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CCP

Cercle Culturel des Pondichériens

Histoire, culture et patrimoine des anciens comptoirs français de l'Inde

Lettre du CCP n° 18

Décembre 1997

Sommaire

  • — உரலில் அகப்பட்டது உலக்கைக்குத் தப்புமா ?
  • — Augustin Motais de Narbonne (1747-1827)
  • — Pongal de Pondichéry et « Pongal » du Roussillon
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Numéro 18 de la Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens — Décembre 1997.

உரலில்‌ அகப்பட்டது Lettre du ISSN 1273-1048 ணை ணை ர CERCLE CULTUREL DES N° 1 8 PONDICHERIENS

ஜஜ ல்‌ ல Décembre 1997

MPT Courdimanche 91940 LES ULIS

புதுச்சேரியர்‌ கலை

அரியேல்‌ கண்ட தொல்காப்பியம்‌ Tolkâppiyam vu par E. Ariel

L’histoire est d’abord et surtout militaire. La mémoire collective qui a besoin de repères saillants retient surtout les victoires et les défaites, les guerres et les conquêtes qui suivent les découvertes.

Cependant, d’autres découvertes beaucoup plus pacifiques ont été faites par de grands esprits éclairés français. & 06 titre, les Pondichériens doivent accorder une place spéciale à Edouard Ariel (1818-1854). Si la mort ne l’avait pas arraché si tôt à ses études et recherches, il aurait - plus tôt et mieux - fait connaître la culture tamoule au monde français.

Une fois n’est pas coutume. Après avoir présenté, dans les derniers numéros, des poèmes modernes, revisitons la littérature classique et remontons à la plus ancienne oeuvre tamoule qui est le célèbre traité grammatical en vers: Tolkâppiyam. Ce sera non seulement une occasion de remonter aux sources tamoules, mais également notre manière de rendre hommage à cet esprit nantais si précoce qui nous a laissé une belle traduction française de la préface de cette grammaire tamoule.

தொல்காப்பியம்‌ Tolkâppiyam

சிறப்புப்பாயிரம்‌ Préface particulière வடவேங்கடந்‌ தென்குமரி € Le pénitent sur lequel maint éloge est arrêté, ஆயிடைத்‌ + qu’illustre, sur cette terre bornée par le vaste océan,

= le nom de Tolkâppiyan, plein de la doctrine d’Indra, தமிழ்கூறு நல்லு தத! ; après avoir étudié les lettres, les choses du langage வழகடூம்‌ செய்யுளும்‌ ஆயிரு முதலின்‌ tamil, tant dans les poèmes que dans l’usage des எழுத்தும்‌ சொல்லும்‌ பொருளும்‌ நாடிச்‌ savants qui parlent tamil, entre (les monts) Véngada செந்தமிழ்‌ இயற்கை சிவணிய நிலத்தொடு: rd.et (le cap) Koumari au sud,

முநீதுநூல்‌ கண்டு முறைப்பட. எண்ணிப்‌. Ayant examiné.les traités primitifs du pays où புலந்தொகுத்‌ தோனே போக்க று பனுவல்‌ ்‌ ‘emploie, dans sa pureté, le tamil élégant et médité அறங்கரை நாவின்‌ நான்மறை முற்றிய - கீ composé $ sur la grammaire, dans un système

த. ்‌ டட \sans confusion et en-commençant par les lettres, un அதங்கோட்‌ ற்கு à தெரிந்து livre sans. défaut, sans erreur, démontré par lui, au மயங்கா மரபின்‌ எழுத்துமுறை காட்டி

நர்‌! ட அள டட à ்‌ de la. cour (du roi) PânDya à qui la fortune மல்குநீர்‌ வரைப்பின்‌ ஐந்திரம்‌ நிறைநீத 4

  1. ்‌ ர ]்‌ ட்‌ றது ispensa le monde, à Adankôttâçan dont la parole a தொல்காப்‌ பியன்‌எனத்‌ தன்பெயர்‌ தோற்றிப்‌ pour limite la justice et qui possède les quatre Védas.

