Lettre du CCP n° 31
Sommaire
- — La voie de Gandhi
- — Un poème pour enfants d’Aja.VaLLiyappa
- — Sri Aurobindo
- — Auroville, une terre désertique qui revit
Numéro 31 de la Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens — Mars 2001.
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La voie de Gandhi
Si l’on suit La voie de Gandhi La paix règnera partout Et la Vérité vaincra
L’amour augmentera La non-violence s’installera La vie heureuse augmentera Le malheur des pauvres disparaîtra.
Les disputes de castes cesseront Partout la (bonne) Loi fleurira La justice durera La distinction de couleur disparaîtra
La paix viendra dans ce monde Les guerres cesseront Les conflits cessant, La compassion débordera.
(trad.par Bavâny.G.)
Foe;ijf; ftpQh;mo. ts;spag;ghtpd; ghl;L Un poème pour enfantts d’Aja.VaLLiyappa
Aja.VaLLiyappa est né dans le Chettinâd le 7-11-1922. Il commença écrire ses premiers
poèmes à l’âge de 13 ans. En 1940, il travailla comme trésorier dans la maison d’édition ‘Sakti’ dont l’environnement littéraire lui permit d’améliorer ses talents de poète. Il choisit de se consacrer à la littérature pour enfants et composa des contes et des poèmes et poursuivit dans cette voie, même après son entrée dans Indian Bank en 1941. Il avait l’habitude de rassembler les petits une fois par semaine chez lui et leur racontait des histoires ou lisait des poèmes simples. Son premier livre ‘Malarum ouLLam’(kyUk; cs;sk;), publié en 1944, occupe une place spéciale dans l’histoire de la littérature pour enfants. Parmi ses autres oeuvres, on peut citer ‘pâTTilé gandhi kathai’(ghl;bNy fhe;jp fij), ‘Îsaap kathaip paDalgaL’(?rhg; fijg; ghly;fs;). Il publia plusieurs revues de 1944 à 1951. Il créa la Société des poètes pour enfants dont il resta longtemps le président. Il a été justement honoré par l’Etat du Tamilnâdu, par l’Université de Kâmarâj à Madurai et par le Président de l’Union Indienne. Il est mort le 16-03-1989. Nous avons publié dans la LCCP no.16 de juin l997 un de ses poèmes. Voici un autre, tout aussi simple et agréable à lire que le premier, qui traite de la voie de Gandhi. ISSN 1273-1048 No. 31
Mars 2001
Organe de Liaison des Ressortissants de l’Inde ex- française : Pondichéry, Karikal, Mahé, Yanaon (et Chandernagor)
Lettre du CERCLE CULTUREL DES PONDICHERIENS
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Rédaction : M.Gobalakichenane, 22, Villa Boissière,
91400 - Orsay, France
Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 31
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SRI AUROBINDO
En 1995, sachant que je partais en Inde, Françoise, une amie, me confia une mission lorsque je serai à Pondichéry : aller me recueillir sur la tombe de SRI AUROBINDO et lui rapporter une poignée de la terre d’AUROVILLE.
L’ashram de Sri Aurobindo se situe au 9 rue de la marine, dans la ville blanche, au nord de la place du Gouvernement, et comme tous les édifices appartenant à la communauté, il se reconnaît à sa couleur gris-perle. Au milieu de la cour du bâtiment central se dresse le cénotaphe à l’ombre d’un frangipanier ; le monument est toujours fleuri et reçoit les visites des disciples et pèlerins du monde entier qui défilent pour se recueillir et y méditer en silence.
UN SAGE REVOLUTIONNAIRE
Il y a cinquante ans disparaissait Sri Aurobindo Gosh, né le 15 août 1872 à Calcutta de parents bengalis. Après de brillantes études en Angleterre, il acquiert une connaissance approfondie de la culture européenne. Ainsi il maîtrise parfaitement le grec et le latin, possède admirablement la langue française, et se nourrit de littérature italienne et allemande, avant même de connaître la culture de son propre pays ; quant à son anglais, c’est un modèle de pureté et de précision. C’est d’ailleurs dans cette langue qu’il écrit la plupart de ses œuvres philosophiques.
En 1893 il rentre en Inde et occupe pendant 13 ans divers postes dans l’administration de l’Etat princier de Baroda (actuellement Vadodara dans le Gujarat), années pendant lesquelles il se plonge enfin dans l’étude de la culture et de la philosophie hindoue, du sanskrit et de diverses langues de l’Inde. Cela
lui permettra une interprétation des grands classiques indiens : védas, upanishads et bhagavad-gîta, qui fait autorité dans toute l’Inde).
