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CCP

Cercle Culturel des Pondichériens

Histoire, culture et patrimoine des anciens comptoirs français de l'Inde

Lettre du CCP n° 28

Juin 2000

Sommaire

  • — Le temps
  • — Un Monde où tout se tient
  • — La performance tamoule à Maurice au 18e siècle
  • — Appel aux Lecteurs
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Numéro 28 de la Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens — Juin 2000.

Lettre du ISSN 1273-1048 தட்பர்‌ CERCLE CULTUREL DES coeur PONDICHERIENS No. 25

48 Juin 2000

இழிகுலத்தோர்‌

Organe de Liaison des Ressortissants de l’Inde ex- மடல்‌ française : Pondichéry,

Rédaction : M.Gobalakichenane, 22, Villa Boissière, Karikal, Mahé, Yanaon 91400 - Orsay, France

இடாதார்‌ புதுச்சேரியர்‌ கலை மன்ற

(et Chandernagor)

Un poème moderne

Après la publication de la traduction de certains couplets de Silappadigâram (சிலப்பதிகாரம்‌), nous faisons un grand saut dans le temps pour publier l’oeuvre d’un poète contemporain.

Originaire de la région de Tirunelvely, VaNNanilavane (வண்ணநிலவன்‌) est l’un des poètes populaires, aujourd’hui au Tamil Nadu. Il a d’abord collaboré à la revue satirique bien connue “Tughlak”(si$aré) paraissant à Chennai (சென்னை), puis à l’excellente revue littéraire mensuelle “SubhamangaLa” (சுபமங்களா), malheureureusement disparue après le décès de son fondateur Kômal Swaminâthan (கோமல்‌ சுவாமிநாதன்‌). Il a écrit aussi des nouvelles.

Dans ses poèmes, outre une nouvelle de forme de poésie moderne, on trouve une recherche du sens de la vie et des raisons de l’injustice sociale. Nous prpoposons ci-dessous l’une de ses oeuvres datée de 1990.

காலம்‌ Le temps காலத்தை என்ன செய்ய : Que faire du temps பேனாவைக்‌ கைக்குட்டையைத்‌ Tel un stylo ou un mouchoir தொலைப்பது போல்‌ காலத்தைத்‌ Je ne peux le perdre தொலைக்க முடியவில்லை. La pendule qui indique l’heure

காலம்‌ காட்டும்‌ கடிகாரம்‌ Ignore tout du temps

பு லம்‌ பற்றி அறிந்ததில்‌ை னத டத்‌ Les êtres qui volent et rampent,
DEC PASS ER AE ISSN AU Les sages vaches couchées aux arrêts de bus,
படுத்திருக்கும்‌ IPS பகள்வி Les oiseaux de verre qui observent les visages
முகம LTD அண்மைாடிக குருவிகள்‌ 1400 aucun souci de temps :
ni nie sole. அற Excepté moi.
்‌ அரு பியல்‌ nertinntinl 2 தவிர. Que je sois éveillé ou endormi,
விழித்தாலும்‌, உறங்கினாலும்‌ M ம்‌
0 ட accompagnant inutilement,
ண என்னுடனிருக்கும்‌ சக À =

. . Que faire de ce temps ?

காலத்தை என்ன செய்ய ?

VaNNanilavane (1990)

வண்ணநிலவன்‌ (1990) (trad. par Ponny G.)

Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 28 Page 1

Un Monde où tout se tient (par Maurice Schumann) மோரிசு சூமான்‌ கண்ட பிணைந்திருக்கும்‌ உலகம்‌

Quand Lénine écrivait : “Le chemin le plus court de Moscou à Paris passe par Pékin, Tokyo et Calcuttæ”’(1), il dessinait le cadre dans lequel doivent être replacées 165 nouvelles complexes, sinon confuses qui nous parviennent d’Asie.

Deux événements récents nous aident à définir l’attitude indienne. D’une part, le 18 octobre (1949), à l’Université de Colombia, le Pandit Nehru exprimait l’espoir qu’un gouvernement “souverain et indépendant” se constituerait bientôt en Indochine, sans se référer explicitement ni à Bao Dai ni à Ho Chi Minh ; d’autre part, le 21 octobre, à Singapour, le représentant de l’Inde se prononçait en faveur de l’admiristration conjointe à la Commission Economique pour l’Extrême- Orient des délégués de Ho Chi Minh et de Bao Dai.

