales et de prendre Pondichéry. M.de Bellecombe, gouverneur général des possessions françaises avait établi des intelligences utiles parmi les Anglais et il ne tarda pas à être instruit de leurs desseins. On se prépara à la défense et les difficultés de tout genre qui paraissaient rendre toute résistance vaine et impossible ne servirent qu’à enflammer le courage de tous les Français réunis par le sentiment de l’estime et de la confiance qui les attachait à leur général. Pondichéry a 3800 toises de circonférence : elle est bordée par un plan de fortifications où il devait être établi quatre batteries et 16 bastions ; mais l’incertitude des plans et l’irrégularité des payements avaient suspendu les travaux. Le bord de la mer est sans défense : un fossé tracé partout, mais d’une profondeur inégale et quelquefois peu sensible : des glacis ou plutôt leur emplacement habité par un peuple nombreux, deux seules demi-lunes du côté du Nord ; le revêtement du corps de la place irrégulièrement élevé de 4 à 7 pieds, 5 bastions ébauchés, 4 courtines sans fondement, point de batterie ; des parapets dépourvus de la hauteur et de l’épaisseur nécessaires, des terreplains qui ne fournissent pas assez de recul au canon : telle était la situation de Pondichéry. La garnison était composée de 568 hommes du régiment de Pondichéry, de 153 canonniers et de 428 cipayes répandus autour des limites. Lorsqu’on voulut depuis former une cavalerie on ne put monter que 18 dragons. La caisse du Roi presque vide et endettée ne pouvait plus fournir au prêt des troupes que pour un mois . La bourse des divers particuliers fut ouverte aux administrateurs. M.de Bellecombe avait écrit au Conseil de Madras pour se plaindre de quelques infractions préliminaires. Le Conseil désavouait les griefs et ses intentions et préparait une attaque par terre avec vingt deux mille hommes et par mer avec une escadre assez considérable. Tout se disposait à Pondichéry pour la défense de terre, mais il fallait former une escadre. Le vaisseau « le Brillant » de 64 canons, la frégate « la Pourvoyeuse » furent retenus à cet effet. Le navire particulier « le Sartine » de 26 canons fut acheté et armé sur le champ. La frégate du Roi « la Pintade » vint s’y joindre et le bâtiment marchand « le Brillant » arrivé de France le 6 aoust devint vaisseau de guerre en vingt-quatre heures. L’escadre sous les ordres de M.de Tronjoly fut supérieure à celle de l’ennemi commandée par l’amiral Vernon. On ne détaillera pas dans ce précis toutes les opérations du siège, tous les travaux entrepris par M.de Bellecombe et exécutés sous ses yeux avec cette infatigable activité avec laquelle ils étaient ordonnés. Jamais concours de tous les citoyens n’a été plus unanime : administrateurs, négocians, membres du Conseil, jeunes gens, vieillards ; tous les états n’en connaissait(sic) plus qu’un seul et Pondichéry eut autant de défenseurs qu’il avait d’habitans. La patience dans les fatigues fut constament(sic) égale au courage et l’exemple du chef ne fut pas moins étonnant que l’ardeur avec laquelle il était imité. Plus l’attaque de l’ennemi était vive plus la défense devenait glorieuse. Les opérations militaires ne peuvent ordinairement être jugées que par les personnes de l’art et la lecture d’un journal opposé à celui de l’ennemi peut seul déterminer l’opinion ; mais ici l’exposé des faits atteste les talents. Pondichéry était ouvert de toutes parts : il a été fortifié sous les Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 43 Page 3 yeux même de l’ennemi. 700 européens et 400 cipayes ont suffi à un service continuel de 80 jours et d’autant de nuits. Ils ont fait face à une armée de 22 mille hommes dont ils ont détruit plus de sept mille. Ils ont arrêté cette armée plus de trois semaines sur la crête d’un chemin couvert et après 59 jours de tranchée ouverte. M.de Bellecombe a obtenu les conditions les plus avantageuses dont les vainqueurs puissent honorer les vaincus. On ne parlera pas de l’escadre formée par M.de Bellecombe. Lui seul peut instruire le ministre de sa victoire, des espérances qu’il pouvait en concevoir, de ses opérations et des suites imprévues qui ont dû l’affliger.
L’activité politique du général ne s’est pas rallentie(sic) après la reddition de Pondichéry et il a rappelé avec la même fermeté le Conseil de Madras à l’exécution littérale de la capitulation qu’il cherchait à enfreindre toutes les fois que ses intérêts politiques ou commerçans s’opposaient à celui de son honneur. Il était stipulé que la garnison serait libre et à peine fut- elle à la disposition des Anglais que les soldats français furent enfermés et qu’il fut exigé de leurs oficiers un billet d’honneur pour s’assurer de leur tranquillité. Le conseil de Madras porta l’excès jusqu’à faire enlever d’auprès de M.de Bellecombe cinq officiers qui avaient refusé de signer cet écrit. Ces officiers ont été rendus à la réclamation du général. M. Desauvergnes, sous-colonel du régiment de Pondichéry qui n’avait point consenti à donner sa signature est resté sous la garde des Anglais. Si M.de Bellecombe n’a pu s’opposer à la force, il a du moins employé avec courage et souvent avec succès pour la combattre les armes de la justice et de la raison. Il s’est plaint surtout de la séduction employée pour faire entrer au service de l’Angleterre des soldats français rebutés par la longueur d’une injuste captivité. A son arrivée à Madras, les gouvernement ne lui ayant pas rendu les honneurs dus à son caractère, il s’est abstenu de toutes prévenances et a refusé toutes les communications de civilité avec des ennemis trop exigeants. Plus on s’efforçait de rendre sa situation désagréable, plus il réclamait avec force contre les infractions. Le comité voulait profiter de ses vaisseaux marchands pour son passage. Il a exigé un bâtiment de cartel et lorsque le bâtiment « le Sartine » a été destiné à son transport et à celui d’une partie de la garnison de Pondichéry, il a refusé de s’embarquer jusqu’à ce que l’on eut déchargé les marchandises qui auraient exposé ce bâtiment à n’être pas respecté comme bâtiment parlementaire. Il reste encore dans l’Inde à peu près moitié de la garnison de Pondichéry et c’est d’après les représentations de M.de Bellecombe que l’on porte des plaintes sérieuses à la cour de Londres sur le retard de leur embarquement. Enfin M.de Bellecombe paraît avoir déployé dans toutes ses opérations les grandes qualités qui lui ont mérité la bienveillance du Roi, le suffrage de ses concitoyens et l’estime de ses ennemis.
Anonyme, non daté, carton 102, ASOM,Aix-en-Provence (2)

