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CCP

Cercle Culturel des Pondichériens

Histoire, culture et patrimoine des anciens comptoirs français de l'Inde

Lettre du CCP n° 10

Décembre 1995

Sommaire

  • — இயேசு கிறித்து Jésus Christ
  • — Vîramma
  • — Une inscription scolaire historique
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Numéro 10 de la Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens — Décembre 1995.

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Lettre du

CERCLE CULTUREL DES

N°10

PONDICHERIENS

33% % % *

புதுச்‌ GE NUIT கலை மன்ற மடல்‌

இயெசு கிறித்து ஈசன்‌ வந்து சிலுவையில்‌ மாண்டான்‌, எழுந்து யிர்த்தனன்‌ நாள்‌ஒரு மூன்றில்‌. நேசமா மரியா மக்த லேநா நேரிலே இந்தச்‌ செய்தியைக்‌ கண்டாள்‌. தேசத்‌ தீர்இதன்‌ உட்பொருள்‌ கேளீர்‌: தேவர்‌ வந்து நமக்குட்‌ புகுந்தே நாச மின்றி நமைநித்தங்‌ காப்பார்‌, நம்‌அகந்‌ தையை நாம்கொன்று விட்டால்‌.

சுப்பிரமணிய பாரதியார்‌

Iyéssou Crittou

îÎssane vandou cilouvaïyil mânDâne yejoun’ douyirttanane nââL-orou moûnkRil nééssamâ mariyà magda léénâ

néériléé indat’ ceydiyaïk’ kanDâL. déésat’ tîir-idane ouTporuL 128184: déévar vandou namakkouT’ pougoundéé nâssa minRi namaïi-nittan’ kâppâr nam-agan’ daïyai nâm-konRou viTTâl.

SouppiramaNiya Bâradiyär

(Translittération phonétique du Tamoul)

D DA

Le Saviez-vous ?

Décembre 1995

MPT des Amonts et Courdimanche 91940 LES ULIS

Jésus Christ

Le Seigneur mourut sur la Croix

Et ressuscita trois Jours plus tard.

La bien-heureuse Marie-Madeleine

Vit elle-même ce miracle.

Citoyens, en voici le sens profond:

Le Seigneur descendra en nous

Et nous sauvera toujours de la perdition Si NOUS arrivons à Vaincre notre orgueil.

Soupramaniya Bâradiyär (1882-1921) (Traduction M.G.)

Le grand savant G.U.POPE (1820-1907) avait souhaité qu’on inscrivît sur sa tombe:

தமிழ்‌ மாணவன்‌ (Etudiant en Tamoul)

Nous lui devons les traductions de “TiroukkouRaL’”’, “Nâladiyâr” 01 “Tirouvâssagam” en anglais. Rappelons que, quand il envoyait des voeux à ses amis

britanniques, il avait l’habitude de traduire des poèmes de l’anthologie tamoule ’Pouranänourou".

Cercle Culturel des Pondichériens Lettre N°10 Page 1

வீரம்மா Viramma

Depuis l’été 1993, je regarde d’un oeil nouveau et inquisiteur les devantures des librairies. D’une façon systématique mais non obsessionnelle, mon regard parcourt les couvertures colorées des ouvrages dans l’espoir de s’accrocher à un portrait ou à un paysage stimulant le souvenir de mes séjours à Pondichéry et au “Tamil Nadu”. Parfois un titre, ou un mot dans un titre que mes yeux débusquent, fait vibrer mon oreille de la musique 51 particulière de la langue tamoule. Quelque fois attiré au point d’entrer et de feuilleter un livre, mais souvent déçu par cette pêche à l’aveuglette, je cherche inconsciemment le chaînon manquant entre l’expérience des heures que j’ai vécues sur place, et le monde encyclopédique traitant de la culture dans les états du sud de l’Inde. En bref, un traité de “vie quotidienne ordinaire” était devenu l’unique objet de ma quête.

