Lettre du CCP n° 19
Sommaire
- — 19ème siècle : un bon gouverneur du nom de Verninac de Saint-Maur
- — Une histoire de catamaran (ou de Pondichéry à la Route du Rhum)
- — La danse du cheval
Numéro 19 de la Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens — Mars 1998.
PONDICHERIENS பய ட Mars 1998
Cours de Tamoul à : MPT Courdimanche
புதுச்சேரியர் கலை மன்ற மடல் 91940 - Les Ulis
Tél : 01.69.07.48.04
19ஆம் நூற்றாண்டில் ஒரு நல்ல பெரியதுரை வெர்னினாக் Verninac de Saint-Maur, un bon gouverneur du XIXe siècle
Comme le sud de l’Inde, Pondichéry a connu un XVIIIe siècle tumultueux et plein de rebondissements. Mais, à partir de 1816, devenu ville ouverte et paisible au sein d’un Carnatic passé entièrement aux mains des Britanniques, il va couler une vie monotone jusqu’au milieu du XIXe siècle.
Sous le Second Empire commence, sur le sillage de la métropole, une nouvelle ère de relative prospérité économique. Le contre-amiral Verninac de Saint-Maur, gouverneur des Etablissements français dans l’Inde d’août 1852 à avril 1857, va donner une impulsion nouvelle. “Travailleur infatigable, il veut venir à bout de la paresse de ses subordonnés:…l’administration de Pondichéry est gagnée (petit à petit) par son enthousiasme” et aide à la réussite de son projet de réduction de l’impôt foncier (J.Weber,1996).
Edouard Ariel, évoqué dans le numéro précédent, a été, jusqu’à sa mort, un témoin attentif de son oeuvre. Il nous a laissé la trace d’un vibrant hommage des Tamouls pondichériens à ce bon gouverneur. Nous présentons quelques extraits du chant tamoul | te “kocchagakfalippa” (கொச்சகக்கலிப்பா) composé à son honneur ET io française préparée par ÉAHEDT 8
] ட M. Ggbalakichenane னி ட் | ர்
செவ்கோலைக் கேளீர்-கு வோர்னர். ,வெற்ளினாச்கிள் Ecoutez les bienfaits du தரகர்கள் Verninac, செவ்கோலைக் கேளீர் ப் னி Ecoutez les Der | ! பொங்குங் கடலுலகில்- எங்கும் புகழ் புதுவை இ 7. Dans ce Pondichérÿ fameux par toute la terre தங்குங் கலியிருளை-மங்கும்படி துரத்தச் que ceïne la mer bouiflonnante, notre gouverneur செங்கதி ரெனவந்த-எங்கள்துரை வெர்னினாக் 4. Verninac-—est ஏனாம். détruire la misère, comme (செங்கோலைக் கேளீர்)… ; RE டட
“ட… lPéclätant soleif éloigne les ténèbres.(Ecoutez)..
கூவு _Ayant-Conni là pénurie des habitants des 92 810665 du territoire de Pondichéry, plein de compassion envers eux, voulant les rendre heureux பாகுங் கிராமங்களில்-வாகுபெறுங் குடிகள் et satisfaits, il a commencé par abolir l’impôt nommé ஒகையுறக் கொள்ளற்-காகுங் கடைகளின் Sornavadâyam qui se percevait dans les boutiques சொர்னவதாயம் எனும்வரி- முன்னுதாய் நீக்கி, பற் 810605 au delà des limites; il a supprimé pour
ஏழைகட் கெல்லாம் vial 5 tous les pauvres fefdroit onéreux de péage de bacs de இடுக்கண் தருந் தோணிக்குக்- கொடுக்கும் வ்ரியவனை rivière d’Arjancoupam voisin de la ville et de
FE RE வல்ல es m ChouNNämbär qui fait frémir (quand elle est 5 Le sit ‘dé ordée); il a créé douze prix annuels pour les
ஞாலநீதனிற் புதுவை-கோலுநீ தொண்ணூற்றிரண்டு சீலக் கிராமங்களில்-ஏலுங் குடிகணிரு | வாகமதறிந்து அவர்கள்மீது- தாகமிகுந்துநகர்ப்புறம்
முன்னிலுமிக > அதிக பலனைக் காட்டித்-திதி பெறுங் குடிகட்காண் படம் du territoire qui, apportant டதில் பனிரெண்டு வெகு-மதி பெறச் செய்தவிவன்“—” erfectionnement à l’agriculture, accroîteront le (செங்கோலைக் கேளீர்)… produit de leurs champs. (Ecoutez).
