Lettre du CCP n° 22
Sommaire
- — அரியேல் மொழிபெயர்த்த ஆத்திசூடி AttissoûDy traduit par E.Ariel
- — Extrait de l’Acte d’Etat-Civil d’Edouard Simon Ariel
- — La fortune d’A.H.Anquetil Duperron (7 déc 1731-19 jan 1805)
- — Les Européens et les Gentils ஐரோப்பியரும் (இந்து சமய) உள்நாட்டவரும்
- — Opinion que les Gentils ont des Européens
Numéro 22 de la Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens — Décembre 1998.
சிறு மீனெல்லாம்। CERCLE CULTUREL DES பய வேல் விலா PONDICHERIENS No. 22
XX XX X Décembre 1998
e . e புது ஏ சேரியர் பத் 60)60 மன்ற Organe de Liaison des ௧ Ressortissants de l’Inde ex- மடல française : Pondichéry, Rédaction : M.Gobalakichenane, 22, Villa Boissière, Karikal, Mahé, Yanaon 91400 - Orsay, France (et Chandernagor)
அரியேல் மொழிபெயர்த்த ஆத்திசூடி ÂttissoûDy traduit par E.Ariel
En raison de la disparition prématurée d’Edouard Ariel, à l’âge de 36 ans, son action à Pondichéry et ses oeuvres, souvent non terminées, restent inconnues. Nous avons déjà publié quelques unes de ses traductions comme le Koural (குறள்), la préface particulière de Tolgäppiyam (தொல்காப்பியம் சிறப்புப்பாயிரம்) et 16 poème en éloges du gouverneur de Verninac.
E.Ariel connaissait aussi l’AttissoûDy d’Avvaiyâr (ஒளவையார் ஆத்திசூடி). Séduit par le caractère universel des idées simples exprimées et par le sens pédagogique des principes moraux enseignés aux petits tamouls, tout au début de leur vie scolaire (திண்ணைப் பள்ளி), il a pris plaisir à traduire cet abécédaire d’Avvaïiyâr. Nous en donnons quelques extraits.
1 அறஞ் செய விரும்பு 1 Sois désireux de faire le Bien aRanj ceya viroumbou 2 ஆறுவது சினம் 2 La colère doit être apaisée
âRouvadou cinam
3 இயல்வது கரவேல் iyalvadou karavél
4 ஈவது விலக்கேல் 1780௦0 vilakkél .
5 உடையது விளம்பேல் ouDaiyadou viLambél
6 ஊக்கமது கைவிடேல் oûkkamadou kaïviDél
7 எண்ணெழுத் திகழேல் eNNejout 112828]
Ne cache pas tes ressources
ஆ si
mpêche pas une générosité le pas de ta richesse 006 pas à la persévérance
les chiffres ni les lettres
8 ஏற்ப திகழ்ச்சி 158016 éRpa digajcchi
9 ஐயமிட்டுண் auras donné l’aumône aiya mil TouN
10 ஒப்புர வொழுகு oppoura vojougou
11 ஓதுவ தொழியேல் ôdouva dogiyél
12 ஒளவியம் பேசேல் avviyam 06558]
13 அஃகம் சுருக்கேல் 13 Ne diminue pas le taux du grain aqkam souroukkél
12 Ne parle pas avec envie
Trad. d’Edouard Ariel (Pondichéry, vers 1848)
Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 22 Page 1
Edouard Ariel est issu d’une famille modeste. Nos efforts de recherche d’un portrait de lui
sont restés vains jusqu’à présent. Nous avons pu heureusement retrouver son acte de naissance. M.G
Extrait de l’Acte d’Etat-Civil d’Édouard Simon Ariel
L’an mil huit cent dix A ee ட்டக faim ft Libres த lu re — | | huit le cinq octobre à onze | ணை 22 மெட் சளி ல்க அம | heures du matin, devant வர் tale Cabine மிகி] | nous soussigné adjoint et | X ES வலிய ரே ர்க் அனை er அகன் | officier de l’Etat civil, பண்ணை: ததை ட தளை délégué de Monsieur le dE a த 2 Ten தக்கம், சமவமக Maire de Nantes, Chevalier வப பொக னை ஸ்ர டப் de Saint-Louis, a comparu le | sieur Simon Paie Po LE} 7 ச் FPE ee A Lieutenant des Douanes, 7% ககக னும் அனை demeurant quai Dugué nec pps PEL | Trouin, quatrième canton, ட அத ÉTÉ HD LES AS | lequel nous a présenté un |
enfant de sexe masculin, né ce jour à une heure du matin de lui déclarant et de Victoire Aglaé Gaudron, son épouse et auquel enfant il donne les prénoms d’Edouard Simon. Les dites déclaration et présentation faites en présence des sieurs Thomas Gaudron, commissionnaire, demeurant quai Flesselle et Jean Tudau, tisserand, demeurant Pont Sauvetout, majeurs, 16 second témoin ne signe, le premier et le Père ont signé avec nous le présent acte, d’après lecture leur faite.
