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CCP

Cercle Culturel des Pondichériens

Histoire, culture et patrimoine des anciens comptoirs français de l'Inde

Lettre du CCP n° 32

Juin 2001

Sommaire

  • — La fête de la République
  • — Dupleix et le Journal d’Ananda Rangappillai
  • — Les Kôlams
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Numéro 32 de la Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens — Juin 2001.

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iliag; Nghyf; fl;lg;gl;L xU ngU La fête de la République

     Le 14 de ce mois, on va célébrer, dans 

notre Pondichéry et dans les divers territoires français, une fête dite de la République appelée aussi fête du Roi. Ce n’est pas seulement cette année-ci, mais c’est chaque année que cette fête est célébrée de façon grandiose pour la grande joie du peuple. Analysons la raison de cette célébration. Il est bon de rappeler ici l’histoire et l’état de la France.

     La prison de la Bastille 

     Une prison appelée ‘la Bastille’ était  

construite comme un château fort et gardée parpar une

FbauRg; gz;bif La fête de la République (Rg;ukzpa ghujpahh;) (Soubramaniya Bâradiyâr)

     Très bientôt nous allons célébrer la première fête 

Nationale du 3ème millénaire. C’est l’occasion pour nous de remémorer l’article tamoul publié par Soubramaniya Bâradiyâr le 10 juillet 1909, à Pondichéry.

     Avec les renseignements recueillis auprès de ses 

amis pondichériens, il a essayé dans son journal d’expliquer à ses lecteurs tamouls la signification de cette fête qu’on appelait aussi alors ‘fête du Roi’! Nous ressentons également son immense envie de vivre la liberté et la république en Inde. Malgré une erreur sur le drapeau tricolore, due sans doute à ses informateurs, nous pouvons admirer la clarté de son article accompagné d’une belle illustration très suggestive. Il manifeste son admiration pour le peuple français qui a ainsi montré au monde entier l’exemple à suivre.

     Les derniers vivats par lesquels il termine son 

article montrent à quel point il adhérait aux nouveaux ISSN 1273-1048 No. 32

juin 2001


Organe de Liaison des Ressortissants de l’Inde ex- française : Pondichéry, Karikal, Mahé, Yanaon (et Chandernagor)

Lettre du CERCLE CULTUREL DES PONDICHERIENS


GJr;NrhpaH fiy kd;w kly; Rédaction : M.Gobalakichenane, 22, Villa Boissière,
91400 - Orsay, France Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 32 Page 1 Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 32 Page 2 Dupleix et le Journal d’Ananda Rangappillai

         De nombreux événements eurent lieu à l’époque de Dupleix, à 

Pondichéry. Un témoin oculaire, Ananda Rangappillai (Mde;j uq;fg;gps; is), alors courtier (diwan) et interprète (dubash) de la Compagnie des Indes, a heureusement tout noté dans son journal tamoul. Bien que ce journal ait été publié en traduction anglaise dès les années 1904-1928, il est regrettable que sa traduction complète en français ne le soit pas encore. A. Gallois Montbrun parlait déjà de son importance en 1846. Lors de la célébration du centenaire de Dupleix, il y eut un effort de sa réhabilitation à la faveur de laquelle parurent quelques livres et études. Ainsi, Julien Vinson en a donné une traduction, pour la période 1746-1748, dans son livre “Dupleix et Mahé de Labourdonnais”. F.N.Laude, Procureur Général à Pondichéry en 1870, a publié une courte notice intitulée “Extraits des mémoires inédits de Rangappoullé, Divan de la Compagnie des Indes” dans laquelle il a traduit un court extrait de l’époque du siège de 1748. Nous

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vd;Wkopf! nfhLq;Nfhd;ik vd;Wkopf! (A bas la tyrannie - Down with tyranny) vd;W $f;Fuypl; lhh;fs;. ,e;j 14-k; Njjpahfpa kfh jpdk; 120 tU\q; fshf nfhz;lhlg;gLfpd;wJ.

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tho;f! ]Nfhjuj;Jtk; ePbj;J tho;f! FbauR ePbj;J tho;f! (Vive la République ! )

par une grande troupe armée. On y avait même nommé un gouverneur. Plusieurs innocents saisis par un ordre du roi dit ‘lettre de cachet’, des patriotes punis après une parodie de justice et d’autres gens réputés y étaient emprisonnés et enduraient une grande souffrance depuis longtemps. Aussi, cette prison paraîssait-elle aux yeux du peuple comme le symbole même de l’injustice du roi.

     Et le peuple la détruisit et dansa avec 

grande joie en criant : “A bas la tyrannie !”. Ce grand jour du 14 juillet est célébré depuis 120 ans.

     Qui peut mesurer la gloire gagnée ainsi par 

la France pour avoir abattu la tyrannie à Paris ? Les trois principes tels que la Liberté, l’Egalité, la Fraternité furent proclamés au monde entier. On planta le drapeau tricolore. Que d’exploits les soldats français n’ont-ils pas accomplis pour établir les trois principes ! Ils restent étonnants encore aujourd’hui. Chaque pays essaie fermement de les obtenir aussi. Toute personne doit absolument en bénéficier.

    Pondichériens ! Oublions nos disputes en 

ce grand jour et réjouissons-nous dans le rassemblement.

    Vive la Liberté ! Vive l’Egalité ! Vive la 

Fraternité ! Vive la République ! (Trad.M.G.) Ananda Rangappillai (1709-1761) Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 32 Page 3 donnons ci-dessous le début et la fin de sa présentation.

        “La ville de Pondichéry vient d’élever une statue à Dupleix. Cet acte de réparation tardive 

envers la mémoire du plus grand homme d’Etat européen qui ait paru dans l’Inde fait honneur à M.le Gouverneur Bontemps qui en eu la généreuse initiative.

