Lettre du CCP n° 23
Sommaire
- — மறை பொருள் La chose cachée
- — Découverte de la Culture Tamoule : Tentative d’Intégration ?
- — 1954: Pondichéry entre l’Indochine et l’Algérie
- — L’Inde, rendez-vous de toutes les nations
Numéro 23 de la Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens — Mars 1999.
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புது ச் சேரியர் 60)6Ù மன்ற Organe de Liaison des ° Ressortissants de l’Inde ex-
LDL_6Ù française : Pondichéry,
Rédaction : M.Gobalakichenane, 22, Villa Boissière, Karikal, Mahé, Yanaon 91400 - Orsay, France (et Chandernagor)
மறை பொருள் La chose cachée
La littérature tamoule classique reste encore largement ignorée des Français et des Franco-Pondichériens. Elle est, certes, difficile à comprendre et apprécier, sans introduction préalable et sans connaissance approfondie de la langue.
Mais, la production littéraire tamoule, commencée il y a deux mille ans, continue encore de nos jours. Nous avons choisi, cette fois-ci, un poème contemporain en vers libres. L’auteur s’y exprime avec des mots simples ne présentant aucune difficulté majeure de compréhension.
எழுதியவரின் பெயரெதுவுமில்லாமல் Sans nom d’auteur
சென்றடையும் முகவரியுமில்லாமல் Sans adresse du destinataire உடம்பின் உறையுள் Dans mon enveloppe de corps மூடப்பட்ட தொரு bis Une lettre கடிதமாக Cachetée : என் னம் Mon coeur. உள்ளே இருப்பதை யாரறிவார்? Qui sait ce qu’il y a dedans ? ஒரு கவிதை இருக்கலாம் Peut-être un poème ; வரையப்பட்ட தொரு Ou un dessin
| வண்ணச் சித்திரம் இருக்கலாம் En couleurs ; யாரோ அனுப்பிய Ou bien un présent
அன்பளிப்பாக இருக்கலாம் Envoyé par quelqu’un ;
எதுவுமற்ற ஒரு வெற்றுத் தாளாகவும் இருக்கலாம் Une page blanche.
பிறவியின் பயனறியாத Ignorant le sens de la vie
ஒரு மூங்கிலைப் போலவே Tel une tige de bambou
முறிந்து கிடக்கிறேன் Je fs, brisé.
யார் யாரோ அடித்த ஆணித் துளைகளில் Par l’air qui traverse
ஊடுருவிப் போகிற காற்றில் Les trous de clous faits par on ne sait qui, காதுக்கும் கேட்காத De façon inaudible,
ஒரு சங்கீதம் உள்ளுக்குள் ஒலிக்கிறது. Résonne dedans une mélodie.
கெர்தறாம் செகதீச (sa கணையாறி, செம் 199) Sendoûram 2628018500, trad. de Câvéry G
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Découverte de la Culture Tamoule : Tentative d’Intégration ?
Nous sommes partis, quelques filles et garçons, à Kîlvéloûr (கீழ்வேளூர்), charmant village situé à 11 km à l’ouest de Nâgappattinam (Etat de Tamilnadu), pensant connaître les bases de la culture indienne, grâce à l’apprentissage du tamoul et aux cours de Monsieur Gobalakichenane, sans oublier les livres et articles lus avant le départ.
Les règles vestimentaires, le fait de se déchausser sur le seuil d’une maison, de ne pas avoir de contacts physiques en public. Mais, cela paraît ainsi relever du folklore local… Une fois immergés dans une foule de Tamouls, nous ne risquions pourtant pas de passer inaperçus avec nos pantalons, nos grosses chaussures, nos appareils photos : nous étions, nous en déplaise, de véritables touristes.
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Comment avons-nous réussi, avec nos attitudes occidentales et notre air parfois dégoûté face aux tas d’ordures, à nous faire accepter au sein des familles et plus largement du village? Les familles s’étaient préparées, depuis quelques mois, à nous accueillir: elles s’étaient sans aucun doute renseignées sur le mode de vie français; car, de la confiture et du pain de mie nous attendaient pour nos premiers petits-déjeuners !
Mais nous étions une surprise pour de nombreux villageois.
