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CCP

Cercle Culturel des Pondichériens

Histoire, culture et patrimoine des anciens comptoirs français de l'Inde

Lettre du CCP n° 17

Septembre 1997

Sommaire

  • — அஞ்சலி In Memoriam
  • — Mère Teresa அன்னை தெரேசா
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Numéro 17 de la Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens — Septembre 1997.

Lettre du ISSN 1273-1048 CERCLE CULTUREL DES O PONDICHERIENS N 1 7

ம ௫ + ட அ டன உ. ஐ Septembre 1997 பணக்கார பின்னும்‌ 11841 பேச்‌

பைத்தியக்கசரன்‌ பின்னும்‌ பத்து பேர்‌

புதுச்சேரியர்‌ கலை।

MPT Courdimanche

மன்ற மாடல்‌ 91940 LES ULIS

அஞ்சலி

In Memoriam

ந புப்ப கந்தோ படிவாத மேதி

es fleurs ou de santal ou de l’encens in ne peut remonter le vent : mais, 88 gens instruits peut remonter le vent. 8 répandent leur parfum

ès 185 directions.

| - . 4 - Les fleurs ௬௦.11 - Le Bouddha நல்லாரைக்‌ காண்பதுவு நல்லார்‌ சொல்‌ கேட்பதுவு les grands hommes : 11 est bon oles des grands - 1] est bon

s vertus ; il est bon

et de les suivre.

VäkkounDâm no. 8 - Avvaïyâr யில்‌ திரி ௮ ணக, டப me து géeavec la rectitude et reste toujours

plus grand que la montagne.

ouRaL n0.124 - TiruvaLLouvar it est égal à Dieu.

வெற்றிவேற்கை 1 - அதிவீரராம பாண்டியர்‌ VeRRivéRkaï, no. 1 - Adivirarâma PânDiyar

  • trad. M. Gobalakichenane

வரலாற்றறிஞர்‌ மாக்‌ துய்புய்‌ Jacques Dupuis (1912 - 1997)

Né en 1912. Jacques Dupuis s’est intéréssé très jeune à l’histoire et à la géographie. Après une dure captivité de cinq années en Prusse orientale durant la Seconde Guerre Mondiale. il décide de consacrer sa vie à l’étude de l’Inde.

Diplômé de hindi de l’Ecole des langues orientales, docteur ès lettres. agrégé d’histoire et de géographie. il part enseigner au Lycée français (appelé alors Collège français) de Pondichéry, de 1953 à 1957. Vivant alors là-bas le transfert de facto des comptoirs français en 1954 et le traité de cession en 1956, il est le premier à adapter à la culture locale l’enseignement de l’histoire du programme classique français. 11 met à profit ce séjour pour conduire ses recherches de thèse sur la région de Coromandel qui donneront lieu à deux publications importantes en français sur le Tamilnädou :

  • Les Ghät orientaux et la plaine du Coromandel (Pondichéry, 1959, 160 pages) ;

  • Afadras et le nord du Coromandel (Paris, 1960, 588 pages).

Cercle Culturel des Pondichériens Lettre N°17 Page 1

il enrichit le sujet d’enseignement dispense au Lycée français de Pondichéry pour en faire un vaste panorama dans son livre “Histoire de l’Inde et de la civilisation indienne” paru en 1963.

De 1959 41969. il est professeur de géographie à l’Université de Tunis. Puis, 11 revient en France enseigner à l’Université de Paris X - Nanterre.

Elu membre de l’Académie des Sciences d’Outre-Mer en 1972. il en devient 16 président en 1991.

Ses autres ouvrages principaux Sont :

  • L’Asie méridionale (Paris. 1969), traduit en italien et espagnol :
  • Singapour et la Malavsia (Coll.Que sais-je”. Paris. 1972), traduit en japonais :
  • L’Himalava (Coll. Que sais-je”, Paris, 1972, rééd. 1982) :
  • L’Inde et ses populations (Bruxelles, 1982. 279 pages) :
  • Au nom du père (Paris, 1987), traduit en portugais et italien :
  • L’Inde (Paris, 1992, 218 pages) :
  • Histoire de l’Inde (Paris. 1996, 413 pages). sa dernière publication entièrement refondue.

