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CCP

Cercle Culturel des Pondichériens

Histoire, culture et patrimoine des anciens comptoirs français de l'Inde

Lettre du CCP n° 36

Juin 2002

Sommaire

  • — Les Trois grands Poètes
  • — Une première rencontre avec Pondichéry
  • — Un “Acte de Renonciation” à Pondichéry
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Numéro 36 de la Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens — Juin 2002.

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mo.ts;spag;gh (1983) Les Trois grands Poètes

Pour que les Tamouls, avec fierté, Se tiennent toujours la tête haute, Des oeuvres d’ambroisie Composèrent les trois grands poètes.

Des vérités de grande valeur Admirablement proclamées par cette oeuvre, Le Tiroukkoural est offert Par le divin poète Vallouvar.

L”Idihâsa” louée par tous les Hindous, le Râmâyana a été excellemment Rendu en bon tamoul pour nous, par Kambar, le roi des poètes.

Pourque le monde réalise la vertu de la chasteté Dépeinte dans le Silappadigâram, Cette merveilleuse épopée A été composée par le Vénérable Ilangô.

Ces trois grands poètes Louons-les toujours ; Ces trois grandes oeuvres Etudions-les à bon escient et tirons en profit.

Aja.VaLLiyappâ,1983 (trad. Bavâny Gobalakichenane)

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Les Trois grands Poètes (Aja.VaLLiyappâ)

       Au pays tamoul on adore les trois fruits suivants (;Kf;fdp) : la banane (thio), la mangue (kh) et le 

fruit jack (gyh). De l’époque Sangam à l’époque moderne, plusieurs poètes les ont chantés. De même, parmi les poètes tamouls, il en est trois de grande valeur, d’après Aja. Valliyappa dont nous avons déjà cité deux poèmes dans nos Lettres no.16 de juin 1997 (Croissant de lune) et no.31 de mars 2001 (La voie de Gandhi). Aujourd’hui, nous présentons un troisième dans lequel il vante, pour les enfants, les mérites de VaLLouvar, Kambar et ILango AdigaL. Si le Tiroukkoural du premier et le Silappadigâram du troisième ont été traduits en français, ne serait-ce que partiellement, le nom et l’oeuvre du troisième restent encore quasi inconnus en France. On connaît bien, en effet, le Râmâyana de Vâlmîki en sanskrit qui a été repris, avec diverses adaptations, dans la plupart des grandes langues de l’Inde, parfois dès l’époque médiévale. En tamoul, malgré l’existence de plusieurs textes antérieurs, c’est le Râmâyâna de Kambar, né au 12è siècle dans un village voisin de Mayavaram du pays Chôla, qui reste le plus illustre. On célèbre annuellement des “Kamban Vijâ” (fk;gd; tpoh) dans les grandes villes comme Chennai, Pondichéry.
M.G
ISSN 1273-1048 No. 36

Juin 2002


Organe de Liaison des Ressortissants de l’Inde ex- française : Pondichéry, Karikal, Mahé, Yanaon (et Chandernagor)

Lettre du CERCLE CULTUREL DES PONDICHERIENS


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Rédaction : M.Gobalakichenane, 22, Villa Boissière,
91400 - Orsay, France Email: ggobal@yahoo.com Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 36 Page 1 Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 36 Page 2 Une première rencontre avec Pondichéry

       Si, de l’aéroport de Chennai (Madras), vous descendez l’admirable côte de l’océan Indien, en 

longeant les immenses plages de sable et les villages de pêcheurs, après avoir séjourné à Mâmallapuram, un des hauts lieux actuels de sculpture religieuse hindoue, vous arrivez à Pondichéry. Vous savez que Pondichéry fut l’un des comptoirs français en Inde, jusqu’en 1954, et le chef-lieu des possessions françaises au milieu du XVIIIe siècle. Vous vous attendez donc à un moindre dépaysement, à une ville peut-être encore un peu européenne.

      Et de fait, un premier circuit rapide confirme cette 

impression : dans les rues du front de mer, dans ce quartier favorisé qui s’appelait “la ville blanche” vous observez des pavillons cossus, des résidences blanchies à la chaux, des avenues bien tracées.

      Derrière les grilles du Consulat de France, vous 

apercevez une atmosphère résidentielle évoquant le souvenir d’un temps révolu : massifs fleuris en abondance, grandes tables autour desquelles s’affaire tout un personnel …propre. Deux églises catholiques blanches aux toits rouges possèdent de beaux vitraux. Vous entrez dans l’une d’elles, à l’architecture gothique, où vous attend un ensemble de statues naïvement colorées, dans un style expressionniste qui peut évoquer le baroque portugais : ainsi le corps du Christ est allongé dans son tombeau, couvert de sang. Certains noms de rues, dans ce quartier résidentiel, sont encore écrits en français : non loin du mémorial Gandhi, vous lisez avec émotion le nom de Romain Rolland, son illustre ami français. Et n’oublions pas le Lycée français, bel immeuble blanc où s’élève le drapeau tricolore, où l’on rêve de pouvoir enseigner (*).

