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CCP

Cercle Culturel des Pondichériens

Histoire, culture et patrimoine des anciens comptoirs français de l'Inde

Lettre du CCP n° 21

Septembre 1998

Sommaire

  • — புனர்ஜன்மம் Renaissance
  • — L’esclave tamoul தமிழ் அடிமை
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Numéro 21 de la Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens — Septembre 1998.

ISSN 1273-1048

No. 21

F + Septembre 1998

Lettre du CERCLE CULTUREL DES PONDICHERIENS

நா வசைய நா டசையும்‌

ns

HS

புதுச்சேரியர்‌ கலை மன்ற மடல்‌

Cours de Tamoul à :

MPT Courdimanche 91940 - Les Ulis

புனர்ஜன்மம்‌ — Renaissance

Soupramaniya Bâradiyär, 16 très célèbre poète révolutionnaire tamoul du début du XXème siècle, était aussi un grand journaliste et un écrivain prolixe. Par tous les moyens, il essayait de réveiller le peuple et de lui insuffler une certaine dignité. Nous présentons, ci-dessous, l’un de ses articles sur l’Homme (en filigrane, 1 es études de physiognomonie de Giambattista della Porta et de Charles Le Brun).

புனர்ஜன்மம்‌

பாப புண்ணியங்களுக்கு இணங்க மானிடரின்‌ கர்மத்தினுடைய பலனாக அடுத்த ஜென்மத்தில்‌ உயர்ந்த பிறப்பேனும்‌ தாழ்ந்த பிறப்பேனும்‌ கிடைக்கும்‌ என்பது நமது தேசத்துப்‌ பொது நம்பிக்கை. பாவம்‌ செய்யும்‌ ஒருவனை ‘நீ அடுத்த ஜென்மம்‌ மிருகமாகப்‌ பிறப்பாய்‌’ என்றால்‌ அவனுடைய மனம்‌

பதைக்கிறது.

ஆனால்‌, இந்த ஜன்மத்திலேயே மனிதர்கள்‌

Renaissance

On croit, chez nous (aux Indes), que les hommes auront dans leur future réincarnation une forme supérieure ou une forme inférieure selon leurs bonnes ou mauvaises actions (Karma). Quand on annonce à quelqu’un qui commet de mauvaises actions qu’il renaîtra comme un animal, il frémit.

Mais, ces hommes ne remarquent pas que,

தாம்‌ மிருகங்களைப்‌ போலிருப்பதைக்‌ 085 la vie présente même, ils se conduisent கவனிப்பது கிடையாது. ஒவ்வொரு Comme des animaux. À chaque moment, les நிமிடத்‌ தி௦லயும்‌ ஒருவன்‌ நினைக்கும்‌ pensées et les actions de chacun sont causes de நினைப்புகளும்‌ செய்யும்‌ செய்கைகளும்‌ அவன்‌ Ces “renaissances”. Dans ce monde et பலவிதப்‌ பிறவிகளை அடைவதற்குக்‌ maintenant même, une personne possédant un காரணமாகின்றன. இந்த உலகத்திலேயே, COrps prend mille naissances et meurt. N’avons- இப்பொழுதே, ஒரே சரீரத திலுள்ள ஒருவன்‌ 008 pas rencontré des hommes agissant comme ஆயிரம்‌ பிறவிகள்‌ எடுத்து - மடிகின்றான்‌. 06 &nimaux? En nous examinant bien, nous மிருகங்களைப்‌ போன்ற “மனிதர்களை . நாம்‌ 010161) de formes d’animaux nous

பார்த்ததில்லையா? கவனிக்குமிடதது, PIGELELLE இருந தெரியும்‌.

வஞ்‌சனையாலும்‌ சமயத்திற்கேற்ப பல ஜீவிப்பவன்‌ தரீதானே?

கவிந்து உட்கார்ந்திருப்பவன்‌ றக்‌

மறைந்திருந்து pré GS

செய்பவன்‌ ரமி,

Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 21

prises.

ent par divers 119] perie, g-est-il pas un

Celui qui, $ans கப்ரி ப reste toujours abattu சரீ accroupi, [8 tête baissée et l’esprit ailleurs, est un /emurien.

Celui qui s’embusque et attaque autrui est un serpent.

Page 1

தர்மத்திலும்‌ புகழிலும்‌ விருப்பமில்லாமல்‌, அற்ப சுகத்திலே மூழ்கிக்‌ கிடப்பவன்‌ பஹ்ஜி

சுயாதீனத்‌ திலே இச்சை யில்லாமல்‌, பிறர்களுக்குப்‌ பிரியமாக நடந்துகொண்டு, அவர்கள்‌ கொடுத்ததை வாங்கி வயிறு வளர்ப்பவன்‌ தரம்‌.

