Lettre du CCP n° 15
Sommaire
- — L’âme de Bârady
- — Des Tamouls à l’Ile de France et en France au XVIIIe siècle
- — La Femme et le Yoga
Numéro 15 de la Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens — Mars 1997.
PONDICHERIENS
த EX + Mars 1997
புதுச்சேரியர் கலை। –
அகத்தின் அழகு . . MPT Courdimanche
முகத்தில் தெரியும் மன்ற [மல 91940 LES ULIS
Bâradydâssane évoquant Bâradyäâr
En commémoration des anniversaires de naissance et de mort, en avril, du célèbre poète Béradydässane (பாரதிதாசன், 1891-1964) d’origine pondichérienne, il nous a semblé utile de présenter un aspect méconnu de cet illustre personnage et dé rappeler brièvement les évènements marquants de sa vie.
Le système des castes et ses implications ont fait l’objet de nombreuses publications. Solution originale ayant permis la stabilité sociale pour les uns (et non des moins illustres), système injuste et inégalitaire par essence pour les autres.
Mais très rarement, références sont faites éventuels mouvements de révolte. En ce
ation acceptait ou non ce système et aux ondichéry, rappelons l’existence de
Agaval” de Kapilar (கபிலர் அகவல்) datant de plusieurs ce système, le dernier d’entre eux étanf le “Saint” Râmaling di a vécu au XIXe siècle. LE grand poète SORA ம ர
|? லே
1 $ poèmes, essayé de secouer et révelller le peuple tamoul. Voici un ் ் 8 spirituel Bâradydâssane.
L’âme de Bärady
Abolir la caste
Et développer le tamoul : Si le pays oublie l’un,
Il ne peut réaliser l’autre. Seul étang nettoyé de ronce de 085161. Peut retenir la bonne eau tamoule ; Seule l’épaule non maculée de cas Peut porter la belle épée tamou
சாதி ஒப AS ஒன்று - நல்ல தமிழ் வழீததீல் மற்றொன்று
பாதியை நாடு மறந்தால் - மற்றப்
“Pas de haute ௦8516, pas [| ne le disait pas légèrement: Au carrefour de quatre rues, A la vue de quatre mille personnes,
caste”,
Il mangeait la nourriture préparée தோலினில் தாழ்ந்தவர் என்று - சொல்லும் Par ceux méprisés pour couleur de peau. தோழர் - சமைத்ததை உண்பார்.
Et ce Bârady lançait encore : மேலும் அப்பாரதி சொல்வார் - சாதி “Brûlez les racines de ௦8516 !”. வேரைப் பொசுக்குங்கள் என்றே.
Pondichéry, c’est quoi ?
C’est un paradoxe de l’Histoire ! C’est un ancien comptoir français dans l’Inde ! C’est un livre paru en 1995 ! C’est un film sorti en 1997 !
C’est une page WWW dans Internet ! C’est un sandwich (poulet, raisins, cary) ! Mais aussi encore ? C’est ….? (On vous l’offre) (réponse en p.2)
Cercle Culturel des Pondichériens Lettre N°15 Page 1
Après le poème, découvrons l’homme.
Souppourattinam (alias Bäradydässane) est né le 29 avril 1891 à Pondichéry. Après ses études primaires auprès de TirouppouLissâmy, il étudia la littérature et la grammaire tamoules auprès des poètes Périyâssâmy et Pangârou Pattar.
C’est lors d’un mariage chez VéNou Naîcker qu’il rencontra pour la première 1015 Bäradyär, venu se réfugier à Pondichéry. Il fut de suite attiré et envoûté par son style poétique nouveau, simple, profond et anti-conformiste. Il adopta le surnom de Bâradydâssane, signifiant “disciple de Bârady”.
A l’âge de 18 ans, il occupa sa première fonction d’/nstituteur de tamoul à Kârikal. Toujours influencé par les idées progressistes (société sans distinction de caste ஈர் de religion, égalité des hommes et femmes, abolition des privilèges), il participa, en 1920, au mouvement d’Indépendance de l’Inde.