Les dix premiers jours, ceux de l’adaptation, furent les plus éprouvants, tant physiquement: habitudes alimentaires, chaleur, hygiène, que moralement: condition de la femme pour nous, jeunes occidentales, omniprésence parfois envahissante des familles.
Dans notre famille, 11 y avait deux filles du même 826 que nous; la mère attendait donc de nous le même comportement que ses filles. Malgré tous nos efforts pour ressembler à ces jeunes indiennes: coiffure, vêtements… il y a des habitudes ancrées dans notre culture aux antipodes de la leur. Peut-être aurions-nous dû porter le sari chaque jour, mais comment supporter plusieurs épaisseurs de tissu sous 40°C ? La tenue était une source quotidienne de discordes entre Anne- Claire et moi confrontées à la mère de famille. “Comment ça, ma robe est transparente? Je ne l’avais jamais remarqué en France”, “Et mon pantalon, il ne convient pas, pourquoi?”. Voici 125 questions que, chaque jour, nous nous posions. Mais, toutes ces tensions étaient vite oubliées quand nous mettions, pour un jour, un sari!
L’habillement n’était pas le seul sujet épineux. Nous avions souvent envie d’aller nous promener seules dans le village pour faire une course ou prendre quelques photos: il nous fallut parlementer pendant plus de deux semaines avant d’obtenir l’autorisation de nous rendre seules à l’école le matin ou d’aller rendre visite aux autres familles hébergeant nos amis en fin d’après midi. Mais, pas question d’aller dans les magasins seules: une fois, nous avons dérogé à la règle, et, fières de notre succès, nous fûmes bien dépitées le soir de nous rendre compte que la famille était au courant! Les bruits vont vite dans les petits villages où mille paires d’yeux nous observent. Nous nous promenions donc accompagnées d’une (ou plusieurs) indienne ou parfois de l’accompagnateur attitré du groupe qui méritait bien son nom : merci Philippe!
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J’ai exposé précédemment les problèmes majeurs auxquels nous 100065 confrontées, surtout en tant que filles; mais maintenant, avec du recul et les réflexions auxquelles nous amène cette expérience unique, je reléguerait tout ceci au rang d’anecdotes contrairement à la manière dont je l’ai vécu.
Je pense pouvoir dire que nous avons été intégrés aux familles, les exemples sont nombreux. Le plus parlant mais aussi le premier vécu par l’un d’entre nous, le premier matin, dans sa famille : David a été lavé, massé par le père de sa famille; il était, par conséquent, considéré de suite comme un fils par cet homme.
Cela ne nous paraissait pas évident sur le moment; mais, je suis maintenant certaine qu’Anne-Claire et moi même étions considérées comme les filles de la famille dès le premier jour. Sinon, pourquoi tant insister pour que nous nous comportions comme Magesh et Sangari, nos sœurs indiennes”?
Le jour où j’ai vraiment eu le sentiment de faire partie de la famille fut celui où nous avons accédé à la cuisine, domaine des femmes, et où nous avons eu le droit de préparer le repas avec la mère, la tante et les filles. Plus qu’une révélation, c’était un symbole.
L’exemple le plus comique pourrait s’intituler: la bise. Comme mentionné ci dessus, il n’est pas convenable de toucher une personne en public. Nous avons, à la fin du séjour, une fois les connaissances faites, montré à notre famille et à la directrice de l’école (dans une maison, volets fermés) comment les Français se saluent en se faisant la bise. Sourires gênés se transformant en fous rires chez les Tamouls, franche rigolade chez les Français, et on s’en tient là ? Mais non, quelques minutes plus tard, la directrice nous fait la bise à son tour et demande si c’est correct! Et voilà en quelques instants un tabou qui s’effondre, en privé uniquement. Mais, lors de notre départ, nous eumes tous le droit à une p’tite bise: le message était passé.
L’intégration au sein des familles s’exprime aussi au travers des mots employés lors de notre retour de Pondichéry où nous avons passé quatre jours entre Français, des mots employés lors de notre départ ou dans nos lettres, toujours les mêmes: mes filles, mes sœurs, votre mère, votre frère.