Parallèlement, il se lance dans l’action révolutionnaire, car il n’apprécie pas la politique du Congrès, et sous couvert de clubs de gymnastique, il crée des sociétés secrètes. Il devient l’un des chefs du Mouvement de Libération de l’Inde.
De retour à Calcutta en 1906, il fonde plusieurs périodiques ; Bande Mataram, Karmayogin, Dharma, et entre ouvertement dans l’arène politique. Il est plusieurs fois arrêté, toujours acquitté. Il est incarcéré pendant un an à la prison d’Alipore, à la suite de son implication dans un attentat et il risque la peine de mort.
Il met à profit cette période d’inactivité forcée pour approfondir une dimension intérieure et spirituelle dont le yogi Bashkar Lélé, rencontré la même année, lui avait ouvert les portes en lui faisant découvrir la pratique du silence mental. De cette pratique intense émergent bientôt sa nouvelle philosophie et son nouveau regard sur le monde. Finalement acquitté encore une fois, il sort de prison, mais toujours inquiété par les anglais qui l’accusent encore d’activités subversives, il se réfugie à Pondichéry en 1910 après un bref passage à Chandernagor, d’où il prend le bateau pour la zone française. Les anglais demandent son extradition, mais le maire de Pondy alors en place, Henri Goebélé, s’y oppose. Les britanniques cherchent à l’enlever, mais cette malheureuse tentative se solde par un échec.
Sri Aurobindo cesse alors toute activité politique, refuse à plusieurs reprises la présidence du Congrès de l’Inde, et se consacre dorénavant entièrement à sa discipline spirituelle, son yoga intégral, un travail « révolutionnaire » pour la manifestation d’une conscience nouvelle et à la transformation du corps. De cette ascèse solitaire, il ne sort que pour délivrer un enseignement de type védântique à ceux qui commencent à se grouper autour de lui, certains venus du Bengale, d’autres ,européens de Pondy. La petite communauté s’organise en ashram.
En 1914, il rencontre pour la première fois, Mira Alfassa ( française d’origine égyptienne, épouse de l’un de ses disciples, Paul Richard). Mais c’est seulement en 1920, qu’elle s’installe définitivement à Pondy. A cette époque les théories de Sri Aurobindo se répandent et son influence grandit. Il écrit beaucoup ; des traités philosophiques, des poésies, et en particulier ses commentaires des principales écritures sacrées hindoues dont nous parlions plus haut et il est reconnu comme l’un des grands penseurs de l’Inde, d’autres de nos jours n’hésitent pas à comparer ses vues avec celles de Teilhard de Chardin dont l’œuvre majeure est « Le phénomène humain ».
Devant le nombre croissant de ses disciples et craignant d’être débordé, Sri Aurobindo se retire en 1926, fait vœu de silence et confie la charge de l’ashram à Mira devenue la « Mère » de la communauté .Celle-ci donne une structure à l’ashram, convertissant les dons en achats immobiliers pour le logement des disciples, en écoles, en lycée.
Pendant le conflit de la deuxième guerre mondiale, Sri Aurobindo appuie, de toute sa force
spirituelle, l’effort de guerre des Alliés. Le 15 Août 1947, 75 ème anniversaire de la naissance de Sri Aurobindo, l’Inde est proclamée indépendante. Le Maître de Pondichéry quitte son corps le 5 décembre 1950, et Mère poursuit son œuvre d’exploration du passage à une nouvelle espèce jusqu’en 1973. Pour bâtir ce monde nouveau où vivra un Nouvel Homme, Mère décide en 1956 la construction d’une « Cité de l’Aurore » AUROVILLE (où l’on retrouve le premier élément du nom d’Aurobindo qui signifie effectivement aurore en bengali).
AUROVILLE UNE TERRE DESERTIQUE QUI REVIT
Les plans d’Auroville sont établis par un architecte français, Roger Auger. Ils privilégient la forme circulaire, avec des avenues qui, telles des rayons convergent vers un temple de la Mère Universelle situé au centre de cette structure : Le Matrimandir. Les terres d’Auroville s’étendent sur un plateau, alors désertique, à 10 km au nord de Pondy jusqu’au lac de Kalivelli qui accueille à 12 km plus au nord, des oiseaux migrateurs.