Après la mort inattendue de Bâradyâr, le 12 septembre 1921, 1] reprit lui-même le flambeau : il préconise le contrôle des naissances, l’éducation des filles, le remariage des veuves.
En 1938, on publia la première collection de ses “Poèmes”. Puis, sortiront successivement : Baiser inespéré (எதிர்பாராத முத்தம்), Lumière de la famille (குடும்ப விளக்கு), Cadeau de PânDyan (பாண்டியன் பரிச) , Maison obscure (இருண்ட வீடு), Souvenirs d’amour (காதல் நினைவுகள்) Sentence juste (நல்ல தீர்ப்பு) Sourire de la Beauté (அழகின் சிரிப்பு). En 1946, il fut honoré du titre de “Poète Révolutionnaire” et reçut, à cette occasion, un bol en or contenant 25000 roupies, somme collectée par Arignar ANNä
(C.N.ANNäâdouraï <Hevorevorn ip). 11 publia ensuite : “Kouyil” (ஞூயில்), Ecumes de la Mer (கடல்மேற் குமிழிகள், traduit en français), Picirândaïyâr (பிசிராந்தையார்), également traduit en français). En 1955, il fut élu député à l’Assemblée de l’Etat de Pondichéry. Dans ses dernières années, il entreprit de
grands efforts pour tourner, à Madras, un film basé sur son “Cadeau de PânDyan”. 11 ne put réaliser ce rêve et mourut, fatigué et malheureux, le 21 avril 1964, pleuré par tous les Tamouls et Pondichériens.
M.Gobalakichenane
… une ROSE
représentant bien
la culture française en terre tamoule.
தமிழ் மணங்கொண்ட பிரெஞ்சுப் பண்பாடு
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Des Tamouls à l’Ile de France et en France au XVIIIe siècle (18-ஆம் நூற்றாண்டில் மோரீசுக்கும் பிரான்சுக்கும் சென்ற தமிழர்)
Pondichériens, Tamils, Tamouls, Malabars (ou Mal’bars), Coulis..autant de termes bien galvaudés dont la signification a beaucoup varié, dans le temps et dans l’espace, d’où de nombreuses méprises dans leur usage anachronique, impropre ou abusif. Laissant aux linguistes et sociologues le soin de traiter ces problèmes, nous rapportons simplement deux témoignages du XVIIIe siècle.
Le premier est un extrait du “Voyage à l’Ile de France - Un officier du roi à l’Ile Maurice, 1768-1770” de Bernardin de Saint-Pierre, Ed.La Découverte/Maspéro 1௦.69, p.115).
“Lettre XII [Port-Louis de l’Ile de France, 15 avril 1769]
les Malabares. C’est un peuple fort doux. Ils viennent de Pondichéry où ils se louent pour plusieurs années. ||5 sont presque tous ouvriers (*). Ils occupent un faubourg appelé le Camp des Noirs. Ce peuple est d’une teinte plus foncée que les insulaires de Madagascar qui sont de véritables Nègres; mais leurs traits sont réguliers comme ceux des Européens, et ils n’ont point les cheveux crépus. Ils sont assez sobres, fort économes et aiment passionnément les femmes. Ils sont coiffés d’un turban et portent de longues robes de mousseline, de grands anneaux d’or aux oreilles et des bracelets d’argent aux poignets. || y en a qui se louent aux gens riches ou titrés en qualités de pions. C’est une espèce de domestique qui fait à peu près l’office de nos coureurs, excepté qu’il fait toutes ses commissions fort gravement. || porte pour marque de distinction une canne à la main et un poignard à la ceinture. Il serait à souhaiter qu’il y eût un grand nombre de Malabares établis dans l’île, surtout de la caste des Laboureurs ; mais je n’en ai vu aucun qui voulüt se livrer à l’agriculture.”
(*) N.d.LR: On amenait des maçons (pour construire des maisons) et des charpentiers-menuisiers (pour réparer les vaisseaux).
Le deuxième est tiré du livre de M.Bertrand “Suffren, de Saint Tropez aux Indes”, Ed.Perrin,1991, pp.319-320.
