Lettre du CCP n° 13
Sommaire
- — ARignar ANNâ (1909-1969)
- — Internet et le Tamoul
- — L’écologie chez les Tamouls de l’Antiquité : « AtînDoukouRRi »
Numéro 13 de la Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens — Septembre 1996.
CERCLE CULTUREL DES PONDICHERIENS
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ISSN 1273-1048
N°13
இறைத்த கிணறு ஊறும் இறையாத கேணி நாறும்
Septembre 1996
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ARignar 47712 (1909-1969)
Annâdurai, appelé de son vivant avec affection “Annâ” par tous les cadres et militants de son parti et par le peuple tamoul, est né 16 75 septembre 1909 dans la célèbre ville de Kändjipouram (Conjeevaram, d’où les initiales anglaises bien connues C.N. devant son nom tamoul tel que la mémoire collective a retenu). D’abord attiré par Périyâr, puis il s’en est éloigné pour fonder avec ses “petits frères” le parti Dravida Munnetra Kazhagam (DMK).
Par ses beaux discours dans une langue tamoule pure, imagée, fleurie et mélodieuse, il a su attirer les étudiants et la masse populaire. Très cultivé, il citait souvent Bernard Shaw, Shakespeare, Voltaire, Rousseau, Victor Hugo et les penseurs romains et grecs. 11 a publié plusieurs revues, nouvelles, romans et pièces de théâtre qu’il jouait aussi parfois. Modérateur, sage et avisé, il mena son parti , dès la deuxième tentative, à un succès éclatant aux élections de 1967. I1 devint le Ministre
en Chef de l’Etat de Madras (165 Tamouls étaient désignés alors sous 16 nom de “Madrâssi !”).
Il apporta plusieurs réformes sociales. L’un de ses prem sous le nom d’Etat de Madras . Il organisa de façon 8960 à laquelle assistèrent de nombreux savants eura était également respecté par les chefs d’opposi de l’Inde. Il donna l’exemple d’une pratiqu modeste. Malheureusement, il avait l’habitud et à son peuple bien aimé le 2 février 196
Les Tamouls du monde entier affectionnent bi Voici un essai poétique sans prétention co
Notre savant “ARignar ANNâG
Superstitions idiotes, croyances bêtes, Impuretés de contact, péchés de passag Quatre castes ! Par ces considératiof Abaissés au bas de l’échelle, Méprisés, peinaient nos gens, ] Bien dissimulé par les brâhmane Dans leurs ruses de renard; 11 a e Il a montré nos droits, il a redon Une seule Caste, proclamait-il av Et faisait vibrer les Dravidiens e Tous les jeunes d’aujourd’hui à l' Fière et droite, vivant avec intellis Ayant comme lance le Tamoul v Qu’ils veulent tous bien apprendre, Sont fascinés par les essais du Petit frère(2); Attirés comme par le sucre roux de palmier, Par le portail de la forteresse de Périyär, Nous emmène, sûr de son droit fraternel Notre savant ARignar ANNâ :
Suivons tous 16 chemin tracé par lui.
(1) ANNG en tamoul veut dire grand frère (2) Le célèbre “Petit frère” est M.Karounänidy
P.S.TamijmaNi (1987, Bedor, Malaisie)
Cercle Culturel des Pondichériens Lettre N°13
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புதுக்திலைத்துப் பார்ப்பனர் வாழும்
Tamijnâdou (தமிழ்நாடு) adopter le nom de à ce qui était connu rence Internationale des Etudes Tamoules tueux de l’opposition et de ses chefs, il jou et par les grands leaders nationaux dans cette région. Il était simple et 1 fut fatale et qui l’arracha aux siens
௦க வருணம் சாதியைப் பூசி இழிகுல மகனாய் ஆக்கி | வைத்து நம்மின உழைப்பை
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ரிக்குல 4” புத்தியைத் தெளிவாய்க் காட்டி த ரிழையாய் வாழ உயிர் கொடுத்தவன்!
ய்த் திராவிடர் முழங்க வைத்தவன்! நம் இன்றைய இளையோ ருள்ளம் நிலையாய் அறிவில் நிமிர்ந்து வாழ வெல்லுந் தமிழை வேலாய்க் கொண்டு தெள்ளத் தெளிவாய் அனைவரும் கற்க உள்ளங் கவர்ந்த தம்பியின் கட்டுரை வெல்லம் போல இழுத்து நம்மை பெரியார் பாசறைக் கதவின் வழியே உரிமையாய் நம்மை அழைத்துச் சென்ற அறிவின் மேதை அறிஞர் அண்ணா! முறையாய்க் காட்டிய வழியில் செல்வோமே
பொ.மு.தமிழ்மணி (1987, பீடோர், மலேசியா)
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Internet et le Tamoul
ஐந்தேர்னெத்தும் தமிழும்
La presse, la radio, la télévision étaient considérées, jusqu’à hier encore et à juste titre, comme des moyens modernes d’information. Le téléphone, la visioconférence, la télécopie, relayés ou non par satellites, constituaient ces toutes dernières années les moyens de communication les plus performants. L’ordinateur, devenu depuis peu personnel puis familial, n’était utilisé jusqu’à présent que comme un puissant outil de calcul, de production, d’investigation et de loisir. Cette fin de vingtième siècle apparaît comme le point de convergence des deux axes
technologiques, communication et informatique, au service de l’humanité dans sa quête de savoir et d’information. “INTERNET” est l’enfant de cette union.
