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CCP

Cercle Culturel des Pondichériens

Histoire, culture et patrimoine des anciens comptoirs français de l'Inde

Lettre du CCP n° 27

Mars 2000

Sommaire

  • — Quelques couplets de « Silappadigâram » d’ILangô
  • — Dupleix Fatehabad (Ville-Victoire de Dupleix)
  • — Katakamij katékarikayoukamâ (ou l’encryptage-décryptage dans les jeux et chez les anciens tamouls)
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Numéro 27 de la Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens — Mars 2000.

Lettre du ISSN 1273-1048

CERCLE CULTUREL DES PONDICHERIENS N 0. 2 7

FEXXX Mars 2000

புதுச்சேரியர்‌ கலை மன்ற பெத்த மனம்‌ பித்து மடல்‌

பிள்ளை மனம்‌ கல்‌ லு Rédaction : M.Gobalakichenane, 22, Villa Boissière, Karikal, Mahé, Yanaon 91400 - Orsay, France

Organe de Liaison des Ressortissants de l’Inde ex- française : Pondichéry,

(et Chandernagor)

Quelques couplets de “Silappadigâram” d’ILangô இளங்கோவின்‌ சிலப்பதிகாரச்‌ சிநீதியல்‌ வெண்பாக்கள்‌ சில

Silappadigâram (சிலப்பதிகாரம்‌), l’une des grandes épopées classiques tamoules, aurait été composée il y a 15 siècles environ. Elle retrace l’histoire de la fidèle KaNNagui கண்ணகி), fille du négociant Mânäikkan, originaire du pays Chôla, mariée à Kôvalane (கோவலன்‌), fils du négociant Mâsâttouvâne.

Après avoir perdu sa fortune auprès de sa maîtresse, le jeune mari volage repenti décide d’aller avec la fidèle KaNNagui se faire une nouvelle vie à Madourai மதுரை), capitale du roi Pândya. Mais là, il se fait injustement accuser et condamner à mort précipitamment pour le vol d’un anneau de la Reine. Cette exécution rapide et sommaire entraîne la fureur de KaNNagui qui se rend au palais du Roi Pândya, avec son deuxième anneau et prouve l’innocence de Kôvalane. Atterré par l’injustice commise, le roi meurt de suite et la mort de la reine s’ensuit immédiatement. Mais, sa colère ne s’apaisant pas, KaNNagui continue de brûler la capitale Madourai par ses malédictions qui puisent leur force dans sa fidélité de femme (கற்பு).

Puis, écoeurée par la vie terrestre, elle se dirige vers le pays Chéra en quête de vie spirituelle. L’épopée parle de montagnards ayant la vision de divinités célestes venus l’emmener vers 168 cieux.

Ainsi, Silappadigâram met en scène les trois royaumes classiques tamouls. À titre d’illustration, on trouvera, ci-dessous, la traduction des 12 premiers vers du chapitre Pougâr (4 couplets).

புகார்க்‌ காண்டம்‌ Chapitre Pougâr

திங்களைப்‌ போற்றுதும்‌! திங்களைப்போற்றுதும்‌ Gloire à la 106! Gloire à la lune கொங்கு அலர்தார்ச்‌ சென்னி குளிர்வெண்‌ குடை Pour ses rayons aussi frais que l’empire de

போன்றுஇவ்‌ Notre souverain dont la guirlande (de fleurs de அம்கண்‌ உலகு அளித்த லான்‌. victoire) répand du pollen. ஞாயிறு போற்றுதும்‌! ஞாயிறு போற்றுதும்‌ Gloire au soleil! Gloire au soleil காவிரி நாடன்‌ திகிரிபோல்‌ பொன்கோட்டு Rayonnant autour de la belle montagne dorée மேரு வலந்திரித லான்‌. Mérou Comme 18 Roue-Loi du Roi du pays de Câviry. மாமழை போற்றுதும்‌! மாமழை போற்றும்‌ Gloire à la pluie! Gloire à la pluie

நாமநீர்‌ வேலி உலகிற்கு அவன்‌ அளிபோல்‌

தனு ்‌ ்‌ ! Dont la générosité sur ce monde entouré par la மேல்நின்று தான்‌ சுரத்த லான்‌.