Dans les années 1782-1783, Suffren avait fait merveille au large de la Côte de Coromandel, en portant de très sévères coups à la flotte de l’amiral Hughes. La Cour de Versailles, fort satisfaite d’avoir eu sa revanche en obtenant l’Indépendance des Etats-Unis, avait, dans ses négociations avec la Grande-Bretagne, ignoré les évènements de l’Océan Indien et sacrifié ses intérêts en Inde du Sud. Après le cessez-le-feu, quand Suffren prépara le retour de son escadre, il observa la misère des Tamouls de cette région dévastée et envisagea d’emmener des tisserands pour qu’ils forment à leurs techniques les habitants de Malte. M.Bertrand écrit : |
Suffren avait..emmené avec lui une centaine d’indiens, destinés à Malte,où il souhaitait acclimater la culture du coton. Ils revinrent ensuite en France et y firent sensation, suscitant cet article du “Journal de Lyon” (28 septembre 1784) : “Les familles indiennes ramenées en France par M.de Suffren pour établir des filatures de coton et d’indiennes sont passées par Lyon la semaine dernière. La singularité de leurs costumes, leurs physionomies basanées,. les anneaux d’or pendus à leurs oreilles, les bracelets d’or portés par les hommes ont excité la curiosité. Cette colonire qui venait de Malte a couché au faubourg de la Guillotière et a continué le lendemain sur Paris”.
Suffren - couverture du livre de M.Bertrand
L’histoire de la France explique bien son rôle ancien et ses responsabilités actuelles dans l’Océan Indien. Elle montre aussi la profonde imbrication de son passé avec celui de Pondichéry, de l’Ile Bourbon (Réunion) et de l’Ile de France (Maurice).
G.Câvéry
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La Femme et le Yoga ( பெண்களும் யோகப்பயிற்சியும் )
L’ambiguité du statut de la Femme indienne se révéle au fil des siècles à travers lois, textes sacrés, chants populaires, poèmes, légendes et traditions. Tantôt “sorcière ”, tantôt “ Déva ”, elle est parfois objet de mépris, parfois source de vénération.
Mais alors, quelle place lui est-elle réservée sur la voie du Yoga dans l’Inde traditionnelle ? comment ses conditions de vie lui en permettent-elles la pratique ?
Estimée à l’époque védique, méprisée à la période brahmanique, aujourd’hui la femme indienne
retrouve une place honorable. Elle 1 inspire-géné, alement respect et considération. Quoiqu’il en soit,
Ie Yoga a toujours été un chemin ௦ NE SET Sxsans distinction de sexe, de classe, de religion ou d peine védique.
efhde l’Inde du Sud (Acârya) NÂTHAMUNI ee né à | käTToumamn Al D FA லர டுமன்ன ர்குடி, dans l’Etat de Tamilnadu), enseignant du Yoga, insiste dans son œuvre/dléf > r l’indubitable nécessité pour la femme de s’adonner à la pratique du Mo: a, ne sera 1116 de sa vocation maternelle : le ventre
maternel n’est-il point le டூம் d passage d ? la Terre d’accueil et d’enracinement dans la vie ?… F4
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C’est sur ES de la! ர ilisationedt Vire அரவிந்தர்) fondait sa Yecherche spirit LÊL. MECÉÉ ஆசிரமம்), [மாது 20 pagné, FR SO üvie par la plus illustre de ses disciples, la “Mère”, née à Paris le 21 fé élèbre “Y ogini”, elle prend seule la direction de l’Ashram dé Pondichéry à partir de 1950, date de la mort de Sri Aurobindo. Elle est née pour “briser ses limites”?
déclarait à son sujet le Maître. |
La Mère reste l’un des exemples récents les plus remarquables de l’émergence, par le Yoga, de la Jorce, du cœur et de l’Esprit de la Femme. Elle représente le symbole des “possibles” de toute Femme engagée sur le véritable chemin de croissance qu’est l’existence.
Odile Leblon
Merci d’adresser vos commentaires et suggestions à : M.Gobalakichenane, 22, villa Boissière, 91400 - Orsay, France
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