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CCP

Cercle Culturel des Pondichériens

Histoire, culture et patrimoine des anciens comptoirs français de l'Inde

Lettre du CCP n° 30

Décembre 2000

Sommaire

  • — Poudoutchéry 1914
  • — Echange de Pondichéry contre Maurice
  • — Pas de porte à vendre !
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Numéro 30 de la Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens — Décembre 2000.

GJr;Nrup 1914

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       Poudoutchéry 1914 

Que Parâsakti protège bien mon cher frère Nellaiyappa piLLai !

       Mon frère, 

Ecris les éloges de Tamilnâdou. Ecris que les tares de Tamilnâdou doivent disparaître.

Ecris que les écoles doivent se multiplier tous les ans au Tamilnâdou. Ecris que, dans ces écoles, on doit s’élever en apprenant les nouveaux arts et sciences.

Au Tamilnâdou, il n’y qu’un jâti (*). Son nom est ‘jâti tamoul’. Ecris que c’est le fils aîné de la famille d’‘Arya jâti’.

Ecris que l’homme et la femme sont comme les deux yeux d’une personne. Ecris que l’un n’est pas inférieur à l’autre. Ecris que celui qui abaisse la femme se cache un oeil.

Crie: Entreprise, entreprise, entreprise. Crie que celui qui sait bien tondre est de naissance supérieure à celui qui récite les Védas inutiles.

Que le commerce fleurisse ! Que les machines s’accroissent !

Qu’on intensifie les efforts ! Proclame que les mille branches des sciences de la nature, telles que la musique, la sculpture, la mécanique, la géographie, l’astronomie se multiplient au Tamilnâdou.

Chante Sakti, Sakti, Sakti. Avec mes voeux, mon frère, Bârady. (trad.par M.G.)

(*) mot d’interprétations variées selon l’époque et la personne, surtout au Tamilnâdou (NdlR)

ghujpahupd; fbjk; La lettre de Bâradiyâr

       Encore une fois, il nous est agréable de publier quelques pensées de Soubramaniya Bâradiyâr, non 

seulement parce qu’il est le plus grand des écrivains et poètes tamouls contemporains (fin XIXe - début XXe siècle), mais aussi parce qu’il a écrit et composé beaucoup d’oeuvres surtout pendant son séjour à Pondichéry.

       On trouvera, ci-dessous, un extrait de sa lettre datée de 1914, à Mr.Nellaiyappa Pillai, envoyée dans 

l’intention de lui donner quelques conseils pour ses écrits. On ne manquera pas de remarquer l’enthousiasme ISSN 1273-1048 No. 30

Décembre 2000


Organe de Liaison des Ressortissants de l’Inde ex- française : Pondichéry, Karikal, Mahé, Yanaon (et Chandernagor)

Lettre du CERCLE CULTUREL DES PONDICHERIENS


GJr;NrhpaH fiy kd;w kly; Rédaction : M.Gobalakichenane, 22, Villa Boissière,
91400 - Orsay, France Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 30 Page 1

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Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 30 Page 2 Echange de Pondichéry contre Maurice (ex-Isle de France)

        Pondichéry a été occupée plusieurs fois par les Anglais au cours du XVIIIe siècle. 

Ainsi, occupée en 1761, elle fut rendue à la France par le Traité de Paris de 1763 ; puis, réoccupée en 1778, elle fut rendue par le Traité de Versailles de 1783 et elle sera encore occupée par les Anglais en 1793. Cette fois, la France ne récupérera Pondichéry et les autres établissements qu’en 1816, après la défaite complète de Napoléon.

                   Compte tenu de l’éloignement de ces établissements épars en Inde et surtout de la 

configuration même très extriquée du territoire de Pondichéry, la France a quelques fois pensé très sérieusement à échanger les comptoirs de Coromandel et de l’Orixa contre l’Ile de France (Maurice), plus proche et plus facile à gouverner avec moins de problèmes de voisinage. Nous proposons, ci-dessous, un mémoire rédigé tout au début du XIXe siècle à l’intention des hautes autorités s’occupant des affaires extérieures, retrouvé aux Manuscrits Occidentaux de la Biblothèque Nationale.

Considérations sur les stipulations coloniales à insérer dans le Traité de Paix entre la France et l’Angleterre

(fructidor An 9)

        L’Angleterre a gagné dans la lutte actuelle (et) accroît chaque jour  sa prépondérance 

maritime et commerciale. Elle a, par le fait, l’empire de la mer qu’elle affecte de droit.