Familier de tous les aspects de l’indianité : géographiques. historiques, sociaux, culturels, économiques, Jacques Dupuis poursuit parallèlement des recherches en anthropologie. Toujours multidisciplinaire dans son approche. il analvse les problèmes dans leur globalité, ce qui donne une valeur sûre et vigoureuse à son argumentation. Curieux de tous les détails, il a le mérite d’avoir insisté. dans ses oeuvres. sur les spécificités régionales de cet immense espace indien aux dimensions de l’Europe et d’avoir relevé les richesses particulières du sud de l’Inde.

De ses nombreux voyages en Asie du sud. aux îles Maldives, en , Amérique et en Afrique. il rapporte d’importantes études socio- culturelles. De plus. ses articles sur l’évolution du cosmos (3ème Millénaire no. 24), sur le spécialiste du jaïnisme Paul du Breuil (Trait கலப்‌ DURE d’Union de janvier 1992). sur l’astrophysicien Subrahmanyan |

Chandrasekhar (Lettre du CIDIF no.14). prouvent une grande ouverture d’esprit et une curiosité intellectuelle peu commune.

a nee = naure Ervors ve Tunis

MADRAS Fidèle membre du Club alpin français, il aime la marche qu’il pratique ET très régulièrement jusqu’à ses derniers jours. 11 s’éteint le 7 septembre LE NORD DU COROMANDEL

1997, dans sa quatre-vingt-sixième année. ÉTUDE DES CONDITIONS DE LA VIE INDIENNE Toujours calme et maître de lui-même, n’élevant jamais la voix. se DANS UN: மி GÉOGRAPIQUE contentant de peu et toujours satisfait, il a réussi à vivre pleinement dans | னல

sa pratique personnelle et exceptionnelle de sagesse. Voici. à titre d’exemples, ce que le Professeur Jacques Dupuis a écrit :

sur Pondichéry :

(Grâce aux découvertes de G.Jouveau-Dubreuil). nous pouvons savoir ce ள்‌ ।

que fut la limite orientale de l’Olugarai-Pondichéry (ஒழுகரை- பவம்‌ ண்பன்‌ அய்ய புதுச்சேரி). dans l’Antiquité et au Moyen Age. A l’emplacement de la உது 47 cathédrale actuelle (rue des Missions) exista le temple d’Agastyeswara qui fut détruit par les Anglais en 1761. Les bâtisseurs de la cathédrale avant utilisé les pierres du temple primitif. le Frère Faucheux a pu retrouver dans la cathédrale des inscriptions qui prouvent que ce temple appartenait bien à la ville d’Olugarai et existait déjà au Xème siècle. Le temple d’Agastyeswara devait être, à l’origine. un temple au bord de la mer. La rue des Missions (étrangères) doit représenter un chemin qui primitivement longeait la plage, puis la lagune.

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Les cartes dressées aux XVIIème et XVIIème siècles nous confirment dans cette façon de voir. La limite orientale de la ville reste approximativement sur la ligne que marque aujourd’hui la rue des Missions. À l’est de cette ligne. là où se creuse maintenant le grand Canal Nord-Sud. une zone d’étangs. A l’est de cette zone d’étangs. à l’emplacement de la ville française. une zone de sables et de dunes où l’on voit des cocotiers. des jardins, des huttes de pêcheurs. Un village de pêcheurs le long de l’actuelle rue Dumas. C’est dans cette zone que François Martin avait construit sa forteresse. origine du Pondichéry moderne.

Les Ghât orientaux et la plaine de Coromandel, p. 102 - 104

sur Pondichéry et Madras :

Pendant plus d’un siècle, les progrès de Madras sont liés à son expansion commerciale et aux péripéties de la rivalité franco-anglaise. Le rôle de capitale du Carnatic fut disputé entre Pondichéry et Madras. La victoire anglaise est le fait décisif qui permit à Madras de devenir la métropole sud-indienne. tandis que Pondichéry restait une petite ville.