பல்புகழ்‌ நிறுத்த படிமை யோனே.

  • _ த்‌ - Panambôâranâr
  • பிமைபயாரனா£ (traduction d’ Edouard Ariel, vers 1852)

Oserions-nous dire, en paraphrasant le génie corse qui montrait à ses soldats l’Egypte éternelle : “Du haut de cette préface de Tolkâppiyam, vingt siècles de littérature tamoule vous interpellent !” M. Gobalakichenane

Cercle Culturel des Pondichériens Lettre N°18 Page 1

ஒகுய்ச்தைன்‌ மொத்தே தெ நர்போன்‌ Augustin Motais de Narbonne (1747-1827)

Né à Brest le 22 septembre 1747. Augustin Motais de Narbonne entre dans l’administration de la Marine le Ler juillet 1763. Remarqué par M. de Crémont. ordonnateur à l’Île Bourbon et réclamé par lui, il embarque à Lorient en avril 1767 et arrive à Bourbon le 14 septembre. Sous-commissaire de la Marine en 1775, il est promu commissaire de la Marine en 1778 et rejoint l’Ile de France en août 1780. Pondichéry (புதுச்சேரி), bien que très vaillamment défendu par le gouverneur de Bellecombe (பெலுக்கோம்பு). était tombé aux mains des Anglais depuis le 17 octobre 1778.

Le 21 novembre 1781, M. de Souillac, gouverneur. le charge de remplir les fonctions d’Ordonnateur de l’Armée partant combattre en Inde. “L’Ordonnateur ou Intendant d’Armée était chargé de toute la partie logistique des opérations : ravitaillement en finances, vivres et munitions. renseignements, service de santé, police et prisonniers de guerre…”

Cette Armée comportant 2716 hommes (dont /7{ Volontaires de Bourbon) et commandée par M.Duchemin, quitta l’île de France le 7 décembre 1781. avec l’escadre du bailly de Suffren, co- commandée par M.d’Orves qui mourut avant le débarquement.

L’expédition avait été assez mal préparée : effectifs insuffisants (le projet initial portait sur 12000 hommes dont 6000 cipayes à recruter sur place), peu d’argent liquide et 900000 livres en lettres de change (au lieu des besoins estimés à 10 millions alors que le Conseil de Calcutta disposait de 75 millions de livres de réserve), très faible effectif d’administration (quatre fois moins que pour l’opération de Minorque de 1781). Par ailleurs, les ordres du Ministre et M. de Souillac différaient : le premier poussait à l’action, le second hésitait entre l’alliance des Mahrâttes et. celle d’Haïder Aly, leur ennemi.

Duchemin débarqua le 10 mars 1782 à Porto-Novo (பறங்கிப்பேட்டை) alors sous pavillon du Nabab Haïder Aly (ஐதர்‌ அலி), dans une contrée ravagée par cinq ans de guerres civiles et étrangères. La campagne, tant terrestre que navale, fut marquée par la quête de subsides mesurés chichement par le Nabab, les menées anglaises auprès de son vaquîl, la présence de nombreux malades et blessés (1200 à 1500, tant dans l’Armée que dans l’Escadre), la recherche de ravitaillement et d’équipement pour réparer l’Escadre. En juillet 1782, on abat des maisons à Goudelour (கூடலூர்‌) pour remâter les vaisseaux avec leurs poutres.

Par contre, l’entente entre l’Armée et l’Escadre fut, cette fois-ci, exemplaire : on complétait équipages et régiments avec des soldats ou des marins, selon les besoins du moment. Toutes les ressources furent mises en commun pour tirer le meilleur parti de la pénurie. Les lettres échangées entre Suffren et son Ordonnateur en font foi.

L’Armée à la recherche d’un cantonnement salubre et sûr va à Mangicoupam (மஞ்சகுப்பம்‌), puis à Goudelour. Le 22 juin eut lieu la première entrevue de Duchemin avec le Nabab. Mais, les tractations s’enlisent. Duchemin tombe malde. Les Anglais refusent à Motais l’échange des prisonniers qui encombrent l’Escadre. Suffren les fait remettre à Haïder Aly qui les traite moins mal qu’on aurait pu le craindre.

