Lettre du CCP n° 41
Sommaire
- — L’amour ingrat
- — Les Chansons Folkloriques de Pondichéry
- — Une supplique des Pondichériens en 1845
Numéro 41 de la Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens — Septembre 2003.
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nr.gr;irak;khs;> taJ 90 (1957)
L’amour ingrat
Pour aller à Mayilam et pour en revenir
Je me suis chargé de cent pannelles (1) de farine- ma
Valliyammâ
Je me suis chargé de cent pannelles
A l’aller et au retour de Tiroupati
Je me suis chargé du coffret de Râmam- ma Valliyammâ
Je me suis chargé du coffret de Râmam.
Les carrés d’épinard de trois mois
Sans arrosage étaient perdus
Pendant trois jours, elle m’a fait puiser l’eau- ma
Valliyammâ
Pendant trois jours, elle m’a fait puiser l’eau.
Cela fait, je me suis approché d’elle
Fiche-moi le camp, m’a-t-elle dit- ma Valliyammâ
Fiche-moi le camp, m’a-t-elle dit.
Les plants d’épinards de six mois
Se desséchant,
Pendant six jours, elle m’a fait puiser l’eau- Valliyammâ
Pendant six jours, elle m’a fait puiser l’eau.
Cela fait, je me suis approché d’elle
Fiche-moi le camp, m’a-t-elle dit- ma Valliyammâ
Fiche-moi le camp, m’a-t-elle dit.
Cé.Paccaiyammâl, 90 ans (1957), trad.S.Madanacalliyany
(1) pannelle = pot dans le langage pondichérien
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Les Chansons Folkloriques de Pondichéry
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Dans tous les pays, on trouve de nombreux charmants chants populaires, amusants, nostalgiques, moralisateurs
et autres constituant l’une de leurs richesses culturelles. Après l’indépendance de l’Inde en 1947, on voit naître au Tamijnadou un grand intérêt pour ces chants, évoqués dans les revues, à la radio et au cinéma. Plus tard, des essais d’études sociales (N.Vanamamalai, M.Varadarajan, S.Annakamu, A.Ajagappan,…) et même des éditions d’audiocassettes et vidéocassettes leur ont été consacrés.
Une ancienne élève du Lycée Français de Pondichéry, S.Madanacalliyany, devenue là-bas même plus tard
Professeur de Tamoul, a eu l’excellente idée de commencer à rassembler, dans les années 1950-60, les chansons folkloriques tamoules des régions ex-françaises qui parfois sont les mêmes que dans l’Etat voisin tamoul.
« On chante aussi en travaillant : sur les chantiers, dans les ports, dans les fermes et les maisons, dans les
champs ; hommes et femmes, seuls ou en groupe, chantent pour rythmer leur travail ou alléger leur peine ou pour oublier leurs soucis, mais aussi pour dire leur joie de vivre. A travers champs et plantations, leurs voix résonnent et le vent emporte au loin leur chanson : l’homme qui irrigue les rizières au balancement de sa picote fait retentir tout l’alentour de sa voix puissante. L’eau qui ruisselle de son seau et qui s’achemine à travers les canaux d’irrigation, les oiseaux qui gazouillent, le vent qui fait plier les plants de riz, sont les instruments de musique ; le soleil torride dans un ciel immense et bleu est l’auditoire… », écrit cette Pondichérienne. Nous reproduisons l’un des poèmes (en tamoul parlé) publiés par elle en 1995 sous le titre de « Chansons folkloriques de Pondichéry ».
M.Gobalakichenane
ISSN 1273-1048
No. 41
Septembre 2003
Organe de Liaison des Ressortissants de l’Inde ex- française : Pondichéry, Karikal, Mahé, Yanaon (et Chandernagor)
Lettre du CERCLE CULTUREL DES PONDICHERIENS
GJr;NrhpaH fiy kd;w kly;
Rédaction : M.Gobalakichenane, 22, Villa Boissière,
91400 - Orsay, France
Email: ggobal@yahoo.com
Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 41
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Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 41
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Une supplique des Pondichériens en 1845
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Dans son livre « Pondichéry et les comptoirs de l’Inde après Dupleix », Jacques Weber a
bien montré (pp.68-88) les principales raisons de l’état misérable de Pondichéry durant la première
moitié du 19ème siècle : l’accaparement par la métropole du « million » de roupies dû aux
comptoirs français par les Anglais, depuis 1815, et une imposition particulièrement lourde, «
véritable rançonnement », des cultivateurs. En illustration de cette situation, nous publions ci-
dessous une supplique adressée aux Députés par les notables tamouls de Pondichéry.
« Pondichéry, 19 avril 1845
Messieurs les Députés,
Les habitants de cette colonie, privés déjà du droit de propriété de leurs champs et accablés
sous le poids du plus onéreux des impôts, s’en sont plaints au gouvernement local plusieurs fois, et
notamment par requêtes des 24 février 1840 et 15 mai 1844, dont ils joignent ici les copies, et par
lesquelles ils ont réclamé la réintégration dans le droit de propriété, et le retour au principe
d’imposition légale, soit de l’Inde, soit de la France (un sixième du produit net, foncier).
