Lettre du CCP n° 42
Sommaire
- — Dans les plantations de canne à sucre
- — Célébration du 150ème anniversaire de l’arrivée des Indiens en Martinique
- — Le problème de nom patronymique en Inde
Numéro 42 de la Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens — Décembre 2003.
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Dans les plantations de canne à sucre
Dans les plantations, ah !
Dans les plantations de canne à sucre
Dans les plantations de canne à sucre
Des femmes hindoues gémissent,
Les bras et les jambes tombant de fatigue.
Elles se ruinent le corps
A force d’avoir le cœur gros
Ne peut-on mettre fin à leur supplice ?
Aucun remède à cela ?
Elles triment comme des bêtes de somme.
(Dans les plantations)
Il suffit de dire que c’est une femme,
Le diable lui-même aurait pitié.
Ô Dieu ! Ne te laisseras-tu pas toucher ?
Les pleurs versés par ces infortunées là-bas
Ne serviraient-ils qu’à mouiller le sol ?
Au bon milieu de l’océan du sud,
Dans une île perdue, en pleine forêt
Les femmes maudissent leur sort.
(Dans les plantations)
Songeraient-elles au pays ?
Songeraient-elles à la maison maternelle,
Se demandant quand elles pourraient la revoir ?
Ô Vent ! tu as sûrement entendu
Leurs pleurs et leurs sanglots.
Ne peux-tu répéter les plaintes de nos femmes
Qui se meurent dans ce puits de détresse ?
Elles n’ont même pas la force de sangloter
(Dans les plantations)
Elles frémissent, ces faibles créatures
Devant la cruauté enlevant leur chasteté !
A force d’endurer les souffrances
Elles finissent par mourir,
Sans que la mort soit un refuge !
La fréquence de la mort chez ces victimes
Peut-elle continuer encore maintenant ? - Hé
Kâli la Guerrière ! Kâli l’Inaccessible !
Soupramaniya Bâradiyâr (traduit par L.Gasca)
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1853-2003
Cette année, on célèbre le 150ème anniversaire de l’arrivée des Tamouls en Martinique et Guadeloupe. Nous
marquons cet événement en publiant un poème (mis en musique et chanté) très émouvant de Soupramaniya Bâradiyâr sur les coupeurs(ses) de canne à sucre et le compte rendu des manifestations de 2003 par une Martiniquaise. ISSN 1273-1048 No. 42
Décembre 2003
Organe de Liaison des Ressortissants de l’Inde ex- française : Pondichéry, Karikal, Mahé, Yanaon (et Chandernagor)
Lettre du CERCLE CULTUREL DES PONDICHERIENS
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Rédaction : M.Gobalakichenane, 22, Villa Boissière,
91400 - Orsay, France
Email: ggobal@yahoo.com
Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 42
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Célébration du 150ème anniversaire de l’arrivée des Indiens en Martinique
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Il y a 150 ans, le 6 mai 1853, arrivaient à Saint-Pierre,
ville située au nord de la Martinique, par le bateau
« l’Aurélie », les premiers immigrants venant de l’Inde. Ils
étaient 314 au total. Leur venue dans ce nouveau monde
était dictée par des raisons économiques.
En effet, au lendemain de l’abolition de l’esclavage en
France, en 1848, la désaffection des anciens esclaves pour
les travaux de la terre sur les habitations et l’ouverture des
usines centrales vont entraîner une pénurie de main d’œuvre
dans les champs de canne à sucre.
Ils seront vingt-cinq mille à émigrer en trente ans
(1853-1883) en Martinique, via les comptoirs français de Pondichéry et Karikal. Quinze mille
d’entre eux mourront et quatre mille rentreront au pays.
Aujourd’hui, la communauté indienne en Martinique compte environ trois mille membres.
On ne peut parler réellement de communauté, car les Indiens sont complètement intégrés dans la
population martiniquaise. D’ailleurs, ils se considèrent avant tout comme étant des Martiniquais.
Toutefois, un grand nombre reste attaché à leur ancienne culture à travers des manifestations
religieuses et traditionnelles.
Les différentes associations indo-martiniquaises qui se sont constituées invitent les
Martiniquais à découvrir la part d’« indianité » qui se trouve en chacun d’eux en participant aux
différentes manifestations de ce centcinquantenaire.