A ces deux faits s’ajoutent deux données permanentes qui ஜஜ peuvent étayer une appréciation valable sur le mémorandum que le gouvernement de la Nouvelle-Delhi க fait remettre au cabinet de Londres. En premier lieu, il est hors de toute vraisemblance que le Pandit Nehru puisse éprouver, envers la personne de Ho Chi Minh et son entourage communiste, la moindre sympathie ou même garder à leur sujet la moindre illusion : on sait, en effet, que /es dirigeants de l’Inde nationale ne manquent pas une occasion de dénoncer le bolchevisme comme un attentat permanent contre la spiritualité hindoue, qu’ils font grief aux Anglais d’avoir favorisé la propagande stalinienne, de 1941 à 1945, pour saper le crédit du Mahätma et combattre l’influence du Congrès, enfin qu’ils pourchassent et emprisonnent systématiquement les communistes, notamment dans le Bengale et dans la province de Madras (qui comprenait le Tamilnâdu, une partie de l’Andhra Pradesh et la partie côtière du Karnataka). En second lieu, il n’est pas moins inconcevable que Nehru fasse spontanément appel à l’Angleterre, soit pour l’opposer à une autre puissance européenne en Asie, soit pour la traiter comme une sorte d’arbitre dans un conflit asiatique. Certes, les animateurs de l’Inde nouvelle qui ont choisi, de rester à l’intérieur du Commonwealth demeurent fidèles à l’esprit de Gandhi, en voulant substituer à l’ancienne inimitié une entente d’égal à égal entre le colonisateur et le colonisé d’hier. Certe, le mémorandum, en admettant qu’il soit authentique, était destiné à demeurer secret; mais, deux ans après la proclamation de l’indépendance indienne et au moment où un corps expéditionnaire britannique poursuit une lutte farouche en Malaisie, on imagine malaisément que l’idée de prendre l’ Angleterre comme juge ou comme témoin ait pu germer dans le cerveau du Pandit.

Mais, tout s’éclaire, à partir du moment où on se rappelle qu’une conférence des diplomates et des chefs militaires en Extrême-Orient doit s’ouvrir aujourd’hui même, à Singapour. En effet, 1l nous paraît évident qu’avant de s’orientet définitivement vers la reconnaissance மே gouvernement de S.M. Bao Dai, le cabinet britannique a consulté la Nouvelle Delhi et il nous paraît vraisemblable que la réponse ait été substantiellement la suivante : “Faites comme nous ; Ne choisissez pas entre Bao Dai et Ho Chi Minh ; Attendez plutôt que les nationalistes non communistes qui s’étaient ralliés au Viet-Minh aient imposé une troisème solution”.

(1) Calcutta était encore la ville la plus importante de l’Inde.

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Pour expliquer cet état d’esprit, il est tentant de recourir à une comparaison. Pendant l’année qui a suivi le 28 juin 1948, c’est-à-dire son excommuniation par le Kominform, Tito s’est acharné à démontrer qu’il ne se laisserait pas rejeter dans le camp occidental : plus il était dénoncé comme schismatique, plus sa susceptibilité marxiste était en quelque sorte avivée. De même, les défis qui lui sont lancés par le Kominform asiatique et les périls que la victoire de Mao Tse Toung fait planer sur l’Inde nationale obligent 16 Pandit Nehru à rompre la solidarité qui, pendant si longtemps, unit les révolutionnaires et les nationalistes asiatiques.

Mais, plus il est entraîné dans cette voie, plus son nationalisme se croit ombrageux. Jamais, il n’a tant insisté sur le postulat de la “neutralité indienne” qu’au cours de son voyage en Amérique; jamais, il n’a marqué tant de défiance envers la France (qu’il aime pourtant, au fond de son coeur) que depuis le jour où elle a garanti à ses Etablissements de l’Inde méridionale (2) l’indépendance dans le cadre de l’Union Française.

Cette attitude est compréhensible. Nous dirons même qu’elle est respectable. Mais, comme le prouve encore l’exemple de Tito, elle est fragile et surannée. De même que, si l’Occident s’était abandonné et si l’Amérique avait abandonné l’Occident, il n’y aurait déjà plus d’indépendance yougoslave ; de même, le nationalisme asiatique serait, à la longue, hors d’état de faire face, si, la disparition des régimes coloniaux une fois assurée, il ne concluait pas une entente générale et permanente avec les démocraties occidentales. C’est le sens profond des accords conclus entre Bao Dai et la France, comme de l’entente rétablie entre l’Inde et l’Angleterre.