Le gouvernement actuel, loin de compatir à la malheureuse position où se trouve le
cultivateur après avoir acquitté l’impôt foncier existant, vient de commencer à mettre en pratique
l’odieux système proclamé par l’ordonnance du 7 janvier 1828, et que tous les gouverneurs,
instruits par l’expérience, n’ont pas jugé à propos d’exécuter, c’est-à-dire ont reconnu vicieux et
oppressif. Sous l’imposition existante, le cultivateur peut du moins trouver le prix de son travail
compris dans les frais de culture, tandis que sous la nouvelle, il ne lui restera que moins et quelque
fois rien du tout, et même moins que rien, d’autant plus que : 1° le rendement est loin d’atteindre
le chiffre arbitraire qu’on fait aujourd’hui du produit présumé de nos champs ; 2° que les
variations perpétuelles qu’occasionne dans leurs produits la sécheresse ou toute autre irrégularité
des saisons n’entre point dans l’imposition commencée.
Dira-t-on que le creusement des canaux de rivières fait aux frais du gouvernement pour
améliorer les irrigations de certaines aldées a seul motivé la nouvelle imposition ? 1° L’article 53
de l’ordonnance du 7 juin 1828 ne la borne point à ces aldées ; 2° le gouvernement anglais crée
annuellement dans les provinces de sa domination des moyens d’irrigation qui lui coûtent des
millions de roupies, il ne s’en fait dédommager que par la mise en valeur des terres incultes et ne
songe nullement à s’en indemniser par un surchargement d’impôt sur les terres déjà cultivées ;
d’ailleurs la création de nouveaux moyens d’irrigation ne fait que suppléer à l’irrégularité des
saisons et au défaut des pluies périodiques devenus maintenant assez fréquents.
Tous les motifs de notre plainte sont amplement exposés dans les deux requêtes précitées.
La voix que nous élevons aujourd’hui jusqu’au sein de la Chambre, et qui ne s’y fit jamais
entendre, est la suite nécessaire de l’extrémité fâcheuse à laquelle nous réduit cette désastreuse
imposition, dont l’article 53 § 6 de l’ordonnance du 7 juin 1828, joint à l’avis du 13 mars 1845 ci-
annexé, nous annonce une exécution forcée tandis que le gouvernement britannique qui
convertissait en 1827, dans la province de Tanjaour, la redevance-produit, en redevance
pécuniaire, n’exécuta cette mesure que chez les cultivateurs qui l’accueillirent volontairement et
n’osa, jusqu’à présent, y forcer ceux qui s’y sont refusés et qui continuent de payer encore en
nature. Tout cela suffirait à vous faire entendre nos maux et nos inquiétudes.
Il n’y a que votre justice, Messieurs, qui nous reste pour toute ressource. C’en est fait de
nous, si cette justice ne vient nous sauver, et ce, promptement. Car, faibles que nous sommes , et
végétant dans la misère, nous n’entrevoyons dans la nouvelle imposition qu’un avenir nul pour
nous.
Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 41
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Nous sommes avec respect, Messieurs les Députés,
Vos très humbles et très obéissants serviteurs,
Pour les habitants indigènes de Pondichéry, Nadour(1) Sidam Barom(2), chef de caste
P.S. L’ordonnance du 23 juillet 1840 défend toute adresse collective »
(1-NdlR) Imprimé incorrectement avec « r » final et repris ainsi dans le catalogue. « Nadou » est la contraction du
titre plus long de « Nâttânmaikkârar » devenu « Nâttâr », signifiant « notable » ou « chef de communauté ».
(2-NdlR) Imprimé en deux mots ; c’est ce nom en deux mots qui est repris dans le catalogue ; en fait : Sidambarom.
En Annexes : plusieurs documents, dont le procès-verbal de 1840 (nous n’en avons reproduit, ci-dessous,
que le début donnant les noms des notables et non le texte extrêmement long de l’adresse), des extraits tirés des Lois
de Manou et du « Land Tax » de Briggs, des pièces justificatives françaises remontant au 17ème siècle citées comme
exemples, des références à la Constitution de 1790 et des « Courals » de Tirouvallouvar (n°43 et 551).
« Procès-verbal de la séance du comité des notables hindous, qui s’occupe des intérêts
généraux
Le vingt-neuf janvier mil huit cent quarante
Présents :
M.M. Rassendra Poullé, président,
Vingatarayer, vice-président,
Vingadassariar, Nadou Sidambara Modéliar, Mouttoucoumarassami Poullé, Venou
Chettiar, P.Rangapa Chettiar, Soupraya Modéliar, R.Arounassala Chettiar, Caji
Baderdine Saheb, Balla Kichina Poullé, Anassami Ayer, Rassou Nalatambi Odéar,
Ramassami Sastriar, Cojandé Dayrianada Modéliar, membres
et Ka.Sivassidambara Modéliar, secrétaire, tenant la plume.