Ariel Gaudron Vte de la Tullaye
La fortune d’A.H.Anquetil Duperron (7 déc 1731-19 jan 1805)
“J’avais passé près de huit ans hors de ma patrie et près de six dans l’Inde. Je revenais en 1762, plus pauvre que lorsque j’étais parti de Paris en 1754, ma légitime ayant suppléé au voyage à la modicité de mes appointements. Mais, j’étais riche en monuments rares et anciens, en connaissances que ma jeunesse (j’avais à peine trente ans) me donnais le temps de rédiger à loisir et c’était toute la fortune que j’avais été chercher aux Indes.”
(Anquetil Duperron, Voyage en Inde, 1754-1762, Ed. EFEO et Maisonneuve Larose, 1997, p.432)
Nouvelles du Cercle Culturel des Pondichériens
Lors de l’Assemblée générale tenue le 12 décembre 1998, le rapport moral et le rapport financier ont été approuvés à l’unanimité. Le solde actuel de l’association est de 8038,88 FF.
Le bureau actuel a été reconduit à l’unanimité. Il est composé de: Monsieur M.Gobalakichenane (Président-Fondateur), Madame Odile Leblon (Secrétaire) et Monsieur Michel Piednoir* (Trésorier). Outre les activités régulières, le Bureau s’est donné pour tâches principales d’améliorer encore la qualité de la Lettre, organe de liaison des ressortissants des anciens Comptoirs français dans l’Inde et de publier une traduction d’‘Edouard Ariel.
(*connu aussi, selon l’heureuse inspiration de Madame G. Sundari, en 1993, sous 16 nom de Karikâlan -கரிகாலன்- de réputation légendaire au Tamilnâdou.)
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Les Européens et les Gentils ஐரோப்பியரும் (இந்து சமய) உள்நாட்டவரும்
Les chrétiens de la côte de Coromandel sont en majorité catholiques et célèbrent très joyeusement la fête de Noël. Une dizaine de jours plus tard, ils célèbrent avec autant de ferveur l’Epiphanie qu’ils appellent “Fête des Trois Rois” (மூணு ராசா பண்டிகை) où “Pongal catholique” (கிறித்துவப் பொங்கல்). Ainsi, à Pondichéry, la veille de l’Epiphanie, on voit des dames, entourées de leurs enfants regardant avec émerveillement, dessiner des kôlams (கோலம்) magnifiques en signe de bienvenue aux nombreux visiteurs du lendemain. C’est sans doute un indice de la longue et heureuse adaptation de la nouvelle religion à la culture locale du pays.
Mais, à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle, il régnait encore un climat de grande méconnaissance réciproque, comme le prouve, par exemple, le manuscrit anonyme “Relation des erreurs qui se trouvent dans la Religion des Gentils Malabares”, daté de 1740, trouvé dans le Fonds tamoul de 170016 Française d’Extrême-Orient. Il s’en dégage cependant quelques vérités simples, oubliées plus tard, sur ce qu’on entendait alors par caste (“castre” dans le manuscrit), sur son application aux Européens (en fait Portugais de l’époque), sur les “Brames Sanyases” (entendez Révérends Pères et non les ascètes des ashrams hindous et 16 mot est encore d’usage dans ce sens à Pondichéry), sur l’influence des Brahmanes (Brames Hindous dans 16 texte) sur la mentalité de la population, sur la définition de la noblesse vue assez justement comme une caste, l’adaptation, non pas seulement du peuple tamoul converti, mais aussi d’abord des Pères catholiques eux-mêmes aux moeurs, us, coutumes et langages du pays de mission.
Nous en extrayons le septième et dernier chapitre intitulé “Opinion que les Gentils ont des Européens”, reproduit dans l’orthographe d’origine.