கண்ட

திடீரென்று

நரம்‌,

விஷயங்களிலெல்லாம்‌ திடீர்‌ கோபமடைகின்றவன்‌ வேட்டை

காங்கிரசு சபையிலேயும்‌ சேர்ந்துகொண்டு, ஆங்கில அதிகாரிகளுக்கும்‌… -இதமாக நடக்த வேண்டுமென்ற விரும்வுழுடைய கட்சியைச்‌ சேர்ந்தவன்‌ கெ

தேர்நீது கொள்ளாமல்‌, சாத்திரங்களைத்‌ திரும்பத்‌ D

பிறர்‌ தன்னை என்வன நடத்தியபோதிலும்‌, அவன்‌

பொறுத்துக்‌ கொண்டிருப்பவன்‌ கழுதை;

டம்பம்‌

வீண்‌ மினுக்கு பாராட்டுகிறவன்‌ rai Cerf

மினுக்கி

தான்‌ சிரமப்படாம6 அபகரித்து உண்ணுபவன்‌

ஓர்‌ நவீன உண்மை? oi ஆவலோடு அங்கீகரித்‌ ஆ வெறுப்படைகிறவன்‌ (வெல அஞ்சும்‌) ஆத்தை.

கல்வி யறிவில்லாத வண்ன கூட்டத்திலேயும்‌ சேர்க்கலாகாது -: த்‌ ரர்‌.

ஒவ்வொரு நிமிடமும்‌ சததம பேசித்‌ தரீமதிதை ஆதரித்து பரமார்த்தத்தை அறிய முயலுகிறவனே மனிதனென்றும்‌ தேவனென்றும்‌ சொல்வதற்கு உரியவனாவான்‌. மிருக ஜன்மங்களை நாம்‌ ஒவ்வொருவரும்‌ க்ஷணந்தோறும்‌ நீக்க முயலவேண்டும்‌.

ச.ம்பிரமனனிபை பாரரதபோரர்‌ (1882-1921)

Celui qui n’aime றம்‌ la Loi ni la gloire et se vautre dans les jouissances est un porc.

Celui qui ne fait rien lui-même et cherche à plaire aux autres pour vivre de ce qu’on lui jette est un chien.

Celui qui pique des crises subites de rage pour n’importe quelle raison est un chien de meute.

Celui qui, tout en restant membre du Congrès, fait parti du . groupe de Mehta” எண்‌ la soumission: dx Autorités anglaises

hit pas-bar ses propres capacités t rebâche toujours les

coutumes.

autres, ñe: ட்‌ 1 அடை ட injustice et suppôitetqut Stupidement est un dne.

Celui ‘qui ,

fardé de paillettes, se pavane est une dinde. ஸீ

ême, se nourrit

“éducé ôn n’est même pas du: ‘groupé ‘des ätimaux : é’est un poteau.

Seul celui qui essaie, à tout moment, de pratiquer la Vérité et la Dharma pour atteindre la connaissance suprême peut être rangé parmi les hommes ou les divins. À chaque instant, nous devons tous essayer de chasser nos formes d’animaux.

Soupramaniya Bâradiyär (1882-1921) ad. MG.

NdiR : Les illustrations en filigrane de Giambattista della Porta (p.1) et de Charles Le Brun (p.2) sont tirées de L’expression des passions et autres correspondances, de Charles Le Brun, Ed. Dédale Maisonneuve et Larose, 1994. Page 2 Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 21

So

L’esclave tamoul தமிழ்‌ அடிமை

Cette année, nous avons commémoré le 15086 anniversaire de l’abolition de l’esclavage dans les régions du monde administrées par la France au XIXe siècle.

Nous savons que ce fut le début des mouvements migratoires dans le monde. Les colonies anglaises, hollandaises et françaises avaient de plus en plus besoin de main d’oeuvre et les grandes émigrations indiennes et chinoises datent de cette époque. Les populations de Maurice et de la Réunion, de l’Afrique orientale et méridionale, de la Malaisie, de Sri Lanka (région centrale de Kandy), des îles Fidji, des Antilles, des Guyanes anglaise, française et hollandaise en portent encore les marques. Parmi les Indiens candidats au grand départ, les Tamouls étaient les plus prompts et constituaient les tout premiers agents de développement dans les régions de destination.

Déjà la Révolution, dans le sillage des importantes mesures sociales (reconnaissance des juifs et des protestants, abolition des privilèges, etc..), avait aboli ce système inique. Mais, sous Napoléon, les classes bourgeoises des îles et de la métropole avaient réussi à obtenir l’annulation de cette abolition républicaine, d’où cette loi définitive en 1848.