ட + Parmi les gouverneurs qui vinrent jamais dans எந்த நாளுமிந்த-சிந்து நாடதனில் [6 | pays de l’Inde, nous n’en voyons point comme le
வந்த குவேர்னர்களில்-இந்த வெர்னிளாக தெம்
. . , ் . gouverneur Verninac de Saint Maur. C’est pourquoi Gang குவேர்னர்-போலேவந்த தாரையுங் காணேம்
tous célébrent le bienfaisant Verninac, disant :
ஆதலினால் “Pui ஸு 2 ர 8 என்று மிந்த நாட்டில்-நின்று வாழக் கடவ uisse-t-il à jamais rester et vivre heureux en ce ரென்று யாருந் துதிக்கும்-நன்றி வெர்னினாக்கின் pays!”.
msn கைம் ௮ (traduction d’ Edouard Ariel, vers 1854)
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Une histoire de catamaran (ou de Pondichéry à la Route du Rhum)
ஒரு கட்டமரத்தின் கதை
« Bien que médiocre, la rade foraine de Pondichéry est le meilleur site portuaire du Coromandel.… La construction d’un port intérieur dans la rivière d’Ariancoupam, préconisé par Mahé de La Bourdonnais lui-même, puis par les jésuites, permettait d’éviter les naufrages et les pertes occasionnées par les opérations de transbordement et de transport effectuées par les chelingues. Ces bateaux à fond plat franchissent la barre sans être renversés, mais les marchandises sont souvent mouillées. » écrit Jacques Weber dans son précieux livre intitulé « Pondichéry et les comptoirs de l’Inde après Dupleix » (Ed. Denoël).
Aïlleurs, dans ce même ouvrage, on peut lire également : « Jusqu’en 1840, il n’y a pas une seule route sur le territoire de Karikal. Un simple sentier relie les Ù deux principales localités, Karikal et la ், Grande-Aldée. Des bacs, de simples É ன
de franchir les cours d’eau. Les charrettes transportant les récoltes vers le port s’enlisent ou se renversent et le riz est souvent mouillé au passage des rivières… ».
Quelles sont donc ces embarcations locales, si délicates à l’usage ?
ESS PR RTE ந பகன் த்
Les chelingues ont Lu ratiquement Débarquement de passagers et de marchandises à Pondichéry au moyen de disparu du paysage du littoral chelingues et de catamarans. (G.Zuili et J.Boye, 1992)
pondichérien, tout comme 18 plage qui les accueillait tout au long du cours Chabrol, de part et d’autre du pier qui s’avançait alors droit dans la mer à la rencontre des bâtiments de commerce mouillés au large dans la rade.
Emmenées par douze canotiers juchés sur les bancs traversant le bord, plongeant la pelle ronde dans l’écume, tirant sur les bois tortueux des avirons, et dirigées par la palette du findal (ou patron) se tenant à l’arrière sur la fille, les chelingues partaient à l’assaut de la barre, n’offrant que leur légèreté aux caprices des brisants. Longue de dix à douze mètres, pour trois de large et deux de profondeur, leur coque était constituée de deux bordages de quatre centimètres d’épaisseur, réunis par une couture de fil de coco renouvelée annuellement et pressant une étoupe de fibres du même fruit. Aucune autre membrure ne venait renforcer cette jonction. Une telle structure, combinée avec la forme pointue de l’étrave et de l’arrière, amortissait le choc de l’embarcation avec la houle déchirée et constante de la côte de Coromandel. Ce passage délicat en direction de la haute mer et, plus encore, l’arrivée précipitée sur la plage sans autre frein que l’échouage seraient, hélas! bien souvent fatals aux structures membrées et clouées des canots construits à l’européenne.
Si, à cet exercice, elles se montrent particulièrement efficaces au point qu’aucun ingénieur ne jugeât bon d’apporter une quelconque modification, les chelingues marchent mal et chavirent parfois mouillant chargements et équipages. Heureusement, il se trouve toujours dans les parages quelques catamarans pour sauver les naufragés.
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Le catamaran (ou catimaron), dont 16 nom est formé des mots tamouls kaTTou (கட்டு : lier) et maram (மரம் : l’arbre), est constitué de troncs de cocotier juxtaposés et liés (le plus grand au milieu) ou de pièces de bois de section quadrangulaire assemblées en biseau pour constituer la pointe de l’étrave. Il comporte généralement trois de ces pièces maîtresses, mais suivant sa longueur (6 à 10 m) il peut en compter jusqu’à sept. Sur l’avant, un montage de morceaux de bois relevés est fixé au radeau avec les mêmes cordes du pays, et empêche le navire de plonger face à la vague.
Les marins qui forment l’équipage (jusqu’à trois hommes) manient la pagaie ou manoeuvre la voile pour faire aller le bateau. Quand 11 existe, le gréement est constitué d’une voile triangulaire à coutures roulées. Les deux ralingues sont transfilées à des vergues. A Madras, la toile peut être une voile arabe bômée. Le mât est encastré dans un évidement et ne comporte qu’un hauban sur le bord au vent, de telle sorte qu’il s’affaisse dès que 16 vent refuse. Le gouvernail est un safran plongeant dont l’effet de dérive s’avère très utile pour la mamabilité de l’embarcation. Aussi efficace que la chelingue pour franchir la barre, il apportera sans délai au bâtiment au mouillage le courrier que le lascar aura préalablement noué dans son turban.