L’inauguration de ce 150ème anniversaire a eu lieu le 6 mai 2003 à Saint-Pierre.
Trois personnalités étaient présentes :
- le représentant officiel du gouvernement indien, Kanti Tripathi, directeur général du
Conseil indien pour les relations culturelles (ICCR) ;
- le représentant de l’ambassade de l’Inde à Paris, Prashant Agarwal ;
- le secrétaire adjoint des Indiens non résidents (NRI) du ministère des Affaires
Etrangères ;
Elles ont été reçues par l’Edile Raphaël Martine, le conseil municipal, le sous-préfet de
Saint-Pierre, Claude Villeneuve. La délégation s’est rendue à pied à la maison de la Bourse, place
Bertin à Saint-Pierre pour découvrir l’historique de l’arrivée des Indiens en Martinique. Une
cérémonie religieuse a suivi, puis un lâcher de couronnes de fleurs en mer en l’honneur des
ancêtres. Des danses et des chants ont clôturé l’inauguration.
Différentes manifestations ont suivi, comme autant de regards adressés à l’Inde.
Dans le cadre des « voies de la tradition », des commerçants se sont installés sur la place de
la Savane, à Fort-de-France pour proposer des produits du terroir. Deux stands étaient consacrés
aux produits indiens : bijoux, pendjabis, épices…
Tous les ans est organisé à Dillon, quartier de Fort-de-France, lé « mé », manifestations tout
au long du mois de mai, liées au 22 mai, date d’anniversaire de l’abolition de l’esclavage. Cette
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fois a été dressé également un « village indien » où l’on a pu admirer une exposition retraçant
l’arrivée des Indiens en Martinique avec des explications d’un membre de l’association indo-
martiniquaise.
« Le mandia d’or » s’est déroulé à Basse Pointe,
ville située au nord de la Martinique, le 9 juin 2003.
Au cours de la fête, celui qui a préparé le meilleur
colbou ou colombo est récompensé. Le colombo, mot
créole d’origine tamoule koujambou (Fok;G) est une
sauce épicée à base de viande ou de légumes. Cuisiné
au départ par les Tamouls, il est devenu un plat
national martiniquais, et aussi guadeloupéen.
Chaque année, en juillet, a lieu le festival de
Fort-de-France Cette année, cinq jours ont été
consacrés à l’Inde avec de nombreux spectacles de
danse indienne. La Martinique possède maintenant
une école de danse indienne dirigée par une indo-
martiniquaise Suzie Maniri.
Le 13 juillet, le « méla » s’est tenu au parc
floral de Fort-de-France. Cette fête populaire a connu
un franc succès. On a pu « goûter », « sentir » et
« entendre » l’Inde à travers différents stands.
Le 24 octobre 2003, la ville de Schoelcher a
organisé la fête de la lumière, « dîpâvali » (jPghtsp).
Ragunath Manet, considéré comme l’ambassadeur
des traditionnels indiens, a donné un merveilleux
spectacle de danse.
Du 23 juin au 30 novembre, le Musée régional
d’histoire et d’ethnographie de Fort-de-France a
proposé une exposition intéressante : 1853 - l’Inde du sud, berceau de l’immigration indienne en
Martinique. Au fil des vitrines, on a découvert la religion, les traditions et les arts de ce vaste pays.
Ce fut excellent. On comprend qu’avec l’arrivée des Indiens il y a 150 ans, une partie de cette
richesse a été exportée en Martinique et a contribué à enrichir le patrimoine culturel et artistique
martiniquais.
L’année de célébration n’est pas terminée et d’autres manifestations sont à venir. Souhaitons
qu’elles soient aussi réussies les unes que les autres.
Que ce regard sur le passé et cette connaissance de la culture indienne permettent à tous de
cultiver davantage de respect mutuel et de tolérance.
Annette Vildeuil
Groupe d’Indiens au dépôt, Fort-de-France, Martinique,
(carte postale H.Gunge, XIXè siècle, présentée à l’exposition)
Bonne Année 2004 et Joyeux Pongal !