        “Nous pensons qu’il n’est pas sans intérêt de lire le récit du siège (de Pondichéry) de 

1748, si glorieux pour nos armes, dans les Mémoires inédits d’un natif, témoin oculaire des événements qu’il raconte. L’extrait que nous publions est tiré des Mémoires de Rangapoullé ( Note: Ces Mémoires, écrits en langue tamoule, sont très volumineux. Ils comprennent la période de 1736 à 1761 embrassant toute l’époque de notre grandeur et de nos revers.)

        “La réputation de Dupleix nous est parvenue entachée d’une calomnie aussi odieuse 

qu’elle est méprisable. La Compagnie des Indes, après avoir trahi la France en rappelant Dupleix, n’a pas craint d’affirmer dans un Mémoire rendu public, que ce grand homme manquait de courage et que, pour se justifier, il prétendait que le bruit des armes suspendait ses réflexions et que le calme seul convenait à son génie. Orme, cet écrivain (anglais) si impartial, si véridique et si éloquent des guerres des Anglais et des Français dans l’Inde, a répété cette calomnie.

        “Le Journal de Rangapoullé fait justice de ce 

jugement déloyal. On verra que Dupleix a accompli, durant le siège, tous les devoirs que lui imposait cette situation difficile; que la victoire remportée sur l’amiral Boscawen est due autant à son énergie et à son courage qu’à la bravoure des officiers et soldats qui ont défendu Pondichéry.

        “Les principaux officiers qui ont concouru à la 

défense de Pondichéry sont : Paradis, Combeault, d’Auteuil, de Bury, Latouche, de la Tour, de Bussy, Law, Duquesne, de Kerjean, neveu de Dupleix, Abdoul Rahman, Ali Khan, Cheikh Ibrahme et d’autres natifs qui ont déployé une bravoure éclatante.

        “Il ne faut pas oublier Mme Dupleix dont les conseils sages et énergiques ont soutenu le 

courage de son mari. L’histoire de cette femme célèbre est encore à faire. Les Mémoires de Rangapoullé contiennent sur la participation qu’elle prit aux affaires de ce pays durant 15 ans, des renseignements précieux que nous ferons connaître un jour, si nos fonctions et le climat brûlant de l’Inde nous en laissent le loisir et le pouvoir…(1)

        “... Nous arrêtons ici la traduction des Mémoires de Rangapoullé. L’extrait que nous 

avons donné suffira pour démontrer l’importance et l’utilité, pour l’histoire de nos luttes avec les Anglais, de ces documents inédits.

        “Nous terminerons cette notice par la réflexion suivante d’un historien anglais (Mill, 

British India, tome III) : “La Compagnie française des Indes ruina, dans l’espace de quelques années, les seuls hommes éminents qu’elle avait placés à la tête de ses affaires dans l’Inde: Labourdonnais, Dupleix et Lally. Elle ne survécut pas longtemps à cette manifestation de son imprévoyante faiblesse et de son injustice””.
F.N.Laude (1870) (1) NdlR: Mme Yvonne Robert Gaebelé a publié, en 1934, son livre “Créole et Grande Dame (Marquise Dupleix)”

Statue de Dupleix regardant la mer, telle qu’elle était à Pondichéry, jusqu’en 1954 Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 32 Page 4

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http: //perso.libertysurf.fr/karikalan/ccp.htm

Les Kôlams

       Les touristes qui se rendent en Inde connaissent bien maintenant les dessins que les femmes 

indiennes tracent tous les matins devant leurs maisons.

     Ces dessins qui ont des noms différents 

selon les régions (ou Etats, comme on dit dans l’Union Indienne), ont pour nom, au Tamilnâdou et à Pondichéry : Kôlam (Nfhyk;).

     Les Kôlams sont, en effet, des signes de 

bon augure et de bienvenue, tracés dès l’aube, avant les premières sorties ou entrées de la maison. Ainsi, dans les moindres villages, devant les cabanes, on peut voir, parfois dès 5 heures du matin, les femmes au foyer, ou leurs filles, dessiner avec de la farine de riz sur la terre battue, initialement balayée et bien recouverte d’une bouillie de bouse de vache (supposée aseptique). Au centre de ces dessins, souvent circulaires, on place, en décembre-janvier, une fleur jaune-orange de potiron.

              Ce ne sont aucunement des marques de religion hindoue. En effet, à Pondichéry, par 

exemple, on voit aussi des catholiques pratiquer cette habitude. Ainsi, lors de la fête de l’Epiphanie, appelée là- bas fête des Trois-Rois (%Z uh[h gz;bif) ou “Pongal catholique”, leurs maisons sont décorées de magnifiques kôlams.

              Ces pratiques culturelles semblent remonter à 

la nuit des temps et l’on ne connait pas exactement leur origine. Pour les kôlams les plus simples, on commence par trois points alignés régulièrement; puis on trace, des deux côtés, deux points alternés et l’on termine par un point alterné, des deux côtés. Des dessins de différentes formes sont basés sur ces neuf points. Les kôlams les plus élaborés contiennent quelques dizaines de points sur la ligne centrale, avec des points symétriques des deux côtés. Nous assistons maintenant à la publication de revues spécialisées proposant des dessins variés de différentes formes. Il est intéressant de remarquer que les kôlams présentent des formes carrées ou mieux circulaires, faisant penser aux cercles “mandalas”. .
Dans certaines villes, on a pris même, de nos jours, l’habitude d’organiser des concours, avec décernement de prix au meilleur Kôlam. G.Sundari

Un Kôlam spécialement travaillé en couleurs pour un concours de quartier, à Pondichéry (1997)