        En ce qui concerne la France, nul doute qu’elle ne doive rentrer sans difficulté dans 

tous ses établissements de pêche, de truite et de cultures coloniales dont elle était en possession avant la guerre de 1792, à l’exception seulement de l’Isle de Tobago en Amérique et de nos possessions à la côte de Coromandel et d’Orixa (1) qu’il faudrait abandonner aux Anglais, à la charge :

1/- d’une reconnaissance formelle de leur part de la liberté de navigation et de commerce dans toutes les mers d’Asie et de l’Inde, pour le pavillon français; 2/- que nous serons rétablis dans nos comptoirs de Mahé et
de Surate, à la côte de Malabar; 3/- qu’ils consentiront et garantiront à la République la cession que (leur) feraient les Portugais de la ville de Goa et de ses dépendances…

        Dans ce plan, l’Angleterre obtient trois choses 

inappréciables pour elle. La première, le port de Trinquemalé (jpUNfhzkiy), qui lui assure à jamais sa supériorité dans l’Inde tant qu’elle pourra le conserver; la seconde, une relâche commode pour ses expéditions et le rafraîchissement de ses équipes; la troisième, notre exclusion de tout mélange de propriété et de position à la côte de Coromandel et au Bengale.

        Mais, si ces cessions sont d’une très grande valeur 

pour elle, il faut convenir qu’elles sont d’une médiocre importance pour nous et que nous serions obligés d’en subir l’effet si nous hésitions d’en faire l’offre de gré à gré et diplomatiquement. Car nous ne donnerions guères aux Anglais que ce qu’ils avaient déjà ou qu’ils étaient sans cesse à portée de ravir ouvertement. Il est notoire que notre existence dans l’Inde était rampante, précaire, contentieuse et toujours humiliée. Ne vaut-il pas mieux y renoncer fièrement et ne conserver que le germe d’un avenir plus digne pour le développer à la première occasion favorable. Ce germe reposerait dans la continuation de la jouissance de nos Isles de France et de la Réunion, toujours menaçante pour la puissance anglaise en Asie; …dans la reprise plus en grand de nos établissements de Madagascar; dans nos comptoirs de Mahé et de Surate, à la côte de Malabar, et surtout, dans la possession de Goa, si nous pouvons l’obtenir. Il nous convient beaucoup plus d’avoir des points d’appui à cette côte qu’à la côte opposée pour la raison que nous y sommes plus rapprochés des Mahrattes qui pourraient nous prêter la main ou le soin contre les tyrans de l’Inde. Ceux-ci n’ont plus qu’eux à redouter, depuis la destruction du souverain de Mysore (2). D’ailleurs, cette côte de l’Ouest présente toujours un abord et des débarquemens plus faciles que la côte de l’Est où nous n’avions que des établissemens sans déffense, entourés de toutes parts par notre ennemi naturel destinés à être sa proie au premier coup de canon et l’objet constant de ses vexations dans le tems même de la plus profonde paix; en sorte que nous n’y faisions qu’un commerce à contre sens, presque toujours de seconde main et essentiellement onéreux à la Métropole, par l’emploi du numéraire qui y était nécessairement consacré et sans retour. Il nous sera plus avantageux d’y renoncer que de le continuer au bénéfice de la Grande-Bretagne et au détriment de nos propres manufactures que nous ne relèverons jamais que par la prohibition des produits de l’Industrie étrangère dont nous pouvons nous passer tels que la plus grande partie des exportations de l’Inde.

       ... Rentrant dans la sphère qui m’est propre, je demande si, en général, il ne nous sera 

pas utile d’avoir des colonies choisies et bien placées que d’en avoir un trop grand nombre ou de trop difficiles à secourir et à entretenir… Les secousses de la Révolution ont presqu’entièrement renversé ce qu’un siècle de peines et de dépenses avait édifié. Le colon est ruiné et ne saurait se relever par lui-même…Le gouvernement est épuisé par dix ans de guerre et d’efforts en tout genre. Il n’y a plus de capitalistes qu’à Paris et encore un petit nombre. L’agiotage seul les occupe. Qui viendra donc au secours des colonies souffrantes ? Le temps, le courage, la persévérance, un bon régime, le repos d’une longue paix. Il serait donc imprudent d’entreprendre aujourd’hui au delà de ses forces, surtout quand les bras manquent à la culture. Lui en donner et ressusciter une Traite, non d’esclaves, mais de cultivateurs obligés, sera sans doute un des premiers soins de l’Administration redevenue libre dans ses opérations et ses mouvements.

       Je vais reprendre maintenant les différents Etablissemens que les Anglais auront à nous 

rendre, de même que ceux que nous pourrions leur céder, pour les montrer sous un autre aspect que celui de leur importance politique et relative sous lequel je les ai présentés. Ce nouveau point de vue consiste dans le produit de chacun d’eux comparé avec les dépenses qu’il coûtait à la Métropole.