Enfant naturel car il échappe aujourd’hui (pour combien de temps encore ?) à tout contrôle étatique. Bébé éprouvette également car il est le fruit de recherches universitaires expérimentales. Maintenant universellement connu, le “Nef” comme on le surnomme, fascine, envoûte, passionne, inquiète, indigne même parfois. Peu d’initiés restent indifférents, mais nombreux sont ceux qui s’interrogent encore : “Quel est donc ce monde ?”.
C’est un réseau international d’ordinateurs pouvant échanger des textes, des images fixes ou animées, de la musique, de la parole, en fait tout ce qui peut-être contenu dans un fichier informatique. Ce qui fait la spécificité de ce réseau, c’est que chaque utilisateur membre a la possibilité d’accéder au flux d’informations bien entendu, mais également de produire une partie de ces informations. En termes de technicité, le défi que représentait la mondialisation à 100% de ce réseau a été gagné par les progrès technologiques accomplis dans les domaines des semi- conducteurs et des télécommunications spatiales. En termes de société, cette révolution constituée par l’accès libre à des millions d’informations et les possibilités de communication offertes marque un pas dans l’évolution irréversible des peuples de la terre.
Car il s’agit bien pour beaucoup d’utilisateurs de procéder à des échanges culturels entre peuples, aussi bien que de rassembler sur le même forum tous les individus d’un même peuple disséminés partout dans le monde. Les messages électroniques ( “E-mail” en anglais ) circulant sur le réseau peuvent tout aussi bien être destinés à l’ensemble des utilisateurs qu’à un individu (ou terminal) précis. Des groupes d’utilisateurs sont constitués autour d’un même centre d’intérêt (‘Newsgroups") et diffusent les articles ou les réactions de leurs membres. Enfin, un extraordinaire réseau maillé d’articles forme l’océan d’informations sur lequel naviguent avec bonheur les inconditionnels du “WORLD WIDE WEB”, utilisant les liens hypertextes pour sauter de page en page et de site en site comme un surfeur sur la crête des vagues.
La communauté tamoule en général, et pondichérienne en particulier, outre les 56 millions vivant sur le territoire indien constitue une diaspora répartie sur tous les continents. De la Malaisie au Canada en passant par l’Ile Maurice, la Réunion et les Antilles, les Tamouls n’avaient pas toujours les moyens de vivre “en direct” leur culture et leur langue. Les deux ou trois générations d’exilés les plus lointains ont peu à peu abandonné la pratique de la langue pour ne conserver que quelques traditions, la religion et la cuisine. L’avènement d’Internet met un terme à ce genre d’isolement et catalyse les efforts de chaque association ou groupuscule en une synergie qu’il était impossible d’imaginer il y a peu de temps encore. Fruits des progrès de l’informatique en Inde du sud ( Madras est devenue l’un des pôles mondiaux de développement de logiciels ), des sites Internet de culture tamoule existent déjà sur 16 réseau. Malheureusement,
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offrent des pages rédigées en anglais. Il n’est peut-être pas utopique de penser que les futurs serveurs de Pondichéry proposeront quelques articles en langue française.