De nos jours, le catamaran est encore utilisé tel quel par nombre de pêcheurs de la côte de Coromandel. Mais une autre carrière s’est ouverte à lui sous d’autres lattitudes. Dans l’Océan Pacifique, les catamarans possèdent deux coques nettement séparées et reliées par un pont. C’est de cette formule qu’au 17ème siècle, le savant britannique Sir William Petty s’est inspiré pour inventer le premier catamaran européen. Constitué de deux cylindres d’une longueur de six mètres environ, reliés par une plate-forme sur laquelle un mât planté au tiers supporte une voile à livarde, il est lancé le 28 octobre 1662 et reçoit 16 nom de baptême « Simon and Jude » en l’honneur des saints fêtés ce jour là. L’histoire dit que ce bateau affronta en vainqueur les plus fins coursiers de la région de Dublin en 1663.
Plus tard, les Anglais dépensèrent une fortune à construire une grande quantité de catamarons incendiaires sur le modèle indien primitif, pour les lancer bourrés d’artifices divers au gré des flots, des vents et des courants, afin d’incendier la flottille de Boulogne que Napoléon préparait à un raid sur la perfide Albion. Ils allèrent presque tous s’échouer sur la côte de France sans causer aucun dommage aux bâtiments de la flottille.
Revenu à des desseins plus pacifistes, le catamaran est actuellement un produit de haute technologie. Il s’est illustré dans les plus prestigieuses compétitions modernes. Les noms de Philippe Jeantot sur “Crédit Agricole”, Gilles Gahinet-“33 Export”, Patrick Morvan-“Jet Services”, Marc Pajot-“Elf Aquitaine”, et des frères Loïck Peyron-“Lada Poch” et Bruno Peyron-“Aiglon- VSD” ont défrayé les chroniques des grandes épreuves telles que le Boc Challenge et la Route du Rhum. Maintenant à la disposition des plaisanciers en vacances, le catamaran offre performances et
sécurité à la plus grande joie des navigateurs. Depuis quelques années, 16 bicoque a muté vers 16 frimaran perdant, dans ce néologisme sans signification, le fossile linguistique témoin de son histoire. M.Piednoir
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La danse du cheval புரவி ஆட்டம்
L’élevage du cheval est difficile au pays tamoul. Aussi, les rois Chéra, Chôla et PânDya ont- ils dépensé beaucoup pour l’importation et l’achat de cet équidé qui, depuis l’Antiquité, a été considéré comme un auxiliaire essentiel dans l’armée et comme un bien précieux. & l’époque de Vijayanagar et même plus tard, les commerçants arabes et portugais en faisaif un commerce très lucratif dans les différents ports du sud de l’Inde.
Le nom “Pouravi ÂTTam” (புரவி ஆட்டம்) est composé de deux mots : “pouravi” signifiant
cheval et “ÂTTam” signifiant danse. Connue également sous le nom de “Poikkâl koudiraï” (பொய்க்கால் குதிரை- cheval à fausses pattes), cette danse folklorique est très célèbre dans la région de Pondichéry et de ses environs. Elle est effectuée avec un cheval en carton et de petites échasses en bois. À
Attesté déjà dans l’importante épopée tamoule Silappadigâram (சிலப்பதிகாரம்) sous 16 nom de “Marakkâl ÂTTam” (மரக்கால் ஆட்டம்- danse à pieds en bois), cet art s’est beaucoup développé à l’époque des Chôlas impériaux. Leur capitale Tanjâvoûr (தஞ்சாவூர்) est réputée pour ses danseurs de Pouravi ÂTTam. Cette danse folklorique a connu un renouveau sous la dynastie des Mahrâttes, au XVIIIe siècle. Elle a aussi évolué au cours du temps et pris, dans certains endroits, quelques aspects modernes. Ainsi, les danseurs actuels introduisent même des pas de BarathanâTTyam ou de Kathak dans le style ancien.
La principale attraction de cette danse est, bien sûr, le cheval en carton richement décoré. Celui-ci est fait de jute, de carton, de papier maché et de verre. Le danseur l’utilise comme monture et comme déguisement, en l’enfilant par un trou d’homme aménagé sur le dos de la figurine. Les mouvements qu’il va imprimer lors de sa danse, en synchronisation avec les cadences de pas bien frappés sur le sol, vont créer l’impression de chevauchement. Naturellement, la maîtrise des échasses en bois nécessite une longue pratique de la part des artistes.
Cette danse est exécutée par des hommes et par des femmes. En général, il s’agit d’un couple de danseurs représentant le roi et la reine. Quelquefois, à titre de cavaliers ordinaires, les artistes font durer le spectacle pendant des heures, en faisant de nombreuses acrobaties.
Encore aujourd’hui, à Pondichéry et au Tamilnâdou, la danse du cheval reste l’une des principales attractions lors des fêtes populaires et religieuses.
En Ile-de-France, certains groupes à vocation culturelle originaires de Sri-Lanka essaient, avec beaucoup de mérite, de perpétuer cet art traditionnel.
G. Sundari (d’après Somalé)
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