Le 25 juillet 1782 eut lieu la fameuse entrevue entre le Nabab, accompagné d’une très nombreuse escorte et le bailly de Suffren qui lui offrit une superbe pendule en forme de pagode (cadeau anglais destiné à l’Empereur de Chine et pris sur la “F ortitude”). Duchemin, malade, n’y assiste pas. [1 meurt

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16 12 août et 811௦116112 lui succède en attendant l’arrivée du Marquis de Bussy qui. parti de France avec 4000 hommes. en laisse 1500 au Cap et reste quatre mois à l’île de France où il a 2800 malades!

Le 30 août. Sutfren, avec 1272 soldats. prend Trincomalé (திருகோணமலை). puis rejoint l’Armée. Le 7 décembre 1782, Haïder Aly meurt d’un “00௦05”: son fils Tippou Sultan (திப்பு சுல்தான்‌) lui succède avec l’aide des Français et part vers l’ouest défendre sa capitale menacée par les Anglais de Bombay.

Bussy arrive le 16 mars 1783 à Goudelour avec 2227 hommes et 5 millions. Il confirme Motais dans sa fonction d’Intendant sans lui en assurer le traitement. Agé et malade. il se fait porter en litière. Il est abondamment pourvu de vivres sur ordre du Nabab. Seuls manquaient les boeufs d’attelage d’artillerie, ce qui condamne l’Armée à une immobilité relative.

Après marches et contre-marches. l’armée anglaise du général Stuart (3800 européens. 13000 cipayes. 1800 cavaliers noirs) engage le combat contre une partie de l’armée française (3000 européens et 2200 cipayes dont 700 malades) le 72 juin 1783. La bonne tenue des troupes dont les Volontaires de Bourbon incite les Anglais à la prudence. Le lendemain. une partie des Anglais tourne les positions françaises et affronte les mêmes unités de la brigade d’Austrasie qui se dégagent à la baïonnette. Malheureusement, Bussy croit à une diversion et ne les soutient pas.

Les Français restent cependant maîtres du terrain. Ils eurent 18 officiers tués et 33 blessés et 113 soldats tués et 293 blessés. Les pertes anglaises en tués furent de 62 officiers. 900 européens et 1400 cipayes. Cornwallis écrit à Stuart qui criait victoire : “Encore une victoire comme celle que vous prétendez avoir remportée et il n’y aura plus d’armée anglaise dans le Carnatic.….”

Le 29 juin, la frégate anglaise la “Médée” apporte [8 nouvelle des pourparlers de paix connue à Madras dès le 17. Le ler août, le Nabab suspend ses subsides et tente de

்‌ À, Pondichèry débaucher nos troupes. Le fraité de Versailles (3 septembre | கி ந | Mangicoupam தைத 8. இடியிட்டஷா 1783) ne tint aucun compte des résultats de see Campagne. | Porto Novo

Le 25 mars 1784, Augustin Motais de Narbonne est

nommé Ordonnateur à Bourbon où il arrive le 19 août. De.

1785 à 1789, il est commissaire général des îles de France. ட ட] et de Bourbon. Le 2 avril 1789, nommé Ordonnateur de la | \ [

Guyane, il remet son service 16 17 août, épouse 16 18 Se

novembre Marie-Adélaïde Desblottières dont le frère ண்ணி

Augustin et le beau-frère Venerosy commandaient en 1778 des bataillons au service d’Haïder Aly et embarque pour la France où il arrive le 26 février 1790. Chargé de représenter les Mascareignes à la fête de la Fédération, il répond : “Cette invitation est pour moi un ordre et je m’y conformerais…” Il refuse le poste de Cayenne, obtient un congé sans solde et revient à Bourbon où il subit les difficultés de la Révolution et de l’Empire.

Il est nommé, le 18 septembre 1814, chevalier de la Légion d’Honneur et fait, le 22 août 1815, chevalier de Saint Louis. Le 16 juillet 1817, il est admis en retraite avec une pension de 1297 livres, montant qui parut ridicule à ses contemporains. Il mourut à Saint Denis le 14 janvier 1827.