      Mais, à côté de la ville blanche et même à l’intérieur de cette ville blanche, vous êtes assailli par la 

“ville noire”, ses rues grouillantes d’hommes et de femmes à pied, à vélo, en vespa, à rickshaw, dans un tintamarre de voix, de musique, de klaxons aussi sonores que variés.

      Aussi variés que les vêtements : beaucoup d’hommes 

sont habillés à l’européenne, beaucoup à l’indienne : femmes droites aux longues et lourdes tresses noires parfumées de jasmin, si jolies dans leurs saris aux couleurs vives ou pastel, hommes en jupes longues ou retroussées au dessus du genou… et tout ce peuple s’affaire, ruche bourdonnante. Tôt le matin, rue Mahâtma Gandhi, les trottoirs sont occupés par toute une population qui se réveille : des familles font chauffer leur maigre petit- déjeuner sur les quelques mètres où elles ont passé la nuit, étendues sur de minces nattes ou à même le ciment. A côté de ces hommes et de ces femmes, une cuvette ou un carton contient ce qu’ils possèdent : une casserole, une balayette faite de baguettes végétales réunies par une ficelle. L’une prépare le repas sur un petit brasero, l’autre déplace la pouusière, cet autre prie ou dessine un kôlam. Chacun s’occupe et si vous regardez l’un d’entre eux, il vous sourit - le sourire des enfants.

      La nuit, sur les trottoirs, dans les jardins publics, veillez à l’endroit où vous posez les pieds : tout un 

peuple dort ou marche car, dans l’obscurité, vous devinez des ombres d’hommes et de femmes qui s’avancent droites, corbeilles ou cuvettes sur la tête.

      Mais, pénétrons, vers huit heures du matin, dans le “Big Market” (ngupa fil), ce grand marché 

central, avec quartiers bien délimités : poisson, viande, légumes, épices, fleurs. Voilà l’Inde, la vraie, les couleurs bariolées, ses cris, ses odeurs, aussi lourdes que contrastées ! Dans ce tohu-bohu, assises sur un petit tabouret, des femmes-fleurs attendant les acheteurs devant des morceaux de poisson, des monceaux de Photo C.Dupray Photo C.Dupray Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 36 Page 3 crevettes qui bourdonnent de mouches. Calmement, elles vous invitent à vous arrêter, au milieu des hommes, qui portent sur leurs têtes d’énormes sacs ou de régimes de bananes et s’interpellent. Plus loin, des femmes, des enfants vous proposent des tresses de jasmin ou de roses comme en portent toutes les femmes dans leurs nattes.

      Sortant de ce brouhaha, vous retrouvez la circulation bourdonnante de la rue Mahâtma Gandhi, mais 

au milieu des camions, au milieu des hommes qui se lavent ???, une vache se promène indolemment ! Bientôt à l’entrée du temple Manakula Vinâyagar, vous déposerez votre obole dans la trompe de son gardien, un gentil éléphant ! Pour vous remercier, l’animal sacré lancera sa trompe sur vos cheveux …, caresse divine de Ganesh.

      Prenez un rickshaw jusqu’aux arbres séculaires du beau jardin botanique et 

même un peu plus loin, jusqu’au si pittoresque village des pêcheurs aux pirogues étroites, aux cabanes dont les toits sont faits de feuilles de palmier tressées. Et, il est sûr que vous aurez envie de revenir à Pondichéry, bousculés, étourdis de sensations si fortes, les oreilles pleines de bruits, les yeux pleins d’images dont la moindre n’est sans doute pas la statue de Gandhi qui, du haut de son mémorial, de la mer, marche vers la ville, le visage souriant et déterminé.