La séance est ouverte à six heures.
M.Nadou Sidambara Modéliar chargé de la rédaction du projet d’adresse à M.le Gouverneur
des établissements français de l’Inde, relative au droit de propriété des terres à Adamanom de cette
colonie, à l’adoucissement de l’impôt foncier actuellement existant et au dégrèvement de la perte
intégrale, déposa ce projet d’adresse sur le bureau. Il a été examiné, discuté et unanimement
approuvé par le comité qui vota de présenter cette adresse à M.le Gouverneur des établissements
français de l’Inde, signée de son président.
Fait à l’hôtel du comité, les dits jour, mois et an que dessus.
Signé : Rassendrin, Vingatarayer, Nadou Sidambarom, Ramassamy Sastry, Venou Chetty,
S.Dayrianadin, Cazi Baderdine, P.Rangapa Chetty, R.Arounassalam, N.R.Annassamyaya,
S.Souprayen, M.Vengadassariar, M.Mouttoucoumarassamy, M.Balakichenin,
Rassou Nallatamby, K.Sivassidambarom
Pour copie conforme, le secrétaire du comité, signé : Rassou Nallatamby » …
Kourals (Fws;)cités : « Il est essentiel de consacrer une partie des récoltes aux mânes des
ancêtres, une autre au culte domestique, une autre aux hôtes, une
autre à la famille et la dernière pour soi » K.43.
« Le prince qui viole la loi en opprimant par un impôt onéreux est
plus cruel qu’un meurtrier » K.551.
(NdlR : En tamoul) njd;Gyj;jhH nja;tk; tpUe;njhf;fy; jhndd;whq;F
Ik;Gyj;jhW Xk;gy; jiy. Fws; 43
nfhiyNkw;nfhz; lhupw; nfhbNj miyNkw;nfhz;L
my;yit nra;njhOFk; Nte;J. Fws; 551
Collationné par M.Gobalakichenane De Grenoble à Pondichéry : histoire d’un défi fpnuNdhgpspypUe;J GJr;Nrup tiu : xU rthypd; tuyhW
C’était il y a un an, à la sortie de l’été, alors
que l’automne pluvieux nous cantonnait à la mai- son et que nous retournions en pensées vers les fa- buleux séjours que nous avions faits à Pondichéry et aux alentours. Dominique avait eu la joie et la chance d’ef- fectuer un stage dans le dispensaire Nicole Du- rieux du village de Dubraypeth. Je l’avais rejoint et avant de repartir ensem- ble, nous avions promis au Dr Balasupramanian d’apporter notre aide concer- nant la traduction en français du rapport d’activité de l’hôpital CERTH India. Le temps avait filé et nous avions à peine commencé la traduction. C’est alors qu’a germé l’idée de récolter des fonds pour soutenir l’action du dispen- saire. Celui-ci fonctionne avec si peu d’argent que notre apport en Euros serait toujours le bienve- nu et en quelque sorte nous dédouanerait de notre paresse de traducteur. « Et si on leur apportait l’argent sur notre moto ? » Le défi était lancé ! J’ai étudié la mappemonde, tracé une ébauche de route, fait un rapide état des lieux logistiques et deux jours après, je répondais, au grand étonnement de Dominique : « Oui, c’est possible, on le fait ! » ( elle était prise à son propre piège). Et tout s’est enchaîné très vite. C’était il y a six mois, nos amis pondichériens de passage à Gre- noble (Géraldine et Bugi avec leur bébé Satya), enthousiasmés par notre projet, nous confirment que 2004 sera une année mémorable pour Pondichéry : ce sera le cinquantenaire de la cession de facto des Comptoirs français. Tout ces 50 nous tournent la tête, et nous axons notre projet sur cet événement. « Nous sommes un couple qui partira de Grenoble le 17 janvier 2004 sur sa moto pour attein- dre Pondichéry en 50 jours. Nous avons chacun 50 ans et c’est notre façon de célébrer les 50 ans de l’indépendance » devient très vite notre leitmotiv. Et depuis trois mois, c’est l’exaltation et la frénésie des préparatifs : demande de congés ex- ceptionnels auprès des employeurs, création du site Internet : http://grenoble.pondichery.free.fr recherche de partenaires, obtention des visas et carnet de passage en douane pour la motocy- clette etc. Nous allons traverser dix pays, parcourir 26 000 Km (parce qu’il y a aussi le retour). Nous avons conscience que ce sera un véritable dépassement de nous-même ; mais nous savons que nous serons récompensés par la richesse et la diversité de nos rencontres. De nos jours, n’y aurait-il pas encore une place au rêve ? Dominique Rolland et Jean-Luc Beaudet Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 41 Page 4
InternetInternetInternet***** Internet***** Internet**** Les articles de La Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens (archivage depuis le No.17) sont sur : http: //www.puduchery.org