(1) il était arrivé début 1777 (NDLR) (2) probablement des années 1779-1780 (NDLR) Portrait de Bellecombe (Archives de Tarn-et-Garonne) et sa signature Ils ont été à Pondichéry GJr;Nrup Ngha; te;jdH

     Dans notre numéro 41 de septembre 2003 

nous avions présenté le projet ambitieux et admi- rable de nos deux amis Dominique Rolland et Jean-Luc Beaudet de faire l’aller-retour Greno- ble-Pondichéry en motocyclette.

     Partis comme prévu le 17 janvier 2004 de 

Grenoble ils sont bien arrivés, le 28 février, à Pondichéry où ils ont été reçus très chaleureuse- ment. Après un repos bien mérité de 10 jours par- mi les anciens amis, ils en sont repartis le 9 mars. Ils sont actuellement en Iran et comptent arriver à Grenoble le 25 avril. Sur leur chemin, ils ont connu de nombreuses expériences très enrichis- santes qu’ils relatent avec simplicité et humour, images à l’appui, dans leur website : www.grenoble.pondichery.free.fr

     Toutes nos chaleureuses félicitations : BRAVO pour cet exploit hors du commun réalisé 

dans un but, rappelons-le, purement humanitaire. M.Gobalakichenane Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 43 Page 4

InternetInternetInternet***** Internet***** Internet Les articles de La Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens (archivage depuis le No.17) sont sur :
http: //www.puduchery.org Les différences culturelles

       En Orient,                                                              En Occident, 

On vit dans le temps On vit dans l’espace On est toujours au repos On est toujours en mouvement On est passif On est agressif On aime contempler On aime agir On accepte le monde tel qu’il est On essaie de le changer selon son plan On vit en paix avec la nature On essaie d’imposer sa volonté sur elle On aime réfléchir au sens de la vie On aime la physique On croit dans la liberté du silence On croit dans la liberté de parole On se délasse dans la méditation On aime les gestes On épouse, puis on aime On aime, puis on épouse Le mariage est le commencement d’un amour Le mariage est l’aboutissement d’une idylle C’est un lien indissoluble C’est un contrat L’amour est muet L’amour est vocal On essaie de le cacher au monde On se plaît à montrer aux autres L’abnégation est le secret de la survie La confiance en soi est la clé du succès On apprend dès le jeune âge à désirer peu On est appelé à désirer toujours plus On glorifie l’austérité et la renonciation On insiste sur le bonheur et la jouissance La pauvreté est un signe d’élévation spirituelle La pauvreté est un signe de dégradation Dans les dernières années, on renonce à tout Dans les dernières années, on se retire pour jouir et l’on se prépare à la vie future. des fruits de son labeur.

(compilé par Dr Mai Van Trong)