Mer menaçante est pareille à celle de notre Roi.

பூம்புகார்‌ போற்றுதும்‌! பூம்புகார்‌ போற்றுதும்‌ Gloire à Poûmpougâr(*)! Gloire à Poûmpougâr

வீங்குநீர்‌ வேலி உலகிற்கு | அவன்‌ குலத்தோடு Car sa célébrité, dans ce monde entouré par la ஓங்கிப்‌ பரந்‌ தொழுக லான்‌. mer immense, Egale celle de la Dynastie des Chôla. G.Câvéry (*) Capitale du royaume Chôla

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Dupleix Fatehabad (Ville-Victoire de Dupleix) துய்பிளெக்சு பத்தெயாபாத்‌ (துப்பிளேக்கிசு விசைய பேட்டை)

Cette ville était destinée à rappeler le triomphe français aux Indes et son emplacement, resté longtemps une énigme, fit l’objet d’une thèse de Monsieur Alfred Lehuraux, présentée en 1941 au Congrès d’Histoire de l’Inde à Hyderabad. Cette communication fut publiée en tirage limité de 50 exemplaires aux frais du Gouverneur.

La première partie de ce document décrit la période et les auteurs du récit, puis les faits qui conduisirent à la fondation éphémère de cette ville et enfin l’identification de son emplacement.

யாஷ்‌, vraisemblalement à l’instigation de son épouse, avait conçu l’ambition d’être nommé à la dignité “Mansubadar” SOCIÉTÉ DE. DRIRIOIRE DE D’INDE FRANÇAISE de l’Empire Moghol pour Pondichéry. Le Firman Impérial rendu le 14 du mois de Zilhizza, an 23 du règne de Muhamad La découverte de Dupleix- Fatheabad Shah (19 février 1741) le nomme; “Général, Directeur pour la Nation française de Pondichéry et zamindâr de cette même rar ville, avec mansâb de 2500 cavaliers pour son Zat et de 2000 தம்ம LEHURAUX cavaliers pour son Sawar … (et) aussi 16 Nagara (Timbale) et 16 Drapeau”. :

La théorie colonisatrice de Dupleix était que :

  • toute colonie de commerce ne peut se soutenir par le simple bénéfice de son activité, il lui faut un revenu fixe et assuré, surtout losqu’elle & de grands établissements à soutenir,

revenu provenant de son inertion dans le système moghol; டட ரய 2 ன்‌ 2 பத த்‌ 5 3 BIBLIOTHAQUE COLOWLATE ADIMIONS: LEXQUX

  • toute compagnie doit éviter l’exportation d’or et AGE 0௯ ௦௭௦௦0 24, AUX ROSAPARTE d’argent. + ததன்‌

AUPRIMENTE SANDHANAM, நமநப,

Cette théorie fut reprise et amplifiée, à la fin du XVIIIe siècle par Wellesley qui réussit là où Dupleix échoua.

La Compagnie de Londres, créée le 31 décembre 1600, devient en 1612 une compagnie à actions avec 24 Directeurs élus par les propriétaires de 2000 livres de valeurs. Elle fusionne en 1702 avec la Compagnie anglaise et prend 16 nom de “Honorable East India Company” qui imite la Compagnie hollandaise en fondant des “factoreries” fortifiées le long des côtes et commence à intervenir dans les affaires intérieures indiennes.

L’”’Honorable Company” soutient Mohamed Ali comme nabâb du Carnatic contre Hussein Dhost Khan dit “Chandâ Sähib”, autre prétendant, soutenu par Dupleix.

_.. Chanda Sahib, le favori des Français, tente de s’emparer d’Ârcâte où le Nizam avait placé Anâverdi Khäân ; il est fait prisonnier par son beau-frère Sabder-Ali. Cependant, grâce à 868 intrigues, il obtient d’être nommé, pendant sa captivité, nabâb d’Ârcâte (cette nabâbie comprenant Gingy(Gs64) et Tanjore(sé rar) comme tributaires), mais sans pouvoir réel.