“Tous les Gentils de l’Inde appellent générallement tous les Européens Perenguy (பெறங்கி) ou Parangay (பறங்கெ) (*), nom qui est si vil parmi eux que nous n’avons point de parole dans notre langue qui en puisse exprimer la bassesse. Ils croient aussi que nous n’avons ny politesse ny science ny adresse. C’est pourquoi ils mourraient plutot de faim et de soif que de recevoir de nos mains un verre d’eau ou quelque chose à manger que nous aurions aprêté s’imaginnant que ce serait une infame et irrémédiable tache. Ils regardent comme le plus grand malheur qui puisse arriver à leur castre (sic) que quelqu’un se fasse chrétien et reçoive le Baptême des mains de quelque européen parce qu’ils disent que le disciple ne peut être au dessus de son maître et que le maître étant un infame selon eux, le disciple le doit être aussi ce qui leur donne lieu de croire que c’est une même chose de recevoir 16 Baptême et devenir chrétien et Infame, de quoy les Portugais sont auteurs parce que, les voulant convertir, ils ne leur demandaient pas s’ils voulaient embrasser la véritable religion affin de parvenir à la Gloire du Ciel, mais bien s’ils voulaient entrer dans leur castre et se faire Parengay comme eux. Cette manière de leur parler leur a fait concevoir une haine si grande contre notre réligion qu’ils souffriraient plutôt les peines de l’enfer que de se faire Parengay, ce qui fait bien voir l’aversion qu’ils ont pour nous et leur peu de connaissance des peines éternels (sic).
“Les Portugais en ont usé de la sorte pour ne sçavoir pas lors de leurs premiers établissements dans l’Inde les langues de l’orient et, voulant parler de religion avec eux, ils se sont servis des mêmes termes que les maures qui, leur voulant persuader de se faire Mahomettants, leur disent d’entrer dans leurs castres dont ils font plus de contes que de leur Réligion. Et, comme les Portugais ont imité cette forme de proposition, les Gentils jugent que celle des Européens est semblable à celle des maures. Ce qui les confirme dans cette opinion est de voir que les Européens mangent de la chair de vache, boivent du vin, crachent dans leur maison et enterrent leurs morts dans leurs Eglises qui sont autant d’actions abominables à leurs yeux. Ils assurent qu’il n’y a aussi que ceux qui sont versés dans leurs Sciences qui sont nobles comme les Brames qui seuls ont connaissance de la loy et que tous ceux qui sont de basse extraction sont absolument incapables d’en être instruits. C’est pourquoy ils ne font pas
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difficulté de dire qu’un homme infame comme sont les Parenguis pourra être riche et courageux, mais jamais sçavant et la raison qu’ils en aportent est qu’en la plus grande noblesse est la plus grande science, qu’ainsi étant impossible qu’un homme d’une naissance abjecte soit noble, il est aussi impossible qu’il soit sçavant. Mais, les sentences des Brames de même que leur noblesse sont chimériques ét leur science n’est pas plus solide, attendu que leur noblesse ne les empêche pas de faire milles actions qui passent pour très viles et très infames chez nous et leur sapience est compatible avec l’ignorance qu’ils ont de ne scavoir souvent ny lire ny écrire, n’est- ce pas là des gens bien scavants et bien nobles.
“Voilà, en quelque façon, un abrégé de cette Gentilité dont les langues familières sont la (sic) Tamoul, Talinga et Grandam, les deux premières parmy les différents peuples et la troisième parmy les Brames et les gens de lettres qui enseignent les sciences qu’ils ont écrittes aussi bien que les loix dans cette langue. Il est certain que la haine que les Gentils qui ne sont pas sujets des princes chrétiens ont pour nous les empêche de se divertir de leurs erreurs et se convertir à notre religion. Nos habillements, nos coutumes et nos manières sont tout à fait des sujets d’aversion pour eux; mais, la charité des R.R.J.J. les a engagés à prendre 168 habillements, les coutumes et 16 nom 06 Brames Saniases qu’on consulte comme des oracles et, se disant tels, ils ont persuadé à plusieurs idolätres qu’en Europe ainsi que dans l’Inde le peuple était divisé en hauttes et basses castres qui avaient le même mépris, c’est à dire les nobles pour les vils ouvriers, qu’on a icy. Et de là, ils ont pris quelques accès dans les terres où, sous le nom de Brames Saniases de Rome qui veut dire Brame lettré de Rome, ils ont converti beaucoup de peuple. Fin.”
Relation des erreurs qui se trouvent dans la Religion des Gentils Malabares, à Pondichéry, 1740
(*) mot “Franque” d’origine arabe - origine maure comme on disait alors - que les “Gentils” du pays ont adopté pour désigner les Européens.
G.Sundari
Joyeux Pongal
1999
பொங்கல் வாழ்த்து
Photo : “The Hindu”
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