2004 Gj;jhz;Lf;Fk; nghq;fYf;Fk; vk; kdkhHe;j ey;tho;j;Jfs; ! Le problème de nom patronymique en Inde ,e;jpahtpy; FLk;gg; ngaHg; gpur;rpid
En France et dans les pays occidentaux, il est « normal » aujourd’hui d’avoir un prénom et
un nom de famille (patronymique). Même dans ces pays, on n’avait que des prénoms il y a quel- ques siècles ; et pour préciser le lieu d’origine et faire la distinction nécessaire, on ajoutait utile- ment l’expression « de X ». Pour citer quelques exemples, « de Virieu », « von Mieghem » déno- tent ainsi le lieu d’origine avant de devenir le nom patronymique d’état-civil.
A Pondichéry, pour les Tamouls convertis au christianisme on applique le système occiden-
tal de nom et prénom. Mais, pour les Hindous, souvent l’initiale du prénom du père, et parfois les deux initiales des prénoms du père et du grand père sont ajoutées devant. Quelquefois, le nom du lieu de naissance ou bien l’initiale du nom du lieu de naissance et celle du prénom du père sont également utilisés. Pour ce dernier cas, nous pouvons citer :
Saminathaiyer, fils de Vénkatasubbaiyer, de Uttamadhânapuram, a donné U.V.Saminathaiyer : les initiales prononcées en tamoul (jkpo; cr;rupg;G : c.Nt.rh) ;
Annadurai, fils de Nadarassan, de Conjeevaram (autre orthographe de Kanchipuram), a donné C.N.Annadurai, les initiales prononcées à l’anglaise (Mq;fpy cr;rupg;G! : rp.vd;.mz;zhJiu).
Par ailleurs, alors que l’institution de l’Etat-civil a commencé dans les Etablissements fran-
çais à la fin du XIXème siècle, il n’en est pas de même dans l’Inde britannique où les gens conti- nuaient à écrire leur prénom de diverses façons phonétiques en anglais, d’où plusieurs orthogra- phes parfois et une grande confusion en conséquence. Quelques uns utilisaient même le nom de caste ou sous-caste comme nom patronymique (cf.les nombreux Iyer, Ayer, Iyengar, etc) !
De plus, pour les Pondichériens non-catholiques et renonçants, le système républicain fran-
çais a été suivi. Mais, pour les Pondichériens hindous et musulmans non renonçants, le droit cou- tumier continuait sans difficulté avec indication de la filiation, tant qu’ils ne quittaient pas leur pays d’origine. Le problème surgit quand ils commencèrent à arriver en France (ou dans un autre pays occidental) : ils essayèrent alors d’y remédier en ajoutant, à leur prénom, le prénom de leur père qui faisait fonction de nom de famille (certains écrivant le leur en première position - système français - et d’autres l’écrivant en deuxième position, comme dans le cas d’initiale).
Au Bengale et dans l’Inde du nord, suite probablement à une plus forte influence britanni-
que, on voit apparaître, au XIXème siècle, le principe de nom patronymique dans certaines famil- les. Ainsi des Tagore, Nehru et Gandhi, pour ne citer que les plus connus. La confusion d’ortho- graphe évoquée ci-dessus a été mise à profit (comme le relève, entre autres, Jeyaravi dans Nan- dan, juillet 1-15, 1999, p.14) par Indira, ancien premier ministre de l’Inde :
« Le nom de Gandhi, né dans une famille de vaishnavas du Gujarat est passé à la famille des
Nehru, brahmanes du Cachemire. Comment ? Les noms de la série Motilal Nehru, Javaharlal Ne- hru ont commencé à changer à partir d’Indira née Nehru. Le nom (lire prénom) exact de celle-ci est Indira Priyadarshini. Son mari s’appelait Feroz Gandy. Gandy est un nom de famille des Parsis. Après la séparation d’Indira Priyadarshini et de Feroz, le nom de Gandy a été modifiée en Gandhi dans l’orthographe anglaise. Avec ce nouveau nom patronymique ajouté à Indira, celle-ci s’était fait enregistrer, lors de sa première candidature aux élections, sous le nom de « Indira Nehru Gandhi ». Plus tard, le nom de sa propre famille a été omis et elle est devenue Indira Gandhi. Ses enfants s’appeleront Rajiv Gandhi et Sanjay Gandhi et ses brus Sonia Gandhi et Menakha Gandhi. Aucune des familles brahmanes ne portait auparavant le nom de Gandhi. La famille de Nehru l’a opportunément adopté ».
M.Gobalakichenane
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