Le 15 juillet 1749, selon la décision de Dupleix, l’armée française marche sur Ârcâte pour rejoindre les armées de Chanda Sâhib et de son allié Mouzäâffer Khân, alors nabâb d’Adoni. La rencontre avec l’armée d’Ânâverdi Khân a lieu à Âmbour où ce dernier est tué, alors que son fils Mohamed Ali s’enfuit à Trichinopoly. Chandâ Sâhib est proclamé nabâb d’Ârcâte; quelque temps après, il souhaite parfaire sa victoire en allant prendre Trichinopoly. Mais, en manque d’argent et prétextant des non-paiements d’arriérés, il se détourne de son chemin pour assiéger la ville de

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Tanjore, en principe tributaire du nabab d’Ârcâte. La ville parlemente et reçoit entre temps des renforts du Nizam du Deccan, Naser Jang. Le siège est levé et l’armée française se replie sur Pondichéry avec ses alliés réduits à 7000 combattants alors que l’armée du Nizam comprend 50000 hommes dont 15000 combattants parmi lesquels 600 européens des troupes anglaises. Après une vaine canonnade, la disette et la maladie forcent le Nizam à se retirer, mais celui-ci réussit à emmener comme prisonnier son neveu Muzâffar Jang, autre prétendant à la soubabie de Deccan et surtout allié de Dupleix.

Les approches de Dupleix auprès du Nizam sont mal reçues, mais lui gagnent des partisans, en particulier, auprès des chefs pathans. Le Nizam Nasr Jang repart vers 16 nord, après avoir laissé 12 à 15000 hommes à Mohamed Ali qu’il a nommé nabâb du Carnatic.

Mais, Dupleix veut reprendre le terrain abandonné. Le 1er septembre 1750, 3000 français commandés par d’Auteuil écrasent en deux jours 15000 ennemis, leur causant 500 morts et n’ayant que 4 blancs blessés et 18 indiens tués par l’explosion de deux chariots de munitions sous l’effet d’une fusée ennemie. Les hommes de Bussy marchent sur Gingy où s’est replié Mohamed Ali et la forteresse réputée imprenable est occupée lors d’un assaut nocturne hardi 16 11 septembre au coût de 10 morts et de 12 blessés.

Vers le 15 octobre 1750, Naser Jung, avec 45000 cavaliers, 60000 fantassins, 700 éléphants et 300 canons, quitte Ârcâte sous une pluie battante qui ne leur permit de faire que 50 Km en 15 jours. Un détachement de 36 dragons de l’armée française est détruit. L’armée du Nizam se scinde pour CONVERGING ROUTES AT VELLIMEDU ௫. ARCOT) camper. Les Nabâbs de cette armée commencent à monter une conspiration au profit de Muzâffer Jung, Arcot neveu prisonnier du Nizam.

Le Nizam fait des approches à Dupleix; il est vraisemblablement campé à VeLLiméDouppèT (வெள்ளிமேடுப்பேட்டை). Prévot de La Touche commande l’armée française comprenant 800 européens et 3000 cipayes avec Kerjean, neveu de Dupleix à l’aile gauche et Bussy à l’aile droite. L’attaque française a lieu le 16 décembre 1750, à 5 heures du matin.

Le Nizam fait placer Mouzäâffer Jang sur un éléphant, entre deux bourreaux prêts à lui trancher la tête et va demander aux chefs pathans de combattre. Himmat Bahadur Khan, seigneur de Karnoûl, lui répond insolemment et l’abat. À 9 heures, Muzaffer nr Jung est proclamé Nizam du Deccan et Chanda Sahib Fa TT றா ங்கை » nommé nabâb d’Arcâte. Le nouveau Nizam et le + nouveau nabâb viennent rendre visite à Dupleix, à க ன்‌… பவை sa Pondichéry et les Français obtiennent des concessions Smet ப ட வவ et des avantages commerciaux, procurant à cette nation “un revenu d’au moins 5 millions”.

ணி ட்ப டைத Cuddalore TR லு ப அன்‌

Dr வ

Dupleix fonde alors, pour commémorer sa victoire, DUPLEIX-FATHEABAD), c’est à dire “Ville-Victoire de Dupleix” (1), sur le lieu du combat.