Le 28 février 1968, en présence du Président de la République indienne, 5000 personnes assistent à l’inauguration. Après avoir écouté la charte d’Auroville écrite et lue par la Mère, retransmise de plus par la radio indienne, 124 jeunes, représentant chacun leur nation, déposent dans une immense urne de marbre blanc, en forme de lotus en bouton, une poignée de la terre de leurs pays respectifs ; le manuscrit de la charte y est joint. L’urne est fermée et scellée. La ville de l’aurore est née.
Les débuts sont difficiles. La terre est hostile. Seuls quelques palmiers, de rares manguiers, des épineux, des anacardiers et quelques banians solitaires subsistent çà et là sur cette vaste étendue de terre rouge brûlée par le soleil. Le défi des aurovilliens est simple : « travailler pour un monde nouveau et meilleur qui se prépare à naître ».
L’ombre et l’eau, telles sont les nécessités impérieuses des premiers habitants d’Auroville. On creuse de nombreux puits, dont la plupart sont équipés d’éolienne, car la nappe phréatique est à environ 24 m de profondeur, et on plante des arbres. Le programme de reboisement ne démarre réellement qu’en 1970 et on choisit avec soin les variétés d’arbres en fonction de leur résistance à la sécheresse et à la rapidité de leur croissance, ainsi qu’à leur capacité à enrichir le sol.
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Les articles de La Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens sont également sur :
http: //www.perso.libertysurf.fr/karikalan/ccp.htm
programme de régénération des terres aurovilliennes. Les recherches dans ce domaine s’efforcent
de synthétiser les différentes méthodes naturelles comme la biodynamique et la permaculture. On
essaie de réintroduire certaines variétés de riz indigènes mais moins gourmandes en eau, et
cultivées en association avec des plantes fixatrices d’azote. On pratique la polyculture, les
céréales côtoyant volontiers les arbres fruitiers et l’on n’hésite pas à semer simultanément, en
association, légumineuses et espèces fourragères.
Rétablir la santé de la région nécessite d’attirer les paysans locaux et les faire participer activement aux programmes de reboisement et protection de l’environnement local. Pourtant, longtemps les forestiers d’Auroville sont restés incompris et suspects aux regards de la population. Mais les résultats sont maintenant visibles, tant et si bien qu’en 1982, le ministre indien de l’environnement subventionne un projet sur 5 ans. Il s’agit de planter de nombreuses variétés d’arbres et d’étudier scientifiquement leur évolution afin de sélectionner des techniques et des espèces dont pourraient bénéficier d’autres régions indiennes aujourd’hui déboisées.
Les arbres grandissent, des microclimats s’instaurent et de nombreuses espèces d’oiseaux réapparaissent, utilisant le site d’Auroville comme lieu de passage hivernal sur leur route migratoire, ou comme habitat permanent. En 1972, on dénombrait 40 espèces d’oiseaux; en 1983 26 espèces locales et 45 nouvelles s’ajoutent à la liste. Aujourd’hui en plus des espèces indigènes on recense 74 espèces d’oiseaux, sans oublier les reptiles, petits mammifères, amphibiens, singes et rongeurs. Cette résurgence de la vie animale reflète un nouvel équilibre et le passage d’un eco- système semi-désertique à celui d’une jeune forêt. On estime actuellement que plus de 2 millions d’arbres recouvrent la majeure partie du territoire d’Auroville.
Aujourd’hui la cité, c’est vrai, est encore en devenir. Pourtant le paysage n’est plus le même. Les premières phases du programme écologique d’Auroville ont montré que la nature, quand elle est soutenue et protégée, possède un remarquable potentiel de régénération. De jeunes forêts ont remplacé les terres désertiques de ce plateau dévasté. Le paysage a été métamorphosé par la volonté et les rêves d’une poignée d’hommes.
Actuellement Auroville est érigée en municipalité, forte de ses 80 villages abritant 1200
âmes, dispersés sur 20 km2, placée sous la double tutelle de l’U.N.E.S.C.O. et du gouvernement
indien. Gageons que cette protection permettra aux aurovilliens de continuer leurs rêves et de
relever de nouveaux défis, notamment le développement technologique concernant les énergies
douces telles que le bio-gaz et le solaire.
Joëlle Piednoir
Non, on n’est pas aux puces de Saint-Ouen
ou de Montreuil .
On est à Pondichéry et ce sont des touristes
de passage qui regardent les objets exposés !