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Madras et le Nord du Coromandel, p. 398 sur la société tamoule : Dans sa forme la plus ancienne. la société tamoule est une société néolithique qui ne presente pas de véritables classes sociales. mais seulement une diversité d’occupations conformes à des milieux géographiques distincts : des chasseurs. des pêcheurs. des éleveurs de moutons ou de bovins. des agriculteurs. (A l’époque du Sangam) les Tamouls connaissaient la hiérarchie sociale des varna. instituée par les Brahmanes : mais. celle-ci n’avait aucune importance régionale. Les Tamouls avaient une classe très honorée de sages. les Arivar (அறிவர்‌ - அறிவோர்‌) qui menaient une vice retirée à l’écart des villes et ne jouaient pas un rôle comparable à celui des Brahmanes dans l’Inde du nord. Au sommet de la pyramide sociale tamoule, il v avait ceux qui se distinguaient par la réussite économique : les propriétaires fonciers, des artisans de qualification supérieure tels que des charpentiers construisant des palais. des maisons, des batcaux. des forgerons fabriquant des outils et des armes. des orfèvres ct bijoutiers. La classe supérieure comptait aussi de nombreuses familles de marchands riches qui faisaient du commerce outre-mer.

A la différence de la société brahmanique. les travailleurs du cuir n’apparaissent nulle part comme un groupe méprisé… Cette pyramide sociale fait ressortir le fait que les Dravidiens vivaient dans une société complètement étrangère aux principes des Lois de Manou. Leurs principes de discrimination étaient fondés sur les aptitudes économiques et la richesse. La notion de pureté, rituelle ou alimentaire. n’intervenait pas en ce domaine. Leurs principes moraux sont d’ailleurs mentionnés dans le KouRaL.

L’Inde et ses populations, 0. 31 à 33

sur l’appauvrissement de l’Inde :

A mesure que l’industrie de Manchester fait la conquête du marché indien. les artisans privés de leur travail. sont obligés de se tourner vers la seule activité qui leur soit ouverte : 16 travail de la terre… Le retour à la terre d’une partie de la population industrielle amena donc une surpopulation des campagnes.

& la même époque se produisait. en Occident, un mouvement inverse : d’innombrables paysans abandonnaient la terre, où les progrès des

techniques agricoles réduisaient les besoins en main d’oeuvre : ils ட்‌ g ன்‌ trouvaient du travail dans les industries nouvelles des villes. | ந

தவ ரணை + Les résultats les plus frappants de la conquête britannique sont une ॥ | LL ட ப À À meilleure administration, l’établissement de la paix anglaise dans tout le ழ்‌ உணா ம 8 pays. mais aussi l’exploitation systématique des ressources au profit de la is EE A ___! Grande Bretagne et l’appauvrissement sensible de l’Inde. ê

Histoire de l’Inde, p. 248-249

sur les mariages tamouls :

Au Tamilnâdou. on pratique actuellement trois types de mariages : 1 - Le mariage religieux traditionnel… : c’est la forme normale de la société brahmanisée. réalisée avec le concours d’un Brahmane officiant. 2 - Le mariage DMK (Dravida Munnetra Kazhagam) : c’est le mariage des Harijan qui refusent toute participation des Brahmanes : il se fait devant des notables avec 16 consentement des parents. 3 - Le mariage d’inclination, mariage d’amour en rupture de வக்கா A XVI: SIECLE | famille ou de caste qui est célébré dans un temple devant un | த்‌ ப ER WE வேல்டு. desservant.

Ces trois types sont agréés par la loi (de l’Etat du Tamilnâdou) : ils peuvent donc être enregistrés comme mariages

civils à la demande des intéréssés.

LEGENDE elongs

En pointille : rues et conoi qu ௭27 siecle.