(1) Le célèbre courtier-chroniqueur Ânandarangappillai, qui rapporte une conversation à ce sujet avec Dupleix, lui à proposé 16 nom tamoul : Dupleix Vijaya Pettai (துப்பிளேக்கிசு விசைய பேட்டை): le Gouverneur demande d’inscrire sur la colonne les fleurs de lys du roi de France, l’emblème de la Compagnie des Indes, ses armoiries, et le nom de la nouvelle localité fondée en six langues: français, persan, télougou, tamoul, mahratti, et gujerâti.

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En réalité, d’après Nilakanta Sâstri qui se rapporte à la chronique d’Ânandarangappillai, Dupleix en aurait fait tracer les plans, enterré des médailles commémoratives et élevé une “chauderie” en souvenir de la mort de Nasr Jang et aussi une colonne. Clive, après sa victoire à Ârcâte, fit démolir, en 1752, sur son chemin vers le sud, les marques de la ville. Puis, les traces et le souvenir disparurent peu à peu.

Ce n’est qu’en mai 1939, que comme le rapporte Lehuraux, le Professeur G.Jouveau- Dubreuil en identifia et en découvrit l’emplacement.

C’est à VeLLiméDou (Gas#@og) dit ausi VeLLimédouppéTTai, sur la route de TinDivanam à Vandavâsi, à 50 Km environ au nord-nord-ouest de Pondichéry, que les restes d’un cimetière musulman et les ruines de la “Chauderie où Robert Clive séjourne” (கிளைவ்‌ தங்கினானிடம்‌) aux caractéristiques des constructions françaises du XVIIIe siècle, ont été trouvés. En effet, le Frère L.Faucheux de Pondichéry rapproche les ruines restantes de cette chauderie à celles des chauderies de Maraccânam et de Kadappâkkam, au nord de Pondichéry.

Y Motais de Narbonne et M. Gobalakichenane

Katakamij katékarikayoukamâ (ou l’encryptage-décryptage dans les jeux et chez les anciens tamouls)

கதகமிகழ்‌ கதெகரிகயுகமா

Encryptage, Décryptage. sont des mots courants et bien connus maintenant non seulement des informaticiens, mais également du grand public. En effet, avec le développement des communications à distance des données, l’aspect sécurité est devenu une notion primordiale.

Ceci nous rappelle un jeu courant des jeunes tamouls que l’auteur a aussi pratiqué. On ajoutait un “ka”(s) devant chaque caractère et l’on prononçait l’ensemble de la phrase assez vite. La réponse venant de la même façon, une tierce personne non au courant de la méthode de cryptage utilisée était complètement perdue et ne pouvait pas suivre la conversation.

Par exemple,

kaékapkapô kavakankadaiï (கஎகப்கபோ கவகந்தே) et kanékaRkaRou kavakankadékan (கநேகற்கறு கவகந்தேகன்‌) veulent dire எப்போ வந்தே et நேற்று வந்தேன்‌

Et le titre கதகமிகழ்‌ கதெகரிகயுகமா n’est autre que தமிழ்‌ தெரியுமா.

Certes, quand l’expression est écrite, le très grand nombre de “ka” pourrait, à la limite, conduire certains sur la bonne piste, mais lorsque tout est dif assez vite, il est pratiquement impossible de suivre et de comprendre la conversation.

Il n’y a pas que les tout jeunes qui s’adonnaient à cette pratique. Les grands le faisaient aussi Nous proposons au lecteur de retrouver 16 texte correct de l’expression suivante telle qu’elle est effectivement inscrite dans un manuscrit sur 8/2 du XVIIIeme siècle:

மிபபநதபபகபபதைபபையபபையைபபபடிபபேோரகளதறபபபமமிலலலபபமபபலபபபடிககவேணும…1/. G

Internet *** Internet *** Internet *** Internet *** Internet *** Internet *** Internet *** Internet *** Internet Les articles de La Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens sont également sur : http: //perso.libertysurf.fr/karikalan/ccp.htm

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