Maurice Schumann “République Française”, Pondichéry, 21-12-49

(2) Chandernagor, situé au Bengale, avait été rattaché à l’Inde, en 1949, après un référendum.

அ பபபபபபஅபப(பஅப((பஅபஅபஅபஅபஅபஅபஅபப(ப(ப।।|டடடட்பபட்ட்ட்ட்டட்டடடபயயயயயயயயயயயயயயயயயககககககக கையை

La performance tamoule à Maurice au 18e siècle

La performance sociale et culturelle tamoule à Maurice doit tenir compte du rôle joué par les Tamouls au 18e siècle, bien avant les ouvriers contractuels venus du sud de l’Inde au siècle suivant. En effet, des Tamouls du sud de l’Inde vivaient à Maurice depuis un bon siècle avant que les contractuels débarquèrent dans cette île.

Le rôle joué par les Tamouls au 18e siècle a une signification à plusieurs facettes : commerciale et économique, architecturale et industrielle. Les premiers Tamouls à débarquer à Maurice arrivèrent vers la fin de la deuxième décade du 18e siècle (1719). 115 vinrent comme tisserands et apportèrent à Maurice une compétence nouvelle qui n’y existait pas auparavant. Une décade plus tard, vers 1729, le Gouverneur français Dumas encouragea quelques ouvriers du sud de l’Inde à venir s’établir à Maurice. En quelques années (1735), le Gouverneur Zabourdonnaïs, apparemment impressionné par la bonne qualité de leur travail à Maurice, 777 venir encore d’autres ouvriers du sud de l’Inde. Ces ouvriers furent suivis par une horde d’artisans et commerçants (chettiyärs).

Les bâtiments de Port-Louis furent construits par les maçons, charpentiers et artisans

tamouls. Ceux-ci participèrent à la construction du bâtiment d’origine du musée de Port-Louis et aussi, semble-t-il, à l’érection de la mosquée Jummah de Port-Louis.

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Le Gouverneur Labourdonnais établit une industrie florissante de construction navale à Port-Louis. Et c’est avec l’aide très précieuse des ouvriers indiens qu’il réussit dans son entreprise. [1 envoya une escadre de vaisseaux à Madras pour aider les Français dans leur conflit contre les Britanniques.

Les ouvriers du sud de l’Inde formèrent aussi de nombreux Africains intallés à Maurice comme ouvriers et artisans et ce fut, en effet, un autre service rendu à Maurice.

Ce travail et cette activité des Tamouls à Maurice durant le 18e siècle aidèrent l’île du point de vue commercial et architectural. Mais, bien qu’ils durassent un siècle, ils n’eurent pas beaucoup d’impact linguistique et culturel.

Plusieurs, si non la plupart des Tamouls du sud de l’Inde, surtout ceux originaires de Pondichéry, étaient chrétiens (catholiques romains). Leur église était la même que celle de leurs employeurs - Eglise Catholique Romaine - et la construction de temple qui fait partie de la vie des Tamouls était rare à Maurice durant tout le 18e siècle. Il n’y avait pas non plus d’activité religieuse et culturelle qui s’épanouit généralement autour d’un temple indien.

La langue de l’Eglise Catholique à Maurice était principalement 16 Français. : Quelques uns des Tamouls qui arrivèrent du sud * de l’Inde à Maurice, au 18e siècle, connaissaient un peu le Français ou bien des rudiments de cette langue. Plusieurs d’entre eux voulurent connaître de plus en plus la langue de leur église et de leurs employeurs, en particulier à l’époque où le Français était la langue de la Société cultivée.

Ceci étant, ces Tamouls du sud de l’Inde furent les premiers à introduire /a langue tamoule à Maurice. Ce fut, en fait, la première langue indienne parlée dans l’île. Mais, le développement important linguistique et relig.eux de la culture tamoule devait attendre l’arrivée des immigrants contractuels du sud de l’Inde au siècle suivant.

L.P.Ramyead (1989)

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La Rédaction invite ses lecteurs à proposer des articles d’une à deux pages sur un point particulier lié : à Pondichéry à l’époque française (1674-1962), à la francophonie actuelle dans les anciens comptoirs français, aux survivances des liens franco-tamouls en Inde et France,etc

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