Un soir de Novembre 1995, alors que je considérais ma vigilance sur le sujet profondément endormie par de si piètres résultats, mes yeux et mes oreilles ont violé ma quiétude en provoquant une brutale décharge d’adrénaline. Le centre commercial, décor de cette scène disparut entièrement de mon champ de vision. Mon regard venait de se focaliser sur le visage magnifique d’une femme dont la beauté est de celles qui qualifient les monuments et les grands personnages. Une main sur sa nuque, elle offrait son sourire et son regard brillant de franchise en me criant son nom “““Viîramma!”. Ce nom, premier mot lisible sur la couverture sombre, n’est pas le titre du livre. C’est pourtant lui, qui, associé à l’image de cette paysanne, m’a extrait de mes pensées. “Bonne pioche !” entendrait-on dans une cour de récréation. Mais que cette expression est faible devant une telle trouvaille ! Les photographies que j’y découvre en plusieurs endroits de l’épais volume, auraient pu être prises à Xï/velour ou à Thirunâgari, des lieux qui me sont familiers. Le décor est 16 même, les personnages y sont semblables. Il ne m’en faut pas plus pour me porter acquéreur du trésor intitulé “Une vie paria”.

Viramma jonche le récit de sa vie d’une foule de détails pittoresques. Le magnétophone de Jean-Luc et Josiane Racine capte chacun de ses souvenirs et le lecteur les retrouve intacts, dans leur gangue de langage naturel parfois très cru et très vert. D’abondants commentaires viennent compléter la narration en soulignant, développant, corrigeant ou plus simplement en traduisant les propos de Viramma. Tous les sujets, toutes nos interrogations sont passés au crible. La condition des “harijans” et par conséquent le système des castes et le mode de vie que cela impose, la politique, les coutumes et les fêtes religieuses, la morale, l’éducation, l’agriculture et bien entendu le quotidien villageois sont au menu. Cette fresque contemporaine, sculptée sur la vie d’une femme ordinaire (peut-être pas tant que cela !) du céri de Karani, m’apporte la clef pour

plus de compréhension des gens que j’ai rencontrés, des choses que j’ai vues et des événement auxquels J’ai assisté.

Michel PIEDNOIR

“Une vie paria, le rire des asservis’’, Viramma, Josiane et Jean-Luc Racine, collection Terre Humaine, Plon/Unesco, 1995

Page 2 Cercle Culturel des Pondichériens Lettre N°10

Une inscription scolaire historique

Môtilâl Nehru travaille comme simple employé dans le village de Kallikkoudisattiram, du district de Tirumangalam (Tamil Nâdu). Pour la rentrée scolaire de 1984, il a voulu inscrire sa fille Nirmalâ, âgée de 6 ans, à l’école primaire du village. On lui a alors remis une feuille à remplir où 1l fallait préciser plusieurs points, entre autres, la caste et la religion de l’enfant. Mais comme Môtilâl Nehru désapprouve ce genre de classement, 11 a marqué sur la feuille : “sans caste”, “sans religion”. Et pour cette raison, le directeur de l’école n’a pas admis Nirmalâ à l’école.

On a enquêté à ce sujet auprès du directeur d’école S.M. Soupramaniyam qui a répondu sur un ton sentencieux : “Je respecte, bien sûr, les idées de M. Môtiläl Nehru, mais je dois faire correctement mon travail. Il y a 21 cases à remplir sur la feuille d’inscription officielle de l’Etat(*). Si la 1 1ème case et la 12ème concernant la caste et la religion ne sont pas correctement remplies, c’est moi qui suis obligé d’apporter une explication auprès de mes supérieurs ! C’est la première fois, en 29 ans de service que je rencontre ce type de problème. Comment pourrais-je résoudre un problème qui devrait être réglé par la Justice ? J’ai donc écrit au Recteur pour qu’il m’aide à traiter cette affaire et aussi à M. Môtilâl Nehru pour lui annoncer que j’attendais la réponse du Rectorat.”

Finalement, après quelques semaines, sur instructions du Recteur, Nirmalâ a été admise à l’école avec la mention “sans caste”, “sans religion”. De plus, le Recteur a précisé au directeur d’écrire sur le registre le nom à l’encre rouge. Depuis la fondation de l’école, en 1923, Nirmalâ

est la seule à avoir son nom inscrit à l’encre rouge.

Dans la même école, la fille aînée de Môtilâl Nehru, Souda, avait été inscrite avec les renseignements suivants : “religion : hindoue” et “08516 : rettiyâr”. Lorsqu’on demanda à Môtilâl Nehru pourquoi, 3 ans plus tôt, 1l n’avait pas agi de même pour Souda, il répondit qu’il l’avait inscrite ainsi sur contrainte et sur insistance de ses supérieurs.