Parmi les groupes de nouvelles, retenons : soc.culture.tamil. Le choix des pages WEB est lui beaucoup plus représentatif de la mosaïque tamoule dans le monde. Nous y découvrons entre autres : “Royal LePage-Tamil” http://cdnetguide.ca/rlp/Language/Tamil. htm au Canada “Malaysian Tamil Home Page” hftp://malaysia.net/tamil/ en Malaisie “Pondicherry” http://www.iceonline.net/home/indohome/india/pondich. html à Pondichéry “Tamil Education Pages” http://irdu.nus.sg/tamilweb/singtedu. html à Singapour “Tamil Nadu Home Page” http://tamil.math.utk.edu/cgi-bin/tamilnadu/ au Tamil Nadu
Les moyens à mettre en oeuvre pour ouvrir la porte donnant sur cet infini de communication sont somme toute relativement modestes compte tenu des possibilités
offertes. Un ordinateur ் எண்ணிய முடிதல் வேரர்ரும் personnel de configuration Beau எண்ணல் வேளர்ரும்: récente muni d’un modem னை தனக திண்ணிய நெஞ்சம் வேகர்ரும rapide ( 14400 ou 28800 |_ ௬ தெளிந்துல் லறிவு ouest, bds ) relié à une installation த அதி அஆ. பண்ணிய பாவ மெல்லாம்
téléphonique ordinaire [இ (அஷ 141 பரிதிமுன் பனியே போல, constitue le matériel 1 ்
indispensable. Une gamme complète de logiciels est disponible à tous les prix. Tous assureront avec plus ou moins de confort les mêmes fonctions de connexion et d’échange avec le serveur de votre prestataire de services. En effet, c’est ici le seul maillon commercial de l’affaire, mais cet élément est indispensable et techniquement le plus important. Il est en effet impossible de relier plusieurs millions d’ordinateurs personnels au seul moyen des lignes téléphoniques. Même si cela était possible il ne serait pas très économique d’échanger des fichiers avec un correspondant situé dans un pays lointain . Le “prestataire de service” posséde un ou plusieurs serveurs qui sont des ordinateurs spécialisés de très grande capacité chargés de découper, compacter, adresser et acheminer les messages sur les câbles de grands réseaux informatiques et les canaux satellites spécialisés. L’abonnement à un tel prestataire est indispensable pour accéder à Internet.
Le pas technique franchi, il n’est plus d’obstacle à notre quête. L’information et la culture sont disponibles à domicile et partout dans le monde. A nous d’en user intelligemment et d’en faire profiter le maximum de personnes. Un jour viendra où cette lettre sera lue par les Pondichériens du nouveau monde, ou par d’exotiques curieux à la recherche de leur propre Graal.
M. Piednoir
(Informations complémentaires sur simple demande à l’adresse figurant en dernière page)
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L’écologie chez les Tamouls de l’Antiquité : “AtinDoukouRRi”’
ஆதீண்டுகுற்றி
Quand l’homme éprouve des démangeaisons, il se gratte avec sa main. Parfois, il se sert de quelques accessoires comme des tiges en bois pour les parties difficilement accessibles. La constitution de l’homme et les “outils” qu’il a mis au point lui permettent de remédier à ces envies.
Les animaux sont des mammifères comme nous. Comment font-ils quand ils éprouvent aussi de telles démangeaisons ? Ils se frottent contre les objets massifs et rugueux et contre les arbres. Et avec le temps, la flore subit des nuisances.
Les Tamouls de l’Antiquité craignaient, même au sujet des animaux de forêt, que les ‘arbres ne s’abîment trop par des frottements répétitifs et meurent prématurément. Ils faisaient installer des colonnes en pierre, petites et grandes, pour les besoins de tous les animaux. Pour les grands éléphants, par exemple, ils érigeaient des colonnes très hautes capables de supporter leur énorme masse. Ces pierres ou stèles portaient, dans la littérature tamoule ancienne, les noms de “AtinDoukouRRi” (ஆதீண்டுகுற்றி), “MâtinDoukouRoukal” (மாதீண்டுகுறுகல்), AvourounjoutaRi" (ஆவுருஞ்சுதறி), “Kandou” (கந்து). De nos jours, elles sont désignées sous les noms de “Mandaïkkal” (மந்தைக்கல்), “Ouraïkal” (உரைகல்).
Ici, 16 mot “4” (ஆ) ne signifie pas seulement vache(s) : en effet, même les commentateurs de
Tolkäppiyam tels que KallâDanâr, ILamboûraNar expliquent que 16 nom “â” s’applique tout aussi bien aux animaux en général.
Un poème de l’anthologie “KouRountogaï” (குறுந்தொகை) décrit une scène de la pluie lavant les tâches noires causées par les innombrables frottements des éléphants contre ces pierres. Dans l’épopée Cîvaka CindâmaNi (£ois சிந்தாமணி) on parle des colonnes en bois.
Dans la région de Salem, on a découvert des vestiges de ces colonnes de pierre portant même des inscriptions en ancien Tamoul. Ces pierres se trouvent souvent aux bords des rivières ou près des bassins d’eau, sans doute sur le chemin habituel des animaux.
Ces colonnes illustrent les efforts des Tamouls pour la préservation de l’un des cinq types classiques de région : la forêt. Elles constituent aussi un exemple intéréssant d’antique pratique écologique, n’est-ce pas ?
G.Baväny (d’après un article de: A.Rassendirane, 1946-95)
Merci d’adresser vos commentaires et suggestions à : M.Gobalakichenane, 22, villa Boissière. 91400 - ORSAY
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