Un de ses successeurs écrivit de lui : “Plus honnête que plusieurs de ses prédécesseurs, il devait nécessairement être moins récompensé. C’est trop souvent ainsi que procède la Justice administrative. Motais de Narbonne a toujours apporté dans l’exercice de ses fonctions la probité la plus sévère et l’ensemble de sa conduite mérite l’estime de tous les habitants des îles de France et de Bourbon”.

Yves Motais de Narbonne

Cercle Culturel des Pondichériens Lettre N°18 Page 3

Pongal de Pondichéry et “Pongal” du Roussillon புதுச்சேரிப்‌ பொங்கலும்‌ ருசியோம்‌ பொங்கலும்‌

Les Tamouls de Pondichéry et de l’état du Tamilnâdou célèbrent plusieurs fêtes tout au long de l’année dont la plus importante et la plus joyeuse est sans doute le Pongal qui dure plusieurs jours vers la mi-janvier. Mais. le coeur de la fête est 16 jour où l’on remercie 16 soleil pour les récoltes et où l’on fait cuire du riz nouveau dans un nouveau pot jusqu’à ce que celui-ci, gluant, déborde. Au moment du débordement ( symbole de l’abondance et de la prospérité ), les Tamouls en joie s’écrient : “Pongalô Pongal ! Pongalô Pongal”. Après la cérémonie rituelle d’offrande au soleil, le riz gluant cuit dans du lait est distribué à tout le monde.

Sous 16 nom de Pongol. nous retrouvons cette fête à l’île Maurice et à la Réunion où, même si les populations d’origine tamoule ont oublié presque complètement la langue de leurs ancêtres, elles continuent à célébrer les fêtes et essaient de perpétuer à leurmanière. Jeur ancienne culture commune. Ke. #7 அத்‌ | ட

en France” 9.Je ne +: É : d Ne fêté maintenant யம்‌? டு ‘en France, mais à ays oussillon. Fi x à

En effet, nous avons trouvé Énisdias ancien கண்டி! de Lyon un artielé ra portant une “Fête [de] Céréale donnée à à Prades. en Roussillon, p ar. Monsieur ட்ட de-Sant: Sauveur Intendant de cette

bi வர்க்கக்‌ lus partioulièretnrt 1703-0 ve dun

. La musique catalane. et quelques fusiliers ouvraient la ட venait Are un laboureur estimé le meilleur du canton qui portait une pique ou aiguillon,” 077782 de gerbes de bled, entremêlées de fleurs; après lui, quatre pères de famille, pauvres, à qui l’on avait destiné une aumône en bled, de gr charge D is -Pésant cent cinquante livres…

On s’est rendu à I ‘église on 40 osé Én piedidE-L’auiel principal la + lle de gerbes de bled… Arrivés à l’hôtel de ville, les mMoisSohnéurs, les’glanenses, le laboureur, les pauvres et les chefs de la danse. ont trouvé une table couverte de fruits et de jattes de riz au lait, ragoût favori du pays. Monsieur l’Intendant a servi les pauvres…”

Le “riz au lait, ragoût favori du pays” ne rappelle-t-il pas le riz gluant du pays tamoul ?

La fête du pays du Roussillon a lieu fin juin, mois de récolte et aussi époque de beaux jours d’été alors qu’au pays tamoul, elle se déroule en janvier qui est le mois le plus agréable là-bas, sous les tropiques. Par ailleurs, la notion de bien public n’est pas sans rappeler un KouRal de TirouvaLLouvar. Et la solidarité sociale n’était pas un vain mot non plus en ce XVIIIe siècle.

Décidément, un petit retour aux origines est une grande occasion de découvertes enrichissantes, ne trouvez-vous pas ? G. Ponny Joyeux Pongal 1998

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Merci d’adresser vos commentaires et suggestions à : M.Gobalakichenane, 22, villa Boissière, 91400 - Orsay, France

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