Dans le village, je parlerai plus d’une habitude que d’une intégration. On s’habituait à nous voir aller chez le tailleur, pour qui nous étions des clientes ordinaires et régulières ou acheter des bananes; les marques de sympathie, les saluts étaient plus nombreux de jour en jour, mais, nous nous sentions toujours étrangères, l’objet de nombreux regards surpris et curieux: nous ne faisions pas partie de l’environnement naturel. Nous n’avions pas assez d’opportunités pour discuter avec les villageois de leur vie, de notre pays pour être considérées comme des leurs, question de langue probablement.
Le départ fut un déchirement malgré toutes les tensions ; nous avions le sentiment profond et véritable de quitter une partie de notre famille, impression partagée, sans nul doute, par les hôtes tamouls : R. Saraswathi, la mère de famille, nous a dit avant que nous partions que nous étions ses deux autres filles et qu’elle était notre mère, termes qu’elle reprend dans ses lettres ainsi que ses enfants.
Malgré le premier choc de cultures, ce séjour restera une expérience enrichissante et inoubliable pour tous.
Tifenn Raffray, 19 ans (août 1998)
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1954 : Pondichéry entre l’Indochine et l’Algérie (*)
1954, date cruciale où la France abandonne l’Indochine. Mendès France veut régler dans la foulée 16 sort des Etablissements de l’Inde. Les deux pays hésitent à recourir au référendum; car. ils
ont l’un et l’autre peur qu’il ne donne une majorité à la France dans PE ைக்களளைை la ville de Pondichéry. À point nommé se produit un coup de புதுச்சேர
PONDICHÉRY théâtre sur lequel on épiloguera longtemps : Goubert (1) fait volte- =, face et prend parti pour l’Inde. Il ne reste plus qu’à organiser le transfert : la France et l’Inde se mettent d’accord pour le transfert de facto du territoire à l’Inde en attendant un traité de cession en bonne et due forme. En guise de consultation de la population, il fut décidé de demander à une assemblée comprenant les membres de l’assemblée législative et des conseils municipaux de se réunir et de voter… dans le bon sens. Cette assemblée historique se tint dans un village éloigné, à la frontière entre l’Union Indienne et l’Inde française, Kijour, fin octobre 1954 : 170 sur 178 votants dirent oui à l’assession à l’Inde. Le 1er novembre eut lieu la ணை ட கிம் passation de pouvoir. Une nouvelle ère commençait pour : 3 ET Pondichéry (2).
G.David, Pondichéry, Porte de l’Inde, 1998 (pp. 39-40)
(1) Edouard Goubert, créole de Pondichéry, connaissant peu la langue locale. Notons qu’il prend aussi alors un nom sonnant plus tamoul : “E.G.PiLLaï”
(2) Et pour l’Algérie ce même jour, car le F.L.N se déclarait ouvertement contre la France. C’est une période où l’Inde et l’Egypte (Ben Bella y était bien reçu) étaient, parmi les pays nouvellement libres et indépendants, les plus influents et les plus courtisés politiquement. Il n’est pas exclu que la France ait voulu plus ménager l’Etat indien que considérer la sympathie de la population locale restée remarquablement fidèle et, par là-même, osé sacrifier l’intérêt des “Pondichériens” en décidant de tirer un trait sur une page importante de son histoire en Asie.
(*) Le titre et les notes sont de la Rédaction.
L’Inde, rendez-vous de toutes les nations
Depuis longtemps, l’Inde est devenue le rendez-vous de toutes les nations. C’est un fait certain que l’auteur du Fedzgerat Assalattin allègue, en 1712, pour établir la supériorité de cette contrée sur 16 reste du monde. Ce qui prouve, dit-il, l’excellence de cet empire, c’est (que) les habitants des royaumes éloignés se séparent des biens, de leur patrie, arrivent dans l’Indoustan, s’y établissent; et le Roumi (le Grec, 16 Turc 640…) et le Zangui (l’ Abyssin), l’Arabe et 16 Frangui (l’Européen), l’Zrani et le Tourani (le Persan et le Tartare) deviennent tous Hindoustan(i)s ; que de pauvres qu’ils étaient, ils parviennent aux richesses ; du manquant du nécessaire à l’opulence.
C’est la fontaine de Jouvence. Le vieillard, dit l’auteur en vers, y vient et s’en retourne jeune; sa main est rendue souple et délicate comme la perle, ce qui y attire une telle quantité de monde que tout y devient cher.
Anquetil Duperron, Description de l’Inde, T. 2 (cité par Edouard Ariel)
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