                                                                        Rendaient au       Coûtaient d’entretien  
  • Etablissements à restituer à la France: commerce à la France
  • St Pierre et Miquelon (Pêche de Terre-Neuve) 9 000000 120000
  • Isles de Gorée, Comptoir de Juda et autres Rendaient en 150000 de la côte d’Afrique, le Sénégal non compris traite de Noirs
  • La Martinique 26 000000 1 800000
  • Ste Lucie 6 000000 600000
  • Dépendances de la Guadeloupe 28 000000 900000 environ
  • Etablissements à céder:
  • Tabago 3 000000 env. 500000 (3)

  • Pondichéry et comptoirs de l’Inde 6 000000 2 500000 (3)

                                                                                                                         Baudry des Lauzières 
    

(1) Sur la côte de l’Orixa il y avait des loges, comme Machulipatam. (2) Tippou Sultân, fils d’Haïder Ali, après avoir vainement attendu les secours de la France, s’était défendu vaillamment contre les Anglais et avait trouvé la mort le 4 mai 1799 à Srirangapatam, sur le champ de bataille. (3) Apparemment, bénéfices insuffisants à l’auteur du mémoire, ce qui indique les attentes de profits de l’époque.

Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 30 Page 3 Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 30 Page 4

——————————————————————————————————————————————— Internet *** Internet *** Internet *** Internet *** Internet *** Internet *** Internet *** Internet *** Internet Les articles de La Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens sont également sur :
http: //www.perso.libertysurf.fr/karikalan/ccp.htm Pas de porte à vendre !

       1994, je foule la terre indienne pour la seconde fois et j'arpente en insatiable curieux les rues de 

Pondichéry. Mon regard s’attarde sur les maisons de style colonial de la ville blanche, témoins d’une splendeur et d’un rayonnement aujourd’hui disparus. Je découvre aussi dans “Poudoutcéri la noire” le style caractéristique de ces maisons tamoules organisées autour du murram, où toute la grande famille se restaure ou se repose. Que d’histoire et d’histoires derrière ces façades décorées selon le rang et la condition de la famille qu’elles abritent !

      Ne pouvant franchir par respect chacun des seuils si 

accueillant, enguirlandé ou orné d’un kôlam, mon regard se satisfait d’un voyage qui se révèle extraordinaire sur les boiseries surplombant la colonnade du tinnaï et l’huisserie, voire le linteau de la porte d’entrée principale. Ce splendide travail d’un artiste inspiré par les convictions religieuses, les aspirations et surtout les recommandations du futur propriétaire, me semble constituer l’âme visible de la demeure et la carte de visite de ses occupants.

      Mais cette âme est-elle éternelle ou disparaît-elle après 

le départ de la dernière famille laissant la nature et les pillards faire le travail du promoteur en dépouillant les ruines des matériaux récupérables ? Car, si la vie moderne offre aux jeunes couples la possibilité de s’installer en toute intimité dans des appartements, les anciens disparaissant peu à peu laissent à l’abandon ces maisons devenues maintenant d’un autre âge.

      Les années suivantes, à chacune de mes visites dans les rues brûlantes et poussiéreuses de Pondy, ma 

peine était grande de ne plus revoir une façade que j’avais admirée. En observant, s’il existait encore, le tas de ruines, j’imaginais ce qu’avait pu être l’intérieur et je cherchais des yeux les restes de ces boiseries magnifiques qui ont exhibé à la population pendant des siècles le faste, la prospérité, la piété ou la générosité des propriétaires. Mais cette recherche restait vaine et je pensais que les chapiteaux, linteaux, portes et autres tympans avaient fait bouillir nombre de portions de riz pour les familles hébergées par les trottoirs de la ville…

      En 1999, lors d'un de mes derniers passages dans la région, en excursion sur la route du nord vers 

Auroville, j’ai vu pour la première fois un fantôme. Sur le bord de la route, exposées au soleil, reposaient deux grandes portes sculptées entourées de l’huisserie complète en attente d’acheteur, particulier ou antiquaire, venu d’occident. Au sol, étaient entassés des chapiteaux de colonne, peut-être issus de la même maison.

      Doit-on se consoler en pensant qu'une nouvelle carrière est offerte par ses vendeurs opportunistes aux 

œuvres d’art d’une architecture agonisante ? Je préférerais pour ma part continuer de jouir du spectacle in situ, pourvu qu’il soit possible de préserver un peu de ce qui reste en témoignage. ————————————————————————————————————————————— GJr;Nrupah; fiy kd;wk; vd;w ngah; nfhs;Sk; Kd;Ng> 1991-Mk; Mz;L xh;Nr - Ny cyP]; (Orsay - Les Ulis)-,y; trpj;j jkpoh; nghq;fy; gz;bifia Kjy; Kiwahff; Nfhyhfykhff; nfhz;lhbdh;.

2001-Mk; Mz;by;mio-Mb nad;Dk;
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Photo : M. Gobalakichenane