{Sur une hauteur) 2. Cimetière Ironçais 3. Cothédrale actuelle

L’Inde (Paris. 1992), p. 46

sur la politique française : S’il existe un sincère attachement d’une partie de la population indienne pour la culture et le souvenir français. la France admet la possibilité d’une cession des territoires après un référendum. Du reste, depuis 1848. tout Indien des territoirs français avait la faculté d’acquérir, s’il le désirait, 16 statut de citoyen français : et. en 1946. tous les habitants étaient devenus citoyens français. Ce qui manquait au point de vue politique. c’était une liberté effective de vote… En 1954. à la suite d’un conflit entre l’administration française et certains éléments locaux. 16 gouvernement Mendès- France décide le transfert de facto des territoires de l’Inde. Un référendum. dans lequel sont consultées seulement les notabilités politiques en place. autorise ce transfert qui à lieu le Ier novembre 1954. Le traité de cession de jure. signé en 1956. est ratifié par le parlement français en 1962.

[istoire de l’Inde, p. 381-382

M.Gobalakichenane

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Mère Teresa அன்னை தெரேசா

“Donne tes mains pour servir et ton coeur pour aimer”

Le 5 septembre 1997, Mère Teresa s’éteint, à 87 ans. dans le bidonville de Calcutta où elle a vécu. pauvre parmi les pauvres, mais riche d’une vie d’Amour pour les deshérités de la vie. Mère Teresa disparaît alors que l’Inde célèbre le 50ème anniversaire de son indépendance. A ce sujet, un journal local, le “Pioneer” écrivait en évoquant le Mahatma Gandhi et la frêle religieuse à la volonté de fer : “L’un appartenait à l’Inde et l’a modelée à son image. L’autre a fait appartenir l’Inde au monde”.

Il y a cinquante ans, Mère Teresa obtenait la nationalité Indienne et répondait à “/‘Appel” qui allait la faire renoncer à tout pour se consacrer exclusivement aux pauvres. “Le message était clair : je devais quitter le couvent de Lorette pour me consacrer au service des autres en vivant au milieu d’eux”. Mère Teresa fonde alors “l’Ordre des Missionnaires de la Charité” et revêt le sari blanc des indiennes pauvres, mais bordé de bleu, symbole de Marie, mère de Dieu.

La première maison pour les plus démunis s’ouvre au coeur de Calcutta dans le temple de Kâlighât, rebaptisé “Nirmal Hriday” (la maison des coeurs purs); l’année suivante, le foyer d’orphelins “Long Circular road” voit le jour, suivi un peu plus tard par “Litaghor” et “Shdnti Nagar” pour les lépreux dans la banlieue de Calcutta.

Jusqu’à nos jours, des centaines de maisons se sont ouvertes dans le monde entier, au total plus de 400 dont 98 en Inde. Plus de 4000 soeurs de la charité perpétuent l’oeuvre de Mère Teresa sous la direction de Soeur Nirmala. Mais, la disparition de la sainte femme laisse à ce monde reconnaisant (prix Padma Sri, prix Kennedy, prix Nobel de la paix en 1979) le sentiment d’une immense perte.

“Ce dont nous avons besoin, c’est d’aimer sans nous épuiser. Comment une lampe brüle-t-elle ? En consumant perpétuellement d’infimes gouttes d’huile. Et que sont ces gouttes d’huile dans nos lampes ? Ce sont les petites choses de la vie quotidienne : la fidélité, un mot de gentillesse, une pensée pour les autres, notre façon de demeurer silencieux, de regarder, de parler, d’agir. Garde ta lampe allumée !”

À Pondichéry, on a une rue Sainte Thérèse. Ce même nom a été choisi par Mère Teresa lors de son entrée dans les ordres. Dans quelque temps, ce nom rappellera moins la lointaine Sainte Thérèse Martin de Lisieux que l’aimable visage souriant de celle qui a vécu parmi nous.

Joëlle Piednoir

Bibliographie :

  • Mère Teresa, une vie”, Ed. Laffont.

  • Mère Teresa. les miracles de la foi”, Ed. N°1.

  • ‘Mère Teresa. il n°v a pas de plus grand amour”, Ed. Lattès.

  • Mère Teresa. un chemin tout simple”, Ed. Plon.

  • “Mère Teresa de Calcutta”, de Malcolm Muggeridee.

#* Les articles de La Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens sont disponibles également ***** sur INTERNET : URL : http://www.MicroNct.fr/-karikaln/eccp.htm

Merci d’adresser vos commentaires ct suggestions à : M.Gobalakichenane, 22, villa Boissière, 91400 - Orsay

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