Cette commémoration fait surtout - et avec raison - référence à la traite négrière dans l’Océan Atlantique et l’on pense principalement aux esclaves noirs. En effet, lorsqu’il s’agit d’indiens (ou de chinois), on parle plutôt de “coulis”. Mais, il y a eu aussi des esclaves indiens et même tamouls, à diverses époques, au Tamilnädou même, à la Réunion, à l’île Maurice, 610…

L’esclavage, déjà connu au temps des Grecs et des Romains, existait aussi dans le pays tamoul à cette époque. Plus près de nous, il était présent également au temps des Arabes et des Portugais et aussi, bien sûr, au temps des Anglais et des Français dans l’Océan Indien .

Bien que reconnu comme une coutume barbare, l’esclavage était considéré comme absolument nécessaire aux colonies. Et, dans le but de mettre un frein aux abus des maîtres cruels et méchants, Colbert avait même édicté le Code Noir qui 8 marqué un progrès sensible et un adoucissement, même si sa lecture à la fin du XXe siècle peut provoquer l’indignation. Ce code stipule : “Les esclaves ne peuvent rien avoir, recevoir, ni quérir qui ne soit à leur maître… L’esclave qui aura frappé son maître au visage ou avec effusion de sang sera pum de mort. Le vol qualifié est puni de mort. L’esclave fugitif aura les oreilles coupées et sera marqué d’une fleur de lys à l’épaule. À la seconde évasion, il aura 16 jarret coupé; à la troisième, il sera puni de mort…” Le Code noir était adopté aux //89 Mascareignes par un édit daté de décembre 1723 qui mandait aux maîtres de pourvoir à la nourriture et aux besoins religieux de l’esclave qui devait être baptisé et instruit dans la religion catholique, la seule qui puisse être pratiquée. L’esclave était considéré comme un simple bétail, voire un meuble.

Les Tamouls se trouvaient déjà à l’île Bourbon (la Réunion d’aujourd’hui) dès le début de sa colonisation. D’après un recensement fait en 1686, il y avait 12 noirs indiens parmi les 269 personnes qui composaient la population de l’île. La Compagnie des Indes appréciait hautement le service des Indiens. Un rapport de mission, rédigé en 1704, rapporte que les esclaves qu’on peut aisément tirer des Indes sont plus dociles et qu’ils embrassent de bonne Joi le Christianisme… La Compagnie ordonne qu’on passe dans ses vaisseaux des esclaves des Indes pour les vendre aux habitants.

Les colons aussi bien que les employés de la Compagnie aux Iles croyaient qu’il était aisé de tirer les esclaves des Indes. On faisait la traite de l’Inde comme celle de Madagascar et de la côte

d’Afrique. Mais, il semble bien y avoir une nuance entre les esclaves indiens et les autres. Ainsi, un

Cercle Culturel des Pondichériens Lettre No 21 Page 3

autre rapport de 1710 nous apprend que les esclaves indiens se croient supérieurs aux autres et “par une vanité indienne disent qu’ils sont issus de père et de mère libres et qu’ils sont esclaves parce qu’on les a enlevés et vendus sans leur consentement”.

Les employés de la Compagnie des Indes étaient peut-être ignorants de la provenance de ces esclaves. Il y avait dans l’Inde des “kidnappeurs” professionnels qui s’étaient fait un métier de procurer des esclaves aux Iles. Ainsi, un certain sieur Judde avait chez lui, à Pondichéry, en 1743 (début de gouvernement de Dupleix), un véritable entrepôt où des rabatteurs peu scrupuleux ne craignaient pas d’enfermer, à destination des Mascareignes, des individus de condition libre.

A l’Ile de France -actuelle Maurice- par exemple, en 1729, 130 esclaves de Bengale et une centaine de garçons et filles recrutés sur la côte de Coromandel arrivèrent aux îles Mascareignes. Le gouverneur Dumas qui s’était rendu à Pondichéry avait personnellement veillé sur ce recrutement. Lenoir, ளைக்‌ de Pondichéry de 1726 à 1743, fit venir po son propre compte treize esclaves

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ofitant des calamités s qu’il éprouve et qe pour faire un மறக்‌ jlusieuts s’en- பப்‌ par des 38 criminelles.

différentes ur du pays, pour FE, : en கா்‌ de crie à TOMATE, distribué aux x indigènes. Signé : J.B.F. de Bury, Président Le Normand, secrétaire Je consens et ferai exécuter selon sa forme et teneur, À Pondichéry, 16 16 octobre 1792, Le Gouverneur de Pondichéry, Camille Le Clerc de Fresne

Ce rapide tour d’horizon fait, nous pouvons constater et déplorer que, 150 ans après l’abolition officielle, encore aujourd’hui, de nombreux individus vivent, partout dans 16 monde, des

situations d’esclaves, qu’ils soient noirs, tamouls ou même blancs.

Câvéry G.(d’après D.Napal)

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