Plus tard, 11 demanda à faire bénéficier l’aînée Souda des mêmes mentions que sa soeur, soit : “sans caste”, “sans religion”.

Il y a des gens qui voudraient oublier la caste et la religion; mais il semblerait que ce soient les règlements officiels qui les en empêchent!

Baväny G. (Décembre 1995)

(*) Le gouvernement indien qui s’est doté d’une Constitution abolissant les castes n’a pas modifié en conséquence les documents officiels et les a gardés comme à l’époque des Britanniques. À Pondichéry, sous administration française jusqu’en 1954, mon grand’père (lui- même ancien Directeur d’Ecole Primaire de la Rue de Bussy) dit que les registres d’appel distribués par le Service de l’Instruction Publique comportaient aussi des colonnes similaires à remplir !

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Compte rendu d’activités 1994-1995

Cette année encore, notre association a su sortir du cadre des cours de langue tamoule, et a offert plusieurs prestations à l’occasion des manifestations culturelles et sportives programmées aux Ulis.

Dès le mois de février, plusieurs d’entre nous confectionnaient les panneaux devant servir à l’exposition ““Pondichéry, Porte française de l’Inde’. Conjointement avec “Les Comptoirs de l’Inde” présentant “Trois siècles de présence française en Inde”, notre exposition a ouvert ses portes du 4 au 15 avril à la Maison Pour Tous de Courdimanche. Un cahier spécial de 24 pages, recueil de textes et de

(சக நலக

En mai, toujours dans les locaux de la MPT de Courdimanche, la “Fête de la Fraternité” a rassemblé, outre un public très nombreux, plusieurs associations dont la nôtre pour en assurer l’animation. Un spectacle de danses, exécutées par Mesdemoiselles S.Santy, G.Bavâny et G.Ponny, a constitué notre participation très appréciée. Point d’orgue sur cette année de la Fraternité, la fête de l’été voulait offrir aux Ulissiens une image forte de la solidarité entre les peuples. En plus du travail fourni sur l’idée d’une chanson multilingue, le grand soir, saris, sarongs, boubous et autres madras ont coloré le défilé.

Les archers handicapés d’Europe se sont affrontés durant une semaine entière de juillet 1995. Répondant à l’appel du COCETAH (Comité d’Organisation des Championnats d’Europe de Tir à l’Arc Handisport), notre association a proposé et réalisé une soirée à thème comprenant un récital de danse de Baradanâtyam par Bavâny, et une prestation théâtrale (l’anéantissement de Jatâsura, un épisode du Mahâbhärata) par le Groupe de Vattoukkôttai de Sri Lanka. Ce soir là, le repas servi aux athlètes était composé de plat dont les recettes ont été étudiées et communiquées par les soins de G.Sundari.

Reportée pour cause d’intempéries, la fête de quartier des Amonts a eu lieu en septembre. L’association s’est jointe aux autres pour entonner le refrain “Chantons la Fraternité” créé lors des réunions de préparation à la MPT des Amonts.

En octobre, nous avons célébré l’anniversaire de Mahâtma Gândhi (2/10/95) par la projection d’un document vidéo à la MPT de Courdimanche. Un débat s’ensuivit sur sa vie et ses idées. Un panneau de notre association fut présenté sur le stand de l’Union des Associations des Ulis (UAU) lors de la fête de la ville, quelques jours plus tard.

Maintenant sous quatre pages, la Lettre du Cercle Culturel des Pondichériens a essayé, par ses numéros 7, 8 et 9, de toucher un public élargi et d’assurer une bonne régularité de parution. Sa confection, ainsi que notre participation aux réunions inter-associatives constituent les activités régulières de l’Association.

Avec un actif de 5365 Francs au 31/12/95 , les projets pour 1996 sont de continuer la publication de cet organe de liaison, de réaliser un cahier spécial “Annadurai” pour Septembre, de compléter nos panneaux d’exposition “Pondichéry, Porte française de l’Inde”, et de les proposer à d’autres associations. Des actions comme des conférences ou des spectacles de danses seront occasionnellement associées aux manifestations culturelles des alentours.

பொங்கல்‌ வாழ்த்து 199௦

Joyeux Pongal

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