(*) NDLR: L’auteur est une enseignante à la retraite Colette DUPRAY (août 2001)
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1 1777 Levée d’un plan terrier de Pondichéry
1 1836 Erection à Pondichéry d’un phare à feu fixe de 3ème grandeur; modifié en 1886, il a été remplacé le 12 sept. 1931 par un feu à éclats blancs d’une portée de 28 milles. 5 1791 Le Corps Représentatif de tous les Etablissements de l’Inde prend le nom
d’Assemblée Coloniale 6 1677 Chircan Lody est fait prisonnier par Shivaji à Tiruvady 6 1821 Etablissement du Cours Chabrol (actellement avenue Goubert) 10 1778 2ème prise de Chandernagor par les Anglais 11 1803 Le général Decaen arrive devant Pondichéry, mais reçoit l’ordre de continuer sa route sur les Iles (de France et Bourbon) en vue de la reprise des hostilités avec l’Angleterre 12 1793 Investissement de Pondichéry par l’armée du général anglais, John Braithwaite 14 1747 Louet nommé commandant directeur à Mahé 14 1759 Lally s’empare du fort de Thiagar
15 1758 Bussy rappelé du Deccan par Lally 16 1688 François Martin obtient du Naïk de Tanjore l’aldée de Cavéripatam, près de
Tranquebar, et l’autorisation de faire du négoce près de Karikal 16 1750 Guillard, Conseiller, reprend Masulipatam et Yanaon, assiégés par Nasr Jung 16 1793 3ème prise de Mahé par les Anglais 16 1870 Inauguration de la statue de Dupleix, précédée de la bénédiction par M. le préfet
apostolique de la première pierre de l’Hôtel de Ville 17 1738 Traité entre Dumas et le roi de Tanjore pour la cession de Karikal 19 1672 Les Hollandais prennent à la France le fort de Trincomalé 25 1672 L’amiral De la Haye prend au roi de Golconde San Thomé, alors banlieue de Madras 26 1787 “L’Aurore”, commandée par Pierre Monneron, emporte pour le dépôt de Versailles les registres et papiers publics de l’Inde, ainsi que les ambassadeurs envoyés par Tippou auprès de Louis XVI 29 1852 Inauguration, au grand Marché, d’une tour avec horloge (Don de Diagou Modéliyar)

M.Gobalakichenane (Source : “Annuaire des Etablissements français dans l’Inde”, 1943) Photo C.Dupray Un “Acte de Renonciation” à Pondichéry

     Généralement, l’Etat-civil d’une Mairie comporte trois 

registres principaux, à savoir : le Registre des actes de naissances, le Registre des actes de mariages et le Registre des actes de décès. A Pondichéry, nous en avons un quatrième, le Registre des actes de renonciations. En effet, jusqu’au XIXème siècle, les Tamouls de Pondichéry étaient régis selon la tradition (droit coutumier hindou “mâmoûl”, droit musulman). La IIIème République entreprenant une grande oeuvre d’assimilation offre aux habitants la possibilité de renoncer à leur statut personnel pour être régi par la loi républicaine française. De sujets, les lointains habitants “indigènes” deviendront légalement des citoyens.
Nous reproduisons, ci-contre, le fac-smilé d’un acte signé dès la première année de l’application du décret de 1881, avec, ci- dessous, le texte correspondant.

Acte aimablement communiqué par M.Xavier Christophe, l’héritier principal.

M.Gobalakichenane

Extrait du Registre

     DES ACTES DE RENONCIATIONS 

L’an mil huit cent quatre vingt deux le mardi quatorze février à trois heures du soir par devant Nous, Alcide Jean Pochont deuxième adjoint remplissant par délégation du Maire en date du vingt cinq janvier dernier les fonctions d’Officier de l’Etat Civil de la commune de Pondichéry, a comparu le sieur Lazare natif de l’Inde française, vingt cinq ans, cuisinier, né à Pondichéry en mil huit cent cinquante sept domicilié et demeurant à Pondichéry, rue d’Ellammincovil fils de Tirouvingadom cultivateur et de dame Zégadamba, son épouse sans profession tous deux domiciliés et demeurant au dit lieu, marié à dame Outtiramarie née Maridas, vingt deux ans, sans profession, domiciliée et demeurant au dit lieu, ayant un fils mineur appelé Lourdemarianadin, quatre ans, Lequel comparant assisté des sieurs : Soundiranadin Lesage trente six ans, écrivain de la Direction du port, demeurant à Pondichéry rue Candappamodély et Louis Goubert trente un ans, propriétaire, demeurant en cette ville rue Saint Gilles qui nous ont affirmé son identité nous a déclaré que voulant user de la faculté ouverte aux natifs de l’Inde par le décret du vingt un septembre mil huit cent quatre vingt un dont il a parfaite connaissance il renonçait d’une manière définitive et irrévocable tant pour lui que pour sa femme et son fils mineur à son statut personnel entendant accepter toutes les conséquences de cette renonciation. Il nous a déclaré en outre qu’il adoptait le nom patronymique de “Lefort” pour lui et sa descendance. Dont acte que nous avons signé avec le comparant et les témoins après lecture faite.

      Signé : Lazare Lefort, S.Lesage, L.Goubert, A.J.Pochont 
                                                                                     Pour copie conforme, 
      Coût : 75 P                                          Pondichéry le douze juillet mil neuf cent soixante six  
      S.R.12541                                           L’Officier de l’Etat Civil           S: Illisible    
                                                                 Cachet: Etat de Pondichéry, Etat Civil Pondichéry 

() En-tête en usage depuis la cession des comptoirs de l’Inde
Etat de Pondichéry (
) Ville de Pondichéry (*) Etat-Civil
Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 36 Page 4

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